Mercredi 30 mars 2011 3 30 /03 /Mars /2011 09:16

neturei karta2ds

 

Les Neturei Karta opposants au sionisme

 

 

 

Intégrisme juif.

Quel est l’intégrisme religieux le plus dangereux ?

Je vous entends tous me répondre: l’intégrisme musulman !

Eh bien, non ! C’est l’intégrisme juif !

Pourquoi ?

Parce que l’intégrisme musulman n’est que la conséquence de l’intégrisme juif.

Explication :

A la création de l’État sioniste, en 1948, les juifs religieux ne le reconnaissaient pas. Seul le Messie, disaient-ils, pouvait créer un « État juif », les sionistes n’étaient pour eux que des laquais du socialisme ou du communisme animés d’un idéal qui leur échappait et que, par conséquent, ils récusaient.

Ces premiers sionistes étaient supportés par l’URSS de l’époque. Les États-Unis du Président Eisenhower se méfiaient de ce nouvel État et de ses « kibboutzim ».

A partir de 1967, tout change. La vieille ville de Jérusalem est prise à la Jordanie et les sionistes la proclament « capitale éternelle de l’état d’Israël », rien de moins.

Alors, les rabbins ont commencé à se dire qu’il y avait un nouveau terrain à tâter et, petit à petit, ils ont reconnu la légitimité du pouvoir sioniste.

C’est alors que la situation s’est durcie.

Les premiers sionistes n’étaient pas des anges, loin de là, mais c’était des hommes et des femmes que n’obsédait point le fait religieux. Ils se rendaient parfaitement compte qu’un jour ou l’autre, la paix, il faudrait la faire avec les voisins et que pour cela des concessions seraient  de mise et qu’à l’idéalisme du début devait succéder le réalisme brut des faits.

Rien de pareil avec les religieux. Pour eux, cette terre de Palestine, c’est celle que Dieu leur a promis en disant : « Je te donne la terre qui va du torrent d’Égypte à l’Euphrate » (Genèse 15.18). Alors, puisque c’est dit par Dieu lui-même, on ne discute pas ! Et, s’il le faut, on ira même jusqu’à l’Euphrate !

L’intégrisme juif est particulièrement rigoureux. Je ne sais pas si vous le savez, mais pour un juif religieux, tout ce qui n’est pas « kachère » est impur. Tout ! En fait cela signifie purement et simplement que tout ce qui n’est pas juif est impur. Et donc que la « patrie » des Juifs doit être, elle aussi, « kachère », exempte de tout ce qui n’est pas juif. Pas question de se mélanger. Ethniquement, religieusement,  Israël doit être pur !

Donc pas de concessions ! Comme c’est Dieu qui a donné cette terre à son peuple, négocier cette terre est un péché. Au contraire, il faut repousser aussi loin que possible tout ce qui constitue une menace à l’intégrité de la terre et à la pureté de l’état juif. Pas de Chrétiens, pas de Musulmans, le moins de « goyim » (non-juifs) possible.

C’est à partir de ce point de non-retour qu’a commencé l’action violente des Palestiniens. Au moment où les religieux ont joué un rôle de plus en plus prédominant dans l’État sioniste, ne laissant aux Palestiniens que la voie violente comme issue.

C’est aussi à partir de 1967 que les États-Unis ont regardé avec sympathie les sionistes et que s’est conclue cette étrange alliance entre des Protestants fondamentalistes des États-Unis et les religieux juifs.

Ces fondamentalistes (dont le Président Bush faisait partie) forment un ensemble de sectes protestantes pures et dures qui prêchent que Jésus reviendra pour annoncer la fin des temps le jour où tous les Juifs auront rejoint leur terre promise, ce jour là, ajoutent-ils, les Juifs se convertiront au christianisme et les Musulmans aussi !

Où vont-ils chercher cela ? Mystère ! Toujours est-il que, désormais, ces fondamentalistes supportent sans critique aucune l’état sioniste et influencent, dans ce sens, la politique étrangères des États-Unis. Cette alliance du sectarisme protestant avec l’intégrisme religieux juif pousse au désespoir et donc aux actes désespérés la population palestinienne.

Cet amalgame entre les fondamentalismes protestants et juifs dans l’occupation de la Palestine est la cause de l’intégrisme musulman. Intégrisme qui est né durant l’époque coloniale et qui s’est exacerbé au moment de la création de l’état sioniste.

Ce n’est pas qu’en Israël que ces intégrismes juifs et protestants sont à l’œuvre. En Arabie Saoudite aussi (le sanctuaire de l’Islam !),  ils supportent, sans état d’âme, un régime théocratique dévoyé, protecteur de l’interprétation la plus débile de l’Islam : le wahhabisme !

Et ils supportent cet État totalitaire non seulement parce qu’il est producteur de pétrole mais parce qu’il peut, grâce aux pétrodollars, tenir en laisse des populations hostiles à cet impérialisme et rétives à l’état saoudien..

L’intégrisme juif allié de l’intégrisme protestant qui refuse la création d’un État palestinien, qui couvre les exactions des sionistes est le facteur d’insécurité et de guerre dans le monde. Tout nous le prouve, et les évènements que nous vivons ces derniers jours au Moyen-Orient en premier lieu.

Parmi les juifs orthodoxes il y en a qui récusent les thèses des intégristes sionistes: ainsi les fidèles du mouvement « Neturei Karta », plus nombreux qu'on ne l'imagine et qui inlassablement répètent que seul le Messie restaurera Israël. Ils semblent qu'ils soient de plus en plus écoutés.

Seule la restauration d’un seul et unique État palestinien et l'éradication du sionisme permettront à la paix de reprendre force et vigueur dans cette partie du monde qui le mérite bien.

Mais cela, c’est une autre histoire.

 

Par Le blog des amis d'Ali - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Mardi 29 mars 2011 2 29 /03 /Mars /2011 07:46

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Qui a dit que les Français sont des veaux ? Les voilà qui s'entichent de D. Strauss-Kahn parce qu'il est loin des querelles politiciennes, parce qu'il semble connaître ses dossiers, et parce qu'il occupe une haute fonction internationale. Mais savent-ils vraiment ce qu'est le FMI, le Fonds Monétaire International ? Et d'abord, qui est ce DSK ?

C'est le fils d'un Conseiller juridique et fiscal d'origine juive, installé au Maroc en 1955, puis après le tremblement de terre d'Agadir en 1960, à Monaco et à Paris. Il voit le jour à Neuilly sur Seine. Bref, un bon bourgeois de Neuilly, ou de Monaco, rien de très excitant. Etudes commerciales et d'économie, avocat d'affaires. Pas très excitant non plus pour le peuple de gauche !!!

Que fait-il au PS, après, en plus, un passage au CERES bien à gauche de Chevènement ? Il faudrait sans doute demander cela à ses amis d'Israël qui ont l'habitude de placer leurs pions un peu partout, et notamment dans les principaux partis politiques pour les orienter... où ? Voyons ! En faveur d'Israël et du libéralisme, cela va de soi.

Passons sur sa carrière, et arrivons à l'essentiel, le voici nommé... par la Droite, oui par Sarkozy en personne, à la tête du FMI. Bref, encore moins excitant que tout le reste, et pour le moins ambigu. Et qu'est-ce que le FMI ? Un organisme qui se moque des peuples comme un Roi se moque de la dernière de ses maîtresses...

Ecoutons par exemple les doléances du Président du Benin : Le président béninois, Boni Yayi, a dénoncé mardi à Cotonou le fonctionnement du Fonds monétaire international (FMI) au détriment des pays les plus pauvres : « Garant de la surveillance de la stabilité des changes, le Fonds monétaire international est caractérisé par un fonctionnement dissymétrique et même asymétrique au détriment des économies les plus pauvres de la planète », a-t-il écrit dans une lettre ouverte envoyée au président en exercice de l'Union européenne (UE), le président français Nicolas Sarkozy. Selon lui, "les conditionnalités du FMI ont souvent été sanctionnées par le quasi-abandon de l'Etat, dans son rôle stratégique, même en période de crise...Toujours soumis à des rappels à l'ordre du FMI, les pays africains ont beaucoup souffert de ce dysfonctionnement asymétrique du FMI » (http://www.africanmanager.com/articles/119232.html)

Pardi ! Le FMI, sous couleur d'octroi de prêts aux pays en difficulté, est synonyme de contrôle, de domination, de perte de la souveraineté, de dérégulation du Marché du Travail, de dérèglementation du Système bancaire, de partialité en faveur des pays développés, de politiques d'ajustement structurel asphyxiant l'Etat et le secteur social, de privatisation des entreprises, de libéralisation du commerce, etc etc. Autant dire que le FMI, comme la BM, ont accru la pauvreté des pays pauvres, et enrichi les pays riches, notamment en accordant des prêts difficiles à rembourser et à des taux profitant plus aux banques qu'aux peuples. Et c'est DSK qui orchestre tout ça. Drôle de socialisme !

