Il nous manque la "vertu" !

Publié le par Ali

La vertu




Pâques pluvieuses, ennuyeuses malgré ces déluges de chocolats, bonne heure des confiseurs.

Voilà donc une mise entre parenthèses, un répit avant les mois à venir.

Et qui ne seront pas des meilleurs.

La crise que nous abordons rentrera, petit à petit, dans sa phase cruciale, nous avons eu droit aux zakouskis, l’entrée nous attend avant le plat principal d’ici la fin de l’année.

En fait, personne ne peut dire exactement de quoi il en retourne tant la situation est compliquée et les comptes des établissements financiers minés par des créances pourries.

D’où l’attentisme des gouvernements que tempère une politique au coup par coup.

Et les effets d’annonces, comme le « succès » du G20, la « disparition » si relative des paradis fiscaux ne doivent tromper personne et surtout pas des salariés qui font, ils sont bien les seuls, les frais de la gabegie des élites du libéralisme pur et dur.

Des fermetures d’usines, des licenciements, des baisses de salaires il y en aura encore. L’occasion est même trop belle pour certains de procéder à des dégraissages sous prétexte d’avenir bouché.

Mais à force d’en mettre et remettre, des troubles sociaux peuvent s’accentuer. Demain, peut-être, certains ne se contenteront-ils pas de séquestrer, quelques heures, des patrons. La rue est là qui leur tend les bras et le printemps, nous le savons, est propice aux promenades vespérales. Et puis, perdure ce sentiment d’injustice et d’impuissance, générateur de sainte colère et de juste rébellion. « Quand les peuple cessent d’estimer, ils cessent d’obéir » remarquait déjà le sieur de Rivarol.

Sur le plan international, rien ne bouge vraiment. Conscients de leur défaite annoncée en Afghanistan, les occidentaux persistent à prendre leur temps, à tergiverser et soutenir le régime corrompu de Kaboul. Ils cherchent des « talibans modérés » paraît-il. Et s’ils en trouvent, ils leur accorderont de quoi se barrer vite fait, bien fait. Comme quoi, les « droits de l’homme » ne sont qu’un prétexte qui  n’est utile que s’il sert.

Curieux, ne trouvez-vous pas, ce silence feutré qui entoure la formation du gouvernement de l’entité sioniste où le Ministre des Affaires Etrangères, Lieberman, soupçonné de corruption, ne fait l’objet d’aucun opprobre de nos bien-pensants ? Il paraît qu’il faut le voir à l’œuvre, a déclaré ce bon M. Kouchner. Bien ! Quand Jorg Haider s’est pointé au gouvernement autrichien il y a quelques années, le traitement fut différent et la quarantaine immédiate.
Quant aux européens, ils sont bons pour payer les dégâts sionistes à Gaza qui subit, ne l’oublions pas, le même blocus qu’avant son odieuse agression.

Ce que nous vivons, chers amis, a un mot : perte de la vertu !

L’occident n’a plus de valeurs sinon celle de l’argent, et ce dernier achète beaucoup de choses mais pas la dignité. Il y a des peuples pauvres mais dignes, d’autres prèfèrent un confort relatif à la dignité de vivre debout.

La refondation de la vertu, cette « arètè » des Grecs, voilà une tâche qui devrait tous nous mobiliser car, outre le fait que, mieux qu’un texte, elle fonde nos valeurs, elle donne un sens à notre vie.

Et notre vie se doit d’être celle d’hommes francs et responsables, pas celle de consommateurs. Nous n’avons pas à être des « acteurs » économiques, des objets de consommation, mais des êtres qui réfléchissent et assument leur devenir de citoyen.

La démocratie, ce pouvoir du peuple, n’est pas seulement un choix exsprimé dans l’urne tous les quatre ou cinq ans, c’est un engagement quotidien au nom des principes qui guident notre action.

Ce n’est pas facile, je le sais, les gouvernants n’aiment pas un peuple qui pense et critique.

Dire tout haut que le Roi est nu peut mener plus d’un à la potence, mais le risque n’en vaut-il pas la peine ?

Si dans la nature il faut des veaux et des moutons, l’homme ne l’est vraiment que s’il exprime l’originalité et l’exclusivité de son être.

Et puisque dans la vie nous ne faisons que passer, autant laisser une trace, une empreinte bien à nous.

A nos risques et périls !

 

  

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