Qui a dit que l’esprit français c’était aussi le devoir d’impertinence ? Assurément pas Philippe Val, le rédacteur en chef de
Charlie-Hebdo, qui vient de licencier Siné, mythique dessinateur, anarchiste impénitent et outrageur iconoclaste.
Philippe Val est un esprit brillant et qui aime le montrer dans les média qu’il fréquente à la manière d’un dandy londonien incrusté chez les lords.
Cela génère des obligations et tisse des liens dans lesquels on s’enfèrre très vite, et desquels on ne peut se dépêtrer sans renier ses principes.
Siné a eu le malheur de déplaire à ses Messieurs du Nouvel Obs qui on cru déceler dans un de ses dessins un témoignage anti-sémite.
Ainsi donc, le fils de notre Omniprésident, Jean de son prénom, aurait été prêt à se convertir au judaïsme afin de pouvoir convoler en justes et bourgeoises noces avec l’héritière Darty.
Fureur du Nouvel Obs qui y voit un amalgame entre judaïsme et richissime respectabilité, et le fait savoir vertement à Charlie-Hebdo.
Et Philippe Val, qui n’avait rien vu au moment de la publication de la chronique de Siné, de réagir sur l’heure et d’exiger des excuses à notre homme lequel, du haut de ses 80 ans d’anarchisme et
de provocation, refuse sèchement.
Viré, Siné !
C’est facile de se moquer des catholiques, encore plus de publier les caricatures du Prophète, et de clamer haut et fort que la liberté de ton est inviolable et que quiconque s’y opposerait ne
serait qu’un avorton crypto-fasciste égaré sur la scène de la liberté de pensée.
Mais dès que sonne la fin de la récréation, Val, le premier, rentre dans les rangs, le petit doigt sur la couture du pantalon et fait aussitôt, et sans qu’on le lui demande outre mesure,
repentance.
Comme quoi les puissants ont une influence que leur envient les papes et les émirs, tous confondus dans leur rôle dérisoire.
Quel catho a demandé la tête de Siné quand il représentait le pape Jean-Paul II en quasi grabataire incontinent ? Quand, par pure provocation, Charlie-Hebdo a publié les caricatures danoises, la
justice a considéré ce fait comme participant à « l’esprit français ». Et je pense qu’elle n’a pas eu tort.
Seulement voilà, il y a des matières tabous. Le Président, son fils et les lobbies qui l’entourent…
Et tant pis pour l’esprit français.
Et de même pour Charlie-Hebdo qui n’a plus qu’à devenir « Charlotte », adorable prénom porté par les jeunes filles si prisées dans les rallyes du beau monde.
Ce beau monde que fréquentent Jean et Philippe vous-savez-qui…