Faut-il "déconstruire" ?

Publié le par Ali

 

Friedrich Nietzschenietzsche3

Nietzsche nous incitait, sur un mode incantatoire, à déconstruire, à faire table rase, à briser les icônes. Il est mort fou sans doute parce qu'il a pressenti, qu'à l'instar des grands prophètes, il prêchait dans le vide.
Les hommes et les femmes de ce XXIem siècle restent plus que jamais soudés à leurs icônes et à leurs rêves qu'ils appellent "idées".
Quelques exemples illustrent malheureusement ce qui précède.
Avant cette crise de la finance et de la vertu, ils ont vécu les transes des jeux olympiques au rythme cardiaque de leurs idoles du sport-roi. A priori, rien de méchant dans tout cela, sauf peut-être ces masses indécentes d'argent qui se brassent dans une discrétion toute feutrée. Rien que du rêve qui leur permet d'oublier, un instant, le chômage, la précarité de leur emploi, la mise en pièce de la sécurité sociale, les combines des uns, les abus des autres, dans l'ombre de leur joie de la victoire ou la tristesse de la défaite. 
Ils ont leurs idoles, les vénèrent, sacrifient sur leur autel. Et puis au moins, celles-là, ils les voient, c'est pas comme Jésus, le pauvre, qu'on ne peut qu'imaginer.
Opium du peuple !

Autre registre, plus dramatique...
Je ne vois pas de quel droit un habitant de New-York ou de Belleville peut aller à Jérusalem et y proclamer haut et fort " Ceci est mon pays !" sous prétexte qu'il est de religion juive.
Le sionisme (c'est le nom de ce "droit") est un idéalisme de même nature que les nationalismes et autres fascismes.
Et c'est ce droit qui est prétexte, depuis 1948, à mettre le Moyen-Orient à feu et à sang !
L'idéalisme, tout comme le religieux, est ferment de guerre et de terrorisme.
Déconstruire, voilà ce que voulait Nietzsche. Briser ces idoles qui nous empêchent de voir la réalité dans son éclatante vérité. Il n'y a pas de "terre promise", il n'y a pas de droit quelconque sinon celui qui nous permet à tous, nous les humains, à vivre en paix l'instant présent.
L'instant présent... car c'est bien de cela qu'il s'agit. L'instant présent dans toute son amplitude, sans l'hypothéquer à des doctrines aliénantes, à des commandements aussi meurtriers que divins; faire table rase des idées toute faite. Il n'y a pas "d'idéal   démocratique", il n'y a que le pouvoir par et pour le peuple. Il n'y a pas de "droits de l'homme" qui transcendent quoi que ce soit; il n'y a que la justice rendue par ces mêmes hommes.
On meurt suffisament de maladie sans pour autant mourir pour des idées et encore moins pour alimenter de son sang l'autel  d'idoles aveugles et muettes.
Toutes ces idéologies ne sont que fumées qui empêchent les braves gens, comme vous et moi, de respirer l'air pur d'une vie faites de petites choses qui se succèdent calmement au gré du temps qui passe.
En finir avec les dieux des églises, ces doctrines laïques qui leur font concurrence. Créer à chaque instant ce qui doit l'être.
Rien de plus, rien de moins.
Je signale cependant à l'attention des émules de Monsieur Alain Finkelkraut que je suis anti-sioniste mais pas anti-sémite, ne leur en déplaise.
Je n'aime pas les institutions religieuses mais respecte la pratique.
Je n'aime pas les doctrines politiques ou philosophiques mais les tolère tant qu'elle ne nous compliquent pas la vie.
Vivre tout simplement devrait prendre tout notre précieux temps.


 

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