Une marionnette surgie du néant: Reza Pahalavi

Publié le par Ali

Sur Bakchich.info, Renaud Chenu signe au vitriol un excellent portrait du fils du défunt Chah qui vit aux Etats-Unis et s'exhibe un peu partout en Occident alors que la République islamique d'Iran fête le trentième
anniversaire de sa révolution. Ce type, on en avait plus parlé depuis des lustres et, subitement, surgi de son exil, le voilà qu'il pontifie devant les caméras, signe un bouquin et donne son avis sur l'avenir de ce pays que son père dirigeait en autocrate exclusif... sidérant, outrancier et carrément obscène !

Le fils à papa



Les curieuses coïncidences de l’agenda médiatique et des objectifs stratégiques des néo-cons français

Il y a une face huileuse de courtisan obséquieux qui envahit en ce moment les écrans : Reza Pahlavi.

Reza Pahlavi, fils d’un dictateur mis au pouvoir par une invasion étrangère, en 1941, puis remis au pouvoir par une opération clandestine de la CIA et du MI6, en 1953. Reza Pahlavi, fils d’un laquais des compagnies pétrolières occidentales, d’un amateur maniaque de missiles et de tanks jusqu’à en ruiner son propre peuple. Voilà pour l’hérédité.

Reza Pahlavi, qui en 1978, tandis que le peuple iranien se soulève pour sa liberté, pour son indépendance nationale, apprend à piloter des avions de guerre, sur une base aérienne du Texas, avec des instructeurs militaires yankees qui y voient un excellent placement, un futur fondé de pouvoir dans le Golfe persique, pour le compte d’une petite clique industrialo-militaire que l’on appelle "Etat américain".

Reza Pahlavi, l’homme dont les Iraniens se foutent complètement, qui ne représente plus rien que lui même et son compte en banque rempli de dollars douteux, l’homme dont la légitimité populaire s’étend du Maryland, son lieu de résidence depuis trente ans, jusqu’à Langley, siège des barbouzes américains.

Et ce néant, ce gommeux de salon, tout occupé à lécher les bottes qui ont mis son propre peuple sous embargo, qui ont fabriqué en vendu les bombes tuant les enfants iraniens pendant les années 80, cette alternative démocratique diront ses contempteurs, fait en ce moment même la tournée des popotes médiatiques de France ! Paris Match, Le Figaro, Public Sénat, les médias aux ordres rivalisent de brosse à reluire pour vanter le grand démocrate, l’alternative laïque, l’oriental comme on l’aime, éclairé, évolué, obséquieux, qui fait bien son nœud de cravate et chante les louanges de notre beau « monde libre ». Il est vrai qu’il fait plus sexy qu’un mollah excité, qui ne veut rien raser sur aucune carte et n’a pas l’outrecuidance de lancer des fusées dans l’espace, nouveau grand crime perse. Gageons que ce visage rassurant pour l’occident dénonce avec autant de vigueur les atteintes aux droits de l’homme commis en Arabie Saoudite, régime amis de l’OTAN et de l’occident, qu’en Iran. Sur le plan statistique, les atteintes y sont aussi nombreuse.

Tout cela n’est pas dû au hasard. Une sorte de cabale vise à faire venir cette ordure en France, histoire de nous pousser encore un peu vers une guerre imbécile contre un pays dont le seul tort est de vouloir vivre la tête haute, et ne pas subir le sort de l’Irak. Une question avant d’en finir. Qu’est-ce qui dérange en Iran ? Que ce pays soit gouverné par islamistes baroques ou qu’il ose affirmer son indépendance nationale ? Michel Taubman, qui vient de recueillir les augustes opinions de la crapule impériale, adepte selon lui de la démocratie parlementaire et des droits de l’homme (sic), est à la manœuvre. Copain de la clique néoconservatrice française, va-t-en-guerre partout où Washington le veut, à méditer sa biographie, on sent quels milieux sont derrière cette manœuvre. Gageons que toute cette petite entreprise n’est pas non plus étrangère aux néo-cons d’Orsay… isn’t it ?


ÉCRIRE 

Commenter cet article