La réalité, c'est que le sieur en question serait une catastrophe pour la France. Passons sur son amour immodéré pour la gent féminine, si ses épouses s'en accomodent tant mieux pour elles, et sur son mépris des gens, sur son arrogance innée. J'en ai moi-même fait l'expérience à Perpignan, lorsque je lui ai parlé de la dangerosité de l'AMI, l'Accord Multilatéral Investissement, le pire ennemi des peuples. Il a balayé d'un revers de la main et avec condescendance ma remarque, en la qualifiant de "tarte à la crème des altermondialistes". Pfff ! Que ces choses-là sont déplaisantes à entendre pour un homme prétendûment socialiste - pourtant en pleine campagne électorale, alors qu'il était venu soutenir son poulain M. Ferrand, un brave garçon pâlot et inconsistant qui bridait un siège dans les Pyrénées Orientales. C'est sûr qu'avec DSK, mieux vaut une personnalité discrète, éteinte, qu'affirmée.


D'abord, Strauss-Kahn est tout sauf socialiste. Très exactement, c'est un ultra-libéral qui ne saupoudre son libéralisme de social que quand il ne peut pas faire autrement, notamment lorsqu'il est en campagne électorale. La communication, à laquelle il excelle comme son compère avocat d'affaires lui aussi, Sarkozy, est ce qui lui réussit le mieux. Cherchez les politiques sociales dans les actes, cherchez bien.... D'ailleurs, ces deux-là s'entendent comme larrons (de haut vol) en foire, ce n'est pas sans raison que l'un a choisi l'autre pour le FMI. A moins que ça ne soit par jalousie, pour éloigner un rival potentiel, de "gôche" cette fois. De gauche caviar, très caviar... malgré les "35 heures" qu'il a défendues avec Jospin-Aubry - et quelques emplois jeunes à Sarcelles, ville dont il a été élu maire en 1995. DSK est un fervent partisan de l'Europe de Bruxelles, incluant bien sûr Israël, pardi, et il est le chantre des ouvertures du capital, des privatisations massives et... de la sociale-démocratie, ressemblant comme deux gouttes d'eau à la "démocratie" libérale de la droite. Bref, cette gauche-là est la roue de secours du capitalisme, un joli support du Nouvel Ordre Mondial qu'on tente de nous imposer toujours fort démocratiquement, bien entendu...

Quant à l'indépendance de la France, inutile de compter sur lui. Le pays de son cœur, celui qui occupe son esprit tout au long de la journée et pour lequel il travaille réellement, c'est Israël : "Je considère que tout Juif dans la diaspora, et donc c'est vrai en France, doit partout où il le peut, apporter son aide à Israël. C'est POUR CA d'ailleurs qu'il est important que des Juifs prennent des responsabilités politiques" (Entretien à Passages, 1991), et dans Tribune Juive : "Chaque matin, je me lève en me demandant comment être utile à Israël".

Je pose la question à toute personne sincèrement attachée au Bien de la France : Un Président français doit-il d'abord songer à être utile à un autre pays ?

Et comment, en France, une fois élu Président, pourrait-il le mieux aider Israël ? Mais tout simplement en sacrifiant l'indépendance de la France, en étant soumis aux diktats d'Israël, notamment pour le Proche-Orient, en libéralisant toujours plus notre pays quitte à sacrifier des pans entiers de populations, en ouvrant toujours plus l'Europe à Israël et, le moment venu, en agissant pour que l'Etat de son cœur préside aux destins de l'UE, en entraînant la France dans les aventures impériales au service des USA, et bien entendu en poussant notre pays à agresser militairement l'Iran aux côtés d'Israël et de son clone américain. Bref, c'est l'apocalypse assurée... Si vous aimez les feux d'artifices, vous serez servi !

Alors, pas encore dégoûté de ce sieur-là ? Eh bien, votez-pour lui. Mais ensuite, comme pour Sarkozy, ne venez pas vous plaindre. Vous l'aurez cherché ! Et le réveil sera douloureux, très douloureux...
 
Source : R-sistons
Par Le blog des amis d'Ali - Communauté : La Cyber-résistance
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Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 08:13

La Gôche et la Libye humanitaire

À l’appel de l’affairiste Bernard Botul Levy, l’ Ex-France s’en est allée en guerre contre la Libye avec l’alibi humanitaire.
Six jours déjà. Et les bombes pleuvent sur les malheureux libyens comme la grêle, mettant les tripes à l’air à Tripoli ainsi qu’à Benghazi, Zouara et Misrata.
Déjà on ne dénombre plus les civils tués, hommes, femmes et enfants, cibles des « frappes ciblées ».
Qu’elles soient « chirurgicales », « humanitaires », merci, on a déjà donné : n’en jetez plus, même avec la sophistication électronique la boucherie reste la boucherie, sinon qu’elle est encore plus lâche.

L’indice d’hémoglobine dans le pétrole Libyen, réputé pour sa qualité, s’étend tragiquement et va accroître d’autant les dividendes juteux.
Parce que, bien sur, loin des pétitions humanitaires, l’enjeu pour l’impérialisme est de saisir directement dans ses pattes graisseuses les hydrocarbures libyens.
Mais pas seulement et pas fondamentalement.
Que veut réellement l’Empire ?
- Rétabir « l’ordre », en installant une base militaire entre Tunisie et Égypte, devenues trop peu sures
- Verrouiller le dispositif Africom (commandement unifié destiné à coordonner toutes les activités militaires d’un futur débarquement des forces US sur ce continent.)
- Infliger une leçon de chose militaire à tous les peuples du monde qui loucheraient vers leurs frères Égyptiens et Tunisiens, y compris ceux d’Europe qui refusent privatisations et destruction de la souveraineté nationale, imposées par le FMI.
- Sonner l’hallali pour la prochaine collecte d’organes palestiniens, tous chauds, à Gaza.

Les agresseurs coalisés ont baptisé leur intervention philanthropique du gentil petit nom très hellénique et très auroral, d‘"Aube d’une Odyssée ".
Humour typique, n’est ce pas ?
- Qui indique aux peuples transis de haine et d’effroi qu’il s’agit du début d’un long, long, périple, et à travers beaucoup, beaucoup d’autres pays.
- Qui brouille les pistes, LA piste, et s’inscrit dans le fumeux conflit de civilisation : Civilisation hélléno-chrétienne contre Barbarie Mumuzz.

Normalement, dans un monde ordonné, contre ce déchainement de bestialité fasciste, dans toute sa crudité primordiale, et son acception classique sentimentale, les voix autorisées des partis antifas institutionnels devraient tonner contre !
Tendons un peu l’oreille :
- Le parti socialiste, par la voix de sa Première, au contraire, « se réjouit »et estime que « la France est à sa bonne place ».
- Le sénateur Mélenchon lui non plus n’a pas finassé :
« Ma position est constante : je suis partisan d’un ordre international garanti par l’ONU. (…) On parle d’un « état de guerre avec la Libye ». Il n’y a pas de guerre avec la Libye. (…) J’approuve donc le mandat de l’ONU. (…) J’ai voté la résolution du Parlement européen en accord avec la direction du PCF et de la Gauche unitaire, en accord avec mon collègue eurodéputé communiste Patrick Le Hyaric. »
- Comment jugez-vous l’attitude de Nicolas Sarkozy dans le dossier libyen ?
« La politique menée est conforme à l’intérêt de la France.  »

Ainsi le Sénateur rejoint la cohorte des suppôts du Consistoire : les Bruckner, Cohn-Bendit, Enthoven, Glucksmann, Romain Goupil, Nicole Guedj, Gilles Hertzog, Bernard Kouchner, Henri Lévy, Claude Lanzmann, Olivier Rolin, Olivier Rubinstein, Antoine Sfeir, Jane Birkin etc,. qui vociféraient depuis de semaines, réclamant des bagatelles militaires pour un massacre en Libye.

- Quant au NPA, il s’est beaucoup agité ces derniers temps.
Le 9 mars, il appelait à « une intervention solidaire de l’Union Européenne en méditerranée.  » « Nous en appelons solennellement à tous les gouvernements européens, aux instances de l’Union européenne, pour que soient prises les mesures qui s’imposent d’urgence. »
Le 18 mars il appelle à un rassemblement de soutien aux maffiosi de l’opposition au sanglant Kadafhi, rebaptisés pour la circonstance en « le peuple libyen. » « Mobilisons nous dans l’urgence. Les gouvernements du monde (…) hésitent, tergiversent, font mine de s’entendre sur une événtuelle résolution du Conseil de Sécurité. »
Les Zanticapitalistes qui font pression sur les gouvernements du Capital et sur le conseil de sécurité otanesque, sommés de cesser sur le champ ( de bataille) leurs "tergiversations" et de taper vite et dur ! Étonnant non ?
Manque de pot, après le début des vrais frappes, autres qu’en l’air, les aériennes petites frappes du Joufflu, sous la pression, vont rabattre leurs petites ailes, et pondront dans leur journal de bord "Tout est à nous" (sic) : « L’intervention militaire n’est pas une solution, et le NPA met en garde contre une nouvelle escalade militaire. »
Que voulaient ils, au juste, ces alter-Tartuffe, de la part du conseil de sécurité ? « Dîtes leur avec des fleurs ? »
Tout ces gens là, canailles au langage obséquieux ou à double langage, préfèrent battre le Fâchismassassin dans les zurnes, dimanche prochain, par une alliance de Fer avec les massacreurs impérialistes. Préludant à l’Union Sacrée pour élire triomphalement le Directeur du FMI.

