Foi, raison et pudeur.

Publié le par Ali



Je vais vous raconter une histoire.


Peu après sa chute, l’ange Gabriel rendit visite à Adam et lui dit :

« Dieu t’envoie Son Salâm, et te demande de faire un choix entre la raison, la foi et la pudeur. »
Après avoir réfléchi, Adam, répondit : « Je choisis la raison ».
« Bien » dit l’ange Gabriel ,  qui demanda à la foi et à la pudeur de  s’en aller.
Mais ces dernières refusèrent. « Et pourquoi ne partez-vous donc pas ? » demanda l’ange. 
 « Parce que Dieu nous a ordonné de rester toujours du côté de la raison ! » répliquèrent-elles.

 
Voilà un récit tiré d’un livre fondateur du chiisme : « Le livre de l’intelligence et de l’ignorance ».
Foi-raison-pudeur, un trio inséparable et pourtant…
L’Occident à fait un choix, ce sera la raison et rien d’autre. Et cela donne ce que j’ai si souvent dénoncé : l’égoïsme, l’orgueil (hybris), la violence, le matérialisme, la « religion de la lettre », et pour finir… la perte de la raison.
L’Orient aussi : ce sera la foi et rien d’autre. Et cela donne la superstition, le fanatisme, l’ignorance, la violence, et cela se terminera par… la perte de la foi.

La foi,la raison et la pudeur (considérée ici comme l’antidote de l’orgueil) voilà ce qui constitue, pour ce texte, la nature même de l’Adam (homme).
Nous en sommes loin !
Le seul texte sacré qui, à ma connaissance, met la raison en exergue au même titre que la foi, est le Coran. Comme une litanie, reviennent les phrases : « ceci sont des signes pour ceux qui réfléchissent », « réfléchissez ! », « ne savez-vous donc pas ? » etc…
Et malgré cela, bien des croyants ce sont retranchés seulementdans la foi. Pourquoi ?
Car la foi sans la raison, c’est plus facile ! On ne se pose plus de questions, on s’attache à la littéralité d’un texte. On sanctifie le texte, quelle aberration ! Un texte sacré, dès qu’il se trouve entre les mains et dans la bouche des hommes est altéré. C’est la raison, alliée à l’humilité (la pudeur) qui préserve et révèle la sacralité du texte.
Le sacré ne se donne pas « comme ça », il se révèle sans trève.
La révélation est une grâce..

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