Bayrou accuse: "Abus de pouvoir" !

Publié le par Ali





Un pamphlet ? Un brûlot ? Non, une philippique ! Voici comment je définirai le dernier opus de M. François Bayrou qui, tout au long de ses 261 pages nous dit tout ce qu'il faut penser du régime qui veut mettre la France à sa mesure, je devrais écrire « démesure ».

Le régime, bien sûr, mais surtout son mentor...

Sur le plan du style, c'est parfait. Rien d'étonnant, M. Bayrou est agrégé lettres classiques, comme l'est M. Juppe et l'était feu M. Pompidou. J'ai de l'admiration pour ces gens qui tutoient Homère, Virgile et Sénèque, c'est plus fort que moi, ils m'en imposent, un peu comme si la maîtrise des langues mortes me les rendaient plus vivants. Et puis les études, comme l'écrivait Céline, cela vous permet de pénétrer le fond des choses.
Ce n'est plus vrai aujourd'hui, ce l'était avant quand on étudiait les humanités et que l'on devenait, parfois, humaniste.
Et puis, je l'avoue, l'homme me plaît. C'est un gascon, avec le panache de sa race, le verbe choisi, l'honneur à fleur de peau. On en fait plus beaucoup comme ça. Le genre de type qui résiste à l'uniformisation rampante qui nous fait tous pareils dans un maelström où tout se perd, surtout l'âme.
Le livre vient de paraître aux éditons Plon, il a pour titre « Abus de Pouvoir ».
Extrait:


« Nous n'avions pas vu que cette fois, on allait aligner les grands moyens. Un candidat habile, actif, entreprenant. Des milieux d'influence déterminés. Des intérêts de parti. Plus encore, des intérêts de classe. Et qui ne se trompaient pas sur leurs préférences. Un discours qui prenait le peuple par où, dans ces milieux, on s'imagine qu'il faut le prendre: par le bas. Par le bouc. Bouc émissaire, s'entend. Ceux qui ne se lèvent pas le matin, et ceux qui égorgent les moutons dans les baignoires, les fainéants de chômeurs, et les musulmans, et la racaille, firent l'essentiel de l'affaire, au nom du « travailler plus pour gagner plus » et de « l'identité nationale ». Mais l'essentiel était dans le soutien massif, organisé, de puissances médiatiques complices et conniventes. Beaucoup étaient volontaires, les autres étaient intimidés. Je le découvris au  delà de mes certitudes déjà établies lorsqu'il s'agit d'organiser entre les deux tours un simple débat, élémentaire échange d'idées, avec la candidate du parti socialiste. Toutes les chaînes voulaient organiser ce débat: toutes, les unes après les autres se défilèrent, usant des prétextes les plus dérisoires; Mais auparavant, pendant la campagne, pour soutenir le candidat officiel, déluge de « unes », cataracte de people, sur le thème de la vie de famille au château, des vacances de la famille, des scènes de la vie de famille, du désarroi sentimental, des retrouvailles sentimentales, etc. Pas besoin de donner des ordres. Ce qui devait être fait était fait.
L'élection passée, il ne fallut pas attendre une minute pour voir qui avait gagné. Se réunirent au Fouquet's, haut lieu symbolique de la jet set et du business qui veut en jeter, les vrais vainqueurs. Non pas les pauvres bougres qui chantaient « on a gangé, on a gagné » sur une place de la Concorde où on les laissa mariner entre eux pendant plusieurs plombes , mais les vrais vainqueurs opulents, les triomphateurs de l'ombre, avec qui il convenait de partager le triomphe en ses premiers moments, avant que d'aller sacrifier quelques minutes à la plèbe, et de partir prendre soleil sur le yacht de l'un d'entre eux.
Ainsi, au soleil, sur le pont luxueux, se prépara l'inauguration du règne, que l'on avait promis de méditer dans l'ombre du couvent. »

(pages 14 & 15)

 

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