Gaza: silence complice d'Obama.

Publié le par Ali



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Paul Woodward, l’éditeur du site « War in Context », considère que le silence d’Obama sur les bombardements massifs de Gaza vaut acquiescement et n’augure rien de bon sur le virage attendu de la politique américaine au Proche Orient. Woodward rappelle par ailleurs - chiffres à l’appui - que si la trêve avait pourtant été appliquée côté Palestinien jusqu’à sa rupture par Israël le 5 novembre, Olmert n’avait lui pas respecté son engagement de lever le blocus qui réduit à la misère la population de Gaza.

Par Paul Woodward, War in Context, 29 décembre 2008

Le nouveau Président, dont l’éloquence est reconnue par le monde entier, est-il sur le point de devenir réputé pour son silence ?

Barack Obama n’a pas encore pris ses fonctions, mais une guerre est d’ores et déjà menées en son nom.

Ehud Barak, le ministre de la Défense d’Israël, affirme aujourd’hui qu’Israël est engagé dans une « guerre jusqu’au bout » contre le Hamas dans la bande de Gaza. Et pour justifier cette guerre devant la Knesset, le parlement israélien, Barak a déclaré : « Obama a dit que si des roquettes étaient tirées sur son domicile pendant que ses deux filles dormaient, il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher cela. »

La guerre de Barak est devenue celle de Barack - à moins qu’il ne rompe le silence.

Obama choisit ses mots avec soin. Il l’avait fait en s’adressant à la presse à Sderot, dans le sud d’Israël, durant la campagne pour l’élection présidentielle cet été. Alors qu’il recherchait sans s’en cacher à s’attirer les voix des électeurs juifs, sa déclaration exprimait sa sympathie pour les Israéliens pris pour cible par des roquettes Qassam. Mais il avait aussi souligné qu’une réponse efficace devait porter sur la prévention de nouvelles attaques - et non pas consister simplement en représailles et en ripostes guerrières, si familières aux Israéliens, prenant la forme d’opérations militaires dont l’objectif est « de donner une leçon aux Palestiniens. »

Si Obama continue de garder le silence, il envoie un message implicite aux Israéliens, aux Palestiniens, et à l’ensemble du monde arabe. Son silence sera interprété et aura pour résultat une approbation de la guerre menée par Israël contre la bande de Gaza. Son silence donnera le ton pour l’ensemble de son approche au Moyen-Orient. Si son projet de prononcer un important discours dans une capitale musulmane n’a pas déjà été reporté, il pourra tout aussi bien être abandonné.

Mais il existe une alternative. C’est ce que Obama peut et doit dire :

« Je soutiens le gouvernement israélien dans son objectif d’assurer la sécurité de ses citoyens. Cependant, je crois que l’opération en cours dans la bande de Gaza a peu de chances de servir cet objectif et à long terme pourrait compromettre encore plus la sécurité d’Israël. »

Que peut faire Israël désormais ? Retirer ses troupes, offrir de renouveler la trêve et lever le siège de Gaza.

Cette trêve avait effectivement fonctionné, comme le montre clairement ce graphique duministère israélien des Affaires Etrangères.

(JPG)

Les tirs de roquettes n’avaient pas repris jusqu’à ce qu’Israël rompe la trêve le 5 novembre.

Ce que nous savons maintenant, c’est qu’Israël n’a pas respecté cette trêve comme un moyen pour ramener le calme au sud d’Israël, mais l’a plutôt utilisée pour collecter des renseignements pour la préparation de la guerre.

Si le gouvernement Olmert avait considéré l’arrêt des tirs de roquettes comme une base sur laquelle il pouvait s’appuyer, il aurait alors fallu prendre des mesures claires pour lever le siège. (Mais cette politique n’aurait pas fourni le décompte de victimes palestiniennes sur lequel table le prochain premier ministre pour gagner les élections.)

Au lieu de quoi, nous assistons maintenant à cette démonstration de force où Israël prétend - en utilisant le langage Orwellien propre à la guerre - que sa cible est le Hamas et non pas les habitants de la bande de Gaza.

Obama est toujours en mesure d’exercer une influence, mais plus il attend, moins il en aura le pouvoir, et plus il sera vraisemblablement considéré comme le continuateur de l’échec politique de George Bush au Moyen-Orient.


Publication originale War In Context, traduction Contre Info

 


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