L'Insurrection qui vient !

Publié le par Ali

Jadis, le Roi de France visitait ses sujets accompagné d’une petite escorte ; les braves gens l’acclamaient – on ne voit pas un Roi tous les jours ! – et puis, contente, Sa Majesté regagnait son Palais. Oh ! il y eut un ou deux ratés : Henry II et Henry IV, mais ce n’est pas grand chose au bout de tous ces siècles de monarchie.

Vous avez vu ce qui se passe quand Sarkozy se déplace ? Des centaines, voire des milliers de policiers et gendarmes mobilisés, tireurs sur les toits, hélicoptères, manifestants refoulés à coup de bombes lacrymogènes et de lances à incendie,  préfet muté si le travail a laissé à désirer.

Vous avez vu Strasbourg ? Depuis une semaine, la ville est en siège pour recevoir le sommet de l’OTAN.  Et Londres aujourd’hui, alors que ces éminences vont discuter de la sauce à laquelle ils vont nous manger ? Les contre-manifestations commençent à peine et déjà un mort !

Et ces cadres de société qui licencient, séquestrés, injuriés, conspués…

Moi, à la place de nos dirigeants, je ferai très attention…

Toutes ces tensions, ces déploiements de force nous démontrent combien est immense le fossé qui sépare les gouvernants des gouvernés, comme est immense la défiance naturelle de ces derniers envers les premiers. Un homme politique, dans la psychè de son électeur, c’est un menteur, un beau parleur. Bref, quelqu’un dont on se méfie.

Comment peut-on encore parler de démocratie dans ces conditions ?

Quel est notre impact, à nous électeurs, sur la politique économique et financière de notre pays ? Que pèsent nos opinions dans des conférences internationales du style G8, G20, Zone Euro ? Et il doit y en avoir d’autres, je ne les connais pas toutes.

Que sait au juste l’électeur lambda du Fonds Monétaire International, de la Banque Mondiale, de la Banque Centrale Européenne ?

Quelle est notre influence sur la politique militaire ou étrangère de notre pays ?  Sarkozy, que je sache, dans son programme, il n’a jamais parlé de l’OTAN, encore moins pour nous promettre qu’on y réintégrerait le commandement unifié !

L’Europe de Bruxelles. Quel passant connaît le nom du Président du Conseil, celui de un ou deux commissaires ?

Or toutes ses institutions pèsent sur quasi tous les actes de notre vie. La proportion de directives européennes intégrées dans le droit français par une simple ratification du Parlement National dépasse l’entendement. Le Parlement National, c’est une machine à entériner la volonté de l’exécutif national et de l’exécutif européen. Voilà où on en est arrivé !

Dites-moi alors, où est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ?

La démocratie meurt dès lors que l’espace où elle s’exerce dépasse la taille humaine.

Elle est née en Grèce, dans de petites cités indépendantes, peuplées de marchands qui, pour leurs affaires, préféraient, avec raison, la paix sociale et militaire avec leurs citoyens et voisins.

Elle était confortée par ces hommes qui cultivaient la sagesse et dont ils voulaient être les amis : les philosophes !

Mais comment voulez-vous instaurer la démocratie dans cet espèce de gouvernement mondial qui complique à dessein les problèmes pour mieux nous perdre dans les méandres de son fonctionnement ?

Alors il ne faut pas s’étonner si certains parlent d’Empire, de Nouvel Ordre qui se substitue à ce que nous croyons être une démocratie bien à nous.

Un Empire dont la gouvernance est réservée à quelques élus qui se réunissent au bout de procédures complexes connues des seuls initiés.
Des élus qui contrôlent les finances planétaires, y mettent non pas de l’ordre, mais leur ordre bien à eux et qui condescendent, de temps à autre, à recevoir tel ou tel politique qui leur fera allégeance.

Paranoïa ?

Hélas, non !

Qu’il sachent cependant, ces « supérieurs inconnus », que le peuple  n’aime pas les ténèbres, qu’il aspire à la Lumière fécondant les cœurs et les corps et que ces petits apartés commençent à le mettre sérieusement en colère, aujourd’hui qu’il a de moins en moins à perdre.

Et que viendra un temps où les digues se rompront et que, pareille à une marée déchaînée, l’ire populaire frappera les iniques et leur rendra gorge.

L’Insurrection qui vient !

 

Le titre de ce papier est inspiré de celui du livre éponyme publié par "La Fabrique" (Eric Hazan éditeur). A lire avec modération ! Sa lecture peut vous conduire en prison, demandez à Julien Coupat ! 

 

 

 

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