Jeudi 9 juillet 2009
... ou comment le pouvoir, influencé et même dirigé par des réseaux, muselle l'expression



 
Par Ali - Communauté : Libre expression
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 8 juillet 2009

Sondage réalisé par Israêl magazine. Edififant ! Tout comme les commentaires qui affirment sans rire qu'Israël ne doit compter que sur lui-même, qu'il est le bouc émissaire de la terre entière... A pleurer !

http://www.facebook.com/ext/share.php?sid=100084208805&h=bUtfT&u=pnyQG&ref=nf




Résultat des sondages
 
Le gouvernement Netanyahou attaquera-t-il l'Iran préventivement
 
Oui : 94.49% (6742) 94 %94 %94 %
Non : 3.42% (244) 3 %3 %3 %
Ne sait pas : 1.65% (118) 1 %1 %1 %
   
Commentaire fait par Thibault sur 2009-04-16 16:58:57
Olmert n\'avait pas le courage de prendre de responsabilités à cet égard. Il était trop préoccupé par ses malversations arrivant en justice. Espérons que Bibi fera ce qu\'il faut pour assurer quelques décennies plus tranquilles à la région en détruisant les installations atomiques iraniennes. Tous les pays arabes applaudiraient. Ainsi que tous les individus non confits dans un angélisme pro-musulman coupable.
Commentaire fait par Therese D sur 2009-04-26 12:48:55
Ni Bibi et ni tout autre gouvernement ne fera le grand pas sans l\'accord tacite ou autre des Etats Unis et du quartet. En principe c\'est en voie, mais ce serait un vrai désastre si Israël lève le gant tout seul, pas à cause de son incapacité de vaincre l\'ennemi mais surtout politiquement. Israël aura besoin du support non seulement de l\'Europe et des Etats Unis, mais aussi des pays Arabes qui se sentent menacés. A mon avis, le monde entier va devoir se liguer pour rayer ou plutôt remettre à plus tard la possibilité d\'armement nucléaire par les pays arabes. Ce n\'est qu\'un sursis car il ne fait aucun doute que cette éventualité existe et qu\'elle se perpétuera. La course aux armes nucléaires est un danger pour le monde entier et quand des dirigeants cinglés comme Ahmedinadjad sont les instigateurs, la menace est très sérieuse. Thérèse D.
Commentaire fait par Cohen Michel sur 2009-05-03 17:32:10
Israel ne peut pas compter sur l\'Europe qui fera tout pour essayer de detruire le projet,il ne faut pas oublier la derniere declaration de Chirac:a l\'ONU qu\'il vallait mieux discuter avec le fou.Lui et Olmert a mettre dans le meme Panier
Commentaire fait par jack sur 2009-05-11 19:25:27
il me semble un peu naif de penser que israel à lui tt seul peut attaquer l iran en vue de detruire les sites nucléaires. Cette decision qui est lourde de consequences ne doit etre prise qu avec l assentiment des USA, mme si ils seront tres peu impliqués militairement. Quant à la situation geostrategique des pays arabes modéres, il y vas bien sur de leur interet que l etat d israel fasse le boulot. J e pense que le rechauffement diplomatIQUE IRAN/USA va reporter peut etre à jamais une attaque contre les sites nucléaires iraniens et que l on devra peut etre faire avec un IRAN nucléarisé (militairement aussi )
Commentaire fait par Nathanael sur 2009-05-16 20:14:22
Je pense que ce qu\'il manque a Israel, c\'est un vrai chef. Un homme capable de dire a Obama que l\'israel est la seul a décider de son droit de survivre. Qu\'est ce que les Etats Unis peuvent faire? L\'Israel est un puissance nucléaire et L\'une des meilleure armée au monde, il serait bon qu\'il aisse en tant que tel. Que l\"israel attaque l\'iran est possible, cela se fera avant 2010, année ou l\'iran aura la bombe...
Commentaire fait par Thibault sur 2009-05-25 10:00:50
La question est mal posée. Elle ne devrait pas être \"Bibi attaquera-t-il l\'Iran\", mais \"Bibi doit-il attaquer l\'Iran\". La réponse est évidemment \"Oui !\". Cela peut gêner Obama, mais Obama commence à comprendre que ce n\'est pas lui qui gouverne l\'Amérique au premier chef. C\'est le Sénat.
Commentaire fait par madeleine sur 2009-05-27 18:29:28
Je crains qu\'Israël ne doive envisager seul une attaque contre l\'Iran. En espérant que les US et l\'Europe viennent le rejoindre dans son attaque. Hélas, les nations ont déjà montré leur lâcheté lorsque Hitler I a anéanti 6 millions de Juifs avant qu\'elles se décident à entrer en guerre. Ces mêmes nations, à force d\'hésitation prennent le même chemin aujourd\'hui face à Hitler II. Fort des leçons passées, Israël ne doit pas hésiter mais il doit le faire non pas à coups de missiles mais avec une belle bombe (comme celles d\'Hiroshima ou Nagasaki) de façon à donner une tannée à l\'Iran dont il se souviendra longtemps, qui calmera par la même occasion les vélléités de guerre contre Israël des pays arabes. Il ne faut qu\'Israël perde de vue qu\'il s\'agit de sa survie : c\'est la sienne ou celle de l\'Iran, une seule Shoah a déjà suffi, il n\'y en aura pas une deuxième.
Commentaire fait par sur 2009-06-06 11:52:55
 
Commentaire fait par sur 2009-06-06 12:22:54
 
Commentaire fait par HAVILLAND sur 2009-06-07 21:33:26
UNE INTERVENTION PREVENTIVE EST A MON AVIS INDISPENSABLE - ISRAEL DEVRA AGIR SEUL CELA AUSSI EST UNE NECESSITE - MAIS POUR EN ARRIVER A CE STADE IL FAUT UN VERITABLE HOMME D ETAT - ACTUELLEMENT DANS LE MONDE IL N Y EN A PAS - PEUT ETRE LE PREMIER MINISTRE ACTUEL ? ESPERONS CAR AVANT DE REPONDRE A OBAMA - IL Y A BEAUCOUP DE TRAVAIL A FAIRE SUR AUTRE CHOSE
Commentaire fait par alain sur 2009-06-14 12:29:03
Les usa ont ouvert la voie en attaquant l irak , du fait de supposées armes de destructions massives.En iran l arme n est as supposée mais en devenir, israel n a donc pas d autre choix que d agir pour sa survie avec ou sans le soutien des usa.
Commentaire fait par yosef choam sur 2009-06-16 15:56:39
C\'est logique que ce soit Israél, personne n\'a jamais rien fait pour nous, et quand cela est le cas c\'est pour l\'intérêt de clui qui le fait. Malheureusement Israél pour les nations reste le bouc émissaire. Alors Bibi aujourd\'hui a tité leçon du passé te doit agir avant qu\'il soit trop tard
Commentaire fait par Nimtadj Hedayat sur 2009-06-25 18:21:19
Moi c\'est très simple et je l\'ai déja dit: pourquoi le Mossad n\'a-t-il pas encore assassiné Ahminajab(jem\'en fous s\'il y a une faute)? Il ne faut pas chercher midi à 14 h.
Commentaire fait par simplesanstete sur 2009-07-07 01:20:16
israel c\'est vraiement Dr follamour!
Commentaire fait par la raison!! sur 2009-07-08 16:07:08
C EST VRAI TUER TOUTE LA PLANET IL NE RESTERAS QUE VOUS ET VOUS SERAIT TRANQUILLE MALGRES VOTRE TRISTE HISTOIRE VOUS N AVEZ RIEN COMPRIS!!!!!
 
Total des votes = 7135
Ajouter un Commentaire | Votez maintenant | Autres votes ]
Par Ali - Communauté : La Cyber-résistance
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 7 juillet 2009


Une Française arrêtée en Iran. Ce n'était vraiment pas le moment et je pense que cette jeune fille est plus une victime collatérale de la politique agressive de la France à l'encontre de la République islamique qu'une "espionne" avérée comme, aux dires de la France, le prétend l'Iran.
Toujours est-il qu'en cette matière, il convient de jouer sur du velours.
Or, que voit-on ? Un Président français qui roule - au sens propre - des mécaniques, qui "exige" (verbe ignoré des diplomates) la libération de sa compatriote, le tout sur le ton d'une puissance coloniale s'adressant à des sauvages.
"Exiger" la libération de Mlle Reiss et, dans la foulée, déclarer que les Iraniens méritent mieux que leur gouvernement actuel, c'est pas tout-à-fait ce qu'il convient de faire pour calmer le jeu, vous en conviendrez tous !
Dans l'affaire Florence Cassez, cette française emprisonnée au Mexique, le Président de la République s'était rendu en visite officielle au Mexique précédé de sa "détermination" à retourner avec cette prisonnière dans ses bagages afin qu'elle puisse accomplir sa peine en France. Ce qui, en droit, était possible. 
L'affaire fit un tel bruit au Mexique que les Mexicains s'en indignèrent et ne retinrent de la visite de Sarkozy que cette "détermination" à rentrer avec Florence Cassez. Résultat, aujourd'hui, toute perpective pour que cette femme rentre en France est hypothéquée.
Entre les mains de quelques juristes anonymes l'affaire eut progressé, j'en suis persuadé.
"On se calme" et on laisse parler les vrais diplomates serait la meilleure des choses à faire.
Et permettrait le retour de la jeune fille.


http://www.rfi.fr/actufr/articles/115/article_82480.asp
Clotilde Reiss, 23 ans, était depuis cinq mois lectrice de français à l'université d'Ispahan, dans le centre de l'Iran. Mercredi 1er juillet, elle s'apprête à quitter ce pays via Beyrouth, mais elle est arrêtée à l'aéroport.

On ne dispose d'aucune information de source iranienne sur ce qui est reproché à la jeune femme. Mais côté français, on explique que Clotilde Reiss est accusée d'espionnage parce qu'elle a participé à une manifestation à Ispahan pendant le mouvement de contestation de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad. Elle aurait pris des photos du rassemblement à l'aide de son téléphone portable et les aurait envoyées.

Evoquant la situation de la jeune femme hier, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a qualifié d'« absurdes » les accusations iraniennes. Il a demandé sa libération.

 

Bernard Kouchner

Ministre français des Affaires étrangères

 

« C’est une jeune universitaire de 23 ans, qui a été arrêtée à l’aéroport de Téhéran la semaine dernière après un séjour de cinq mois en Iran. Elle a assisté aux manifestations et, comme beaucoup d’Iraniens, elle a pris des photos. C’est pour cela qu’elle est accusée d’espionnage. J’appelle solennellement les autorités iraniennes à la libérer ».

 

07/07/2009 par Cecilia Albona de France Info

 
Vers une une crise diplomatique entre la France et l'Iran ?

La relation Paris-Téhéran était déjà tendue avant même l'élection présidentielle du 12 juin et les troubles qui ont suivi.

D'abord parce que la France adopte depuis plusieurs années une position ferme dans le dossier du nucléaire iranien.

Ensuite parce que les dirigeants français ont toujours réagi avec vigueur aux propos anti-israéliens de Mahmoud Ahmadinejad. On se souvient notamment des déclarations de Nicolas Sarkozy affirmant, il y a quelques mois, qu'il ne serrerait pas la main à un homme ayant osé déclarer qu'Israël devait disparaître.

Enfin, avec le scrutin du mois dernier en Iran et les doutes sur la réélection de Mahmoud Ahmadinejad : les manifestations et la répression ont encore creusé le fossé entre les deux pays. Téhéran fustige les ingérences étrangères. Hier encore, Nicolas Sarkozy a déclaré que « le peuple iranien mérite mieux » que ses dirigeants actuels.

La détention de Clotilde Reiss à Téhéran pourrait donc crisper encore un peu plus la relation franco-iranienne.

Par Ali - Communauté : Libre expression
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 7 juillet 2009

Ce livre, il faut le lire, ne fut-ce que pour faire acte de résistance. Il est, en effet, scandaleux qu'aucun éditeur français n'ait eu les co.... le courage d'éditer une étude, fort sérieuse et objective, sur l'influence de quelques groupes de pression sur la politique de notre Président...
Ce qui en dit long sur l'état de notre pseudo-démocratie...


Sarkozy ou la souveraineté nationale en péril ?
Verbatim :: Mardi, 30 juin 2009 :: Paul-Éric Blanrue ::    
Sarkozy ou la souveraineté nationale en péril ?



« Le livre de Paul-Éric Blanrue, Sarkozy, Israël et les juifs (*) s’il arrive à être diffusé, fera date. C’est le premier ouvrage à braquer les projecteurs sur ces groupes de pression, qui évidemment veulent agir dans l’ombre, même si leur influence devient de plus en plus évidente depuis l’élection de Sarkozy », observe le physicien belge Jean Bricmont (**). Car si le livre est distribué dans divers pays, et fait déjà l’objet de quatre traductions, il n’est pas encore diffusé dans le propre pays de l’auteur, la France !

Paul-Éric Blanrue, 42 ans, est un personnage franc, attachant. Il fait partie de ces historiens qui contestent la légitimité de lois qui portent atteinte à la liberté d’expression, comme la loi Gayssot et qui se rebellent à juste titre contre l’intoxication et la désinformation médiatique et politique.