Pour la France le coût estimé de cette guerre, car il s’agit bien d’une guerre, se monte d’ores et déjà à plus de 500 millions d’euros : soit les 16 000 postes d’enseignants supprimés en 2011.
Et ce n’est qu’un début, cependant que nous sommes invités à nous serrer chaque jour davantage la ceinture pour gorger les coffres de milliards couverts de sang.
Mais l’homme ne vit pas que de pain.
Hier, on disait du Blair qu’il était le caniche de Bush. Mais enfin la perfide Albion restait dans son jeu héréditaire.
Avide de caresses le Sarkozy lui a ravi la place : il est désormais le bichon d’Obama.
Pour la France c’est déchoir. Sa diplomatie, son armée, ne sont plus que des caniveaux pour les déjections d’un bichon. .
« Le despotisme d’un génie est plus supportable que le despotisme d’un imbécile. C’est ainsi que l’ouvrier anglais peut encore se targuer d’une certaine fierté nationale vis-à-vis de l’ouvrier allemand, car le maître qui le bâillonne, bâillonne le monde entier, tandis que le maître de l’ouvrier allemand, le bourgeois allemand, est le valet du monde entier et rien n’est plus funeste, plus humiliant que d’être le valet d’un valet.  » [1]
Toute ressemblance avec la condition du travailleur dans l’actuelle Hexagonie, avec son Prézydent valet et son gouvernement fantoche ne serait que pure coïncidence.


Félix Niesche

Notes

[1] Karl Marx .Neue Rheinische Zeitung 5 janvier 1849.

 

http://www.egaliteetreconciliation.fr/La-Goche-et-la-Libye-humanitaire-5946.html

Par Le blog des amis d'Ali - Communauté : Libre parole-Libre Information
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Dimanche 27 mars 2011 7 27 /03 /Mars /2011 12:00

 

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On me l’avait dit. Je n’y prêtais qu’une attention distraite. Je sais pas pourquoi, mais, moi, les braves gens qui professent une foi de charbonnier, ils m’en imposent. Oui !
Et c’était ce que je faisais avec ces évangélistes, mosaïque de petites sectes les une plus fanatisées que les autres et qui aux questions qu’on leur pose vous répondent invariablement par des versets des écritures ânonnés d’une voix de bon élève.
Ils proviennent des couches les moins intellectuelles de la population, ils ne se posent pas de questions, ils ont toutes les réponses dans la Bible et puis baste !
On ne peut pas demander à tout le monde de faire de longues études, mais de là,  à ne pas être curieux, je me pose des questions…
Ils sont les auxiliaires de la politique la plus impérialiste et réactionnaire que nous ayons à subir depuis la dernière guerre.
Le comble, c’est qu’ils ne s’en rendent même pas compte ! Ils sont manipulés et ne le savent pas, ne veulent même pas le savoir !
Ils sont persuadés d’être dans le vrai. D’être dans le bien ! Les autres, c’est le mal. Et les autres, ce sont sont les catholiques (papistes !), les païens et surtout les musulmans. Ils ont décrété, comme ça, que le jour où il n’y aura plus d’islam, le jour où tous les juifs auront rejoint leur « Israël », Jésus reviendra en pleine gloire et les juifs, émerveillés, se convertiront illico au christianisme !
Ridicule ? Oui,… assassin surtout !
Assassin, car ces gens participent inconsciemment- je le crois jusqu’à preuve du contraire-, à la politique etats-unienne, orchestrée par la CIA.
Au Moyen-Orient, ils proposent des avantages à ceux qui se convertissent (chrétiens arabes ou musulmans !) à leur « christianisme » : visa, argent, relations… tout s’achète !
Et dès que deux ou trois pauvres types, chrétiens nestoriens ou musulmans les rejoignent, alors ils exultent. Alleluia !
Ils offrent, sans le savoir – sans vouloir le savoir - une assise spirituelle à un brutal impérialisme économique, politique et culturel.
Leur inconscience est inimaginable : envoyer, aujourd’hui, des missionnaires en Afghanistan, c’est comme envoyer des Témoins de Jéhova sur le front de l’Est en quarante-deux ! De la folie ! Une vingtaine de leurs adeptes, de malheureux Sud-Coréens, en savent quelque chose.
Ils poussent des cris d’orfraie dès que leur prêche est contré, mais n’ont pas un mot de compassion pour les trois à quatre-cent mille victimes civiles des évènements en Irak. Rien, pas un mot. !
Charitable « christianisme «,  que le leur !
Ils se proclament « chrétiens ». Les seuls, bien sûr ! Les autres (les catholiques, les orthodoxes, une fois de plus…) sont pour eux des crypto-paiëns.
Leur « christianisme » est réduit à une morale sexuelle et à une consécration religieuse de la propriété. Plus grave : une apologie de la richesse.
Il est surtout une reconnaissance du mode de vie américain (« american way of life »).
Et avec tout cela, ils se permettent de donner des leçons de morale à tout va.
Jusqu’à des leçons de sciences. Dieu a créé le monde en six jours. Exit Darwin !
Ils ne sont, en réalité, que le reflet navrant d'une décrépitude intellectuelle et spirituelle de l’Occident, et je ne m’en réjouis pas, loin de là.
Ils accusent les musulmans d’être fanatiques. Les incultes ! s’ils connaissaient l’islam… mais ils ne veulent pas connaître, ils se complaisent dans leur réponses toutes prêtes, dans leurs petites certitudes de supermarchés de la foi.

Ces incultes sont dangereux, leur pouvoir de nuisance ne doit pas être sous-estimé, leur allégeance aux thèses les plus conservatrices de Washington dénoncé. Nos députés devraient se poser la question: d'où vient cet argent avec lequel ils construisent des églises qui, sur notre sol de France, poussent comme des champignons ? Si l'argent saoudiens pour les mosquées choque, les dollars de Washington en font autant pour leurs églises music-hall.

Ils seraient déjà cent-cinquante mille en France.

Qui a dit que les sectes perdaient du terrain ?

D. de S.

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Samedi 26 mars 2011 6 26 /03 /Mars /2011 08:26

 

Bloc-notes N°61 d’Alain Soral (paru dans Flash Magazine)

 

 


Quand la géopolitique rejoint les Ecritures: le Mahdi et Jésus s'en vont en guerre contre l'Empire.

 

 

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Source: Egalité et réconciliation

 

Diversité des soulèvements “arabes”

 

D’abord ne pas faire d’amalgame. Les soulèvements tunisiens et égyptiens sont certes comparables par leurs causes politiques et sociales, donnant comme souvent raison au sociologue Emmanuel Todd : soit une population jeune et chômeuse exaspérée par un pouvoir inique et une occidentalisation des mentalités, via les médias, qu’un islam d’état, prônant la soumission à l’ordre, ne permet plus de juguler. Mais ces deux soulèvements ne revêtent pas du tout les mêmes enjeux.

Car si l’Empire peut se satisfaire du changement tunisien, une gestion familiale et mafieuse, à ramifications françaises, remplacée demain par une “gouvernance” plus conforme aux critères démocratiques (soit aux règles du FMI), ce même Empire ne peut pas se permettre une perte de contrôle militaire de l’Égypte qui conduirait à la fin du blocus de Gaza et à la déstabilisation d’Israël.

C’est d’ailleurs à ça, et à rien d’autre : maintien ou levée du blocus de Gaza par le nouveau pouvoir égyptien, que nous saurons dans quelques mois, à la fin des remaniements et des troubles, qui a gagné du peuple ou de l’Empire.

En Libye, en revanche, il est certain que l’Empire a profité de l’embrasement de ses deux pays frontaliers pour déclencher une opération de déstabilisation, style “révolution verte” iranienne.

Un soulèvement partiel rendu possible là-bas, non pas parce que Kadhafi exploitait outrageusement son peuple à la façon des potentats voisins, mais au contraire parce que sa progressive soumission économique aux Américains, concédée sous la menace, est parvenue à lui aliéner une partie de la population en détruisant, par la spoliation impérialiste, la prospérité qu’il avait originellement créée en nationalisant le pétrole, en socialisant la richesse et en développant le pays.

Il est d’ailleurs possible, une fois l’effet de surprise passé, comme en Côte d’Ivoire où Gbagbo tient toujours malgré la volonté occidentale, que Kadhafi reprenne, encore à l’iranienne, le contrôle du pays ! Les médias, après la diabolisation forcenée des premiers jours, typique de ce genre d’opération globale à l’irakienne, commencent d’ailleurs à nous préparer à cette éventualité, par un traitement un peu plus nuancé.

Mais que ce soit la Tunisie, l’Égypte ou la Libye, on peut constater qu’à aucun moment l’islamisme n’a été le moteur des soulèvements. Bien plutôt la soif de liberté et d’égalité dans un cadre national, face à un même mondialisme corrupteur et spoliateur, identifié ou non identifié. Un mondialisme financier bien plus totalitaire et uniformisateur finalement, que la Oumma fantasmée par l’Occident.

Même combat des deux côtés de la Méditerranée
Pas de choc des civilisations islam/Europe chrétienne, donc, mais tout au contraire, une aspiration assez universelle à la dignité des peuples, avec au fond les mêmes revendications là bas qu’ici, contre des élites pareillement vendues à la finance mondialiste et au sionisme.

Mêmes aspirations politiques et sociales, de ce côté et de l’autre de la méditerranée, convergeant aussi sur le plan théologique. L’eschatologie chrétienne dans l’Apocalypse de Jean concordant avec les hadîts coraniques sur la fin des temps où Jésus vient prêter main forte au Mahdi pour triompher ensemble du même Antéchrist.

Un Antéchrist mammonique dont chacun comprend que l’antre est plutôt Wall Street que Tora Bora. Et je me demande d’ailleurs comment certains, qui se disent catholiques, peuvent justifier de travailler pour le diable USraélien, quand la théologie rejoint à ce point la géopolitique pour nous montrer la voie du Bien.

Face au matérialisme marchand, le front de la foi
Un front de la foi qu’il serait utile de réaliser aussi sur notre territoire pour sanctifier la nécessaire solidarité des classes exploitées. Unir les “de souche” chrétiens de la classe moyenne blanche paupérisée et le prolétariat musulman intégré contre ce même matérialisme marchand destructeur.

Une réconciliation nationale contre le mondialisme, plutôt que cet anti-islamisme malhonnête et malsain, amalgamant pour faire peur la minorité islamo-racaille – stipendiée par l’Empire via SOS-Racisme ou le wahhabisme saoudien – et le citoyen musulman du quotidien, dont le respect des valeurs religieuses est à l’opposé de la délinquance libérale-libertaire incarnée par l’UMPS . Un rempart moral face à la destruction marchande qui rejoint cette “droite des valeurs” chère au camp national.

Car je le redis : l’équation “immigration + délinquance = islam” est une escroquerie.

L’islam véritable – pas l’islam racaille ou salafiste sponsorisé – est le meilleur antidote à la délinquance pour la jeunesse issue de l’immigration et, face à la destruction par la gauche française du roman national qui permettait l’assimilation, le seul moyen présent de l’intégration sociale.

Les deux Marine le Pen
C’est sur cette question que je ne peux pas suivre Marine Le Pen.

Autant je trouve son analyse, sa critique et son discours économico-social des plus justes. Un discours travaillant authentiquement au redressement national qui lui confère une stature présidentielle.

Autant je trouve son discours sur l’islam – rendu à la fois cause de l’immigration quand il en est la conséquence, et synonyme de délinquance quand il en est le remède – indigne d’un futur chef d’État. Mais je sais Marine suffisamment intelligente et lucide pour comprendre – comme le dit d’ailleurs Alain de Benoist – qu’on ne peut pas combattre le mondialisme financier et valider en même temps ce “choc des civilisations”, théorisé et imposé par ces mêmes mondialistes financiers néo-conservateurs, pour en faire l’instrument et le piège ethnico-racial de leur domination.

Une incohérence dont Nicolas Dupont-Aignan, intelligemment, se fait déjà fort de tirer avantage.

Indigène et Indigénat
Mais cette critique que je fais à Marine Le Pen, j’aimerais bien que certains, du côté des Français récents, la fassent aussi à Houria Boutelja qui travaille, côté immigrés, au même “Choc des civilisations” par encore plus de contre-vérités et de mensonges.

Un Français de ce côté de la Méditerranée ne pouvant être un colon, puisque dans son pays, pas plus que l’immigré, pour la même raison, ne peut être un indigène. Et si les fumeux “Indigènes de la République” veulent parler d’indigénat – soit du statut administratif de nos anciens colonisés – il faudrait alors, pour rompre avec ce statut humiliant, faire le contraire que de continuer à travailler en douce pour les successeurs PS de Jules Ferry, père de la colonisation, que ce soit par le discours ou le financement. Car pour parler clair, si le collabeur Abina, monsieur banlieue pour France 2 est venu me menacer avec sa petite clique de nervis, ce n’était pas pour me demander des comptes sur Marine Le Pen – je les avais déjà amplement donnés – mais pour que j’enlève du site Égalité & Réconciliation cette précision gênante en réponse à un article de Riposte laïque. Article qui prétendait stupidement que la porte parole du PIR (c’est le cas de le dire) était financée par les musulmans, puisque salariée par l’Institut du monde arabe, alors que le président de cette officine est Dominique Baudis, cadre de l’organisation France-Israël.

Des indigènes de la République finalement confortablement installés dans l’indigénat au service de la pire République, puisque travaillant, dans la tradition SOS-Racisme, à l’infériorisation des leurs. Avec d’ailleurs sur leurs affiches incitant dangereusement à la haine raciale, les mêmes termes coloniaux, parfaitement infantilisant et méprisants, de “Rebeu” et “Renoi”.

Le sérieux de la crise économique
Pendant ce temps, la troisième crise de Wall Street se prépare avec l’écroulement du dollar et la spéculation sur les matières premières alimentaires. Une crise qui achèvera sous peu de détruire l’épargne des classes moyennes et qui va diminuer d’un tiers le pouvoir d’achat des ménages.

Tout ça toujours à cause de la FED, de JP Morgan et de Goldman-Sachs, comme nous l’explique fort bien Pierre Jovanovic. Une entreprise de spoliation bancaire que n’autoriserait pas, soit dit en passant, la finance islamique.

Jeu électoral
L’Empire qui sait fort bien tout ça, et qui peut, par sa mainmise sur le système médiatico-politique, faire ou défaire un politique en quelques mois, travaille donc à propulser Marine Le Pen, à condition qu’elle s’attaque à l’islam. Marine Le Pen promue depuis dimanche de la place de troisième homme à première du premier tour. Un sondage qui nous fait subtilement comprendre que si Sarkozy est déjà cuit, seul DSK peut battre dorénavant Marine le Pen… et sauver la démocratie !

Au fait, puisqu’on parle de la fabrication des politiques par les sondages, il est passé où François Bayrou

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Vendredi 25 mars 2011 5 25 /03 /Mars /2011 08:13

 

La Libye face à l’impérialisme humanitaire. Entretien avec Jean Bricmont

 

Grégoire Lalieu, Jean Bricmont

 

 

 

Bricmont.jpg Jean Bricmont est professeur de physique à l'Université Catholique de Louvain (Belgique)

 

 

Kosovo, Irak, Afghanistan : les partisans d’une intervention en Libye n’auraient-ils pas retenu la leçon ? Jean Bricmont, auteur d’un ouvrage sur l’impérialisme humanitaire, nous explique pourquoi le droit d’ingérence est incompatible avec la paix dans le monde et dessert les causes humanitaires. A moins bien-sûr, que ces causes ne soient que des prétextes…

 

 

Interview : Grégoire Lalieu

 

 

 

Pouvez-vous nous rappeler en quoi consiste l’impérialisme humanitaire ?

 

C’est une idéologie qui vise à légitimer l’ingérence militaire contre des pays souverains au nom de la démocratie et des droits de l’Homme. La motivation est toujours la même : une population est victime d’un dictateur, donc il faut agir. On nous sort alors les références à la Deuxième Guerre mondiale, à la guerre d’Espagne et j’en passe. Le but étant de faire accepter l’intervention. C’est ce qui s’est passé pour le Kosovo, l’Irak ou l’Afghanistan.

 

Et aujourd’hui, c’est le tour de la Libye ?

 

Il y a une différence car ici, une résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies l’autorise. Mais cette résolution a été votée à l’encontre des principes-mêmes de la Charte des Nations Unies. En effet, je ne vois aucune menace extérieure dans le conflit libyen. On a évoqué la notion de la « responsabilité de protéger » les populations, mais en brûlant un peu les étapes. De plus, il n’y a pas de preuves que Kadhafi massacre la population dans le simple but de la massacrer. C’est un peu plus compliqué que cela : il s’agit plutôt d’une insurrection armée et je ne connais pas de gouvernement qui ne réprimerait pas ce type d’insurrection.

 

Evidemment, il y a des dommages collatéraux et des morts parmi les civils. Mais si les Etats-Unis savent comment éviter de tels dommages, qu’ils aillent l’expliquer aux Israéliens et qu’ils l’appliquent eux-mêmes en Irak et en Afghanistan. Nul doute également que les bombardements de la coalition vont aussi provoquer des pertes civiles.

 

Je pense donc que d’un point de vue strictement légal, la résolution du Conseil de Sécurité est discutable. Elle est en fait le résultat d’années de lobbying pour faire reconnaître le droit d’ingérence qui se trouve ici légitimé.

 

Pourtant, même dans la gauche, beaucoup pensent qu’il fallait intervenir en Libye pour arrêter le massacre. C’est une erreur de jugement selon vous ?

 

Oui et pour plusieurs raisons. Tout d’abord, cette campagne établit le règne de l’arbitraire. En effet, le conflit libyen n’a rien d’exceptionnel. Il y en a beaucoup d’autres dans le monde, que ce soit à Gaza, à Bahreïn ou, il y a quelques années, au Congo. Dans ce dernier cas, nous étions dans le cadre d’une agression extérieure de la part du Rwanda et du Burundi. L’application du droit international aurait permis de sauver des millions de vie mais on ne l’a pas fait. Pourquoi ?

 

Ensuite, si on applique les principes de l’ingérence qui sous-tendent l’attaque contre la Libye, cela veut dire que tout le monde peut intervenir partout. Imaginons que les Russes interviennent à Bahreïn ou les Chinois au Yémen : ce serait la guerre généralisée et permanente. Une grande caractéristique du droit d’ingérence est donc le non-respect du droit international classique. Et si on devait modifier le droit international par de nouvelles règles légitimant le droit d’ingérence, cela déboucherait sur la guerre du tous contre tous. C’est un argument auquel les partisans du droit d’ingérence ne répondent jamais.

 

Enfin, ces ingérences renforcent ce que j’appelle l’ « effet barricade » : tous les pays qui sont dans la ligne de mire des Etats-Unis vont se sentir menacés et vont chercher à renforcer leur armement. On a vu ce qui s’est passé avec Saddam. Kadhafi avait d’ailleurs déclaré à la ligue arabe : « On vient de pendre un membre de cette ligue et vous n’avez rien dit. Mais ça peut vous arriver aussi car, si vous êtes tous des alliés des Etats-Unis, Saddam l’était aussi autrefois. ». Aujourd’hui, la même chose se reproduit avec Kadhafi et la menace qui pèse sur de nombreux Etats risque de relancer la course à l’armement. La Russie, qui n’est pourtant pas un pays désarmé, a déjà annoncé qu’elle allait renforcer ses troupes. Mais ça peut même aller plus loin : si la Libye avait l’arme nucléaire, elle n’aurait jamais été attaquée. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on n’attaque pas la Corée du Nord. La gauche qui soutient l’intervention en Libye devrait donc bien se rendre compte que la conséquence de l’ingérence humanitaire est de relancer la course à l’armement et de créer des logiques de guerre à long-terme.

 

Cette intervention militaire contre Kadhafi ne serait-elle pas pourtant un moindre mal ?

 

Il faut réfléchir aux conséquences. Maintenant que les forces occidentales sont engagées, il est évident qu’elles vont devoir aller jusqu’au bout, renverser Kadhafi et installer les rebelles au pouvoir. Que va-t-il se passer alors ? La Libye semble divisée. S’il y a une résistance à Tripoli, l’Occident va-t-il occuper le pays et s’embarquer dans une guerre sans fin comme en Irak ou en Afghanistan ?

Imaginons quand-même que tout se passe bien : les coalisés se débarrassent de Kadhafi en quelques jours, les rebelles prennent le pouvoir et le peuple libyen est uni. Tout le monde est content et après ? Je ne pense pas que l’Occident va dire : « Voilà, on a fait ça parce qu’on est gentil et qu’on aime bien les droits de l’Homme. Maintenant, vous pouvez faire ce que vous voulez. ». Que se passera-t-il si le nouveau gouvernement libyen apparaît trop musulman ou ne limite pas correctement les flux migratoires ? Vous croyez qu’on va les laisser faire ? Il est évident qu’après cette intervention, le nouveau gouvernement libyen sera prisonnier des intérêts occidentaux.

 

Si l’intervention militaire n’est pas la solution, que faire ?

 

Il aurait déjà fallu essayer honnêtement toutes les solutions pacifiques. Ca n’aurait peut-être pas fonctionné mais là, il y a eu une volonté manifeste de rejeter ces solutions. C’est d’ailleurs une constante dans les guerres humanitaires. Pour le Kosovo, il y avait des propositions serbes très détaillées pour aboutir à une solution pacifique mais elles ont été refusées. L’Occident a même imposé des conditions qui rendaient toute négociation impossible comme l’occupation de la Serbie par les troupes de l’Otan. En Afghanistan, les Talibans ont proposé de faire juger Ben Laden par un tribunal international si on leur fournissait les preuves de son implication dans l’attentat du World Trade Center. Les Etats-Unis ont refusé et bombardé. En Irak, Saddam avait accepté le retour des inspecteurs de l’ONU ainsi que de nombreuses conditions extrêmement contraignantes. Mais ce n’était jamais assez. En Libye, Kadhafi a accepté un cessez-le-feu et proposé qu’on envoie des observateurs internationaux. Les observateurs n’ont pas été envoyés et on a dit que Kadhafi ne respectait pas le cessez-le-feu. L’Occident a aussi rejeté la proposition de médiation de Chavez, pourtant suivie par de nombreux pays latinos ainsi que l'Organisation de l'Unité Africaine.

 

A ce sujet, je suis furieux quand j’entends, en Europe, des gens de gauche dénoncer l’horrible Alliance Bolivarienne qui soutient le dictateur Kadhafi. Ces gens n’ont rien compris ! Les dirigeants latinos sont des personnes au pouvoir avec d’importantes responsabilités. Ce ne sont pas des petits gauchistes qui bavardent dans leur coin. Et le grand problème de ces dirigeants, c’est l’ingérence des Etats-Unis : moins les Etats-Unis pourront faire ce qu’ils veulent partout dans le monde, mieux ça vaudra pour tous ces pays qui tentent de s’émanciper de leur tutelle et pour le monde entier.

 

Le fait de rejeter systématiquement les solutions pacifiques signifie-t-il que l’ingérence humanitaire est un prétexte ?

 

Oui, mais si ça fonctionne bien auprès des intellectuels, j’ai plus de doute sur la réaction des peuples européens. Vont-ils soutenir leurs dirigeants dans l’attaque contre Kadhafi ? Au niveau des peuples, ce sont les guerres sécuritaires qui trouvent plus de légitimité : lorsqu’il y a, par exemple, une menace contre nos populations, nos modes de vie, etc. Mais ici et en France, avec tout le climat islamophobe (que je n'approuve pas, mais qui existe), allez expliquer qu’on va se battre en Cyrénaïque pour des insurgés qu’on voit crier « Allah U Akbar »… C’est contradictoire !

 

Au niveau politique, la plupart des partis soutiennent l’intervention. Même à gauche, des trotskistes à Mélenchon, tous partent la fleur à fusil. Les plus modérés soutenaient juste l’application d’une zone d’interdiction aérienne mais si Kadhafi envoie ses tanks vers Benghazi, qu’est-ce qu’on fait ? Durant la Deuxième Guerre mondiale, les Allemands ont perdu le contrôle aérien assez rapidement mais ils ont tenu encore plusieurs années. Les modérés devaient bien se douter que, dans la mesure où l’objectif est de renverser Kadhafi, on irait plus loin que l’établissement d’une zone d’interdiction aérienne.

 

La gauche, incapable de soutenir de vraies positions alternatives, se trouve piégée par la logique de l’ingérence humanitaire et est obligée de soutenir Sarkozy. Si la guerre se passe vite et bien, le président français sera sans doute bien positionné pour 2012 et la gauche lui aura mis le pied à l’étrier. Cette gauche n’assumant pas un discours cohérent opposé aux guerres est obligée de se mettre à la remorque de la politique d’ingérence.

 

Et si la guerre se passe mal ?

 

C’est malheureux, mais le seul parti français à s’être opposé à l’intervention en Libye est le Front National. Il a notamment évoqué la menace des flux migratoires et en a profité pour se démarquer de l’UMP et du PS en disant qu’il n’avait jamais collaboré avec Kadhafi. Si la guerre en Libye ne se passe pas comme prévu, ça pourra bénéficier au Front National pour 2012.

 

Si l’ingérence humanitaire n’est qu’un prétexte, quel est l’objectif de cette guerre ?

 

Les révolutions arabes ont surpris les Occidentaux qui n’étaient pas assez bien informés sur ce qui se passait au Maghreb et au Moyen-Orient. Je ne conteste pas qu’il y a de bons spécialistes de la question mais souvent, ils ne sont pas assez écoutés à un certain niveau de pouvoir et s’en plaignent d’ailleurs. Donc maintenant, les nouveaux gouvernements égyptien et tunisien risquent de ne plus s’aligner sur les intérêts occidentaux et par conséquent, pourraient être hostiles à Israël.

 

Pour s’assurer le contrôle de la région et protéger Tel-Aviv, les Occidentaux veulent probablement se débarrasser des gouvernements déjà hostiles à Israël et aux Occidentaux. Les trois principaux sont l’Iran, la Syrie et la Libye. Cette dernière étant la plus faible, on l’attaque.

 

Ca peut fonctionner ?

 

L’Occident rêvait de dominer le monde mais on voit depuis 2003, avec le fiasco irakien, qu’il en est incapable. Avant, les Etats-Unis pouvaient se permettre de renverser des dirigeants qu’ils avaient eux-mêmes portés au pouvoir, comme Ngô Dinh Diêm au Sud-Viêtnam dans les années 60. Mais Washington n’a plus la possibilité de faire ça aujourd’hui. Au Kosovo, les Etats-Unis doivent composer avec un régime mafieux. En Afghanistan, tout le monde dit que Karzaï est corrompu mais ils n’ont pas d'alternative. En Irak, ils doivent aussi s’accommoder d’un gouvernement qui est loin de leur convenir totalement.

 

Le problème se posera certainement en Libye aussi. Un Irakien me disait un jour : « Dans cette partie du monde, il n’y a pas de libéraux au sens occidental du terme, hormis quelques intellectuels assez isolés. ». Comme l’Occident ne peut pas s’appuyer sur des dirigeants qui partagent ses idées et défendent totalement ses intérêts, il essaie d’imposer des dictateurs par la force. Mais ça crée évidemment un décalage avec les aspirations de la base populaire.

De plus, cette démarche se révèle être un échec et les gens ne devraient pas être dupes sur ce qui se passe. L’Occident, qui pensait pouvoir contrôler le monde arabe avec des marionnettes comme Ben Ali et Moubarak, se dirait soudainement : « On a eu tout faux, maintenant on va soutenir la démocratie en Tunisie, en Egypte et en Libye. » ? C’est d’autant plus absurde que l’une des grandes revendications des révolutions arabes est le droit à la souveraineté. Autrement dit, pas d’ingérence !

 

L’Occident doit se résigner : le monde arabe, tout comme l’Afrique et les Caraïbes, ne lui appartient pas. En fait, les régions où l’Occident s’ingère le plus sont les moins développées. Si on respecte leur souveraineté, ces régions pourront se développer, tout comme l’Asie l'a fait et l’Amérique latine le fera sans doute. La politique d’ingérence est un échec pour tout le monde.

 

Quelle alternative alors ?

 

Tout d’abord, il faut savoir que la politique d’ingérence nécessite un budget militaire important. Sans le soutien des Etats-Unis et leur budget militaire délirant, la France et la Grande-Bretagne ne se seraient pas engagées. La Belgique encore moins. Mais tous ces moyens mis à disposition ne tombent pas du ciel. Ce budget est basé sur des emprunts à la Chine qui entraînent des déficits US et toutes sortes de problèmes économiques. On y pense rarement.

De plus, on nous répète tout le temps qu’il n’y a pas d’argent pour l’éducation, la recherche, les pensions, etc. Et subitement, il y a une grosse somme qui tombe pour faire la guerre en Libye. C’est une somme illimitée car on ne sait pas combien de temps cette guerre va durer ! On dépense par ailleurs déjà de l’argent en pure perte en Afghanistan.

 

Il faut donc avoir une autre vision politique et la Suisse est, selon moi, un bon exemple. Ce pays consacre son budget militaire uniquement à la protection de son territoire. Les Suisses ont une politique de non-intervention cohérente car leur armée ne peut pas, par principe, quitter le territoire. On peut dire que la Suisse laisse Kadhafi massacrer les insurgés mais premièrement, elle n’a jamais commis de génocide ou d’autres massacres, même si on peut critiquer sa politique sur d'autres plans (banques ou immigration). Et deuxièmement, si tout le monde faisait comme la Suisse, pour les raisons que j’ai expliquées précédemment, le monde irait beaucoup mieux.

 

Les guerres et les embargos ont toujours des conséquences désastreuses. Selon moi, la meilleure alternative est la coopération avec les différents pays, quels que soient leurs régimes. A travers le commerce, mais pas celui des armes évidemment, les idées circulent et les choses peuvent évoluer, sans guerre. On peut bien-sûr discuter des modalités : commerce équitable, écologique, etc. Mais le commerce est une alternative beaucoup moins sanglante aux sanctions et aux embargos qui sont la version soft des guerres humanitaires.

 

 

 

 

Source : www.michelcollon.info

Par Le blog des amis d'Ali - Communauté : La Cyber-résistance
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Vendredi 25 mars 2011 5 25 /03 /Mars /2011 07:56

"Le meilleur moyen de lutter contre l'antisémitisme est l'antisionisme"

 

 

 

Par Le blog des amis d'Ali - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Jeudi 24 mars 2011 4 24 /03 /Mars /2011 12:00

 

 

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Fougueux, impétueux, impulsif, imprévisible, Nicolas Sarkozy, après le fiasco nommé Michèle Alliot-Marie, s'imaginait retrouver force, vigueur et grâce auprès de ses électeurs en prenant la tête de ce que son conseiller appelle stupidement « une croisade » en Libye.

Las, le ballon a fait pschitt et se dégonfle de son contenu d'arrogance, d'amateurisme et de complaisance suspecte.

Qui dirige ce patchwork criard qu'est la coalition ? Les Américains, qui s'en défendent, mais... ? La France, qui le voudrait, mais dont les autre ne veulent pas ? L'OTAN, dont les autres veulent, mais pas la France ?

Qui la soutient ? La Ligue arabe, dont on nous a dit qu'elle était pour, mais qui critique ? L'Union Africaine qui ne semble jamais l'avoir soutenue ?

Bref, c'est l'imbroglio le plus complet.

Et sur le terrain, pas de quoi pavoiser.

Certes, l'armée régulière libyenne a dû reculer face aux coups de butoirs des avions de la coalition, de quoi permettre aux insurgés de reprendre souffle, mais c'est bien tout. On réalise à présent que sans intervention sur le terrain, les bombardements aériens ne sont qu'un emplâtre sur une jambe de bois.

Et si la coalition va sur le terrain, nous lui souhaitons bien du plaisir !

Nicolas Sarkozy s'imaginait, avec cette aventure libyenne, reprendre quelques points dans les sondages catastrophiques qui sont les siens depuis des mois. Le calcul est faux ! Les Français ne sont pas les Américains qui, à partir du moment où Bush a déclaré la guerre en Irak, en faisant croire à ses compatriotes que Sadam Hussein c'était Ben Laden bis, ce sont sentis plus patriotes qu'adversaires de Bush et ont permis sa réélection. Les Français ne réagiront pas de cette manière.

Ils ont besoin d'enseignants, Sarkozy en supprime. De médecins, d'infirmières d'équipements pour des hôpitaux de plus en plus vétustes, Sarkozy les met au régime sec. Ils ont besoin de travail, il n'y en a pas. Ils ont besoin d'espoir. Avec Sarkozy, tout juste des cauchemars. Alors, une guerre dans les sables libyens, pas de quoi réveiller une fibre patriotique qui, tout le monde le sait, passe après ces préoccupations triviales que sont la recherche d'un boulot, joindre les deux bouts et passer la fin du mois sans trop de découvert.

Dimanche dernier, ils ont exprimé leur dégoût en votant massivement pour le seul parti qui ne soit pas dans la ligne du système: celui bleu Marine de la fille Le Pen. Ils ont eu raison !

Le Front National pourrait représenter la seule alternative valable à un système déconsidéré, corrompu, éloigné des préoccupations des Français et au nombrilisme aveuglant.

Il pourrait même constituer la seule perspective réellement révolutionnaire qui soit, pour autant qu'il amende son discours islamophobe primaire, son côté franchouillard beauf, s'inscrive dans une ligne de rupture politique et économique et appelle à l'union de tous les Français, sans exclusive d'origine.

Rappelle les principes d'indépendance de l’État et réfléchisse à une Europe nouvelle, plus homogène, moins bureaucratique et proche des populations

Pour cela, il reste à Marine Le Pen de prouver qu'au pouvoir, ne fut-ce que dans les conseils régionaux, son parti puisse se montrer à la hauteur de ce qu'il promet à ses électeurs.

Nous suivrons cela de près.

Par Le blog des amis d'Ali - Communauté : Politique Directe
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Jeudi 24 mars 2011 4 24 /03 /Mars /2011 08:21

 

Pourquoi les soldats mutilent-ils les corps de leurs adversaires?

 

http://www.slate.fr/story/30479/mutilation-cruaut%C3%A9-guerre

 

Les agissements d'une poignée de soldats américains en Afghanistan ne sont que les derniers de la longue histoire des pratiques de découpe et de prélèvement de corps.

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Der Spiegel a publié dans son édition parue lundi 21 mars trois photos montrant notamment deux soldats américains en Afghanistan posant avec le corps d’un civil afghan qu’ils sont suspectés d’avoir tué. Les documents font partie d’un lot de plusieurs centaines de photos utilisées dans le procès de 12 soldats accusés notamment de meurtre et de mutilation de cadavres ou encore d’avoir conservé des doigts, des os de jambe, un crâne et des dents prélevés sur des corps afghans comme des trophées de guerre en Afghanistan en 2010.

 

Attention, les clichés peuvent choquer:

 

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De tels actes peuvent paraître difficiles à croire venant des soldats d'une armée moderne et encadrée, mais ils ne sont pas l’apanage des soldats américains, et n'ont rien de nouveau. En fait, les découpes et autres prélèvements de parties de corps humain en temps de guerre sont aussi vieilles que la guerre elle-même, et on en retrouve des traces dans les sociétés préhistoriques.

 

Dans les caves d’Ofnet, en Bavière, des archéologues ont retrouvé 34 crânes, sans leurs corps, disposés en cercle, datant du mésolithique, donc d’au moins 4.000 à 5.000 ans. Ils ont tous été fracturés par un objet, et sont la preuve de l’existence de «violences interpersonnelles et de conduites guerrières». L’anthropologue Lawrence Keeley écrit ainsi: «tous les témoignages confirment la pratique de l’homicide depuis l’apparition de l’homme moderne et les traces de l’activité guerrière sont archéologiquement décelables partout depuis dix mille ans». Il estime que la guerre dans les sociétés primitives était plus fréquente, plus destructrice et plus violente que la guerre moderne, contrairement à ce que l’on a longtemps cru. La pratique de prise de scalp, qui est souvent associée aux Indiens d’Amérique, a même été évoquée par l’historien grec Hérodote à propos des Scythes en 440 avant JC.

 

La décapitation a quant a elle été pratiquée sur tous les continents à des périodes différentes, de la Chine à l’Amazonie en passant par les Celtes. Au XIVe siècle, le guerrier turco-mongol Tamerlan érigeait des tours avec les crânes des milliers de victimes de ses massacres. Lors de celui d’Isaphan, ville qui se situe dans l’actuel Iran, il aurait construit 35 minarets de 2.000 crânes chacun. Plus proche de nous, l’Empire ottoman fit construire une tour avec 952 crânes serbes après la bataille du mont Čegar en 1809.

Actes culturels

 

Pourquoi ces pratiques se retrouvent-elles de manière quasi-systématique, à échelles différentes, sur les champs de bataille? On ne peut trouver une seule et même raison qui pousse les combattants à prélever des membres sur leurs adversaires: «ces pratiques sociales sont toujours à remettre en contexte, et l’interprétation symbolique de ces actes doit tenir compte de la culture particulière et de nombreux facteurs», explique Christian Ingrao, directeur adjoint à l'Institut d'histoire du temps présent (CNRS). De la même manière que la guerre est un «acte culturel» comme l’écrit Stéphane Audoin-Rouzeau, directeur d’études à l’EHESS spécialiste de la Première guerre mondiale, dans La Violence de guerre 1914-1945, «les manières de s’emparer des corps, de les tordre, de les découper, constituent des actes culturels à part entière, à travers lesquels l’exécutant exprime quelque chose de sa propre identité», écrit Jacques Sémelin dans Purifier et détruire.

 

La prise de scalp illustre bien les différentes significations que peut revêtir une même pratique. Les historiens américains débattent encore aujourd’hui de l’origine de la pratique sur leur continent. Selon une théorie récente, et contrairement à l’idée communément acceptée, il ne s’agirait pas d’une pratique ancestrale des Indiens mais d’une importation des Européens. Une chose est sûre, les Européens ont bel et bien poussé les Indiens à scalper leurs adversaires pour «établir un contrôle des pertes adverses et constater l’efficacité de leurs alliés autochtones, tout en les incitant à combattre plus durement» en offrant une prime pour chaque scalp ennemi, comme l’écrit l’historien David Cornut.

 

L’incitation à la découpe des corps adverses n’est pas un cas isolé chez les Européens: la Commission d'Enquête internationale dépêchée au Congo Belge a reconnu au début du XXe siècle que des soldats noirs avaient reçu pour consigne de couper les mains des indigènes qu'ils avaient tués afin de prouver qu'ils avaient fait bon usage des cartouches qu'on leur avait distribuées, comme preuve que des combats avaient eu lieu.

 

Mais les traces de scalp dans la culture indienne datant de bien avant l’arrivée des Européens et le fait qu’il existait de nombreux rituels autour de la pratique qui auraient difficilement pu être importés par les blancs remettent sérieusement en doute la théorie selon laquelle les occidentaux auraient importé la pratique. Quoiqu’il en soit, le scalp a revêtu un aspect froidement fonctionnel pour les Européens tandis qu’il revêtait une signification spirituelle pour les Indiens.

Différence entre violence et cruauté

 

L’exemple du scalp montre en tous cas qu’il faut bien distinguer la violence – même extrême – et la cruauté sur le champ de bataille. Si les Européens paient leurs alliés pour prendre des scalps, c’est d’abord pour mesurer et augmenter leur efficacité, et non pas par pure cruauté. La violence a ici un but autre qu’elle-même. De la même manière, l’exécution de prisonniers ou blessés de guerre, pratique répandue bien que contraire aux règles de la guerre, peut apparaître comme un acte de violence gratuite. Mais pour les Allemands qui exécutent 600.000 captifs russes sur le champ en quelques mois lors de l’opération Barbarossa (1941-1942), la logique fonctionnelle est bien réelle, ces derniers représentant une menace potentielle.

 

Avec la cruauté au contraire, la violence devient une fin en soi: «il ne s’agit plus seulement de détruire l’ennemi pour la menace qu’il représente, mais d’infliger de la douleur, de profaner son humanité, de jouir éventuellement de l’infliction de cette douleur et/ou de cette profanation», écrit Stéphane Audoin-Rouzeau.

Seconde Guerre mondiale

 

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le front de l'est et la guerre du Pacifique ont été deux théâtres particulièrement sanglants où les violences entre soldats adverses ont atteint des niveaux très élevés. Sur le front de l’est, les pratiques de cruauté sont dans la continuité de ce qui s’est passé en 1914, où l’énucléation, l’ablation des oreilles, du nez, de la langue, des doigts, des ongles, des organes sexuels ou encore de la peau infligées par les Allemands aux soldats russes sont retrouvées de manière récurrente.

 

De manière générale, quatre emplacements du corps sont «systématiquement visés» lors des atteintes au corps adverse: l’abdomen, l’appareil génital, la main (section des phalanges, des doigts ou du poignet) et le visage. Ce dernier est le «lieu privilégié d’une gamme de gestuelles très variées», écrit Stéphane Audoin-Rouzeau dans Combattre, un ouvrage consacré à l’anthropologie historique de la guerre moderne. Toutes ces pratiques ont un objectif commun: la déshumanisation de l’adversaire en profanant des organes qui représentent justement l’humanité d’une personne comme la main, le visage ou le sexe. Le martelage complet de la face, qui se retrouve dans de nombreux films de guerre, a ainsi pour but de la rendre méconnaissable, et donc inhumaine.

 

Animalisation

 

Encore plus que la déshumanisation, c’est l’animalisation de l’ennemi que l’on retrouve dans ces pratiques. Ainsi, plusieurs cas de corps suspendus par les pieds, vidés de leur sang, énucléés, en partie dépouillés de leur peau, parfois éventrés ont été recensés lors des deux guerres mondiales sur le front de l’est, rappelant clairement la mise à mort des lapins ou des porcs, d’autant plus que de tels actes sont souvent commis dans des lieux réservés à l’élevage d’animaux.

 

Etrangement, ces pratiques déshumanisantes étaient beaucoup moins nombreuses sur le front de l’ouest. Une explication est la dévalorisation ethnique de l’adversaire sur le front de l’est qu’on ne retrouve pas sur le front de l’Ouest, où les deux camps «partageaient un sentiment d’appartenance à une humanité commune», malgré l’hostilité et la violence des combats, comme l’écrit Stéphane Audoin-Rouzeau. Cette différence montre bien en tous cas que chaque conflit, et même chaque théâtre de guerre, doit être appréhendé en gardant à l’esprit les nombreux facteurs qui le rendent unique.

 

Dans le vocabulaire militaire, les références à la chasse sont également omniprésentes. Jusqu’à récemment, il existait des «commandos de chasse» de l’armée française, et il existe encore aujourd’hui un «régiment de chasseurs parachutistes.» Dans la culture populaire, la frontière poreuses entre chasse et guerre a été abordée à de nombreuses reprises, par exemple dans des films comme Voyage au Bout de l’Enfer ou plus Predator.

 

Si l’adversaire se transforme souvent en gibier que l’on traque et que l’on tue selon les rites de la chasse, il peut aussi devenir un animal de bétail. Les grandes marches de la mort infligées par les Japonais aux prisonniers américains en 1942 ou aux Français à Dien Bien Phu en 1954 (600 km en 40 jours) transforment symboliquement les prisonniers ennemis en d’immenses troupeaux d’hommes.

Le champ de bataille

 

Stéphane Audoin-Rouzeau souligne le rôle du champ de bataille et de l’environnement sur les représentations construites par les combattants d’eux-mêmes et de leurs adversaires. La jungle par exemple dé-modernise la guerre, en ce qu’elle aveugle l’aviation et empêche l’utilisation de blindés, et favorise le rapprochement guerre-chasse: les lieux privilégiés sont «ceux où le sentiment d’altérité de celui que l’on combattait fut particulièrement marqué», comme le front de l’est, le Pacifique, la Corée, l’Indochine, le Vietnam, l’Irak même.

 

Christian Ingrao explique:

 

«La symbolique de la chasse est liée à l’expérience qu’ont les soldats sur le terrain. Quand ils sont dans la forêt ou la jungle et qu’ils sont persuadés que leur ennemi n’est pas tout à fait un être humain, ils se servent de leur référent pour développer des représentations, en l’occurrence l’animalité sauvage. A partir de ce moment là, leur guerre s’apparente à la chasse.»

 

L’animalisation est toujours dans l’air aujourd'hui, poursuit l’historien:

 

«Il n’y a qu’à voir comment Lynndie England traite les prisonniers à Abu Graib sur les photos qui ont fait le tour du monde: elle les met à quatre pattes et leur met des laisses autour du cou. La porosité entre monde animalier et ennemi est toujours là. En Afghanistan, il y a des opérations de ratissage, on est dans un imaginaire de chasse. Certes, on a abandonné la doctrine «search and destroy», on essaie de tuer moins de civils, mais il y a toujours quelque chose de cet ordre.»

