C'est quoi, le terrorisme ?

Publié le par Ali

Terrorisme, de « terroriser » : faire vivre dans la crainte (Robert).
Terrorisme : emploi de mesures d’exception pour atteindre un but politique (Robert).
Que ce soit dans les guerres « classiques » ou dans la guerilla, le terrorisme a toujours été utilisé.
Guerres classiques : en 1914-18, les instructions sont précises : « …toute sortie d’infanterie sera précédée par des tirs d’artillerie violents et précis dans le but de détruire l’infrastructure ennemie et de terroriser les troupes adverses. »

En 1940-45, les instructions préliminaires au bombardement de Dresde sont très claires (elles feront scandale après la guerre) : « …les bombardements ont pour objectif de terroriser la population civile dans le but de forcer le Reich à une capitulation sans condition… On connaît la suite ; 200.000 morts, rien que des civils. Un crime de guerre à l’état pur, sans qu’aucune sanction ne soit prise pour le punir. « Vae Victis ! ».
Hiroshima et Nagasaki: le Président Truman justifie le bombardements atomique de ces deux villes par les mêmes arguments que ceux utilisés pour justifier Dresde : terroriser les populations civiles ! Pas de sanctions, bien entendu !
Le terrorisme qui insuffle la peur chez l’ennemi a toujours été l’arme du résistant. L’arme du vaincu après une bataille dans les « normes » de la guerre classique.
Ce sont les résistants durant la seconde guerre mondiale. En Europe occupée et en Russie. Sans cette action de harcèlement qui consiste à créer, jour après jour, un climat d’insécurité chez l’occupant,, la victoire aurait été plus dure et aléatoire.
Ces résistants, pour l’occupant, ce sont des « terroristes » !
Et nous pourrions aligner durant des pages des exemples de résistance « terroriste ».
Alors, quand aujourd'hui, certains appellent à la guerre au « terrorisme », nous pourrions leur répondre que « terrorisme » et guerre sont des des synonymes.
Le vainqueur a fait la guerre. Le vaincu la continue par l’action résistante ou « terroriste ».
On est donc toujours le « terroriste » ou le résistant de quelqu’un.
 »Résistants » du Vercors ou de la Volga ; « terroristes », pour les nazis !
Comment, aujourd’hui, s’opposer à l’hégémonie des Etats-Unis et de ses satellites (Israël, Arabie, Otan et les autres) sinon en « insufflant la peur » chez l’adversaire ?

En faisant en sorte qu’il ne soit plus tranquille, qu’il ne sache pas où, quand ni comment et sous quelle forme le danger se matérialisera… En créant ce climat d’insécurité permanent.

Ce climat engendre une accentuation du pouvoir de l’Etat, une restriction des libertés civiles et, donc, crée un mécontentement de la population qui s’inquiète, chaque jour, davantage.
Qui s’inquiète et se pose des questions. Les bonnes questions !
Il y a alors une spirale domination-mécontentement qui débouche, à terme, sur des crises politiques et sociales propres à rendre gorge à  l’Etat dominant.
Le terrorisme, on le voit, n’est pas seulement l’arme du pauvre.

Elle l’est dans la mesure où c’est une arme pas très chère et qui peut faire d’énormes dégâts.

Mais c’est aussi une arme utilisée par l’Etat dominant à travers les actions de ses services secrets et spécialisés. Nous savons aujourd’hui que des actions « terroristes » imputées à des groupes qualifiés comme tels ont été, de fait, mises en scène par des services étatiques dans le but de disqualifier des mouvements de résistance ou des opposants.

Créer un climat d’insécurité en cultivant, à partir de rien, la paranoïa est un acte terroriste aussi.

Les Etats-Unis, un peu partout dans le monde, usent et abusent du  terrorisme. Les exemples sont légions. Guantanamo, une institution de non-droit, reconnue comme telle par la justice etats-unienne, est un exemple criant de terrorisme étatique public.

Tenez, lisez l’extrait de cette lettre adressée par l’evêque de Miami, Mgr. Bowan, et adressée à Georges Bush jr.

 

"Au lieu d'entraîner des terroristes et des escadrons de la mort, nous devrions fermer l'École des Amériques 2. Au lieu de soutenir la révolte, la déstabilisation, l'assassinat et la terreur dans le monde, nous devrions abolir la CIA et donner l'argent dépensé pour elle aux organismes humanitaires. 

 « Nous sommes la cible des terroristes, parce que, dans la plus grande partie du monde, notre gouvernement a défendu la dictature, l'esclavage et l'exploitation humaine. Nous sommes cible des terroristes, parce que nous sommes haïs, et nous sommes haïs, parce que nous avons fait des choses odieuses. » …


Pas mal, non ?

 

Et les disciples de ce type d’action sont légion. Israël en première ligne, bien entendu…
Alors, avant de diaboliser les résistants palestiniens, les résistants libanais, irakiens, afghans, boliviens, les résistans de tous les pays  occupés, dominés, humiliés, exploités par des intérêts mercantiles et annexionistes on ferait mieux de se poser la question de savoir qui engendre le « terrorisme » .
 »Le poseur de bombes est d’abord un poseur de questions. » (Jacques Vergès)
 

 


 

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