Silvia Cattori : Votre livre « Sarkozy, Israël et les juifs » permet de comprendre en quoi les liens tissés entre Nicolas Sarkozy et les différents réseaux sionistes en France, et dans le monde, sont dangereux pour la souveraineté nationale. Liens qui ramènent évidemment à l’Etat juif d’Israël : le cœur du problème. Quel évènement précis vous a-t-il conduit à écrire ce livre en toute hâte ?

Paul-Éric Blanrue : Ce qui m’a fait réagir c’est quand, après le carnage de l’armée israélienne à Gaza, la France de Sarkozy a envoyé la frégate Germinal [1] pour empêcher le transfert d’armes aux Palestiniens assiégés. Cette nouvelle m’a fait bondir parce que c’était un acte politique très clair de la part de la France en faveur d’Israël. C’était un acte d’autant plus grave, à mon sens, que les Etats-Unis n’y avaient pas pris part.

« Sarkozy, Israël et les juifs » a vraiment commencé à exister à partir de ce moment-là, avec ce qui s’est passé à Gaza. J’ai été scandalisé par la façon dont la France a réagi à ce massacre, dont Bernard Kouchner et les proches de Sarkozy en ont parlé, dont Bernard-Henry Lévy (BHL) en a disserté dans « Le Point ».

J’ai alors cherché à montrer les accointances qu’il y avait, malgré une réserve de surface, entre BHL, et un certain nombre de personnages qui se prétendent de gauche. Qu’il y avait une véritable coalition du monde intellectuel parisien, de cette intelligentsia déliquescente, avec la politique pro-israélienne de Sarkozy. Que c’était très grave.

Cela dit, je suis un observateur de la chose politique. J’avais déjà accumulé de nombreuses informations lors de la rédaction, l’an passé, d’un petit livre sur le mariage de Sarkozy [2]. J’avais suivi sa campagne électorale ; j’avais remarqué comment, grâce à Henri Guaino [3], il avait réussi à se faire passer pour un « gaullien ». Il était parfois libéral dans ses discours. Dans d’autres très protectionniste. La question était : qu’est-ce que cela va donner ?

Par la suite j’ai constaté que la stratégie ouvertement pro-israélienne de Sarkozy, n’avait pas été seulement une tactique pour se faire élire, mais qu’il continuait de s’y tenir. Les résultats sont là. On voit aujourd’hui qu’il s’y est accroché et qu’il est aussi voire plus pro-israélien que ne l’était George W. Bush.

Au mois de janvier 2009 qu’est-ce qu’on a vu ? Alain Finkielkraut se faire décorer de la légion d’honneur [4]. Et en avril c’était au tour d’André Glucksmann. Et que tout cela était logique, répondant à une logique incroyable ! Et qui voit-on aujourd’hui défiler, au Trocadéro contre le Président Ahmadinedjad ? On voit les mêmes ! On voit Pascal Bruckner, BHL, Alain Finkielkraut, André Glucksmann, Jack Lang. Bref tout l’entourage pro-israélien de Sarkozy.

Silvia Cattori : BHL ne faisait-il pas partie de l’entourage de Mme Royal ?

Paul-Éric Blanrue : BHL a fait partie de l’entourage de Ségolène Royal durant la campagne électorale, mais pas très longtemps. Elle ne doit pas être considérée comme suffisamment sioniste par le réseau pro-israélien [5]. C’est une des rares personnalités politiques à avoir émis des réserves sur le dîner du CRIF.

Silvia Cattori : On sent un vent de liberté chez vous, une énergie toute juvénile, une force, une gravité. C’est fascinant. C’est donc cet alignement de la France sur la politique d’un pays qui prêche la guerre contre ses voisins arabes et l’Islam, qui vous a conduit à réagir ? Est-ce à dire que « Sarkozy Israël et les juifs » n’aurait jamais vu le jour sans cette alliance entre la France de Sarkozy et Israël ?

Paul-Éric Blanrue : En effet. C’est l’envoi par Sarkozy de cette frégate destinée à empêcher la résistance palestinienne de recevoir des armes qui m’a conduit à réagir. Cette décision m’a paru grave, car nous n’étions plus ici simplement dans le discours.

La France n’aurait jamais agi de cette façon sous la présidence de Jacques Chirac. Ni sous la présidence de François Mitterrand. Même si, avec ce dernier, les choses étaient plus complexes.

Tant que Sarkozy faisait des déclarations destinées à se mettre les musulmans français dans la poche, ou les catholiques [6], nous pouvions mettre cela sur le compte d’une démagogie purement électoraliste. Mais avec l’envoi d’une frégate dans des eaux contrôlées illégalement par Israël, Sarkozy entrait dans l’action.

En 2006 déjà, lors de l’agression israélienne contre le Liban, Sarkozy, alors ministre, avait déjà montré un net parti pris pro-israélien en demandant à Zeev Boïm, ministre israélien en visite à Paris, de « combien de temps » il avait besoin « pour terminer le travail ». Mais alors il n’y avait pas eu d’action concrète, sinon ce parti pris stupéfiant.

Silvia Cattori : Vous avez réussi à rendre accessible à un large public une réalité terriblement complexe. On comprend que 2007, avec l’arrivée de Sarkozy à l’Elysée, marque un tournant. C’est la fin du régime « gaullien ». La France ne sera plus jamais cette nation unique aux yeux du monde ! Finie la résistance aux pressions des réseaux pro-israéliens. Vous vous attaquez à un tabou. Des personnalités en vue qui, par le passé, ont osé l’enfreindre, l’ont chèrement payé. Je pense à Raymond Barre, à Dieudonné, à Tariq Ramadan, à Guigue [7]. Les temps sont-ils plus propices aujourd’hui ? N’avez-vous pas pensé que vous marchiez sur un champ frappé d’interdits ?

Paul-Éric Blanrue : Je ne me suis pas posé la question de savoir si c’était dangereux ou pas. Si je me posais cette question, je crois que je ne ferais rien ; je resterais chez moi à regarder la télévision en mangeant des chips. Ca n’a jamais été ma façon de penser ni d’agir. Je ne puis pas vivre sans dire ce que je pense. Je crois qu’il y a en moi une forme d’énergie ou de revendication de liberté, comme Fanfan-la-Tulipe ; un côté mousquetaire. Je ne supporte pas l’injustice ; je ne supporte pas, surtout, la contrainte et l’interdiction de s’exprimer. C’est quelque chose d’épouvantable, cet interdit !

Quand on n’a plus le droit de parler, ça devient très grave. Alors, quand on vit dans un pays où le mot « Liberté » est inscrit sur le fronton de tous les monuments, je crois que, quand même, il faut se dresser. Je crois à la vertu de l’exemple de la personne qui part au combat, « sans peur et sans reproche ». Un côté chevalier Bayard. Mais je ne veux pas me comparer à ces personnages-là parce que, tout de même, je ne fais qu’écrire. Je suis un écrivain, je ne pars pas au combat avec un fusil. Mon fusil, c’est mon stylo. Donc, voila, j’essaie d’être efficace dans mon domaine.

Par ailleurs, je ne suis pas du tout partisan de la guerre ; au contraire, ce livre est également un livre pacifiant, je l’espère en tous cas. Il appelle au calme et à la raison ces représentants de la communauté juive, comme le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), et que je ne confonds pas avec l’ensemble de la communauté juive. Je leur dis qu’ils n’ont pas intérêt à faire monter la tension.

Du reste, on prête beaucoup trop d’importance à ces réseaux pro-israéliens français. Certes ils ont beaucoup d’influence, surtout aujourd’hui où ils sont arrivés au pouvoir grâce à leur homme-lige, grâce à Sarkozy. Mais je pense qu’ils sont en réalité très faibles et divisés. Il y a des tensions énormes à l’intérieur du CRIF. L’ancien président du CRIF, Théo Klein, s’est fait traiter de terroriste par un de ses successeurs. Il suffit d’ailleurs d’écouter Radio J, ou Radio Shalom, – je l’écoutais tous les soirs quand j’écrivais mon livre – pour comprendre l’ampleur des dissensions internes.

Les pro-israéliens se sentent forts parce que certains d’entre eux occupent des postes hauts placés. Un député sur six appartient au Groupe d’amitié France-Israël. Ils ont réussi à faire accourir chaque année le pouvoir politique au dîner du CRIF. Mais rien n’obligeait le président Sarkozy à y aller. Il suffirait que la classe politique dise au CRIF « Nous ne nous rendrons pas à votre dîner annuel » pour que cette influence tombe. Ils sont arrivés au faîte de leur puissance et ils ne peuvent que retomber.

Silvia Cattori : Vous montrez tout cela en perspective. En ce sens, vos réflexions ouvrent une brèche. Elles peuvent conduire ceux qui vous lisent à refuser ce climat d’intimidation et de peur créé par le CRIF et consorts. Vous avez dit : « J’aurai fait tout mon possible pour que ce livre puisse être une base de discussion raisonnable entre deux camps que tout oppose. Il faut que la situation se débloque… ». Quelles sont les chances de sortir de ces blocages, et comment voyez-vous ces deux camps ?

Paul-Éric Blanrue : Je crois que « les juifs » de France – je parle ici non pas de leurs représentants mais de tous les juifs en tant qu’appartenant à la religion juive – vont un jour prendre conscience du fait que le CRIF les manipule. Que le CRIF, qui prétend les représenter, ne les représente nullement. Et que cela leur donne une très mauvaise image. A l’intérieur du CRIF il y a des gens, qui ne supportent plus cette situation. J’ai rencontré hier un journaliste d’un quotidien suisse et d’un hebdomadaire français qui m’a dit « Je ne peux pas faire une interview de toi, car ma rédaction ne le permettrait pas, mais je suis tout-à-fait d’accord avec ce que tu dis ; je suis scandalisé par ce qui arrive aux Palestiniens, et je ne suis pas d’accord avec le fait que le CRIF parle en mon nom ».

C’est pour cette raison que je dis « les juifs » ; car je crois qu’ils peuvent en ce moment agir, être une des sources de salut. Comme disait Léon Bloy : « le salut par les juifs » ! Autrement dit, ils ont, dans l’histoire, souvent eu des caractères, des personnages qui sont sortis du lot. Je ne suis pas religieux du tout, mais si vous voyez le christianisme, c’est une branche qui a rompu avec le judaïsme pour faire tout autre chose, une œuvre civilisatrice à visée universaliste. Il y a eu des personnalités éminentes qui ont rompu avec les synagogues, comme Spinoza ; dans un autre domaine, Karl Marx a lui-même brisé avec son milieu. J’espère que des personnalités vont sortir, et contester le pouvoir du CRIF. J’en appelle à eux parce que, justement, les personnes qui ne sont pas de confession juive, si elles s’entêtent à mener des campagnes, par exemple contre l’existence de la loi Gayssot, ou contre les prérogatives du CRIF, ou contre le dîner du CRIF, seront marginalisées, accusées d’antisémitisme. Donc définitivement disqualifiées, aux yeux des médias en tout cas.

Silvia Cattori : Vous dites « les juifs » comme s’il s’agissait d’une ethnie, comme s’il s’agissait d’un peuple, alors qu’il s’agit d’une religion. Alors, pourquoi ne pas dire « les gens de confession juive » ?

Paul-Éric Blanrue : Je suis entièrement d’accord avec vous. « Juif », c’est d’abord et avant tout une religion. Par le fait du sionisme certains, comme Moses Hess ou Theodor Herzl ont commencé à parler de peuple, d’ethnie ou de race juive. Evidemment c’est une aberration totale. Shlomo Sand l’a très bien montré [8] ; il y a eu une fabrication qui est totalement désastreuse parce qu’elle confond deux choses : une religion millénaire et une idéologie politique destinée à la doubler, voire à la remplacer, ce qu’ont fort bien compris certains rabbins qui se sont opposés au sionisme dès l’origine.

Silvia Cattori : Cette confusion ne sert-elle pas un objectif idéologique bien précis ?

Paul-Éric Blanrue : Oui, l’objectif est très clair. D’abord je dirais que l’objectif principal du CRIF, aujourd’hui, c’est de jouer sur ce terme « juif », sur l’assimilation entre peuple et religion. Je pense ici en particulier à la campagne qu’ils mènent en ce moment pour faire passer la loi appelée « Loi Martin Luther King ». Cette loi, qui est en gestation, vise à assimiler légalement l’antisionisme à l’antisémitisme. Si cette loi passe, cela veut dire qu’en France, l’antisionisme sera considéré comme un délit. Critiquer Israël pourra vous conduire en prison. C’est très grave. C’est l’Union des patrons juifs de France (UPJF), qui soutient ce projet de loi transmis à tous les députés français. C’est le plus fort syndicat sioniste de France – je dis fort dans tous les sens du terme. L’UPJF a élu Sarkozy l’« homme politique de l’année » en 2006, un an avant la présidentielle.

Silvia Cattori : Avant vous, à ma connaissance, en France, voire en Europe, aucun auteur n’avait jamais traité cette question des réseaux pro-israéliens. Vous montrez comment des personnalités politiques haut placées font passer les intérêts d’Israël et des États-Unis avant ceux de leur pays ! On voit comment Sarkozy en vient à renverser les valeurs de la République française. Et en quoi il y a là double allégeance. Toutes choses d’une extrême gravité. Et on se dit avec étonnement : comment se fait-il qu’il ne se soit trouvé personne avant vous, y compris dans l’opposition, pour dénoncer ces dérives ?

