Dimanche 15 novembre 2009

La Belgique est en train de donner des leçons à tout le monde, à commencer par nous qui en donnons tellement ! Comparez la flagornerie servile de la diplomatie française à l'égard de la Tunisie et le parler vrai de nos voisins...


Les Affaires étrangères belges bannissent la langue de bois

BAUDOUIN LOOS

 

Tout arrive. Voilà que, sous la nouvelle ère d’Yves Leterme, les Affaires étrangères belges se lancent dans une opération « sus à la langue de bois » dont le régime tunisien du président Ben Ali fait les frais ! Un étonnant modèle de parler vrai au bénéfice d’une cause, les droits de l’homme, qui honore notre diplomatie. Par Baudouin Loos

Les Affaires étrangères belges bannissent la langue de bois

Leterme. © Pierre-Yves Thienpont.

Les faits. Une sénatrice PS, Caroline Désir, avait adressé au ministre des Affaires étrangères une demande d’explications à propos des élections en Tunisie qui ont eu lieu le 25 octobre dernier. Le texte signé par l’élue était clair et sans ambages, qui évoquait les atteintes aux droits de l’homme (dont cette phrase : « La quasi absence de visibilité laissée à l’opposition lors de la période électorale, ni la manière dont l’opposition a été empêchée de faire son travail »).

La réponse du ministre Leterme, lue par son collègue Etienne Schouppe jeudi au Sénat, vaut son pesant d’or en matière de franchise bien peu diplomatique. Qu’on en juge…

Après avoir rappelé les points estimés positifs de la Tunisie (condition de la femme, lutte contre l’immigration clandestine et lutte contre le terrorisme, etc.), le texte souligne que « la Tunisie accuse un retard certain en matière de libertés politiques ». Jusque-là, tout va bien. Mais il continue : « Bien qu’elle se targue de placer les valeurs démocratiques au plus haut et d’avoir ratifié la grande majorité des conventions défendant les droits humains, force est de constater qu’il existe un fossé réel entre les pétitions de principe et la pratique ».

Mais le « pire » est à venir. « Le déroulement des élections a une nouvelle fois mis en lumière certains manquements démocratiques dans le système politique tunisien, comme me l’a rapporté notre ambassade à Tunis : omniprésence du Président Ben Ali et de son parti, le RCD, musellement de l’opposition, accentuation de la répression des voix indépendantes, allégeance des institutions supposées garantir le caractère neutre des élections. Notre ambassade ne s’est pas contentée uniquement d’un travail d’analyse : nos diplomates ont, entre autres, entretenu des contacts avec tous les acteurs de l’opposition, autant vassale que réelle ; ils ont soutenu par leur présence des actions de représentants de la société civile et de défenseurs des droits de l’homme. Après les élections, notre ambassade à Tunis a activement participé à une initiative européenne faisant état des différents manquements démocratiques constatés pendant la période. Nos diplomates ont également rendu visite à Radhia Nasraoui, avocate défendant les droits de l’homme, victime de la pression policière pendant ces élections, et ils suivent actuellement de près le cas des personnes malmenées par le pouvoir à cause de leurs prises de position pendant la même période. Notre souci du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales dépasse le cadre des élections qui furent, il est

vrai, un condensé de mauvaises pratiques. »

Disons-le crûment : ce texte est un étonnant modèle de parler vrai, qui met au rancart la langue de bois et même la realpolitik au bénéfice d’une cause, les droits de l’homme, qui honore notre diplomatie.

http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2009-11-13/les-affaires-etrangeres-belges-bannissent-la-langue-de-bois-737818.shtml 

Par Ali - Communauté : La Cyber-résistance
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Dimanche 15 novembre 2009







« Nous ignorons tous de quoi nous vivons, alors comment pourrions-nous rater quelque chose et avoir des regrets »

 

La divine Suissesse nous a quittés voici soixante-sept ans.

Elle est partie au détour d’un chemin de montagne. On l’a retrouvée étendue près de sa bicyclette; trois mois d’agonie et elle expirait ce monde qui l’avait tant heurtée.
Famille riche, jeunesse comblée de tout et d’abord d’ennui. Amitiés particulières, drogues, talents, voyages au bout de ces mondes qu’elle illuminait de sa beauté androgyne.

Osmose avec les enfants de Thomas Mann, conflits avec les siens, son pays, ses traditons, et sa manière si prude, si conforme d’être pour ne l’être pas.

Amérique, Afghanistan, Proche-Orient, Congo, terres d’exils, de rencontres, de nuits opiacées et de matins clairs et doux comme les cheveux des femmes qu’elle aimait

Sienne cette parole, d’un frère, un autre génie : Nietzche.

« L’homme noble, sache-le, est une pierre d’achoppement sur la route de tous les autres ».

Elle disait que la liberté n’est que dans la mesure où nous pouvons en faire usage, qu’après il fallait s’en aller, sans un regard en arrière. L’éternité est toujours devant soi, les regrets ne sont que des miasmes qui s’en vont emportés par un vent anonyme et froid.

 

    

 

 


 

Où sont les délires des dieux

adulants

et ta précieuse

et suspecte beauté ?

enivrant de vaporeuses naïades…

Les  hashichs expirent

leurs fumées

en spirales…

légères …

dansantes…

et enveloppent les mortels

de leur exsangue

chorégraphie…

viens, Annemarie, viens…

 
 

 


 

 

Par Ali - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Samedi 14 novembre 2009
Excellent article !

