Obama-Bush: pareil au même ?

Publié le par Ali

On le redoutait, cela se confirme: l'un et l'autre, c'est du pareil au même à quelques nuances près. 
Pas étonnant ! Le prix de l'élection est si lourd à payer, qu'avant même d'être investi, le Président élu doit donner des gages.
Et après, on nous donnera des leçons de démocratie !

 

 

 

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En bon conservateur libéral qu’il est, George W. Bush ne renierait pas la nouvelle équipe en charge de l’Economie que Barack Obama a constituée.

Il est maintenant clair que Barack Obama est en train de former un gouvernement de centre-droite. Pour le constater, il n’y a qu’à passer en revue l’équipe en charge de l’économie nommée cette semaine par le futur président : sa connivence avec l’administration Bush dans le nouveau « plan de sauvetage » de la banque Citigroup annoncé le 23 novembre saute aux yeux.

Ce plan, qui coûtera 306 milliards de dollars au contribuable, a été stratégiquement révélé pour faire la Une des journaux le lundi 24 novembre. Soit le jour même où Obama donnait une conférence de presse pour présenter son équipe en charge des questions économiques et donc de la crise. D’une pierre deux coups pour doper Wall Street ? A moins qu’il ne s’agisse d’une coïncidence ? La coïncidence n’existe pas en politique.

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© Cacatie

RUBINOMICS, GRAND MANITOU DE WALL STREET

Le timing de ces deux événements a été orchestré par le futur secrétaire au Trésor de Barack Obama : Timothy Geithner, un proche de l’éminence grise de Citigroup, Robert Rubin. Ce dernier a été le secrétaire au Trésor de Bill Clinton et est la bête noire de l’aile progressiste du parti démocrate.

Le « Rubinomics », comme on l’appelle dans les milieux politiques, est cordialement détesté par les progressistes à cause de sa ligne politique qui favorise les barons de Wall Street dont Rubin est le grand manitou. C’est lui qui est à l’origine de l’abrogation dans les années 90 de la loi dites Glass-Steagal qui a réduit à néant les systèmes de régulation des banques mis en place pendant la Grande Dépression des années 30 par le Président Franklin D. Roosevelt. Et c’est justement cette abrogation qui a permis aux banques de s’engager dans la spirale infernale des produits dérivés « pourris » à l’origine de la crise financière qui sévit aujourd’hui.

Quand Rubin a quitté l’administration Clinton, il a utilisé l’abrogation de cette loi pour construire le géant Citigroup avec la complicité de son ancien député au Trésor, Larry Summers, un autre architecte de la dérégulation qui vient d’être nommé chef des affaires économiques à la Maison-Blanche par Barack Obama…

THIMOTHY GEITHNER, RÉGULATEUR EN CHEF DE CITIGROUP

Les relations incestueuses entre Rubin, son protégé Geithner (le nouveau secrétaire au Trésor) et Henry Paulson (qui occupe actuellement ce poste) dont son scandaleux cadeau de 306 milliards de dollars à Citigroup sont détaillés dans un article du WashingtonPost en date du 25 novembre.

Rubin — tout comme Paulson — est un ancien chef du géant de Wall Street, Goldman Sachs. Quand les actions de Citigroup ont perdu 50 % de leur valeur la semaine dernière « Rubin a passé maints coups de téléphone à Paulson pour demander au gouvernement d’agir », rapporte le Post. Par la suite, Geithner qui, en tant que président de la Réserve fédérale de New York, fait office de régulateur-en-chef de Citigroup « a été impliqué jusqu’au cou dans le sauvetage de cette banque, participant à de nombreuses réunions et coups de téléphone avec Paulson pendant le week-end ». En choisissant Geithner pour diriger sa politique économique, Barack Obama endosse donc la responsabilité du sauvetage de Citigroup.

Or, comme pour les précédents plans de l’administration Bush, Washington n’a pas exigé la moindre contrepartie au sauvetage de cette banque. Les mêmes dirigeants qui ont conduit ces grandes institutions financières à la faillite restent en place et conservent leurs salaires faramineux. Et a un moment où l’économie a un besoin ô combien urgent de mettre de l’argent frais dans les poches des citoyens pour qu’ils le dépensent et relancent ainsi l’économie, tous ces plans n’exigent aucune garantie que les banques réouvrent le robinet des crédits qu’elles ont fermé asphyxiant ainsi entreprises et particuliers. Seuls les dirigeants et leurs actionnaires profitent de cette manne tandis que les citoyens-consommateurs doivent se débrouiller tous seuls. Résultat, le chaos continue.

LE CASSE DU SIÈCLE : 7 800 MILLIARDS DE DOLLARS DANS LA POCHE DES BANQUIERS

Le premier plan Paulson pour le sauvetage de Wall Street est, comme l’a expliqué précédemment Bakchich, une gigantesque « escroquerie » soutenue par Barack Obama. Bush et son successeur démocrate ont en effet tous deux déclaré au Congrès que si on ne votait pas le plan Paulson, l’économie allait s’effondrer. Or, le 25 novembre, après le « sauvetage » de Citigroup, Paulson en personne a implicitement admis que son premier plan avait échoué en annonçant un plan de sauvetage supplémentaire dont le coût — 800 milliards de dollars — est encore plus important que le premier.

Selon un article du New York Times, avec ce nouveau plan coûteux, ceux qui ont précédé et d’autres aides accordées au secteur bancaire et financier, l’Amérique s’est endettée de… 7 800 milliards de dollars. Soit la moitié du PNB américain ! Evidemment, les banquiers et les actionnaires de ces établissements sont les principaux à en avoir profité. Dans les faits, cette escroquerie est si vaste qu’on peine à en saisir l’ampleur.

UNE TRANSPARENCE « CONTRE-PRODUCTIVE »

Le maire de New York, Michael Bloomberg, et d’autres ont intenté un procès en justice pour forcer le gouvernement à révéler qui étaient exactement les bénéficiaires de ce que l’on peut qualifier de plus grand casse du siècle au vu du chaos économique et financier qui règne. Mais le président de la Réserve fédérale nommé par George W. Bush, Ben Bernanke, a répondu qu’une telle transparence serait « contre-productive » !

Or, du haut de son poste-clé de chef de la réserve fédérale de New York, Geithner était intimement lié à tous ces plans de soi-disant sauvetage puisqu’il en était l’un des principaux négociateurs. Sa nomination au poste de secrétaire au Trésor par Obama fait donc penser que le futur président entend poursuivre la même voie que Bush. Autrement dit, une ligne politique qui a déjà échoué.

Et si le « Rubinomics » adopté par Barack Obama ne réussit pas à résoudre la crise économique — ce qui a toutes les chances d’arriver —l’opinion publique ne manquera pas de comprendre que seules les élites ont profité de la crise. Obama risque alors de ne passer qu’un seul mandat à la Maison-blanche. Tant mieux.


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plumedecib 28/11/2008 14:16

les gens qui se sont imaginés qu'Obama  s'est pointé par hasard à la candidature au poste de président des USA, sont un rien naïfs quand même. Dans ce vaste conglomérat financier, rien n'est dû au hasard. Et sûrement pas la nomination du Président d'une Puissance telle que les USA.