Et si on nationalisait toutes les banques de dépôt ?

Publié le par Ali

Et si on en revenait aux fondamentaux, s’il vous plaît, ceux qui veulent qu’une banque soit un organisme financier qui prête (qui vend en quelque sorte)  de l’argent pour permettre au commerce, à l’industrie et à la consommation privée de fonctionner ?

Un banquier, c’est ça et rien de plus. Un personnage qui prête de l’argent et tire un bénéfice des intérêts que produit ce prêt.

C’est un commerçant, mais pas un commerçant comme un autre. Si, demain, vous souhaitez devenir commerçant, de vendre des chaussures par exemple, il vous faudra acheter – et payer – votre stock. Le banquier, lui, ne paie pas son stock qui est l’argent que lui confient les particuliers. Sacrée différence ! Et non seulement il ne le paie pas, ce stock, mais en plus il vous fait payer le dépôt de l’argent que vous lui confiez ! Si c’est pas un privilège…

De plus, cet argent est la traduction fiduciaire de la richesse du pays.

Certes, il y a dans chaque pays, une banque centrale qui régule le jeu, impose des règles, procède à des contrôles et, en Europe, est soumise à la Banque Centrale Européenne qui est indépendante des pouvoirs politiques nationaux.

Mais quand même, confier à une société commerciale privée à vocation commerciale la traduction de la richesse d’un pays, cela ne me paraît pas normal.

La richesse d’un pays, en tant qu’abstraction, est la carte économique de l’Etat, donc de nous tous, même si ses composantes, la richesse individuelle de tout un chacun, est privée.

N’est-il donc pas juste et prudent de nationaliser ces flux financiers ?

C’est d’ailleurs ce qui vient de se passer en Europe, où plusieurs pays ont dû nationaliser des banques en déconfiture pour éviter que cette dernière ne ruine les déposants.

Alors, autant faire de l’exception la règle.

Et interdire à ces organismes de jouer dans la cour des « autres », ces banques d’affaires et d’investissements dont le but est de spéculer sur les flux économiques. Celles-là  jouent gros, gagnent beaucoup et, comme c’est le cas aujourd’hui, perdent encore plus. Elles, et leurs clients, savent à quoi ils s’exposent et tant mieux si le gain est au rendez-vous, et tant pis si le marché, comme ils disent, se retourne contre eux.

Cette distinction entre banque prêteuse et banque d’affaires était encore la règle il y a vingt ans. Il faut que ce distinguo soit remis à l’ordre du jour.

C’est trop facile d’opérer la confusion des genres et de spéculer avec de l’argent qui ne vous appartient pas. Des notaires se sont retrouvés en prison pour l’avoir fait, alors, pourquoi pas des banquiers ?

Précisément parce que la législation bancaire, confuse et enchevêtrée, permet Ces dépassements de limite.

Mais sommes-nous encore dans un registre où le bon sens est la règle ?

Il y a de quoi se poser la question ?

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