Paul-Éric Blanrue : Il n’y a eu personne parce que les gens sont en général terrorisés, moralement, mentalement, professionnellement. Mon éditeur est un Belge, ce n’est pas par hasard ! Lui au moins ne peut pas subir les foudres de Sarkozy. Ces foudres peuvent être multiples ; aller du redressement fiscal, aux convocations à la police, à la garde à vue, et à la perte de son emploi.

Silvia Cattori : Vous ne craignez pas ces foudres ?

Paul-Éric Blanrue : Non, je ne les crains pas. Non, je ne crains rien. J’irais écrire à l’étranger s’il le fallait. S’il faut partir, je partirai. S’il faut s’exiler, je m’exilerai, ce n’est pas grave. Je gagne ma vie en écrivant. Je peux écrire partout, même dans le désert. Il est important que ce livre soit diffusé en France. Il est dans toutes les librairies belges. Il sortira au Canada. Il va être mis en vente au Moyen Orient, en Amérique du sud, dans les pays anglophones. Pourquoi les Français ne l’auraient-ils pas ?

Silvia Cattori : Vous le montrez fort bien. Sarkozy a toujours laissé entendre ce qu’il projetait d’accomplir d’inquiétant. Il n’a jamais caché qu’il allait mettre Israël au centre de tout ; et la France au service du projet unipolaire des Etats-Unis. Il a laissé entrevoir, bien avant d’être candidat, qu’il se consacrait au lobbying en faveur d’Israël ; que les cibles désignées par Israël – les forces de résistance anticoloniales du Hamas, du Hezbollah, les opposants Frères musulmans au régime dictatorial de Moubarak, l’Iran – allaient être également ses cibles prioritaires. Cela, curieusement, n’a jamais fait réagir ses opposants ! Je me souviens que Nicolas Dupont-Aignan, avait eu, lui, l’honnêteté de dire en 2007 : « Nous sommes à la veille d’un changement profond de la politique étrangère de la France si M. Nicolas Sarkozy ou Mme Ségolène Royal devaient être élus ». [9] Êtes-vous d’accord avec cette symétrie entre les deux grands partis ?

Paul-Éric Blanrue : Nicolas Dupont-Aignan avait raison. Élue, Ségolène Royal n’aurait pas été seule à gouverner. Certes, elle n’a pas exactement la même vision des choses que Sarkozy sur le Proche Orient, je la crois beaucoup plus prudente. En revanche, elle aurait été entourée de conseillers, de ministres qui, eux, sont liés au réseau pro-israélien. Est-ce qu’elle aurait eu la force, l’intelligence, la culture, pour résister à leur pression ? Je n’en suis pas certain. Il ne faut pas oublier que Bernard Kouchner était au Parti socialiste. C’est lui que Ségolène Royal aurait probablement nommé comme chef de la diplomatie étrangère.

Vous avez vu le tollé quand Sarkozy avait laissé croire – encore une fois très fin, très malin –qu’il hésitait entre Védrine et Kouchner. Le nom d’Hubert Védrine avait tout de suite soulevé des protestations à Jérusalem. Le Jérusalem Post avait titré « Nous sommes choqués ». Un journaliste français de la télévision BFM, qui était sur place, rapportait à l’époque que M. Kouchner était vu là-bas comme plus « israélo-compatible qu’Hubert Védrine ».

Silvia Cattori : Ce n’est donc pas la tendance gauche ou droite qui prime, mais le fait que tel politicien est clairement identifié comme sioniste ?

Paul-Éric Blanrue : Exactement. Les réseaux pro-israéliens ont misé sur Sarkozy depuis très longtemps mais ils n’ont pas mis tous les œufs dans le même panier. Ils ont leurs poissons pilotes dans tous les partis : Strauss-Kahn et Sarkozy, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. C’est la raison pour laquelle Sarkozy, aujourd’hui « roi des sionistes », arrive à débaucher des socialistes ou des centristes. La grille de lecture du gouvernement, c’est qu’il est sioniste et que la plupart les gens qu’il nomme, y compris dernièrement Frédéric Mitterrand, sont des amis décomplexés d’Israël.

Silvia Cattori : Ils peuvent aussi se montrer pro-israéliens par opportunisme ?

Paul-Éric Blanrue : Alors là, je n’ai pas du tout sondé les cœurs et les reins de Sarkozy et de tout son entourage ! Je pense que Sarkozy agit plus par opportunisme que par tradition familiale. Anecdote amusante, j’ai rencontré dernièrement, sur la place Péreire, près des Champs-Elysées, Patrick Buisson, un homme brillant, un des conseillers de Sarkozy durant la présidentielle. Sarkozy avait le choix entre capter les voix du centre ou capter les voix de l’extrême droite, c’est-à-dire les voix de Le Pen. Et Patrick Buisson qui, lui-même, vient de la « droite nationale » (il avait une fonction importante à l’hebdomadaire Minute) lui a conseillé de pêcher les voix de Le Pen. Seulement, pour prendre les voix de Le Pen, il fallait tenir un peu le discours de Le Pen sur les immigrés, les banlieues ; en parlant de les « nettoyer au karcher », il allait encore plus loin que Le Pen !. Mais comment faire pour ne pas être considéré comme raciste et pour qu’il n’y ait pas une campagne contre lui dans toute la presse française qui l’assimile à Le Pen ? Eh bien, c’est très simple : il se présente comme sioniste. Autrement dit, il a avec lui, par exemple, la LICRA (Ligue contre le racisme et l’antisémitisme), dont le président est Patrick Gaubert, qui est un de ses meilleurs amis, un sioniste militant lui aussi. Vous voyez ?

J’ai remis mon livre à M. Buisson ; quand il a lu le titre, il m’a dit « Mais, vous savez, Nicolas Sarkozy ne se sent pas spécialement juif, il se sent immigré hongrois ». Je lui ai répondu : « C’est exactement ce que je dis, c’est par opportunisme, c’est par démagogie, ou en tout cas par intérêt politique, qu’il est allé vers le lobby pro-israélien, américain d’abord, pour ensuite faire sa tournée en Israël, et se présenter comme la valeur refuge des sionistes français ». J’ai ajouté qu’évidemment, comme il soutenait Israël, il espérait le soutien d’Israël en retour. Et là M. Buisson m’a dit « Ah, évidemment, c’est vrai qu’il soutient Israël, on ne peut pas dire le contraire ». Il disait ça sur un ton presque désabusé, mi-ironique.

Silvia Cattori : Pas de réactions judiciaires ? Pour bien moins, le simple sketch de l’humoriste Dieudonné en 2003 avait déclenché une avalanche de procès. L’Etat s’en était mêlé, ce qui avait conduit Dieudonné à être poursuivi par une ribambelle de tribunaux. L’antisémitisme trop galvaudé n’est-il plus un argument qui porte ? Votre avocat, Maître John Bastardi Daumont, a qualifié le refus par le milieu de l’édition française de diffuser votre livre, de « censure par le vide » [10] N’est-ce pas là le signe que les droits fondamentaux sont menacés en France ? Peut-on parler de censure politique pour autant ?

Paul-Éric Blanrue : L’excellent et très courageux John Bastardi Daumont, qui bataille avec ardeur à mes côtés, a trouvé là le mot juste. Mais attention, mon livre n’est pas interdit, au sens légal, je ne peux pas parler de censure politique. Je ne connais pas la raison exacte pour laquelle il n’a pas été diffusé. Cela dit, mon livre est très posé, ce n’est pas du tout un pamphlet, je donne 500 références. Sa non diffusion en France reste donc une chose bizarre. Mais surtout, les journalistes français, eux, auraient dû en parler, auraient dû se dire « Tiens, un livre qui parle de Sarkozy qui n’est pas diffusé en France, c’est très étonnant ! » Or pas un journaliste français n’en a soufflé mot alors que, l’année dernière, quand j’ai publié deux livres – « Carla et Nicolas, Chronique d’une liaison dangereuse » et « Jérôme Kerviel seul contre tous »- j’ai eu une très large couverture médiatique.

On a voulu faire le silence total sur mon livre. Ce qu’ils ne savent pas est que mon livre en est déjà à la seconde édition. J’introduis des corrections, mon avocat y ajoutera une préface, où il expliquera dans le détail le concept de censure par le vide. On est en bonne voie pour trouver un diffuseur français. Le livre est traduit en anglais, en espagnol et en arabe.

Quant à l’accusation, fausse, d’antisémitisme, face à des gens qui ne le sont pas, elle ne porte plus du tout, en particulier chez la jeune génération. C’est un argument trop daté, qui a été trop utilisé. Les jeunes, sur internet, ont trouvé un petit gimmick pour se moquer des gens qui utilisent cet argument, ce sont les « points Godwin »… C’est comme un joker ; on dit : « Tu as utilisé l’argument d’Hitler tu as perdu, tu es éliminé automatiquement du débat » !

On l’a vu avec le livre de Pierre Péan sur Kouchner [11]. Cela n’a pas marché. Cet argument ne fonctionne plus. Je suis totalement décomplexé et j’appelle les Français à l’être tout autant.

Silvia Cattori : Vous étiez-vous attendu à ce bannissement humiliant ?

Paul-Éric Blanrue : Ce n’est pas du tout humiliant ! Au contraire c’est honorifique ! Cela montre que j’ai vraiment touché la cible au coeur.

Silvia Cattori : Vous avez dit n’avoir peur de rien. Pourtant, j’ai noté que les gens qui vous lisent et vous apprécient ont peur pour vous. Ils vous qualifient de « courageux ». Ce qui laisse penser qu’il faut du cran pour parler d’Israël et de ceux qui légitiment ses crimes. Vous parlez d’une réalité très inquiétante, faite de manipulations et d’impostures dont l’objectif machiavélique n’est-il pas de préparer la prochaine guerre ? Cela vous honore mais vous expose ?!

Paul-Éric Blanrue : Ce livre est apprécié parce qu’il vient confirmer ce que les gens pressentent, comprennent, mais n’osent expliciter, ou ne le peuvent par manque d’information. En ce qui concerne la prochaine guerre, je crois effectivement qu’Israël se croit obligé, pour survivre, d’entretenir un climat belliqueux permanent. Il y a des divisions en Israël aussi. En fait, ce qui leur permet d’assurer leur cohésion, c’est la désignation d’un ennemi commun, hier Saddam, aujourd’hui Ahmadinedjad.

Silvia Cattori : L’échec de la politique du « Grand Moyen-Orient » de Bush, le discrédit et l’affaiblissement des USA, sont un sujet de préoccupation pour les autorités israéliennes. Sarkozy n’est-il pas arrivé pile, comme un miracle pour Tel Aviv ?

Paul-Éric Blanrue : Miracle préparé tout de même de longue date. Depuis la seconde Intifada, en 2000, ils ont misé sur Sarkozy, sur le bon cheval ; et lui, il a vu tout l’intérêt politique qu’il pouvait en tirer.

C’était donnant donnant. Lui, il s’est dit : je vais être porté au pouvoir grâce aux réseaux ; et les états-majors israéliens se sont dit : une fois que nos amis seront arrivés au pouvoir nous allons avoir un pays de plus dans notre escarcelle pour soutenir l’axe Israël- Etats-Unis.

Ils ont gagné sur toute la ligne, pour le moment. Leur seul problème est que Sarkozy n’avait pas prévu ce que dirait Obama. On pensait qu’Obama allait être un bon pro-israélien, un bon sioniste avec Emanuel Rahm à ses côtés.

Cela dit, attention, il se peut que Sarkozy soit comme le poisson pilote de Washington. Qu’il soit celui qui va plus loin que l’administration Obama pour tâter le terrain.

Silvia Cattori : Nous venons de le vérifier avec l’Iran ! Là où des dirigeants un peu rationnels, comme Obama, sont restés d’abord très prudents, réservés, les pro-israéliens, ce réseau sioniste que vous avez très bien identifié, les ont forcés à crier avec les loups. Sarkozy ne s’est-il pas ridiculisé en convoquant deux diplomates iraniens ? Voulait-il faire oublier ce qui est au cœur du problème : la Palestine ?

Paul-Éric Blanrue : Oui, bien sûr. C’est une opération de diversion par rapport aux excès de l’armée israélienne en Palestine. Les mêmes qui ont justifié Gaza, sont ceux qui vont défiler contre l’Iran. Sarkozy est ridicule mais, pour le moment, les Français ne s’en aperçoivent pas. Pour le moment, je suis l’enfant du conte d’Andersen qui dit « le roi est nu ». C’est un peu mon statut ; tout le monde voit qu’il est obsessionnellement pro-israélien mais personne n’ose le dire.

Silvia Cattori : Les plans de guerre de Sarkozy – Kouchner contre l’Iran sont-ils toujours sur la table ?

Paul-Éric Blanrue : C’est sûr qu’ils vont tout essayer pour déstabiliser ce pays dans les prochaines années. Israël a l’Iran en tête. La France va tout faire pour aider Israël. Mais je crois qu’avec l’Iran, ils sont tombés sur un os. Certains ont essayé de déstabiliser l’Iran de l’intérieur : ils n’y sont pas arrivés. Ils n’y parviendront pas. Il peut y avoir une guerre. Mais les Etats-Unis n’attaqueront pas l’Iran, je crois. Ils ont quantité d’autres possibilités pour déstabiliser l’Iran.