 

La guerre du Pacifique

 

La guerre du Pacifique a été le théâtre de pratiques particulièrement cruelles entre Japonais et Américains. Les pratiques des Américains sur le théâtre du Pacifique sont uniques: les Gis y ont gardé, parfois collectionné, des parties humaines prélevées sur les adversaires à grande échelle. Les témoignages de vétérans de la guerre, notamment celui de Eugene Sledge sur lequel se sont basés de nombreux historiens (et la série The Pacific, produite par Tom Hanks et Steven Spielberg), offrent un aperçu particulièrement détaillé des pratiques américaines.

 

Les soldats américains ont non seulement prélevé des crânes, des oreilles, des phalanges ou encore des mains entières mais les ont également cas conservé, de manière tellement répandue que le commandant en chef de la flotte américaine dans le Pacifique a donné l’ordre suivant à ses troupes dès septembre 1942: «Aucune partie du corps de l’ennemi ne doit être utilisée comme souvenir.» Mais ces ordres sont restés lettre morte, et les Gis ont continué ce genre de pratiques tout au long du conflit. Des photos, dont l’une a été publiée dans le magazine Life, montrent des chars américains sur lesquels sont posés des scalps et des crânes adverses. Plusieurs cas d’envoi de crânes ennemis et autres parties de corps au pays ont également été documentés, parfois signés par l’expéditeur. Un soldat est même allé jusqu’à offrir un coupe-papier fabriqué à base d’ossements au président Roosevelt en 1944.

 

Les Américains préfèrent souvent expliquer leurs pratiques comme une réaction au fanatisme et la férocité de l’adversaire japonais. C’est un des thèmes explorés dans The Pacific, qui raconte la guerre du Pacifique du point de vue des soldats américains. Le respect des règles du bushido (le code de l’honneur des samouraïs, selon lequel la reddition est un déshonneur suprême) par les troupes japonaises signifiait que les prisonniers américains n’avaient aucune valeur. Les Japonais avaient une dévotion totale à leur cause qui avait de quoi effrayer leurs ennemis. «La violence de l’adversaire détermine aussi sa propre violence», confirme Christian Ingrao.

 

Mais la contre-violence n’explique pas à elle seule les pratiques des soldats américains. Une fois de plus, l’assimilation des Japonais à une «race» inférieure dont la sauvagerie est native, les troupes américaines allant même jusqu’à les considérer comme des «singes anthropoïdes», a certainement facilité «la mise en œuvre d’une large gamme de pratiques de chasse à leur encontre» (liquidation au lance-flammes des soldats qui se rendent, «concours de tirs» sur des prisonniers, chasses à l’homme dans la jungle…).

 

La superstition, voire la magie, expliquent aussi le prélèvement de trophées de guerre sur les corps adverses. «Il semble bien que ces parties prélevées soient investies par leurs possesseurs d’une vertu propitiatoire en fonction des combats futurs qui restent à affronter», écrit Stéphane Audouin-Rouzeau dans La Violence de guerre 1914/1945. Le doigt ou la main adverse devient une sorte de porte-bonheur que l’on garde sur soi pour les prochains combats.

Et aujourd'hui?

 

Après la guerre du Pacifique et celle du Vietnam, le procès des soldats américains pour leurs agissements en Afghanistan peut poser la question: les Gis ont-ils une propension particulière à la violence sur les corps adverses? Rien ne le prouve: les Français ont par exemple commis leur lot de mutilation lors de la Guerre d’Algérie. Interrogé sur d’éventuelles exactions de soldats français au cours de l’histoire récente et des procédures en cas de soupçons, le ministère de la Défense répond:

 

«A notre connaissance, de telles pratiques n'ont jamais été le fait de soldat français. A n'en pas douter, si cela se produisait, les coupables seraient sanctionnés, sans préjuger des suites judiciaires.»

 

Pour Christian Ingrao, si les cas américains sont plus visibles, c’est peut-être parce que la démocratie du pays fonctionne bien et que les agissements des soldats font tout de suite l’objet d’enquêtes et sont traitées dans les médias.

 

Grégoire Fleurot

 

Article mis à jour le 22 mars 2011 avec les photos publiées par Der Spiegel.

Par Le blog des amis d'Ali - Communauté : La Cyber-résistance
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Mardi 22 mars 2011 2 22 /03 /Mars /2011 22:00
La grande guerre de Nicolas le petit
Christian Bouchet
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La grande guerre de Nicolas le petit
Éric Besson avant de se renier, alors qu’il était encore socialiste, publia un petit opuscule fort bien fait intitulé « Sarkozy l’Américain ». Il y expliquait comment les néo-con yankees mettaient tous leurs espoir dans l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. Ils ne le soutenaient pas, à ses yeux, comme ils soutiendraient n’importe quel candidat de droite, mais parce qu’il était le seul homme politique français important qui incarnait leurs idées. Pour eux, Nicolas Sarkozy était l’espoir d’en finir une fois pour toutes avec l’hydre à deux têtes constituée par ce qui reste du modèle social français et de la politique étrangère indépendante de la France.

Et de rappeler qu’alors qu’il était déjà candidat à la présidence de la République, Sarkozy de passage aux États-Unis n’avait pas hésité à déclarer qu’il se sentait étranger dans son propre pays, qu’il était fier qu’on l’appelle « l’américain » et qu’il considérait comme arrogant le discours d’un premier ministre français (de Villepin à l’ONU en 2003) qui a fait l’admiration du monde entier.

Au lendemain de son accession à l’Élysée, l’universitaire Jean Bricmont, n’avait pas hésité à écrire, quant à lui, que cette « victoire représente une inféodation de la France à l’étranger comme il n’y en a jamais eu dans le passé, sauf suite à des défaites militaires. »

Tout ceci pouvait sembler excessif.

Malheureusement il n’en était rien et ce qu’avaient prédit ces auteurs s’est malheureusement confirmé : la France de Sarkozy est devenu le caniche de l’oncle Sam.

L’opération en Libye nous en donne une nouvelle preuve.

La propaganda staffel des médias aux ordre nous présente dans cette affaire une « France aux commandes » et un Président « chef de guerre »… Cela avec un objectif purement politique évident : rehausser l’image du nain hongrois en chute libre dans les sondages en donnant l’impression qu’il a une véritable surface internationale et qu’il est, au moins, capable de réussir quelque chose… Fut-ce faire tuer des femmes et des enfants par des missiles téléguidés !

La réalité est plus cruelle et nous pouvons la découvrir dans la presse yankee dont les articles sont repris en France par quelques blogs et sites « mal-intentionnés ». La réalité c’est que, comme l’écrit Jean Guisnel sur Le Point.fr, « la France est placée sous commandement américain » et que Paris est uniquement un « fournisseur de moyens » de la coalition internationale engagée contre Kadhafi. Et notre journaliste d’expliquer « . Lors d'un briefing organisé samedi au Pentagone, le vice-amiral William E. Gortney a précisé que l'opération (…) est placée sous le commandement du général Carter F. Ham, chef du U.S. Africa Command (Africom), basé à Stuttgart (Allemagne). Une force navale portant la dénomination Task Force Odyssey Dawn est commandée à la mer par l'amiral américain Samuel J. Locklear III, dont l'état-major est embarqué à bord du navire de commandement USS Mount Whitney. À ce stade, les conditions précises de l'organisation de l'opération Odyssey Dawn ne sont pas entièrement définies. Les autorités politiques françaises présenteront sans doute une version les plaçant en tête de gondole, mais la réalité est plus prosaïque : les Américains sont aux manettes et assurent le contrôle opérationnel de l'ensemble du dispositif (OPCON, pour Operational Control) en assurant la coordination de l'ensemble des missions et des moyens qui leur sont attribués. La raison en est simple : alors que la coalition pourrait compter jusqu'à une vingtaine de pays dans les jours qui viennent, seuls les Américains sont en mesure de gérer un tel dispositif. Les Français sont donc des "fournisseurs de moyens" à la coalition qui leur a accordé le "privilège" (ou vécu comme tel par Nicolas Sarkozy) de prendre l'air les premiers. »

Pire, une lecture de la presse américaine permet d’apprendre que ce sont les États-Unis, seuls, qui ont décidé qu'il était enfin possible de se lancer dans l'opération diplomatique ouvrant la voie à l'emploi de la force contre la Libye et que une fois ces opérations entamées, la France sarkozyste a été placée sous commandement américain et obéit depuis au doigt et à l’œil à ce que disent et décident Hillary Clinton et le président Obama.

Ainsi, notre pays est engagé dans une opération militaire, dont on ne comprends guère le sens et dont on ignore tout de l’issue, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec notre intérêt national mais beaucoup avec celui des États-Unis et avec l’avenir politique d’un lilliputien ambitieux.

Voici à quoi sont utilisés nos impôts (le coût de cette opex devrait rapidement se chiffrer à plusieurs dizaines, voire centaines si elle dure, millions d’euros), voici pourquoi le sang de Français sera peut-être versé demain !

Mais que Nicola le petit et ses sbires n’aient crainte, tout se paie (parfois pas uniquement dans les urnes…) et le peuple de France a commencé à faire l’addition. La vague bleu marine de dimanche pourrait bien n’être encore qu’une vaguelette en comparaison des élections futures !
http://www.voxnr.com/cc/a_la_une/EFppZlyZZpbmSIDbOM.shtml

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