Burqa: Egalité et Réconciliation se positionne

Publié le par Ali

Egalité et Réconciliation analyse finement les tenants et aboutissants de la place du voile dans la société française...

Communiqué d'E&R sur la question du port de la Burqa

Publié le 22 juin 2009
Image E&R rappelle que l'égalité devant la loi implique, en premier lieu, que la loi ne traite pas isolément des cas d'espèce, sauf si ceux-ci remettent en cause le Bien commun. C'est à dire qu'une loi discriminatoire à l'égard d'une catégorie de citoyens, et d'une discrimination qui n'est pas fondée sur l'utilité commune, est contraire au principe d'égalité qui fonde la vision politique française depuis 1789.

Donc, à partir de là, il faut savoir ce que l'on veut. Cela fait quarante ans que le pouvoir républicain nous répète que l'islam a toute sa place en France, et que les traditions qui sont les siennes ne sont nullement déplacées sur notre sol. Alors au nom de quoi déciderait-on, du jour au lendemain, qu'une de ces traditions (le voile islamique) doit faire l'objet de mesures discriminatoires ? Si vraiment l'islam a toute sa place en France, si ses traditions ne heurtent pas le Bien commun, alors pourquoi faudrait-il discriminer celles des musulmanes qui respectent ces traditions, de notre point de vue importées ? Ce serait forcément une mesure d'exception, ciblant de manière perverse une certaine catégorie de la population.

E&R rappelle donc que la question de l'incompatibilité entre islam et francité ne peut être traitée sereinement que dans une logique de respect. Refuser aux musulmans le droit de suivre leurs traditions, après leur avoir affirmé que ces traditions étaient les bienvenues en France, c'est témoigner à leur égard d'une attitude discriminatoire dans le pire sens du terme - c'est, littéralement, sous-entendre qu'ils n'ont pas droit au même respect que d'autres catégories de la population.

Sans préjuger du débat de fond sur l'identité de la France, débat nécessaire et qui sera conduit, le moment venu, dans le respect mutuel, E&R conclut donc que l'éventuelle interdiction de la burqa constituerait une provocation au regard du discours même tenu jusque là par ceux qui, aujourd'hui, prônent cette interdiction. Or, faut-il le préciser, cette provocation ne vient probablement pas par hasard, à l'heure où certains intérêts cherchent, encore et toujours, à dresser les populations européennes contre les populations musulmanes, afin de justifier une politique étrangère de moins en moins conformes à la tradition d'équilibre héritée du gaullisme."

E&R

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