Et si le « péril ottoman » s’éloignait ?
Christian Bouchet
Éditorial
Et si le « péril ottoman » s’éloignait ?
En février dernier, dans le n° 7 du bimestriel Flash, j’évoquais la situation de la Turquie, qui se sentant repoussée par les Européens et traitée en subalterne par la puissance militaire américaine, retrouvait ses réflexes ottomans, s'autonomisait et lorgnait vers Moscou.

Il n’est pas inutile de relire ce que j’écrivais alors :

« L'aigreur, vis-à-vis de l'Union européenne, qui rechigne à l’adhésion d’Ankara, est perceptible dans toutes les couches de la société turque. De même les élites militaires d'Istanbul ne cachent pas leur mauvaise humeur, depuis que George Bush, pour les besoins de la guerre en Irak, a permis la création d’un quasi-État kurde dans le nord de ce pays. Ainsi se développe un courant d’idées qui, peu à peu, rassemble des cadres musulmans de l'AKP, des membres de l’appareil militaire, des représentants de l’élite laïque et tout un peuple travaillé par des pulsions nationalistes. A défaut d’entrer dans l’Europe, nombreux sont ceux qui pensent que la Turquie peut jouer un rôle important dans la politique internationale, en s’appuyant sur la Fédération de Russie : comme le relève Thierry Portes, envoyé spécial du Figaro à Istanbul « au sud, la Syrie et l'Irak justifient des missions de bons offices avec Israël, la paix au Proche-Orient et les tensions avec Washington obligent à entretenir le dialogue avec l'Iran ; plus loin, regardant vers des profondeurs stratégiques pendant des décennies oubliées, la Turquie tente de rapprocher Afghanistan et Pakistan. Avec l'Arménie et la Géorgie, c'est la paix dans le Caucase qui est en jeu, la sûreté en mer Noire, et le dialogue avec la Russie. Enfin à l'Ouest, vers l'Europe, voilà les Balkans où la diplomatie turque aime à rappeler que les Russes ont des devoirs pour mieux rappeler ses anciennes prérogatives ottomanes. »
Au ministère des Affaires étrangères turc, on parle maintenant de la Russie comme d’une alliée, on soutient nombre de ses positions comme celles sur l'indépendance du Kosovo ou sur le refus de l’intégration de l'Ukraine dans l'Otan, et on l’invite à participer au projet Nabucco, cette route énergétique partant d'Iran dont les Européens entendaient l’exclure… Dans le même temps, la Turquie a sérieusement ralenti le rythme des réformes qui étaient exigées d’elle comme préalable à son intégration dans l’Europe, montrant concrètement son moindre intérêt. »
Ces dernières semaines, cette évolution de la politique étrangère de la Turquie a été telle que le néo-con yankee, Daniel Pipes, a publié, dans le Jerusalem Post du 28 octobre 2009, un billet au titre sans ambiguïté : La Turquie, ce n'est plus un allié.
Et notre homme d’y mettre en avant quelques événements signifiants récents. Pour lui, trois événements survenus tout au long du mois d’octobre révèlent l'ampleur de ce changement. 
Le premier s'est produit le 11 octobre avec la nouvelle que l'armée turque- bastion de longue date de la laïcité et défenseur de la coopération avec Israël- avait brusquement demandé aux forces israéliennes de ne pas participer à l'exercice annuel de la Force aérienne turque. Erdogan a mentionné des « sensibilités diplomatiques » pour justifier l'annulation et le ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a parlé de « sensibilité à propos de Gaza, Jérusalem-Est et la mosquée d'Al-Aqsa ».

Le deuxième événement a eu lieu deux jours plus tard, le 13 octobre, lorsque le ministre des Affaires étrangères de Syrie, Walid al-Moallem, a annoncé que les Forces turques et syriennes venaient juste « d'effectuer des manœuvres près d'Ankara ». 
Le troisième événement a été la rencontre de dix ministres turcs, dirigés par Davutoglu, de leurs homologues syriens , le même jour, pour des pourparlers sous l'égide du nouveau « Haut Conseil de Coopération stratégique Turquie-Syrie ». Les ministres ont annoncé qu'ils avaient signé près de quarante accords, à mettre en œuvre dans les dix jours ; que seraient réalisés des exercices militaires terrestres conjoints, plus complets et plus approfondis et que les dirigeants des deux pays allaient signer un accord stratégique en novembre. En conclusion le Conseil a publié une déclaration conjointe annonçant la formation d'un « partenariat stratégique durable »
« entre les deux parties ».
Mais, comme le remarque Daniel Pipes l'amélioration des relations avec Damas n’est qu'une partie d'un effort beaucoup plus important d'Ankara pour renforcer les relations avec les Etats régionaux et musulmans, une stratégie énoncée par Davutoglu dans son livre paru en 2000 « Profondeur stratégique : la position internationale de la Turquie ». L’actuel ministre des Affaires étrangères y prévoit de réduire les conflits avec les voisins , la Turquie émergeant alors comme une puissance régionale. Dans cette stratégie est implicite la distanciation de la Turquie, de l'Occident en général et d'Israël en particulier. 

