Nous sommes les otages des banques.

Publié le par Ali

 

capital

 

 

Les Américains sont ce qu’ils sont, mais ils ont une grande qualité, celle d’appeler un chat un chat. Et, en l’occurrence, de voleurs et d’incapables les quelques dix mille opérateurs financiers qui ont précipité le pays dans une tourmente sans précédent.

On ne peut pas leur reprocher de ne pas avoir lu Marx qui, il y a plus d’un siècle prévoyait cette incohérence du système capitaliste. Ils ont fait confiance à ce dernier, à leur manière franche et même un peu naïve et les voilà amèrement déçus.

Pour eux, mettre de l’argent public pour rattraper les bévues criminelles de ces boursicoteurs qui voulaient et croyaient faire de l’argent avec du vent est une prime à l’immoralité : en bons protestants ils savent que l’argent vient du talent et du travail et non pas de la spéculation érigée en art.

D’où leur refus de cautionner le plan de sauvetage qu’une administration républicaine veut leur faire avaler comme autant de couleuvres indigestes.

Le problème, c’est que le système ne peut se passer de cette thérapie hétérodoxe et si cette dernière n’est pas appliquée, c’est l’effondrement au niveau national et planétaire.

La première conséquence, grave celle-là, c’est la crédibilité perdue dans leur économie considérée comme la plus performante qui soit, et cette perte risque de perdurer durant des années.

Nous, Européens, sommes plus pragmatiques, moins obsédés par un libéralisme dogmatique, plus proches des théories keynésiennes d’intervention de l’Etat. On ne se formalise pas plus que ça à l’annonce des prises de participation, voire de la nationalisation de certains secteurs bancaires. C’est l’apanage des vieux peuples qui en ont vu de toutes les couleurs.

L’économie, cependant est mondiale, et si les Etats-Unis plongent dans la dépression et dans la remise en question de leurs manière de faire et de penser la finance, la récession, déjà présente, s’accentuera et le drame ira crescendo.

Les banques en croisant leurs engagements douteux se tiennent à présent, l’une l’autre, par la barbichette et le cataclysme qu’entraînerait leur déconfiture fait qu’elles prennent en otages les déposants, obligeant les gouvernements nationaux  à jouer aux pompiers. Moralement c’est injustifiable, pratiquement cela doit se faire pour qu’une injustice plus grave sur le dos des moins fortunés ne couronne ces pratiques insensées.

Mais il y a plus dangereux encore. Attendez-vous dans les semaines qui viennent à une recrudescence de la propagande guerrière dont vous êtes coutumiers depuis quelques années. Rien de tel pour distraire l’opinion ulcérée que de s’inventer des dangers venus de l’extérieur – islamiques, bien sûr ! et terroristes de surcroît – excuses toutes faites pour légitimer des dispositions privatives de la liberté d’opinion au nom d’un consensus national qui ne servira que la classe dirigeante.

La guerre est le meilleur motif pour brider la colère d’un peuple et le remettre dans l’orbite de ses gouvernants.

Nous ne sommes pas sortis de l’auberge !

 


 


 

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marketing dissertation 02/12/2009 12:14


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marketing dissertation


eva 02/10/2008 00:28

Bonjour

Je t'ai découvert par Charlotte (tu es en lien); je cite 2 de tes articles sur mon blog

amitié

eva