Silvia Cattori : Cette emprise du réseau pro-israélien en France s’est accentuée au moment même où, aux USA, les néoconservateurs avaient perdu de leur allant. Au moment aussi où Bush, l’allié d’Israël, battait de l’aile. Sarkozy ne s’est-il pas démené pour sortir Israël de ce mauvais pas ? Ne se prend-il pas pour le chef du réseau des néoconservateurs pro-israéliens dans le monde ?

Paul-Éric Blanrue : C’est une très bonne définition. Il est devenu le remplaçant de Bush. J’ai l’impression que la stratégie israélienne est une stratégie de fuite en avant désespérée ; je vois que les peuples du monde entier se révoltent. Souvenez-vous de la conférence « Durban II » [12]. Les sionistes s’y sont préparés durant trois ou quatre ans pour la déstabiliser. Ils ont fait un flop.

Le jour où les Etats-Unis comprendront qu’Israël leur est préjudiciable, ce qui lui pend au nez, c’est la fin du soutien financier et militaire. S’ils coupent les fonds, que va devenir Israël ? Ce n’est pas la France qui peut soutenir financièrement l’effort militaire d’Israël !

Silvia Cattori : L’accord militaire signé entre la France et l’Émirat d’Abu Dhabi, lors de l’inauguration par Sarkozy d’une base militaire, n’a-t-il pas placé la France aux avant-postes d’un éventuel conflit avec l’Iran ?

Paul-Éric Blanrue : C’est exactement le sujet de mon livre. Sarkozy met la pression sur l’Iran, parce que c’est un pays qui, sur le plan géostratégique, n’est pas contrôlé par les États-Unis. Jointe à ces raisons il y a la question métaphysico-politique d’Israël qui, lui, a ses propres intérêts. Je crois que Sarkozy est devenu plus pro-israélien que pro-américain. Il veut devenir le nouveau Bush.

Sarkozy nous entraîne dans une course effrénée vers la guerre.

J’aimerais maintenant que les questions graves que je soulève dans « Sarkozy, Israël et les Juifs » soient mises sur la table, que l’on puisse en discuter avec les responsables politiques. Et que l’on nous explique où nous allons maintenant que la France soutient Israël ! Rappelez-vous Kouchner qui avait proclamé en 2007 que l’alternative « c’est la guerre ».

Israël et ses amis sont persuadés que la guerre leur permet d’exister. Ils ne peuvent pas exister sans cela. S’ils ne bougent pas, ils se dégradent, ils se liquéfient. Ils sont obligés d’être toujours à l’attaque. S’ils sont dans la moindre position défensive pour Israël, ils sont perdants. Ils doivent attaquer en permanence. C’est pour cela qu’ils perdront.

Silvia Cattori : Sans Bernard Kouchner, sans sa diplomatie brutale, violente, sans son vernis « socialiste », Sarkozy aurait-il pu réussir à faire avaler aux Français cet asservissement total à Israël et cette formidable animosité à l’égard de tous les États qui représentent un obstacle au projet atlantiste, Tel Aviv – Paris – USA ?

Paul-Éric Blanrue : Les Français se désintéressent de la politique étrangère. Sans Kouchner, il y en aurait eu un autre, et ça se serait passé de la même façon. Sarkozy a été programmé pour accomplir un programme précis : il l’a fait. S’il cessait de donner des signes forts d’adhésion à Israël, il est probable que les réseaux qui l’ont aidé à accéder au pouvoir le laisseraient tomber. Il n’a aucun intérêt à les décevoir. Il va donc continuer, puisqu’il veut manifestement se faire réélire en 2012.

Silvia Cattori : L’appellation « Sarkozy l’Israélien » prend donc tout son sens ?

Paul-Éric Blanrue : Vous savez que ce n’est pas moi qui l’ai le premier appelé « Sarkozy l’Israélien », ce sont certains cercles israéliens.

Silvia Cattori : En conclusion, la politique de Sarkozy peut avoir de graves conséquences sur la politique intérieure, si la « Loi Martin Luther King », devait passer. Et, sur le plan extérieur, alors que l’indépendance de décision de la France a déjà été compromise par son retour dans le commandement intégré de l’OTAN, l’alignement de Sarkozy sur Tel Aviv conduit la France sur un chemin très dangereux : à se faire la complice de ces opérations de déstabilisation criminelles engagées par le Mossad, pour assurer – comme vous l’avez dit – le « climat belliqueux permanent dont Israël a besoin pour survivre ». C’est-à-dire à favoriser le déclenchement de nouvelles guerres. N’est-ce pas cela le plus grave ?

Paul-Éric Blanrue : En France, Sarkozy dirige tout, ou en tout cas, tente de le faire car en réalité ses moyens d’action sont limités par la crise, par l’Europe, etc. Il gesticule beaucoup. On l’entend tous les jours ou presque à la télévision, comme s’il était une speakerine. Mais même si ses moyens d’action ne sont pas aussi importants que certains le redoutent, il a encore la capacité de nous entraîner dans une nouvelle guerre, car il reste le chef des armées ! Sur ce plan, mon livre tire la sonnette d’alarme. Je veux informer les Français des risques encourus par notre pays. Plus la France soutient Israël, plus nous risquons d’entrer un jour en guerre à ses côtés, au Liban, en Iran ou ailleurs. Mais pour m’entendre, encore faudrait-il que mon livre soit diffusé dans mon propre pays ! Il y a des jours où je me demande où est passée la France. Heureusement, je suis optimiste de nature. Et, comme historien, je sais qu’aucun combat n’est jamais perdu d’avance, surtout dans notre pays, parfois long à la détente, mais qui a la tête dure.

Entretien avec Paul-Éric Blanrue par Silvia Cattori

Notes :

(*) Sarkozy, Israël et les juifs, Éditions Oser Dire, 2009 (sans diffuseur en librairie en France, vente exclusive par correspondance). Disponible chez librad france :: ici

(**) Figure du mouvement anti-impérialiste, Jean Bricmont est professeur de physique théorique à l’Université de Louvain (Belgique). Il a notamment publié « Impérialisme humanitaire. Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort ? », (Éditions Aden, 2005). Disponible chez librad france :: ici

[1] « La France participera au Blocus de Gaza », sindibad.fr, 24 janvier 2009.

[2] « Carla et Nicolas : Chronique d’une liaison dangereuse » (avec Chris Laffaille). Scali, 2008.

[3] Et Henri Guaino est, depuis le 16 mai 2007, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy et l’auteur de tous ses discours.

[4] Elévé par Sarkozy, le 1er janvier 2009, au grade d’officier de la Légion d’honneur.

[5] Voir : www.dailymotion.com

[6] Visite officielle au Pape en décembre 2007.

[7] Voir sur :
Raymond Barre : « Raymond Barre se dit injustement accusé d’antisémitisme », saphirnews.com, 7 mars 2007.
Tariq Ramadan : « Oui Monsieur Tariq Ramadan est un antisémite », licra.org, 27 octobre 2003.
Bruno Guigue : « Bruno Guigue l’honnête homme, sanctionné », par Silvia Cattori. silviacattori.net, 26 mars 2008.

[8] Shlomo Sand : « Comment le peuple Juif fut inventé », Ed. Fayard.

[9] Voir : « Nicolas Dupont-Aignan : “Il est temps que la France sorte de l’OTAN” », par Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 30 janvier 2007.

[10] Voir : « LA CENSURE PAR LE VIDE – Réaction de Me John Bastardi Daumont, Avocat de Paul Eric Blanrue, auteur de « Sarkozy, Israël, et les Juifs»  », 30 mai 2009.

[11] « Le Monde selon K. », de Pierre Péan, Ed. Fayard.

[12] Voir : « Le document final de Genève ne répond pas aux aspirations des peuples », par Silvia Cattori et Sandro Cruz, Réseau Voltaire, 28 avril 2009.

Par Ali - Communauté : La Cyber-résistance
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 6 juillet 2009



Le papier est important, la question l'est tout autant.

http://uranopole.over-blog.com/article-32081269.html

C’est une vieille histoire, celle des relations entre l’Union européenne, les Eglises et ce qu’on appelle la laïcité organisée.

 

N’oublions pas que la Communauté européenne fut une création avant tout démocrate chrétienne visant à instaurer la paix en Europe en unissant les économies des Etats membres. Au départ, les Traités européens ne contenaient aucune disposition relative aux relations de la Communauté européenne et des Eglises, essentiellement l’Eglise catholique, apostolique romaine, si ce n’est qu’un représentant de l’Etat du Vatican – un Nonce – était détaché auprès des institutions européennes. Il ne faut pas oublier non plus que la plupart des présidents de la Commission européenne furent des démocrates chrétiens.

 

La question des relations entre les Eglises et l’Union européenne ont commencé à se concrétiser lors du débat sur la Constitution européenne qui a suivi l’adoption du Traité de Nice en 2001. Ce projet de Constitution européenne a d’abord été discuté au sein d’une Convention, puis fut élaboré à la Conférence intergouvernementale présidée par l’ancien Président français Valéry Giscard d’Estaing et deux anciens Premiers ministres, le Belge Jean-Luc Dehaene et l’Italien Giuliano Amato. Notons que ces trois hommes politiques sont de confession catholique, ce qui a été dénoncé à l’époque par plusieurs milieux.

 

La religion s’invite la première fois

 

Pour la première fois, un projet de Traité contenait des dispositions relatives aux relations de l’Union européenne et des Eglises, entendez l’Eglise catholique romaine qui est la plus puissante d’Europe.

 

Tout avait commencé lors des débats de la Convention, par une revendication émanant du Vatican demandant d’inscrire en préambule à la Constitution la notion de « racines chrétiennes de l’Europe ». Entendez encore une fois chrétienne = catholique. Cette demande suscita un débat passionné et ce projet ne fut pas adopté pour le projet de Constitution.

 

Tout d’abord, qu’en est-il sur le fond ? Référons-nous à l’excellent ouvrage de Paul Veyne, Quand notre monde est devenu chrétien (312-394) (Albin Michel), paru en 2007, qui raconte la conversion au christianisme de l’empereur Constantin en 312 et ses conséquences sur l’histoire mondiale. L’auteur, archéologue et historien, écrit : Il faut donc en finir avec le lieu commun selon lequel l’Europe devrait au christianisme d’avoir séparé religion et politique, le Christ ayant dit qu’il fallait rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Belle découverte, mais due au césarisme et non au christianisme. Car la vérité est le contraire de ce lieu commun. Le chrétien Constantin n’a pas eu à séparer Dieu et César : ils étaient nés séparément dès la naissance. Constantin était un César, non un chef spirituel et temporel à la fois, un Mahomet, un calife, et l’Eglise était déjà une organisation achevée, puissante et indépendante lorsqu’un des Césars est entré en relation avec elle. Elle a traité avec les successeurs de ce César Constantin comme de puissance à puissance. »

« On n’avait pas attendu le Christ pour savoir que Dieu et César font deux. (...) Le christianisme demandera aux rois ce que le paganisme n’avait jamais demandé au pouvoir : "Etendre le plus possible le culte de Dieu et se mettre au service de sa majesté divine" »


C’est cet enjeu là que Veyne met en avant : étendre le pouvoir de l’Eglise dans le monde temporel. Objectif en vigueur depuis deux millénaires. L’auteur ajoute : 
« Notre Europe actuelle est démocrate, laïque, partisane de la liberté religieuse, des droits de l’homme, de la liberté de penser, de la liberté sexuelle, du féminisme, du socialisme ou de la réduction des inégalités. Toutes choses qui sont étrangères et parfois opposées au catholicisme d’hier et d’aujourd’hui. La morale chrétienne, elle, prêchait l’ascétisme, qui nous est sorti de l’esprit, l’amour du prochain (vaste programme, resté vague) et nous enseignait de ne pas tuer ni voler, mais tout le monde le savait déjà. Tranchons le mot : l’apport du christianisme àl’Europe actuelle, qui compte toujours une forte proportion de chrétiens, se réduit presque à la présence de ceux-ci parmi nous. S’il fallait absolument nous trouver des pères spirituels, notre modernité pourrait nommer Kant et Spinoza... »


Le danger tel que le dénonce Paul Veyne est de mettre en question les conquêtes de la démocratie laïque en Europe.


La logique du « choc des civilisations »


En mettant en avant les prétendues racines chrétiennes de l’Europe, l’on s’inscrit dans la logique du choc des civilisations. En effet, rappelons-le, les « racines chrétiennes de l’Europe » signifient les racines catholiques, apostoliques, romaines.


Cette démarche ne peut qu’aboutir à une situation conflictuelle. L’Europe est multi religieuse et aussi laïque. En effet, la Grèce, la Serbie, la Bulgarie et la Roumanie sont de confession chrétienne orthodoxe, la Bosnie est musulmane, sans compter les églises luthériennes et calvinistes et la confession juive. D’autre part, nous le verrons plus loin, cela pose un problème au niveau de l’adhésion éventuelle de la Turquie à l’Union européenne.


Tout cela ne pourra que diviser l’Europe et risque de nuire à son harmonisation en la conduisant à des divisions religieuses et philosophiques.


La relation Eglise(s) Etat dans l’Europe d’aujourd’hui


A ce stade-ci, il est intéressant de comparer les différents régimes en la matière dans l’Etats – membres de l’Union européenne. On s’apercevra que les régimes sont différents d’un pays à l’autre et que la laïcité est minoritaire dans l’Union.


La laïcité « à la française ».