Daniel Pipes, n’est pas le seul à s’inquiéter. A Tel Aviv, l’analyste Barry Rubin a déjà tranché : « le gouvernement turc est plus proche politiquement de l'Iran et de la Syrie que des Etats-Unis et d'Israël » et Caroline Glick, éditorialiste du Jerusalem Post, le confirme : « Ankara a déjà quitté l'alliance occidentale et est devenue un membre à part entière de l'axe iranien. » 
Or ce changement capital dans les choix géopolitiques de la Turquie est lourd d’implications dont la principale à nos yeux est sans doute la mise tacite sous le boisseau de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.
L’avenir nous dira si les rapports de force à Ankara et les manœuvres des grandes puissances font que cette nouvelle orientation géostratégique de la Turquie est maintenue.
En attendant, il se pourrait bien qu’un autre pays frappe à la porte d’entrée de l’Europe : Israël, au sujet duquel, le porte-parole de la diplomatie européenne, Javier Solana, a déclaré, le 21 octobre dernier « Israël est plus proche de l'Union européenne que ne l'est la Croatie (...) Israël, permettez-moi de le dire, est un membre de l'Union européenne sans être membre de ses institutions ».
Si cette volonté d’intégration de l’entité sioniste dans l’Union européenne se concrétisait, gageons que les hommes politiques qui s’y opposeraient seraient bien moins nombreux que ceux qui ont lutté contre l’éventuelle adhésion de la Turquie. 

http://www.voxnr.com/cc/a_la_une/EkVZkuAVppjVMIFCGp.shtml 
Par Ali - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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Samedi 14 novembre 2009


Mme Esther Benbassa

Esther Benbassa ou le malaise d’une juive un an après Gaza


Spécialiste de l’histoire du peuple juif installée en France, Esther Benbassa publie un petit livre poil à gratter, “Etre juif après Gaza”, presque un an après le début de l’offensive militaire israélienne. Elle s’interroge notamment sur le soutien à Israël de la communauté française et sur le comportement des médias, accusés de pratiquer l’autocensure. 


Esther Benbassa : “Comment vais-je être juive après Gaza ?” 

 

En France, elle occupe la chaire historique du judaïsme fondée au XIXe siècle. Une chaire presque toujours détenue, avant elle, par des grands rabbins de France. Juive, sans être pratiquante, Esther Benbassa a grandi en Turquie jusqu’à l’adolescence, avant de rejoindre Israël, un pays qu’elle connaît bien. En France depuis trente ans, Esther Benbassa occupe une place originale dans le paysage intellectuel français. Tel un funambule, en équilibre au-dessus du champ de mines du débat israélo-palestinien, elle avance, sans peur et sans autocensure. Pas si fréquent. « Je ne veux pas être juive et rejeter Israël. Je ne veux pas non plus être juive et approuver cette guerre immorale que mène Israël. Ni sans Israël, ni avec Israël tel qu’il est aujourd’hui », écrit l’universitaire dans son opuscule Etre juif après Gaza (éditions du CNRS). 

Dans ce petit texte nerveux, elle s’interroge sur le soutien inconditionnel d’une majorité de juifs de France à l’offensive israélienne de décembre 2008, qui avait fait près de 1400 morts palestiniens et 13 côté israélien. « La vraie religiosité des juifs d’aujourd’hui réside dans la sacralisation d’Israël et dans la ferveur qu’elle leur inspire », regrette l’universitaire qui préfère voir Israël comme une « réalité étatique », un pays ni pire ni meilleur qu’un autre : « Sans doute l’épreuve de l’Holocauste a-t-elle contribué à tisser les fils de cette “étrangeté” juive face au monde. Mais si, justement après l’Holocauste, il vaut de se battre pour rappeler ce que l’homme est capable de faire à l’autre homme, principe hautement éthique, Israël peut-il encore donner une telle leçon d’inhumanité ? Et le silence juif peut-il indéfiniment recouvrir ce qu’il fait endurer aux palestiniens ? » 

Les voix des intellectuels critiques, en Israël, sont de moins en moins audibles. En France, Esther Benbassa assure que les médias « préfèrent s’autocensurer plutôt que de laisser la porte ouverte aux analyses négatives et risquer un procès pour antisémitisme, qui pourrait marquer d’une tache indélébile une carrière de journaliste ». 

Espoirs de paix en fumée. Négociations au point mort. L’effet Obama n’a toujours pas donné de résultats au Proche Orient, malgré les attentes suscitées par son discours du Caire, en juin dernier. « Les Israéliens sont égarés par leur nationalisme, conclut l’universitaire. C’est ce nationalisme-là qui empêche les Israéliens d’aujourd’hui de voir la souffrance d’un autre peuple, les Palestiniens, dont l’itinéraire est pourtant si proche du leur (...). Comment des juifs dont les ancêtres ont vécu la persécution et la souffrance, l’exil et le rejet peuvent-ils accepter qu’un autre peuple, près d’eux, et sous leur férule, connaisse un sort similaire ? En devenant israéliens, ces juifs ont-ils été frappés d’amnésie jusqu’à oublier les principes premiers de l’éthique, socle de leur être juif ? » 

Thierry Leclère

A lire

Etre juif après Gaza, d’Esther Benbassa (CNRS éditions, 74 p, 4 €).

Par Ali - Communauté : Libre parole-Libre Information
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Samedi 14 novembre 2009




L’âge médian dans l’U.E est de 41 ans. C’est vieux ! En Turquie ; il est de 27. La Turquie qui compte soixante-dix millions d’habitants aujourd'hui  en comptera cent à l’aube du siècle nouveau. L’U.E, elle, aura perdu cent millions d’habitants.
Un dessin, je pense, est inutile.

