M. Lefebvre veut que les malades travaillent...

Publié le par Ali




 
Ce Monsieur s’appelle Frédéric Lefebvre, il est député et porte-parole de l’UMP. Député, de nos jours, c’est plus grand chose, porte-parole (porte-flingue disent les mauvaises langues) c’est une autre paire de manches.

Il a déposé à une loi en discussion au Parlement un amendement qui permettrait « aux salariés qui le souhaitent » (c’est une formule de style !) de travailler depuis chez eux s’ils sont en arrêt maladie ou en congé parental.

Il n’y va pas par quatre chemins : si un salarié est en arrêt, il perd le contact avec son entreprise, des petits copains qui convoitent sa place risquent de le doubler, il a donc tout intérêt à ne pas perdre le contact et se manifester en travaillant depuis son domicile ; après tout, à l’ère de l’Internet et du téléphone portable qui fait tout sauf servir le café, c’est parfaitement faisable et puis ce n’est pas parce que l’on est malade ou avec un nouveau-né à la maison qu’il faut perdre toute rentabilité. CQFD.

Certains vont me rétorquer que ce Frédéric Lefebvre, après tout, il est comme des tas de députés, il veut se faire remarquer et introduit des amendements à la c.., d’ailleurs le sien a été refusé en commission…

C’est pas faux. Il y a en effet des députés qui introduisent des amendements pour montrer à leurs électeurs qu’à Paris, dans l’Hémicycle, ils travaillent dur, même s’ils ne sont pas suivis par leurs copains, mais en l’occurrence notre Frédéric est le porte-parole du parti majoritaire ; Et ça, c’est pas rien.

Cela signifie que derrière ce Frédéric, il y a des tas de gens qui épient les réactions de la classe politique et des électeurs. Si tollé il y a a, si la bronca monte, eh bien, on aura vite fait de dire que ce brave Lefebvre fait de l’excès de zèle et on le renverra à ces micros dont il se sert magistralement.

Cela signifie aussi que l’amendement de Lefebvre, ce n’est pas le sien, mais de certains conseillers de Sarkozy qui tâtent le terrain, comme un chien débusque le gibier.

En filigrane de cet amendement il y a cette idée, récurrente, chez Sarkozy et le siens : détricotter la sécurité sociale.

Cette sécurité qui coûte cher (comme répète ad nauseam le Medef) et qu’on ferait bien de dégraisser de toutes les manières possibles et imaginables.

Il y a des gens qui se sont fait tuer pour que cette sécurité sociale soit mise en œuvre, pour que la maladie, l’invalidité ne soient plus des fléaux qui ruinent les existences des plus exposés ; il a fallu attendre la fin de la guerre pour qu’elle soit mise en place, et je crois pouvoir dire à bon escient que sans cette sécurité sociale généralisée en Europe le siècle dernier n’eut été qu’un temps d’horreurs guerrières. Elle a sauvé le peu d’honneur qui nous restait !

Mais c’est cher, comme disent les moins démunis d’entre nous, et il faut que les entreprises soient rentables (air connu), alors autant faire travailler les salariés un maximum, l’avenir est au bureau et non pas dans la santé ou la famille. Soyons réalistes !

Cet amendement est signficatif de l’esprit qui anime ce gouvernement du  « travailler plus… » à n’importe quel prix et ce dernier ira jusqu’au démantèlement des acquis sociaux d’un « autre âge » comme ils le serinent sur tous les tons.

Je ne sais si cette proposition de M. Lefebvre sera adoptée en assemblée, l’avenir nous le dira, mais dites-vous bien qu’en cas de refus, rien ne nous garantit qu’elle ressorte un jour ou que d’autres  du même acabit soient lancées comme des ballons d’essai.

Une dernière question :

Achèteriez-vous une voiture d’occasion à ce type ? 

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