La laïcité en France est avant tout une construction juridique, à valeur constitutionnelle, non une idéologie particulière : elle relève du droit public, non de l’intimité des consciences.

Elle est définie par la loi du 9 décembre 1905, qui dispose que la République

 
  assure la liberté de conscience (qui inclut le droit de ne pas croire), objectif premier ;
  garantit le libre exercice des cultes l’expression publique de la religion, objectif second, car subordonné au respect de la liberté de conscience (qui la précède) et sous réserve des mesures d’ordre public (édictées par la même loi, ou en général) ;
  « ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » : la « séparation des églises et de l’Etat » repose sur le principe de non-reconnaissance juridique : 1) sont protégées (obligation de neutralité et égalité de traitement des citoyens) seulement les personnes de droit public ou exerçant une mission de service public – essentiellement l’école ; 2) la religion s’exerce bien « en public » (processions, sonneries de cloche), mais dans le cadre du droit privé associatif ; 3) seule la croyance individuelle relève de la sphère privée, protégée par le principe de liberté de conscience.

Le concept de « laïcité » n’existe juridiquement  que dans trois pays : la France, la Belgique, et le Portugal.

Reconnaissance d’un « courant laïque » mais identitarisme religieux : Belgique et Pays-Bas.

La société y est organisée en « piliers » (courants d’identité idéologique), auxquels les individus se rattachent de la naissance à la mort, et qui organisent assurances mutuelles et services à leurs ressortissants.

  En Belgique, 3 piliers : catholique (le plus puissant), libéral, et socialiste ; les deux derniers sont laïques avec des nuances pour le pilier libéral. L’Etat rétribue les ministres des cultes reconnus, mais aussi la laïcité qui est reconnue comme un culte ! A l’école, enseignement religieux, mais également la « morale laïque ».

  Aux Pays-Bas : 3 piliers : protestant, catholique, qui ont des écoles, et « général » ou « humaniste » (qui n’en a pas). Il n’existe pas de religion officielle, ni de subventionnement des églises, mais celles-ci assurent des services publics : santé, école (70 % sont privées). L’Islam n’a pas de structure et se trouve donc isolé dans la société néerlandaise.

Pays concordataires : Espagne, Portugal, Italie.

Le catholicisme a perdu le statut de religion d’Etat, mais bénéficie d’un accord international lui reconnaissant notamment un rôle particulier dans la société. Mais cette « sécularisation » du catholicisme, d’un effet strictement interne à ce culte, ne représente qu’une simple adaptation de celui-ci à la société civile : elle ne doit pas être confondue avec la laïcité, qui est d’ordre public. Le statut de religion reconnue permet une intervention systématique de l’Eglise dans la sphère publique.

Espagne : Constitution de 1978, séparation de l’Eglise et de l’Etat ; les mariages religieux n’ont plus de valeur civile. Mais accords concordataires de 1978 : enseignement religieux dans les écoles publiques, financement par l’Etat de l’enseignement et de l’église catholique, régime étendu à 3 autres cultes « enregistrés » : protestant, juif, islamique. Le gouvernement Zapatero a, en outre, supprimé l’épreuve d’instruction religieuse obligatoire au baccalauréat

Portugal : laïcité formelle, ou plutôt séparation car il y a un concordat. A défaut de financement public, l’Eglise catholique dispose d’un important patrimoine immobilier, source de revenus.

Italie : le concordat date de 1984 - en réalité c’est un simple aménagement des accords de Latran (conclus sous le fascisme), très éloigné de la laïcité. Le clergé n’est plus rémunéré par les fonds publics. Mais les principes du catholicisme sont reconnus comme « patrimoine historique », le mariage religieux a valeur civile et il existe un enseignement religieux dans les écoles publiques.

Il faut également mentionner divers pays où le catholicisme, anciennement religion d’Etat, reste reconnu officiellement comme religion « de la majorité des citoyens » : l’Irlande et Malte ainsi que la Pologne.

Le cas de l’Allemagne : séparation formelle, mais reconnaissance juridique des Eglises.

La loi fondamentale de 1949 proclame la neutralité de l’Etat mais avec une référence aux « responsabilités devant Dieu » du peuple allemand. Les Eglises sont des « corporations de droit public », grâce à un régime d’accords (concordat pour les catholiques) avec l’Etat fédéral et les Länder (seul le Land de Hambourg  connaît une séparation claire).

Elles perçoivent 10 % de l’impôt sur le revenu sur leurs « affiliés » l’appartenance religieuse est connue des employeurs et de l’administration. Depuis la réunification, les protestants sont majoritaires. 25 % des Allemands ne payent pas l’impôt ecclésial.

Les Eglises assurent des services publics : éducation, santé, garderie - un des premiers employeurs très riche, est l’Eglise évangéliste (= catholiques plus protestants) ; dans l’enseignement public, les écoles interconfessionnelles sont majoritaires ; l’instruction religieuse est obligatoire sauf dispense. Les Eglises jouent un rôle officiel (contrôle de la TV, formation de la police).

Pays à église officielle contrôlée par l’Etat : Royaume-Uni, Danemark

  Royaume-Uni : un christianisme national. Institution de l’église anglicane en Angleterre et presbytérienne en Ecosse : la Reine est chef de l’église anglicane, défenseur de la foi. L’église à un rôle dans l’organisation des pouvoirs publics (26 évêques sont lords, les assemblées de l’église sont des organes législatifs, les pasteurs des magistrats). Mais l’Etat contrôle la doctrine, le culte, le personnel dirigeant. L’Eglise est financièrement autonome, ses pasteurs ne sont pas rémunérés, elle n’a pas de privilèges en matière d’éducation.

Seule évolution, l’Educational  Act de 1988 : extension de ce statut limitée exclusivement aux autres religions chrétiennes ; prière du matin dans les écoles publiques « totalement ou principalement de caractère chrétien ». Il existe également un délit de blasphème sauf pour les religions non chrétiennes.

  Danemark : une église d’Etat L’église luthérienne nationale est intégrée à l’Etat comme service public, dirigée par lui. Les pasteurs sont des fonctionnaires, des impôts d’église sont prélevés par l’Etat. L’identitarisme religieux est de droit commun (sauf déclaration de non appartenance à l’église). Celle-ci assure l’état civil et les enterrements (le droit de conférer le mariage a été étendu aux autres confessions). Il existe un délit de blasphème. Cependant l’éducation reste à l’Etat.

  La Suède a récemment renoncé à l’établissement de l’église luthérienne, qui reste cependant religion « nationale ».

Pays où le cléricalisme domine

  L’Irlande : la morale catholique au pouvoir. Officiellement l’Etat est neutre, il ne subventionne aucun culte, il n’y a pas de religion d’Etat. Depuis 1972 l’Eglise est séparée de l’Etat, le catholicisme ne jouit plus d’une position officielle, quoiqu’il touche la grande majorité des citoyens. Mais la Constitution de 1937 reconnaît la « sacro-sainte Trinité de laquelle découle toute autorité ». La morale officielle est catholique, comme en témoigne la Constitution à propos de la famille, du rôle parental de l’éducation, de la propriété privée. L’Eglise est par ailleurs un service public, notamment éducatif - l’Etat n’exerce qu’une faible influence sur l’école.

  La Pologne connaît  une situation morale et idéologique analogue.

  Malte également.

  la Grèce : « l’helléno-christianisme ». L’Eglise orthodoxe est intégrée à l’Etat, de droit public (elle émet des actes administratifs), le prêtre est fonctionnaire. Mais elle exerce en fait son emprise sur l’Etat : elle avait notamment obtenu la mention de la religion sur les passeports, supprimée par la Commission européenne. L’interdiction de tout prosélytisme défavorise en fait les autres religions. Les tensions avec les Albanais (musulmans) et la Macédoine montrent le danger de ce nationalisme renforcé par le cléricalisme.


L’attitude de Sarkozy


Le Président français est depuis longtemps le plus ardent défenseur du principe des « racines chrétiennes de l’Europe ». Dès sa campagne présidentielle en 2004, il insista sur cette question. Le « Monde » du 19 avril 2007 rapporte : « L’irruption de la dimension religieuse dans le discours politique s’inscrit, chez M. Sarkozy, dans une trajectoire, marquée en en 2004 par la publication d’un livre d’entretiens au titre explicite, La République, les religions, l’espérance (Cerf). Une première pour un homme politique qui y livre ses croyances, - il se définit volontiers comme un " catholique croyant qui prie quand il souffre " - mais aussi sa conception sur la place des religions dans le débat public. Il y apparaît profondément convaincu que " l’esprit religieux et la pratique religieuse peuvent contribuer à apaiser et à réguler une société de liberté ".


" Les religions ont leur mot à dire dans les grands débats de société ", défend-il aussi dans un récent entretien au magazine catholique La Vie, regrettant qu’" elles ne le fassent pas assez ". " Il a perçu l’importance de la croyance religieuse comme source de dynamisme, capable de donner un contenu à un engagement politique ", souligne Thibaud Collin, professeur de philosophie, l’un des auteurs des entretiens réalisés en 2004 avec M. Sarkozy. " L’analyse n’est pas nouvelle ; ce qui est nouveau c’est qu’un homme politique le dise ". 

Dans cette campagne, M. Sarkozy se trouve opposé à un " catholique pratiquant " revendiqué, le centriste François Bayrou et à une candidate socialiste, imprégnée d’une culture familiale catholique connue, qui en érigeant " l’ordre juste " en slogan de campagne, se réfère implicitement à une notion présente dans le dogme social de l’Eglise catholique. »

Soulignons que François Bayrou, catholique pratiquant, est tout à fait opposé à la démarche de Sarkozy et met en avant la laïcité de la République française.


Sarkozy est en plein accord avec le pape Benoît XVI sur cette question. Le 25 mars 2007, le souverain pontife a prononcé un discours très dur à l’égard de l’Union européenne, à l’occasion de son cinquantenaire, qui n’avait pas adopté le préambule des racines chrétiennes de l’Europe, ni dans le projet de Traité constitutionnel, ni dans le Traité de Lisbonne. «  
Le pape Benoît XVI a prononcé un discours très sévère envers l’Union européenne qui fête ses 50 ans, l’accusant de s’aliéner les populations du continent en reniant ses racines chrétiennes et a appelé les croyants à édifier un "nouvelle Europe".

"On ne peut pas penser construire une vraie maison commune européenne en négligeant l’identité propre des peuples de notre continent (...), une identité historique, culturelle et morale (...) constituée d’un ensemble de valeurs que le christianisme a aidé à forger", a dit le pape en recevant au Vatican les participants à une conférence organisée par les évêques européens à l’occasion de la célébration du 50e anniversaire des Traités de Rome.


Benoît XVI a utilisé un mot très fort, l’apostasie, dénonçant une "singulière forme d’apostasie" de l’Europe qui, tout en souhaitant se présenter "comme une communauté de valeurs, semble de plus en plus souvent contester l’existence de valeurs universelles et absolues". » (AFP). L’usage du mot « apostasie » témoigne de la virulence du débat.

Le 20 décembre 2007, à l’occasion d’une visite au Vatican, Nicolas Sarkozy a prononcé un important discours, le discours dit de Latran. Il affirme : « Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes. » Cela rejoint le thème des « racines chrétiennes de l’Europe ». Ensuite, il se penche sur la laïcité : « La France a beaucoup changé. Les Français ont des convictions plus diverses qu’autrefois. Dès lors la laïcité s’affirme comme une nécessité et une chance. Elle est devenue une condition de la paix civile. Et c’est pourquoi le peuple français a été aussi ardent pour défendre la liberté scolaire que pour souhaiter l’interdiction des signes ostentatoires à l’école.

Cela étant, la laïcité ne saurait être la négation du passé. Elle n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû. »

L’essentiel reste donc les « racines chrétiennes », c’est à « la laïcité » à changer.  « C’est pourquoi j’appelle de mes vœux l’avènement d’une laïcité positive, c’est-à-dire une laïcité qui, tout en veillant à la liberté de penser, à celle de croire et de ne pas croire, ne considère pas que les religions sont un danger, mais plutôt un atout. Il ne s’agit pas de modifier les grands équilibres de la loi de 1905. Les Français ne le souhaitent pas et les religions ne le demandent pas. Il s’agit en revanche de rechercher le dialogue avec les grandes religions de France et d’avoir pour principe de faciliter la vie quotidienne des grands courants spirituels plutôt que de chercher à la leur compliquer. »


 
Sarkozy à la Basilique St-Jean de Latran

Tout est dit. Nicolas Sarkozy, il faut le lui laisser, n’a jamais caché ses intentions. Il veut progressivement supprimer la séparation de l’Eglise et de l’Etat en France qui va bien au-delà d’une simple question institutionnelle, car elle pose la question de la liberté de pensée et de son indépendance à l’égard de l’Eglise.

Tout cela a cependant des conséquences sérieuses sur la laïcité en France. Dans un article au « Monde » du 2 mais 2009, Caroline Fourest explique : « Dans une autre partie de son discours, moins célèbre, le président regrettait que la République ne reconnaisse pas la “valeur des diplômes délivrés par les établissements d’enseignement supérieur catholique”. On pensait à la reconnaissance de diplôme de théologie… Ils n’ont pas à être validés par la République puisqu’elle ne “reconnaît aucun culte”. Mais le président s’obstine. Notamment avec l’arrière-pensée de pouvoir estampiller la formation des imams rêvée par le ministère de l’intérieur mais dispensée par la Catho. Un bricolage qui ne fait que renforcer l’impression d’une gestion postcoloniale de l’islam, donc la propagande islamiste. Tout en tuant à coup sûr l’esprit de 1905.