Le taux de fécondité de la femme européenne, de souche européenne, est de 1.4. C’est une catastrophe.
Si le taux de fécondité est inférieur à 2.5 durant une période de quinze ans, les conséquences seront grave;, tous les démographes vous le diront.
La France se targue d’être la championne d’Europe avec un taux de 2. 0 par femme. Heureusement qu’il y a dans ce calcul le taux de la femme française de souche non-eujropéenne, soit 2.3.
L’Europe, sur le plan démographique, c’est le « Titanic » qui file droit sur l’iceberg et, dans les salons de première, les nantis qui valsent, inconscients du drame qui se profile devant leurs yeux d’aveugles.
J’ai déjà écrit que d’ici 2050, l’Europe de l’Ouest comptera cinquante pour cent d’européens de souche non-européenne. Que fait-on pour hâter leur intégration à nos sytèmes de valeurs, à notre conception de la neutralité laïque ? Peu, avouons-le. Quelle est leur réceptivité à ces dernières ? De moins en moins enthousiaste..

Et vous si vous pensez qu’ils s’y intéresseront plus parce que dans mon beau pays on organise un débat sur l’indentité nationale, vous vous fichez le doigt dans l’œil. Ce débat est un leurre, une manœuvre pour que les bons blancs, ceux qui embaucheront toujours Marcel  avant Mouloud, parce que le premier s’appelle Marcel, se sentent confortés dans leur racisme de circonstance et leur conception étriquée que si les « autres » » veulent s’intégrer, ils n’ont qu’à être comme eux. Après ils iront boire un pastis avant de déguster une pizza, une paëlla ou un couscous. Je cite ces plats dans l’ordre de préférence des « vrais » Français.

Piêtre France gouvernée au rythme des compulsions de son président et de ministricules à ses ordres.

Piêtre France qui nous impose une journée entière de propagande et de célébration d’un mur tombé voici vingt ans. En matière de liberté, de bonheur et de fraternité, plus la peine de demander son avis à ce pauvre routier provençal qui, aujourd’hui, s’est donné la mort au terme d’un conflit avec son employeur. Un de plus. Le mur est tombé, la libre entreprise jubile…

Piêtre France où un parlementaire frustré exige que les prix littéraires et autres la ferment. Tous unis derrière le grand guide de la patrie ! L’enflure à la Ceaucescu n’est pas loin. Ca se termine comment, Ceaucescu ?

Piêtre France où un ministre de la culture s’esquive dès lors qu’une écrivaine l’interpelle et lui rappelle sa promesse de protéger les arts et les lettres. Hélas, Madame NDiaye n’est pas Roman Polànski, mais une femme libre qui dit tout haut ce que les autres ne murmurent plus tout bas.

Piêtre France, et ridicule Madame Royal qui distribue gratuitement, sous les feux des projecteurs, des packs anti-conceptionnels aux jeunes filles de sa région. Tout est bon pour se faire un peu de pub et surtout la vulgarité.
Piêtre France, où la vulgarité tient le haut du pavé en Charente, mais aussi, Palais de l’Elysée, rue du faubourg St Honoré, Paris VIIIem.

 

 

Par Ali - Communauté : Journalistes et clubs presse
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Vendredi 13 novembre 2009


Matthew Hoh


Afghanistan : pourquoi je démissionne
Matthew Hoh   


Matthew Hoh est un ancien capitaine des Marines devenu fonctionnaire du Département d’Etat, qui avait la charge de représenter le gouvernement américain dans la région de Zabul, en Afghanistan. Après plusieurs mois passés sur le terrain, il est arrivé à la conclusion que les raisons avancées pour justifier cette guerre n’étaient pas crédibles.


Pour lui, le conflit afghan relève certes des innombrables conflits tribaux endémiques à ce pays, mais aussi d’une lutte déjà ancienne qui oppose les urbains éduqués et modernistes et les tribus pachtounes traditionnalistes, et la présence étrangère ne fait qu’aggraver cette fracture. De plus, le gouvernement de Kaboul, corrompu et comptant parmi ses affidés des criminels et des trafiquants de drogue, est non seulement indéfendable mais discrédité. Enfin, la stratégie de lutte contre Al-Qaïda qui a motivé cette expédition est tout aussi peu fondée, juge-t-il, dans la mesure où les restes de l’organisation sont aujourd’hui dispersés entre le Pakistan, le Yemen et la Somalie, qu’en toute logique il faudrait occuper aussi. Tirant les conséquences de ces constats, Matthew Hoh a choisi de démissionner, car écrit-il lorsque des vies humaines sont en jeu, il faut être convaincu que le sacrifice est justifié, ce qui n’est plus son cas.


Lettre ouverte à Mme l’Ambassadeur Nancy Powell
Département d’Etat
10 septembre 2009


Madame l’Ambassadeur,

C’est avec grand regret et déception que je vous soumets la démission de mes fonctions aux Affaires Etrangères ainsi que du poste de Représentant Civil du gouvernement américain dans la province de Zabul. J’ai passé six de ces dix dernières années au service de notre pays à l’étranger, y compris en tant qu’officier des Marines et comme fonctionnaire civil du ministère de la Défense en Irak dans les vallées de l’Euphrate et du Tigre, en 2004-2005 et 2006-2007. Je n’ai pas accepté cette mission à la légère ou en nourrissant des attentes excessives, ni n’ai cru que ma tâche serait exempte de sacrifice ou de difficultés.

Cependant, au cours de mes cinq mois de service en Afghanistan dans les deux commandements régionaux l’Est et du Sud, j’ai cessé de comprendre et d’avoir confiance dans les objectifs stratégiques de la présence des Etats-Unis en Afghanistan. J’ai des doutes et des réserves sur notre stratégie actuelle et sur la stratégie future planifiée, mais ma démission est fondée non pas sur la façon dont nous poursuivons cette guerre, mais sur son pourquoi et ses fins.

Pour l’exprimer simplement : je ne parviens pas à saisir quel est intérêt de devoir déplorer de nombreuses victimes américaines ou de consacrer des dépenses et des ressources pour soutenir le gouvernement afghan dans ce qui est, en vérité, une guerre civile vieille de 35 ans.

Cet automne marque la huitième année des combats et des opérations de gouvernance et de développement menées par les USA en Afghanistan. L’automne prochain, l’occupation américaine aura duré autant que la présence de l’Union soviétique sur le sol afghan. Comme les Soviétiques, nous continuons de sécuriser et de renforcer un Etat en faillite, tout en encourageant une idéologie et un système de gouvernement qui n’est ni compris ni voulu par ses habitants.

Si l’histoire ou l’Afghanistan sont une pièce de théâtre, les Etats-Unis n’y jouent qu’un second rôle, parmi d’autres qui les ont précédés, dans une tragédie qui jette non seulement les tribus, les vallées, les clans, les familles et les villages les uns contre les autres, mais également - et ce au moins depuis la fin du règne du roi Zahir Shah - oppose violemment et férocement les afghans laïques, urbains, éduqués et modernes, à des ruraux religieux, illettrés et traditionnalistes.

C’est ce dernier groupe qui garnit les rangs de l’insurrection pachtoune et la soutient. Cette insurrection pachtoune, qui rassemble une multitude apparemment infinie de groupes locaux, est alimentée par ce qui est perçu par le peuple pachtoune comme une agression continuelle, durant depuis plusieurs siècles, contre la culture, les traditions et la religion des régions pachtounes, menée par des ennemis venant de l’intérieur et de l’extérieur du pays. La présence des États-Unis et de l’OTAN et les opérations menées dans les vallées et les villages pachtounes, tout comme l’armée afghane et les unités de police qui sont dirigées et composées de soldats et de policiers non pachtounes, représentent une force d’occupation contre laquelle l’insurrection est justifiée.

Dans les deux régions de l’Est et du Sud, j’ai constaté que la majeure partie de l’insurrection ne combat pas pour le drapeau blanc des talibans, mais plutôt contre la présence de soldats étrangers et contre les impôts levés par le gouvernement non représentatif de Kaboul.

La présence militaire des États-Unis en Afghanistan contribue fortement à la légitimité de l’insurrection pachtoune et au message stratégique qu’elle délivre. De la même façon, notre soutien du gouvernement afghan dans sa forme actuelle continue à accroitre la distance entre le gouvernement et le peuple. Les échecs du gouvernement afghan, tout particulièrement lorsqu’on les évalue au prix du sacrifice des vies américaines et des fonds engagés, apparaissent comme autant de métastases :

- une corruption flagrante et un enrichissement sans scrupule ;

- un président auprès duquel, parmi ses confidents et principaux conseillers, on trouve des barons de la drogue et des criminels de guerre, qui se moquent de nos propres règles de droit et des efforts menés pour lutter contre la drogue ;
  
- un système de dirigeants de provinces et de districts formé d’hommes forts locaux, opportunistes et affairistes, dont l’alliance avec les Etats-Unis tient uniquement - et est limitée - au montant des contrats de l’USAID et du CERP, et dont les propres intérêts politiques et économiques n’auraient rien à gagner de toute tentative de réconciliation.

Le déroulement de l’élection récente, marquée par la fraude et discréditée par la faible participation électorale, qui a créé une énorme victoire pour nos ennemis. Ils revendiquent aujourd’hui le succès d’un boycott populaire et remettront demain en question face à l’opinion internationale notre soutien militaire, économique et diplomatique en faveur d’un gouvernement afghan invalidé et illégitime.

Notre soutien à ce type de gouvernement, qui s’accompagne d’une incompréhension de la véritable nature de l’insurrection, me rappelle terriblement notre implication au Sud-Vietnam : nous y avons soutenu un gouvernement impopulaire et corrompu au détriment de notre cohésion nationale, face à une insurrection dont nous avons mésinterprété le nationalisme à cause de notre arrogance et de notre ignorance, voyant en lui un rival dans le cadre de la guerre froide.

Je crois que nous demandons à nos jeunes hommes et femmes engagés en Afghanistan de donner leur sang et de se sacrifier pour des raisons spécieuses. Menée honnêtement à son terme, la stratégie que nous revendiquons, et qui consiste à sécuriser l’Afghanistan pour empêcher la résurgence ou le regroupement d’Al-Qaïda, devrait nous contraindre également à envahir et occuper l’ouest du Pakistan, la Somalie, le Soudan, le Yémen, etc... Notre présence en Afghanistan n’a fait qu’accroître la déstabilisation et renforcer l’insurrection au Pakistan, où nous craignons à juste titre qu’un gouvernement renversé ou affaibli puisse perdre le contrôle des armes nucléaires. Cependant, là encore, si l’on suit la logique de nos objectifs déclarés, nous devrions être présents au Pakistan et non pas en Afghanistan. Plus encore, les attentats du 11 Septembre, comme ceux de Madrid et Londres, ont été conçus et organisés principalement en Europe occidentale. Ce dernier point indique que la menace n’est pas liée à des frontières géographiques ou politiques traditionnelles. Enfin, si nous sommes préoccupés par les États en déliquescence, paralysés par la corruption et la pauvreté, et subissant l’assaut des activités criminelles et des barons de la drogue, alors au delà de notre assistance militaire et financière à l’Afghanistan, nous devrions également réexaminer notre engagement et notre implication au Mexique. (...)

