Empêcher le Restaurateur.

Publié le par Ali

Alain Badiou


Les faibles, les timorés n’aiment pas les faibles, ils leur préfèrent ceux d’en face, les puissants, les nantis, les riches qu’ils servent avec d’autant plus de zèle qu’ils fondent la légitimité de la puissance sur un ordre naturel et allant de soi.

Sarkozy est de ceux là. Les puissants le fascinent comme la lumière le papillon. Les faibles, les paumés, il les rend seuls responsables de leur tares. Il manipule les mots, les principes, les concepts pour mieux les vider de leur sens et les mettre au service de ses maîtres. Démocratie, droits de l’homme ne sont sur ses lèvres que coquilles vides, sons étouffés et paroles avalées jusqu’à la nausée.
Il est, pour reprendre le mot de Badiou dans Libération, le Restaurateur. Un Louis XVIII aigri, nostalgique du despotisme et thuriféraire des fastes d’antan.

Aujourd’hui, en ce jour de grève, n’oublions pas, mes amis que le système, s’il est moribond, pareil à l’hydre, reste dangereux et plus destructeur que jamais.
Cette violence externalisée avec une brutalité inouïe – voyez l’Irak, l’Afghanistan, la Palestine – se tourne désormais vers nous qui le combattons, le dénonçons, nous qui appelons à le casser définitivement, à défenestrer les médias complices, à vouer aux gémonies ceux qui démantèlent, chaque jour un peu plus, nos libertés individuelles, nos droits sociaux.
Cette bête, ce n’est pas de front que nous la tuerons, c’est de partout, chaque minute de grève, chaque obstruction sur le chemin de son totalitarisme, chaque cri de colère, toute manifestation, tout écrit, tout slogan sont bons pour harceler le monstre, l’énerver, le faire tourner en rond, le saouler de colère et de ressentiment et, finalement, le mettre au tapis de ses illusions perdues.
Mais, dans le fond, pourquoi Sarkozy aime-t-il les puissants ?
Parce que sa nature timorée entretient une peur.
Nous lui faisons peur… ne l’oubliez jamais !

 

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