L’affaire est plus grave qu’il n’y paraît. Les décrets de cet accord – signé en catimini entre la France et le Vatican le 18 décembre 2008 – viennent de tomber. Ils prévoient la 
“reconnaissance mutuelle des diplômes de l’enseignement supérieur délivré sous l’autorité compétente de l’une des parties”. Or cette “reconnaissance” ne vaut pas seulement pour les matières théologiques mais aussi profanes. Autrement dit, le baccalauréat ou d’éventuels masters.


L’accord feint d’appliquer une directive européenne (le processus de Bologne), pensée pour reconnaître les diplômes étrangers, mais il change de nature à partir du moment où il est signé avec le Vatican, pour 
“reconnaître” des diplômes délivrés sur le sol français par des établissements de l’Eglise. Ce qui revient non seulement à casser le monopole des diplômes qu’avait l’Etat depuis 1880, mais aussi l’esprit de l’article 2 de la loi de 1905.


Jusqu’ici, les établissements catholiques privés pouvaient parfaitement préparer des élèves au bac, mais ceux-ci devaient passer leur diplôme avec tous les autres. Petite astuce connue des professeurs : de nombreux établissements privés choisissent de ne présenter que les meilleurs élèves sous leurs couleurs et d’envoyer les autres en candidats libres pour améliorer leur score de réussite au bac. Appâtés par des pourcentages tournant autour de 100 %, de plus en plus de parents se tournent vers ces établissements au détriment de l’école publique.


Le gouvernement fait tout pour encourager ce choix : démantèlement de la carte scolaire, baisse du nombre de professeurs dans le public… Le plan banlieue est à sec, mais on racle les fonds de tiroirs pour financer – sur fonds publics – l’ouverture de 50 classes privées catholiques dans les quartiers populaires. Un grand lycée Jean-Paul-II est sur les rails. Un collège tenu par l’Opus Dei est déjà sous contrat. »


De sérieuses conséquences en politique étrangère


Il y a un autre aspect.


L’ancien député socialiste français, Jean-Luc Mélenchon analyse ce discours dans la perspective de l’idéologie du choc des civilisations : « Cependant, l’outrance de ce point de vue a son mérite. Elle signale avec force la piste par laquelle le « raisonnement » religieux fournit une passerelle conceptuelle efficace vers un autre corps de doctrine plus trivialement préoccupé de réalité géopolitique. Il s’agit de la théorie du « choc des civilisations » formulée par Samuel Huntington. Elle est au coeur de la pensée du président Sarkozy à propos de la réalité mondiale de notre époque. Il y a exprimé à de très nombreuses reprises son adhésion intellectuelle. C’est au point que l’on peut se demander si les manifestations d’enthousiasme religieux du président ne sont pas la conséquence de son adhésion à cette théorie plutôt que l’inverse. Le raisonnement de politique étrangère serait premier, l’intime conviction religieuse serait seconde. On pourrait être conduit vers cette conclusion par l’écart remarquable qui apparaît entre la vie réelle du président et ses déclarations de foi religieuse et d’adhésion à la morale catholique. Sans entrer dans les détails qui nous égareraient dans les colonnes de la presse 
people, on retiendra seulement combien il est étrange qu’une personne excommuniée du fait de ses divorces puisse accepter d’être « chanoine honoraire » de la paroisse du Vatican lui-même. Mais il faudrait alors s’étonner que ceux qui l’ont excommunié n’y voient eux-mêmes aucun obstacle, alors même que leur intransigeance doctrinale peut-être aussi violente que les citations précédentes l’ont rappelé… »


Cela expliquerait aussi l’étrange attitude du président français à l’égard de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Sarkozy qui est un atlantiste convaincu s’oppose avec vigueur à un des pions majeurs de la géopolitique atlantiste actuelle, rappelé récemment par le Président Obama : l’adhésion de la Turquie. Il use d’ailleurs de tous les moyens de pression en l’espèce en n’hésitant pas à créer des incidents diplomatiques.


Ainsi, tout récemment, Nicolas Sarkozy a annulé une visite officielle qu’il devait effectuer en Suède le mardi 2 juin, officiellement pour des raisons d’agenda, en fait parce qu’il désapprouve la prise de position du Premier ministre Suédois, Carl Bildt, en faveur de l’adhésion de la Turquie. Cette visite est reportée au 3 juillet. Il y a là manifestement une pression majeure de Sarkozy d’autant plus que le Suédois est candidat au poste de Ministre des affaires étrangères de l’Europe.

Il est clair qu’en cas d’adhésion de la Turquie, important pays musulman, la référence aux « racines chrétiennes de l’Europe » est dès lors caduque. C’est la raison pour laquelle le Vatican – et donc Sarkozy – y est farouchement opposé.


Tout commence avec l’article 51.


Outre la polémique autour des « racines chrétiennes de l’Europe », il a été introduit, sous la pression du Vatican, un article 51 au projet de Traité constitutionnel qui est libellé comme suit :


Art I – 51 Statut des églises et des organisations non confessionnelles


1. L'Union respecte et ne préjuge pas du statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les églises et les associations ou communautés religieuses dans les États membres.

2. L'Union respecte également le statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les organisations philosophiques et non confessionnelles.

3. Reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l'Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec ces églises et organisations.


Sous un dehors d’ouverture, ces dispositions cachent les objectifs réels de ce projet. En réalité, l'article 51 est le résultat d'efforts de lobbying inlassables de la part du Vatican et des évêques sur le plan national et européen pour associer l’Eglise à la construction européenne et y imposer ses conceptions. Les discussions sur cet article ont fait l’objet de débats virulents. Ainsi, en Hongrie, une députée socialiste qui avait dénoncé dans les médias le lobbying du Vatican pour accroître son influence au sein de l'Union est devenue la cible d'attaques de la part de l'Eglise en Hongrie. On l'accusa d'anticatholicisme et exigea qu'elle retire sa candidature aux élections européennes. Elle fut quand-même élue. Elle s’appelle Magda Kosa Kovacs.


On observe, bien qu’il y ait plusieurs religions en Europe, que c’est la seule Eglise catholique qui fit pression pour obtenir cet article 51. Qu’y a-t-il donc derrière cet article ? D’après le député radical italien Maurizio Turco, il y a deux éléments fondamentaux.

  1. « (…) les deux premiers paragraphes de l'article 51 interdisent à l'Union d'examiner ou de remettre en cause la situation des églises dans les États membres. Ce qui signifie que et article garantit la pérennité des privilèges acquis par les institutions religieuses au niveau national, empêchant toute vérification de leur compatibilité avec les droits et les libertés fondamentaux des citoyens européens ainsi qu'avec les politiques et le droit de l'Union.
    Ce sont des positions de privilège juridique dont jouit, en particulier, l'Eglise catholique, dans sa double qualité de confession religieuse et d'Etat souverain, grâce aux concordats stipulés avec certains Etats nationaux. Des concordats qui furent signés entre l'Eglise catholique et Franco en Espagne, Mussolini en Italie, Salazar au Portugal et Hitler en Allemagne.
    C'est ainsi qu'en Allemagne, même les travailleurs et les chômeurs sans confession sont soumis à l'impôt ecclésiastique.

    C'est ainsi qu'en Espagne et au Portugal, l'Eglise catholique bénéficie de l'exemption de TVA - outre un financement public garanti plantureux en Espagne - en violation manifeste de l'article 13 de la Directive européenne sur la TVA qui ne prévoit pas une telle exemption en faveur des institutions religieuses. Le droit communautaire se trouve ainsi bafoué au nom du bon maintien des relations entre les Etats membres et le Saint Siège.

  2. Cet article oblige a priori l'Union européenne à un dialogue régulier avec les institutions religieuses en reconnaissance de leur identité et de leur contribution spécifiques. En contradiction patente avec le principe de séparation entre institutions publiques et institutions religieuses, les Églises se voient donc reconnaître un droit d'ingérence dans l'exercice des pouvoirs publics européens. Au nom de ce dialogue structuré, le risque est grand de voir institutionnalisée l'influence obscurantiste de l'Eglise catholique en matière éthique et scientifique. Par exemple, au nom de ce dialogue, devrons-nous accepter que l’Église catholique parvienne à faire interdire la recherche scientifique utilisant des embryons humains privant ainsi des millions de malades de possibilités de soins?
    De même, maintenir un dialogue avec une institution dont l'organisation est opaque reviendrait à lui reconnaître une influence institutionnelle on ne peut plus contestable. Je pense en particulier à l'Etat de la Cité du Vatican qui, à mes yeux, représente un véritable "Etat canaille". Savez vous qu'en tant qu'Etat souverain (Etat de la Cité du Vatican), l'Eglise Catholique jouit, entre autres, de la possibilité d'importer des biens provenant de l'Union qui jouissent d'aides à l'importation et de la possibilité de battre monnaie (l'Euro), alors qu'il n'a pas adopté de loi anti blanchiment et que sa "banque centrale" - l'Institut pour les œuvres de religion - n'adhère à aucun organisme international de contrôle et n'est donc pas soumise aux contrôles et aux vérifications auxquels sont soumises toutes les banques centrales des pays membres. Ce qui fait de cet Etat une centrale de blanchiment "potentielle" de l'argent sale en Europe. Eventualité qui n'est pas seulement théorique et qui, grâce au Concordat stipulé avec l'Etat Italien, n'est même pas susceptible d'être soumise à la justice des hommes étant donné que le Vatican jouit d'une immunité illimitée.

    En bref, grâce à l'article 51, les Églises pourront tantôt invoquer les compétences de l'Union pour jouir d'un statut institutionnel, tantôt les législations nationales pour échapper aux obligations juridiques de l'Union. Vous conviendrez tout comme moi que cela ne peut pas contribuer au renforcement de la sécurité juridique.

    L'ex-Président de la Commission européenne et actuel eurodéputé démocrate-chrétien Jacques Santer [à l’époque, en 2004], lui-même, s'était opposé, au nom du gouvernement luxembourgeois, à cet article en raison de sa terminologie inappropriée pour un texte constitutionnel et susceptible de faire naître de multiples controverses juridiques.
    Enfin, on ne peut justifier la présence de cette disposition juridique spécifique au nom du respect de la liberté d'organisation et d'action des institutions religieuses. Comme le faisait remarquer le Ministre belge des Affaires étrangères Louis Michel, leur liberté de s'organiser et d'agir est déjà couverte par l'article 10 de la Charte des droits fondamentaux et la possibilité d'un dialogue avec l'Union est, quant à elle, couverte par la formulation générale de l'article 46 relatif aux associations représentatives et à la société civile. »

Le député dénonce le maintien des privilèges dont disposent les Eglises dans les Etats membres empêchant ainsi de vérifier la concordance du « message » religieux avec les libertés garanties par la Charte des droits fondamentaux annexée à la Constitution européenne.


Ensuite, il déplore l’obligation que s’impose l’Union à un dialogue régulier avec les institutions religieuses, dans le cadre d’une Constitution et pour débattre de sujets relevant de la compétence de l’Union européenne, ce qui est fondamentalement contraire au principe de la séparation de l’Eglise et de l’Etat (ou de la puissance publique) qui avait été respecté jusqu’alors par les institutions européennes.

Enfin, les Eglises pourront invoquer les règles nationales ou les règles européennes quand elles le jugeront nécessaires et à leur seul avantage, cassant ainsi la hiérarchie des normes qui est à la base de l’Union européenne : Réglementation européenne supérieure à réglementation nationale.


Ajoutons que beaucoup de catholiques ne sont pas d’accord avec l’article 51. Ainsi, en Belgique : « Des parlementaires européens et des ONG, dont la Fédération humaniste européenne et
Catholics for a free choice – ceux-ci se présentant comme représentatifs de chrétiens de base – ont organisé le 5 novembre [2004] une conférence de presse pour contester l’article 51 du projet de constitution européenne. Cet article stipule que « l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec (les) Églises et organisations (non confessionnelles) ». Les critiques y voient une ingérence des Églises dans les institutions de l'Union européenne et contestent que les Églises et la laïcité bénéficient d’un privilège institutionnel qui, selon eux, les mettrait au dessus de la loi commune. Personne ne pourrait se placer au dessus des lois de l’État de droit démocratique – présumé réalisé... »

Il n’y a pas que les laïques à vouloir la séparation de l’Eglise et de l’Etat et on peut s’étonner du jeu ambigu de certaines organisations laïques.


Barroso dans l’illégalité


La Constitution européenne n’ayant pas été ratifiée, est remplacée par le Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, mieux connu sous le nom de Traité de Lisbonne. L’article 16 C de ce Traité reprend mot à mot les dispositions de l’article 51 de la Constitution.

A ce jour, le Traité de Lisbonne n’est pas encore ratifié par tous les Etats membres et risque d’ailleurs de ne pas l’être. Il n’est donc pas d’application. Ce sont les dispositions du Traité de Nice qui sont toujours en vigueur.