Nous nous sacrifions pour rien, déclarait [en substance - ndt] un commandant fort talentueux et intelligent, l’un des meilleurs des USA, à tous ses visiteurs, civils ou officiers supérieurs. Nous hypothéquons l’économie de notre nation dans une guerre qui, même au prix d’un engagement accru, restera un match nul pour les années à venir. La réussite et la victoire, quelles qu’elles soient, seront obtenues non pas après des années et après avoir dépensé des milliards supplémentaires, mais après des décennies et des générations. Les États-Unis ne disposent pas d’un trésor national suffisant pour remporter une telle victoire.

Je perçois l’émotion qui transparaît dans le ton de cette lettre et vous prie d’excuser tout ce qui peut apparaitre comme de la mauvaise humeur. J’espère que vous comprenez la nature de cette guerre et les sacrifices consentis par tant de milliers de familles séparées de leurs proches qui sont déployés pour la défense de notre nation et dont les foyers endurent les fractures, les bouleversements et les cicatrices de déploiements multiples.

Des milliers d’hommes et de femmes sont rentrés chez eux avec des blessures physiques et mentales, dont certaines ne se refermeront jamais ou ne feront que s’aggraver avec le temps. Lorsque reviennent les corps des défunts, on doit pouvoir assurer aux familles que leurs morts se sont sacrifiés à une cause digne de leur vie perdue, de l’amour disparu, et des rêves non réalisés.

Je ne crois plus en confiance que de telles assurances peuvent être données. En conséquence, je présente ma démission.

Source: Washington Post

Traduction Contre Info 

http://www.michelcollon.info/index.php?option=com_content&view=article&id=2374:afghanistan--pourquoi-je-demissionne&catid=6:articles&Itemid=11
 

Par Ali - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Jeudi 12 novembre 2009

Courageux, lucide et toujours actuel. Hélas !




Par Ali - Communauté : Politique Directe
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Jeudi 12 novembre 2009




Madame NDiaye est écrivaine et de talent. Elle est prix Goncourt 2009, c’est une référence quand même. Elle vit à Berlin depuis 2007. Ce n’est pas une coïncidence.

Voilà ce qu’elle a déclaré au magazine « Les Inrockuptibles » au mois d’aôut dernier. 

 « Je trouve cette France-là monstrueuse. Le fait que ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d'être étranger à ça. Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j'ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité... Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux.

Je me souviens d'une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j'aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : "La droite, c'est la mort". Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d'abêtissement de la réflexion, un refus d'une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n'a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n'a plus. « 

 Eric Raoult est un député UMP. Avant il militait dans l’extrême droite nationaliste bête et méchante, mais il a évolué ; il est toujours méchant, mais il est moins bête, il sait comment bien se servir quand on sert le pouvoir…

Il fut dans le gouvernement Raffarin ministre de l’immigration. C’est une référence. Il n’est pas content que cette madame NDiaye, malgré son patronyme, se permette de dire des choses pareilles sur le grand homme, ses fidèles et la France dont, il le sait, et manifestement cela ne lui plaît pas, madame NDiaye est une ressortissante de naissance.

Elle devrait, pense-t-il, vouer une reconnaissance éternelle au pays des droits de l’homme, de la Révolution, du bal musette et de l’accordéon.

Elle devrait, en bonne logique aborder en permanence un sourire Banania et remercier avec
grâce tout ce que la France lui a donné.

Et applaudir aux paillettes du pouvoir.

Et à la vulgarité comme mode de fontionnement présidentiel, au flicage sytématique de tous ceux qui ne pensent pas comme il faut (à preuve, ce M. Raoult !),  à ce bling-bling exhibitioniste, au discours hagiogaphique d’un Frédéric Lefebvre, à la mauvaise foi de ministricules masochistes et flagorneurs. Et au  culte de l’argent, l’amour des riches, le dédain pour les pauvres, l’injure pour les opposants, la mise au pas sytématisée dont la santé est un volet obligé…

A cette révérence obscène pour les puissant de la terre et aux dictateurs à fric.  A l’injure et l’indifférence pour ceux qui souffrent de leurs turpitudes.
Je m’arrête, la liste n’est pas limitative.

Madame NDiaye ne l’a pas fait. Il est de ces vertus bien française qui, petit à petit, deviennent l’apanage des fils et des filles adoptifs de la France. Parmi elles, l’honneur, la liberté de parole, la résistance.
Elle est partie vivre à Berlin. Dans cette Allemagne qui, il y a plus de deux siècles, accueillit avec cœur, d’autres réfugiés.

Il m’arrive de rêver à une nouvelle armée, comme il y en eut une, jadis, sur la rive allemande du Rhin.
Le destin ne lui fut pas profitable, mais il ne se répète pas toujours.
Et si on se retrouvait à Coblence, Madame, comme Jadis Condé et les contre-révolutionnaires ? 

Madame NDiaye, on arrive !

 

Par Ali - Communauté : Journalistes et clubs presse
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Mercredi 11 novembre 2009
Ce M. Raoult vient de confirmer bêtement (tout le monde ne peut être intelligent et avisé,
n'est-ce pas ?) les propos tenus par madame NDiaye au magazine "Inrockuptibles".
La France, hélas, est devenue le royaume de la vulgarité basse et dénigrante, un espace de délation et de flicage généralisé.



http://bibliobs.nouvelobs.com/20091109/15794/eric-raoult-rappelle-marie-ndiaye-a-son-devoir-de-reserve


Eric Raoult rappelle Marie NDiaye à son «devoir de réserve»

 

PAR GRÉGOIRE LEMÉNAGER

On ignore si Monsieur Eric Raoult, député UMP de Seine-Saint-Denis et maire du Raincy, a ouvert « Trois Femmes puissantes », qui a reçu le prix Goncourt la semaine passée. Mais on sait désormais qu'il lit les «Inrockuptibles», à qui Marie NDiaye avait accordé une interview à l'occasion de la sortie de son livre.

 

 

Eric-Raoult_Capman-Vincent_Sipa.jpg
(c)Capman/Vincent/Sipa
Eric Raoult

 

 

Il vient de rendre publique son intention de demander à Frédéric Mitterrand qu'il rappelle, en sa qualité de ministre, la romancière à un « devoir de réserve »dont on ignorait jusqu'à présent l'existence :

 

« Monsieur Éric Raoult attire l'attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur le devoir de réserve, dû aux lauréats du Prix Goncourt. En effet, ce prix qui est le prix littéraire français le plus prestigieux est regardé en France, mais aussi dans le monde, par de nombreux auteurs et amateurs de la littérature française. A ce titre, le message délivré par les lauréats se doit de respecter la cohésion nationale et l'image de notre pays. Les prises de position de Marie Ndiaye, Prix Goncourt 2009, qui explique dans une interview parue dans la presse, qu'elle trouve "cette France [de Sarkozy] monstrueuse", et d'ajouter"Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux", sont inacceptables.

Ces propos d'une rare violence, sont peu respectueux voire insultants, à l'égard de ministres de la République et plus encore du Chef de l'État. Il me semble que le droit d'expression, ne peut pas devenir un droit à l'insulte ou au règlement de compte personnel. Une personnalité qui défend les couleurs littéraires de la France se  doit de faire preuve d'un certain respect à l'égard de nos institutions, plus de respecter le rôle et le symbole qu'elle représente. C'est pourquoi, il me paraît utile de rappeler à ces lauréats le nécessaire devoir de réserve, qui va dans le sens d'une plus grande exemplarité et responsabilité. Il lui demande donc de lui indiquer sa position sur ce dossier, et ce qu'il compte entreprendre en la matière ?»

 

 

m-ndiaye.jpg
(c)Baltel/Sipa
Marie NDiaye est née à Pithiviers en 1967. Découverte par Jérôme Lindon, elle est l’auteur d’une douzaine de livres, dont «Rosie Carpe», «la Femme changée en bûche», «la Sorcière» ou «Hilda». Elle vit à Berlin, et vient de recevoir le prix Goncourt 2009 pour «Trois femmes puissantes».

 

 

Va-t-il falloir dissoudre l'Académie Goncourt ? Ou retirer sa carte d'identité (nationale) à Marie NDiaye ? L'an passé, déjà,Atiq Rahimi avait clairement pris position contre l'expulsion de réfugiés afghans. On attend avec impatience de savoir comment l'auteur de « la Mauvaise vie » va arbitrer ce conflit douteux entre littérature, politique et liberté d'expression.

 

G.L.

 

PS. A la question posée dansl'entretien incriminé,« Vous sentez-vous bien dans la France de Sarkozy ?», Marie NDiaye avait en effet donné cette scandaleuse réponse :

 

« Je trouve cette France-là monstrueuse. Le fait que nous (avec son compagnon, l'écrivain Jean-Yves Cendrey, et leurs trois enfants - ndlr) ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d'être étranger à ça. Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j'ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité... Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux.

Je me souviens d'une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j'aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : "La droite, c'est la mort". Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d'abêtissement de la réflexion, un refus d'une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n'a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n'a plus. »

 

 Bernard Pivot répond à Eric Raoult : «le lauréat du Goncourt n'est pas la voix de la France »

 

 Le Goncourt 2009 pour Marie NDiaye (dossier)

 

➦ Les premières réactions de Marie NDiaye

Par Ali - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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Mardi 10 novembre 2009

Identité nationale : êtes-vous plus Français qu’Eric Besson ?

PAR AGNÈS ROUSSEAUX

Le débat sur l’identité nationale est lancé. Le ministre Éric Besson a précisé, dans une lettre-circulaire envoyée le 2 novembre, les thématiques qu’il souhaite voir abordées lors des débats locaux sur le sujet. Les questions sont d’un goût douteux et les réponses suggérées assez inquiétantes. Dans ce document adressé aux préfets, il est question de célébrer l’identité nationale, de « réaffirmer la fierté d’être Français » et de se demander, entre autres, « pourquoi intégrer les ressortissants étrangers accueillis dans notre République ? » Petite visite dans l’arrière-cuisine de ce débat qui sent vraiment le moisi.


http://www.bastamag.net/spip.php?article744


Dans une lettre envoyée aux préfets, Éric Besson précise les modalités de mise en œuvre du grand débat sur l’identité nationale, qui répond selon lui « aux préoccupations soulevées par la résurgence de certains communautarismes, dont l’affaire de la Burqa est l’une des illustrations ». En annexe de cette lettre-circulaire, un guide pour la conduite des débats locaux présente « les différents chapitres qu’il est souhaitable d’aborder lors de chaque réunion  ». 

Les préfets doivent organiser ces débats, dans chaque département, d’ici le 31 janvier, avant la synthèse des travaux lors d’un colloque national. Au programme de ces rencontres locales, des questions proposées par le ministre et son équipe. Avec des suggestions de réponses possibles, qui sont autant de propositions à débattre. Et qui ont l’avantage non négligeable de cadrer le débat, voire de l’encadrer. La première question invite à réfléchir sur « les éléments de l’identité nationale  ». Il est suggéré que « nos églises et nos cathédrales » puissent être un élément de réponse. Dans la liste des « valeurs de l’identité nationale », on trouve bien sûr les droits de l’Homme, la démocratie, la liberté, l’égalité, la laïcité, et... l’entreprise. Bientôt sur le fronton de nos édifices ? Tout cela n’est qu’un petit échauffement. Arrivent ensuite les questions pièges : « Pourquoi accueillir des ressortissants étrangers dans notre République, puis dans notre communauté nationale ? » et « Pourquoi intégrer les ressortissants étrangers accueillis dans notre République, puis dans notre communauté nationale ? ». La question n’est pas de savoir comment (bien) le faire, mais d’abord si cela présente un intérêt. Dans les réponses suggérées, pas question de commencer par les impératifs de respect des droits, de la démocratie ou des libertés (pour des réfugiés fuyant une guerre ou une dictature par exemple) mais de regarder en priorité les petits intérêts de la France : « Le besoin de personnes qualifiées pour certains métiers ?  », « les emplois non pourvus dans notre économie ? », et ensuite seulement le droit au regroupement familial ou le droit d’asile. 

Comment éviter que les pauvres viennent nous emmerder ? 

Dans les raisons « d’intégrer les ressortissants étrangers accueillis dans notre République », on trouve aussi quelques questions essentielles pour Éric Besson : « Comment éviter la concentration d’une part importante de la population immigrée dans des zones où les difficultés socio-économiques s’accumulent ? », « Comment éviter l’arrivée sur notre territoire d’étrangers en situation irrégulière, aux conditions de vie précaires génératrices de désordres divers (travail clandestin, délinquance) et entretenant, dans une partie de la population, la suspicion vis à vis de l’ensemble des étrangers ? ». En expulsant tous les Afghans pardi ! Ou en délocalisant les parpaings du Mur de Berlin sur les plages méditerranéennes... On pourrait suggérer que c’est peut-être ce genre de questionnaire qui entretient la suspicion. Une autre question porte sur le droit de vote des ressortissants étrangers au sein de la République : « Faut-il étendre le droit de vote aux élections locales, existant déjà pour les ressortissants des 27 États membres de l’Union européenne, à d’autres nationalités, notamment celles des pays qui ont, dans leur histoire, fait partie de notre République ? ». Le ministre Besson est-il est train de suggérer que les Algériens, les Sénégalais, les Nigériens... sans doute parce qu’ils portent en eux un peu des valeurs françaises transmises pendant l’expérience « très positive » de la colonisation, pourraient à ce titre bénéficier du droit de vote aux élections locales ? Un droit de vote dont seraient exclus les étrangers n’ayant pas cette chance de venir d’une ancienne colonie française ? 

Surtout ne pas oublier la question fourre-tout : « La maîtrise des flux de personnes, de marchandises, de services, de capitaux, est-elle nécessaire au maintien de l’identité nationale ? » Et la question philosophie de comptoir : « Abolir les frontières, est-ce s’ouvrir aux autres ? ». 

Des fonctionnaires du ministère pas très Français 

Enfin, parce qu’il s’agit d’être pragmatique et concret, le guide pour les débats locaux pose La question essentielle : « Comment mieux célébrer l’identité nationale ?  ». Comme la rendre visible, palpable, évidente, voire écrasante ? De là, une sous-question s’impose : « Quels sont les acteurs de la transmission de la fierté nationale ? ». Le genre de question qui rappelle quelques mauvais souvenirs... D’autant que le guide insiste : « Comment imposer le respect des symboles de la Nation ? ». Une des propositions citées par ce guide est « d’accroître la place des symboles de la République (drapeau, Marianne) dans l’ensemble des édifices publics ». Et pourquoi pas ressortir les poussiéreuses francisques vichyssoises ? 

Besson propose également d’augmenter le niveau de connaissance de la langue française demandé lors de l’entretien d’assimilation. Une requête qui peut paraître ironique alors que la circulaire, dans le même paragraphe, évoque des « temps fors » (sic) et « une nouvelle vois d’accès accéléré » (double sic) qui laissent supposer quelques lacunes en matière d’orthographe de la part de ses collaborateurs. 

En lisant ce guide, on se pose tout de même une question. Ça tombe bien, Éric Besson y pense aussi : « Pourquoi la question de l’identité nationale génère-t-elle un malaise chez certains intellectuels, sociologues ou historiens ? ». Il n’y a vraiment pas de quoi !

 Sans doute perturbé par sa propr identité politique fluctuante, Besson s’acharne dans sa quête d’identité nationale à vouloir dresser la liste des critères de francitude. Une vision qui enferme et nie les identités multiples, mouvantes et protéiformes qui ont façonné et façonnent encore la France. Le ministère cherche à exclure ceux qui n’entreraient pas dans les cases d’une identité formatée et fantasmée. Une obsession qui apparaît entre les lignes de ce questionnaire. Au point de se demander comment Éric Besson a pu oublier dans sa liste de questions la plus essentielle, celle que les communicants au service d’un certain Maréchal Pétain avait eu l’audace de poser : « Êtes-vous plus Français que lui ? ». Un nouveau slogan pour le ministère de l’identité nationale ?

 

Agnès Rousseaux

 


Par Ali - Communauté : La Cyber-résistance
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