Or, le Président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, a décidé d’entamer le dialogue avec les organisations confessionnelles et non confessionnelles prévu à l’alinéa 3  de l’article 16 C. Il a déjà eu une première réunion avec les associations confessionnelles. Il organise pour le 26 juin prochain une réunion sur les mêmes thèmes avec les associations non-confessionnelles. Il s’agit de donner leur avis sur la financière et économique, « 
les valeurs européennes et la contribution des organisations humanistes au processus d intégration de l Union Européenne, tenant compte en particulier de certains faits tels que la crise financière et économique, les élections européennes, le traité de Lisbonne et les perspectives d élargissements futurs de l Union Européenne »


On s’aperçoit qu’il s’agit d’un ordre du jour à connotation politique et donc fondamentalement contraire au principe de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Il est regrettable que les associations « non confessionnelles » entrent dans ce jeu, sans compter que le Président de la Commission européenne applique une disposition qui n’est pas en vigueur.


Cela en dit long sur ses intentions réelles. Il est clair que Barroso institue en catimini un processus de codécision entre l’Union et l’Eglise catholique, les  autres églises et les associations non confessionnelles comptent pour du beurre en l’espèce. La laïcité en Europe est en danger et derrière cela, notre culture démocratique et nos libertés fondamentales.


La Cité du Vatican sera-t-elle le centre spirituel
de l'Europe ?

Rappelons aussi que le principe de base de l'Union européenne, c'est d'ailleurs sa devise, est l'unité dans la diversité. Les racines de l'Europe sont diverses. Elles sont chrétiennes, certes, et de plusieurs confessions, mais elles sont aussi musulmanes, juives, grecques, celtiques, germaniques, scandinaves. Un petit exemple : si l'on a pu progresser dans la connaissance de l'Univers et dans les mathématiques dès la Renaissance, c'est grâce à l'apport des Arabes.

 
Par Ali - Communauté : Libre expression
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 6 juillet 2009


Si vous comprenez l’espagnol, je vous conseille l’écoute de : http://www.telesurtv.net/solotexto/senal_vivo.php

L’espagnol, pour un francophone, ce n’est pas une langue étrangère et sa pratique vaut mieux que cet « airport english » que nous impose l’impérialisme anglo-saxon. D’ailleurs, je vous propose de boycotter la pratique de cet anglais. Quand vous voyagez, parlez votre langue et, si on ne vous comprend pas,  l’allemand, l’espagnol, l’italien ou le bambarà. A bas l’airport-english !

Je reviens à ce coup d’Etat (golpe de estado) au Honduras dont Telesur nous entretient d’une manière un peu plus objective et réaliste que nos CNN et autres TF1/France2 à la solde de leurs pouvoirs respectifs
Qui sait où se trouve le Honduras, capitale Tegucigalpa ? Et qui s’en fait pour ce pays perdu ? Personne ! Michaël Jackson est mort, le Tour de France est parti, les moutons opèrent leur transhumance par camion et on bloque les routes pour que passe une bande de dopés, encouragés pas les aficionados de la petite reine et du Pernod ! Décadence, quand tu nous tiens !

 Manuel Zelaya, Président du Honduras

Le coup d’Etat du Honduras, c’est le fait de militaires formés aux Etats-Unis qui n’ont pas supporté le virage à gauche du Président élu. Ils ont, dans la pure tradition de l’impérialisme etats-unien, déboulonné le Président ; ils ne l’on pas tué, c’était sans doute une erreur, mais les temps changent et puis Obama est Président, avec Busch c’eut été différent.

On n’en parle pas beaucoup dans les média européens, tout juste une affaire locale, entre gens que l’on ne connaît pas plus que ça, alors on laisse pisser le merinos, et on verra bien ! Après tout on a nos propres problèmes…

Cet attentat contre la démocratie est significatif de l’ambiguïté de l’administration Obama dont les paroles sont démenties par les actes. Offensives tous azimuts en Afghanistan, paroles non suivies d’actes de retrait en Irak, insistance pour que les alliés européens s’impliquent davantage dans les conflits extérieurs. Remontrances verbales à Netanyahou, qui sen fout et recevra tout de même l’aide militaire de plusieurs milliards de dollars dont il a besoin pour tenir cette colonie la tête hors de l’eau…

Et puis en Europe, la presse muselée par les sbires du pouvoir, tous financiers, industriels, complices de la désinformation constante.
Le Honduras est emblématique de cet impérialisme latent qui n’a jamais cesser d’œuvrer pour conforter le pouvoir des nantis. Après tout, un petit pays inconnu, qui embête l'ogre du Nord, autant y mettre de l'ordre, qui le remarquera ?

On s’imaginait qu’à Washington, une page était tournée, on se trompait…
Nous étions naïfs …
Ouvrons les yeux !

Par Ali - Communauté : A QUAND LA REVOLUTION ?
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 5 juillet 2009

Le Rapport d'Amnesty International sur Gaza.

 

 


http://blog.mondediplo.net/2009-07-05-Le-rapport-d-Amnesty-International-sur-la-guerre#forum


Le 2 juillet, Amnesty International a publié un long rapport sur la guerre menée par Israël contre Gaza, Israel/Gaza : Operation “Cast Lead” : 22 days of death and destruction. Un communiqué de la section France de l’organisation, « L’impunité pour les crimes de guerre commis à Gaza et dans le sud d’Israël annonce de nouvelles souffrances pour les civils », résume les principales conclusions du texte.

Pour l’essentiel, ce texte concerne Israël, mais il mentionne aussi le Hamas, qu’il accuse de crimes de guerre pour avoir tiré des roquettes délibérément sur des populations civiles. Je ne reviendrai pas sur cet aspect qui revient à chaque conflit (les deux parties ont commis des crimes, mais y-a-t-il vraiment une équivalence entre un Etat et une organisation armée ?), que ce soit celui du Liban de 2006 ou celui de Gaza. Je les avais abordés dans d’autres envois plus anciens, « Les lois de la guerre » (27 octobre 2008) et « Crimes de guerre (suite) » (13 septembre 2006).

En revanche, le rapport d’Amnesty International permet de répondre à nombre de contre-vérités proférées durant la guerre de Gaza, notamment « les mensonges de Bernard-Henri Lévy ».

D’abord, le nombre de victimes. Les enquêteurs d’Amnesty confirment le chiffre de 1400 morts, dont 300 enfants et plus d’une centaine de femmes. Les chiffres donnés par l’armée israélienne (1200 morts, en grande majorité des gens armés) ne reposent sur aucune donnée : elle a refusé de donner les noms des guérilleros qu’elle prétend avoir identifié.

Les enquêteurs d’Amnesty affirment que toutes les morts civiles palestiniennes ne résultent pas d’une politique délibérée. Certains ont été tués dans des opérations militaires légitimes (à aucun moment le rapport ne parle d’un élément important, la légalité de l’attaque israélienne elle-même du point de vue du droit international ; sur cet aspect, lire Richard Falk, « Nécessaire inculpation des responsables de l’agression contre Gaza », Le Monde diplomatique, mars 2009.)

« Toutefois, poursuit le rapport, la mort de plusieurs centaines de civils palestiniens non impliqués dans le conflit, y compris 300 enfants, ne peut être réduite à des “dommages collatéraux” (...) ou à des erreurs. Ils ne peuvent pas être attribués non plus à des réactions de panique de soldats isolés opérant sous le feu. »

« Les attaques qui ont provoqué le plus de morts et de blessés ont été menées par des armes de longue portée à haute précision tirées d’avions, d’hélicoptères et de drones ou bien par des chars stationnés à plusieurs kilomètres de l’objectif, souvent contre des objectifs sélectionnés (ce qui signifie que les tirs avaient fait l’objet d’une autorisation de la chaîne de commandement). Ces victimes n’ont donc pas été faites dans des tirs croisés et des batailles entre des militants palestiniens et les forces israéliennes. »

A plusieurs reprises, les responsables israéliens ont montré le peu d’intérêt qu’ils avaient pour les pertes palestiniennes. A une question posée par un journaliste affirmant que les pertes palestiniennes à Gaza étaient cent fois supérieures aux pertes israéliennes, le ministre de l’intérieur Meir Sheerit répondait : « C’est le sens de l’opération. » De plus, les autorités israéliennes ont considéré toute institution plus ou moins liée au Hamas comme un objectif légitime, y compris le parlement, divers ministères, des médias, etc., « qui n’étaient pas impliqués dans les hostilités », ce qui « sape les principes du droit international humanitaire qui fait la distinction entre civils et combattants ».

La population palestinienne a-t-elle été prise en otage par le Hamas ? Non, répond le rapport d’Amnesty, et le communiqué en français de l’organisation précise :

« Après avoir enquêté sur plusieurs attaques, Amnesty International a conclu que les victimes n’avaient pas été prises entre deux feux durant les affrontements entre militants palestiniens et troupes israéliennes, pas plus qu’elles n’avaient servi de boucliers humains à des militants ou à des objectifs militaires. Beaucoup ont péri dans le bombardement de leur maison, pendant leur sommeil. D’autres étaient assises dans leur cour ou étendaient du linge sur leur terrasse. Les enfants ont été touchés alors qu’ils jouaient dans leur chambre, sur le toit ou près de chez eux. Les secouristes et les ambulanciers ont été agressés à plusieurs reprises alors qu’ils s’efforçaient de porter secours aux blessés ou de récupérer les corps des victimes. »

Cette idée que les Palestiniens ont été pris en otage est un des lieux communs répétés par les médias dès qu’ils parlent des événements de Gaza ; elle fait partie des mensonges dont nous a abreuvés Bernard-Henri Lévy.

Le rapport précise aussi que les forces israéliennes ont, à plusieurs reprises, ciblés des ambulances et des équipes médicales ; que des civils qui auraient pu être sauvés sont morts parce que les Israéliens ont refusé le passage des ambulances, que, à plusieurs reprises, les troupes israéliennes ont contraint des civils à leur servir de boucliers humains.

Enfin, l’argument avancé selon lequel l’armée israélienne aurait prévenu les populations concernées de bombardements et les aurait appelées à fuir est considéré comme nul et non avenu, dans la mesure où les habitants ne pouvaient fuir nulle part, toutes les issues de Gaza étant fermées.

Le rapport demande l’arrêt du transfert d’armes vers Israël, le Hamas et tous les groupes armés. Il est intéressant de noter que, contrairement aux gouvernements occidentaux dont la seule préoccupation est de stopper le transfert d’armes au mouvement Hamas, Amnesty appelle aussi à viser Israël. Sur les transferts d’armes, on notera le livre publié par le Groupe de recherche et d’information sur la sécurité (GRIP), « Qui arme Israël et le Hamas ? La Paix pass(é)e par les armes ? » (Patrice Bouveret, Pascal Fenaux, Caroline Pailhe, Cédric Poitevin).

Le rapport d’Amnesty poursuit en affirmant que le gouvernement israélien a refusé de mener la moindre enquête sérieuse sur les violations du droit international (ce qui, souligne l’organisation, justifie la mise en œuvre du principe de la compétence universelle pour juger des responsables israéliens devant des tribunaux étrangers).

Cette perspective inquiète les responsables israéliens. On savait que, au lendemain du conflit à Gaza, le gouvernement s’était engagé à donner aide et appui à tout responsable qui serait poursuivi à l’étranger pour crimes de guerre (lire, par exemple, Yaakov Katz, « Security and Defense : Preparing for ’the day after’ », The Jerusalem Post, 15 janvier 2009).

Mais la multiplication des rapports accablants pour l’armée israélienne suscite de nouvelles inquiétudes. Dans un article du Jerusalem Post du 3 juillet 2009, « Israel worries over intense ’legal war’ », Amir Mizroch note que, en quelques jours, ont été publiés le rapport d’Amnesty International, celui de Human Rights Watch (« Israël : Le mauvais usage de drones a causé la mort de civils à Gaza », 30 juin), celui de la Croix-Rouge internationale (« Gaza : 1.5 million people trapped in despair », 29 juin), sans parler de l’ouverture des auditions de la commission internationale des Nations unies présidée par le juge sud-africain Richard Goldstone. Un des dilemmes que souligne cet article est qu’il faudrait, pour éviter d’être attaqué devant des tribunaux étrangers, que l’armée israélienne mène des enquêtes sur toutes les plaintes déposées. Or, tout prouve que l’armée enterre ces plaintes et ne mène, comme le souligne le rapport d’Amnesty, aucune enquête sérieuse.

Où sont RSF et Bernard-Henri Lévy ? Retour à la table des matières

Il y a un an, un journaliste palestinien de Gaza, Mohammed Omer, partait pour le Royaume-Uni où il devait recevoir un prix. A la frontière, il fut déshabillé, battu, torturé. Nous avions publié alors un témoignage d’un de ses collègues, Dahr Jamail, sur cette affaire, « “Pressions physiques modérées” en Palestine ». Un an plus tard, Omer lui-même revient sur ce drame et sur l’impossibilité d’obtenir réparation, dans un texte qu’a traduit le site Info-Palestine, « Un journaliste humilié et battu - Un an après », 30 juin 2009. Il écrit notamment :

« Le correspondant de Jerusalem du Los Angeles Times, Ashraf Khalil, a conduit une enquête concernant mon cas et notait dans son article du 3 novembre 2008, que mes dossiers médicaux décrivent : “Mollesse dans la partie antérieur du cou et dans le haut du dos, notamment le long des côtes droites, douleur modérée à sévère”, et “pour raison de douleurs, l’examen du scrotum réalisé a révélé une varicocèle (dilatation variqueuse des veines du cordon spermatique) sur le côté gauche et une opération a été décidée plus tard”. De la fièvre et une chute n’occasionnent pas des marques si distinctives. Des coups de pieds, de poings et autres raclées le font. Poursuivant, Khalil explique que “Mahmoud Tarary, personnel soignant est arrivé dans une ambulance de la Société du Croissant Rouge Palestinien et dit avoir trouvé Omer dans un état semi-conscient, avec des meurtrissures sur son cou et sa poitrine. Tararya dit que les officiers de la sécurité israéliens étaient en train de demander à Omer de signer “une sorte de formulaire écrit en hébreu”. L’employé paramédical dit qu’il est intervenu, a séparé Omer des soldats et l’a chargé dans l’ambulance, où il est resté dans un état semi-conscient lors de la majeure partie du voyage jusqu’à l’hôpital.” »

« Khalil note dans son article que Richard Falk, Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme, a écrit à Verhagen, ministre des Affaires Etrangères des Pays-Bas, et a déclaré : “J’ai examiné la crédibilité de M. Omer et sa narration de la suite des évènements, et je les trouve parfaitement crédibles et corrects.” »

« Se relever mentalement et physiquement de torture et interrogatoire est loin d’être simple. Ceci ne devrait arriver à personne. Mon objectif concernant mon dossier est d’attirer l’attention sur les droits humains universels, les droits de la liberté d’expression et la liberté de mouvement. Il y a des endroits dans ce monde où ces libertés n’existent pas. Israël clame ne pas être un de ces endroits, mais aussi bien le gouvernement et la complicité de journalistes prenant individuellement part à dissimuler ce qu’ils m’ont fait, me prouvent le contraire. Ironiquement, le jour où le Shin Bet a choisi de me détenir, m’interroger et me torturer - le 26 juin - était la date choisie par les groupes de défense des droits de l’homme comme Journée Internationale contre la Torture. »

Par Ali - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 5 juillet 2009

Terrorisme et racisme sioniste

Jérusalem, le 22 juillet 1946. Une camionnette se dirige vers l’hôtel King David. Arrivé à hauteur de l’entrée, deux hommes sortent du véhicule, maîtrisent la sentinelle et enferment toutes les personnes présentes. Le commando place 350 kilos de dynamite avant de battre en retraite sous le feu de la police. À 12h37, une formidable explosion secoue l’édifice dont l’aile sud s’effondre. Le bilan est lourd : 91 morts. L’hôtel abritait le QG de l’administrateur civil et militaire britannique en Palestine. Les membres du commando, déguisés en Arabes, font partie de l’Irgoun, une milice sioniste de droite dirigée par Menahem Begin , futur premier ministre d’Israël !

 

Jérusalem, le 17 septembre 1948. Un convoi de l’ONU est arrêté à un barrage de l’armée israélienne. Soudain un homme surgit et ouvre le feu sur l’une des voitures du convoi. Deux personnes sont tuées : un colonel français et le comte Folke Bernadotte, médiateur suédois de l’ONU. Sauveur de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, ce dernier était l’auteur d’un plan destiné à régler le problème entre Juifs et Arabes .
Bernadotte vient d’être assassiné par des membres du Lehi, mouvement constitué des disciples d’Abraham Stern et dissident de l’Irgoun.
L’un des triumvirs du Lehi n’est autre que Itzhak Shamir, un autre futur premier ministre d’Israël ; l’assassin du comte Bernadotte deviendra le garde du corps de Ben Gourion , le premier chef du gouvernement israélien.

 

Voilà pour le terrorisme « juif » d’avant et d’après la proclamation unilatérale de « l’Etat Hebreux. Pour des gens qui donnent des leçons d’anti-terrorisme au monde entier, avouez que ce n’est pas mal !

Poursuivons avec ce racisme insidieux qui se pratique en Israël et qui vise tous ceux qui ne sont pas Juifs, les Arabes Musulamns et Chrétiens au premier chef, bien entendu…

Voici un comparatif entre l’apartheid sud-africain et le racisme anti-juif des sionistes qu’établit Palestine1967.site

 

                           

 

Afrique du Sud

Israël

Motif invoqué

Les "blancs" sont supérieurs aux  "noirs"

Les Juifs sont différents des "non juifs"

Acteur

Système mit en place par l'Etat exclusivement et sous forme de lois qu'ensuite les sociétés et les particuliers appliquent tout simplement .

Système mit en place à la fois par l'Etat,les organismes parastataux et les sociétés privées,chacun y allant de son règlement ou de sa loi.

Justification du pouvoir

Comme les blancs sont supérieurs aux noirs,ils ont tous les pouvoirs

Comme les juifs sont "chez eux" (selon leurs critères),ils ont forcément le pouvoir,les autres étant "tolérés" .

Attitude face "aux autres" .

Les blancs veulent garder les noirs parce qu'ils ont besoin des noirs pour le travail .

Si les non juifs pouvaient partir,les juifs n'y seraient pas fort opposés ...

Justification de la ségrégation

La ségrégation se justifie sur une base ethnique et un rapport de dominants à dominés : les "maitres" ne peuvent pas vivre avec les "esclaves",sous peine de perdre tout prestige .

La ségrégation se justifie sur base de la sécurité : comme on ne peut pas faire confiance aux "non juifs",il faut bien les isoler .

Conséquences pratiques  exemple

Les blancs et les noirs peuvent prendre le même bus,mais ils ne peuvent pas s'assoir sur les mêmes sièges .

Les israéliens et les palestiniens peuvent prendre le même bus,mias si ils sont en voiture individuelle,ils doivent rouler (dans les territoires) sur des routes distinctes (sans contrôle ni barrage pour les israéliens ,avec contrôles et barrages pour les palestiniens .

 

 Source : http://palestine1967.site.voila.fr
Par Ali - Communauté : Libre expression
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 4 juillet 2009

Voilà, c'est fait, une milice juive, la L.D.J. qui s'est fait remarquer à plusieurs reprises à attaqué une Librairie qui a mis en vitrine l'ouvrage de Paul-Eric Blanrue "Sarkozy, Israël et les juifs".
La belle démocratie que la nôtre qui tolère que le parti de l'étranger saccage tout ce qui lui fait ombre !




RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN A LA LIBRAIRIE RESISTANCES

Rassemblement pour la défense de la liberté d'expression.
Organisateur : "Sarkozy, Israël et les juifs" : le livre qui fait peur aux diffuseurs !
Type : Causes - Manifestation Réseau : Mondial Date : mercredi 8 juillet 2009 Heure : 18:30 - 20:00 Lieu : DEVANT LA LIBRAIRIE RESISTANCES Adresse : 4 Villa Compoint. A l’angle du 40 rue Guy Môquet 75017 Ville : Paris, France Voir le plan Google MapQuest Microsoft Yahoo Téléphone : 0000000000 Adresse électronique : quedalle@yahoo.fr Description

Après saccage odieux, par des hommes vêtus de noir, cagoulés, et se réclamant de la LDJ de la Librairie RESISTANCES, seule a avoir osé mettre en vitrine l'ouvrage de Paul Eric BLANRUE "Sarkozy Israel et les Juifs" GRAND RASSEMBLEMENT DEVANT LA LIBRAIRIE RESISTANCES POUR DEFENDRE LA LIBERTE D'EXPRESSION. ET DIRE NON AU TERRORISME CONTRE LA PENSEE. Faites tourner.........INVITEZ !!!! ATTAQUER LES LIVRES, C’EST ATTAQUER LA DÉMOCRATIE. """
Merci à Hervé Morel pour ce message de soutien qui résume tous ceux que reçoit actuellement la librairie résistances. "Attaquer les livres, c’est attaquer la démocratie. J’exprime ma profonde indignation contre l’agression subie par la librairie "Résistances" dans le 17° arrondissement. Attaquer une librairie et détruire des livres, c’est un crime contre l’intelligence, contre la liberté, contre la pensée. On ne peut tolérer que des brutes essaient d’imposer leur haine et leur violence à Paris, ni ailleurs. La police doit mettre en œuvre, au plus tôt, tous les moyens pour retrouver les coupables. Nous appelons tous les démocrates, personnalités, associations, partis, citoyens et tous les amis de la liberté à manifester leur soutien à la librairie saccagée. " Hervé MOREL Secrétaire Départemental Verts Paris http://www.europalestine.com/spip.php?article4248"""
Par Ali - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 4 juillet 2009
 

SEXE, ISLAM & POLYGAMIE.

La polygamie est un fait sociétal universel. Les hommes meurent à la guerre, les femmes en couche, mais,  au bout du compte, les femmes sont plus nombreuses que les hommes. S’ajoute l’exacerbation de l’instinct de procréation qui veut qu’un nombre élevé de mâles soit image de puissance masculine, la fille n’étant qu’un pis aller.
Les religions païennes et monothéïstes ont toutes légiféré sur la vie sexuelle et conjugale de leurs zélateurs. Nous ne trouvons des formes de polyandrie que dans certaines tribus africaines ou océaniennes régies par un système matriarcal où le lien entre la sexualité et la procréation n’est pas établi.
La polygamie est la règle, la monogamie l’exception.
La polygamie garantit pour chaque femme une potentialité de fécondité. Souvent elle conforte, par l’endogamie, la perennité et l’originalité du corpus social.
La monogamie est le fait des moins favorisés quant au célibat il est proscrit quand il n’est pas une sanction sociale.
Sur le plan sexuel, la polygamie accorde au mâle une excitation de la libido que la monogamie, vu les grossesses sucessives, les allaitements et la fatigue corporelle de la mère mettaient en sourdine.
Les religions légiférèrent donc à qui mieux-mieux. Interdiction de l’adultère (en fait, la confirmation du mâle dominant), répudiation de la femme stérile, statut du gynécée et des courtisanes.
La Bible nous apprend ainsi que Roboam eut 18 femmes et 60 concubines, Abia, Roi,de Juda 14 seulement. Dans le Lévitique nous lisons : n’introduis pas dans le harem la femme de ton fils. Ailleurs, le Deutéronome, prudemment conseille au roi de ne pas multiplier le nombre de ses femmes (le mieux nuit au bien !). Et le Qohelet nous vante les délices des hommes : les servantes ! (du harem). (Qo.2. 8)
La femme, repos du guerrier, délice en temps de paix, servante et courtisane.
Pas étonnant, dès lors, que la monogamie quasi névrotique des chrétiens, leur attitude suspicieuse et hostile face à la sexualité, ait amusé d’abord, choqué et scandalisé les juifs et païens.
Qu’en est-il aujourd’hui ? 
Ne pas se leurrer. La polygamie existe toujours, elle revêt, en Occident,  des formes plus discrètes. La maîtresse de l’homme marié, la coutisane de passage rencontrée dans les endroits ad hoc. La pratique d’une sexualité soi-disant libérée qui se manifeste à travers des moeurs débridées qu’on ne peut que condamner.
L’islam est très très clair sur tous ces sujets.
La règle est la monogamie. L’exception la polygamie. Cette dernière est permise dans les limites suivantes : « Si vous craignez d’être injustes pour les orphelins, épousez des femmes qui vous plaisent. Ayez-en deux, trois, quatre, mais si vous craignez d’être injustes, une seule ou bien des esclaves. »  (Cor.4,3). Avoir jusqu’à quatre femmes est permis pour autant que l’on ne soit pas injuste. Envers les orphelins : les enfants que ces femmes ont pu avoir de père décédé, il faut les traiter comme ses propres enfants. Envers les femmes non plus. Chaque épouse, en traitement et entretien, est égale aux autres. Elle doit avoir sa propre habitation et le mari ne peut vivre plus chez l’une que chez l’autre. En outre, il est obligé d’honorer (d’avoir des relations sexuelles) avec chaque femme, il ne peut, sur ce plan, n’en négliger aucune. Mieux : il doit donner du plaisir à chacune de ses femmes. Exit l’égoïsme sexuel. Nous sommes loin de la prescription biblique : tes désirs (femme !) se porteront vers ton mari (Gn.3.16)
Houlà ! Ce n’est pas une sinécure. D’autant que la femme négligée peut demander le divorce en sa faveur. Il vaut donc mieux réfléchir à deux fois avant de s’engager dans l’aventure polygamique. Les biens et les droits des orphelins sont strictement inventoriés et protégés.
L’islam en faisant de la polygamie un remède démographique et une protection des orphelins tempère le machisme inhérent à cette pratique et encadre (sans plus) le désir mâle de pluralité de partenaire.
Le christianisme paulien, faisant fi de la prescription de l’Ecclésiaste – jouis de la vie avec la femme que tu aimes  (Qo.9.9) -  fait du mariage un remède à la concupiscence : il vaut mieux se marier que de brûler (1Co. 7.1.8). Conception qui reste encore (chez les catholiques et les orthodoxes) d’une actualité pusillanime mais actuelle.
L’épanouissement sexuel – en dehors ou dans sa forme procréationnelle – est un droit pour chaque homme et chaque femme. L’institution religieuse devrait, sur ce chapitre, se montrer aussi discrète que possible. La religion ne peut pas tout encadrer. Devant une relation aussi intime que la sexuelle, seul le Créateur, mieux que personne, sait ce que fait et veut Sa créature.

"Dans un harem de Téhéran" de Jules Laurens, peintre qui m'est inconnu et me semble n'avoir jamais visité l'Iran ou Téhéran...
Par Ali - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Libre expression

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus