Faut dire merci aux cons...

Publié le par Ali


Illustration: Philippe Geluck

13 septembre 2009: ouverture de la chasse...seul le gibier peut être chassé...

Si dans la vie on était tous intelligents, cultivés, curieux, ouverts aux uns et aux autres... non mais, je rêve...

La vie, la vraie, c'est la cohabitation avec des types des deux sexes qui sont pas forcément malins, intelligents, cultivés, qui s'imaginent que leur vérité est là une fois pour toute et pour toujours ou qui se foutent de toute vérité comme de leur première chemise... le loto, le porno, le pernod et le foot...fermez les bans !

Il y en a d'autres qui s'imaginent que leur heure est arrivée. Ils ont eu comme une illumination, ils ont vu quelque chose, ils ne savent pas dire quoi au juste mais, cette fois ci, à eux de jouer, ils sortent de l'anonymat et hop ! ils y vont à fond la caisse, tout le monde doit y passer, leur révélation est celle de tous et si ces derniers n'en veulent pas, ce sera comme le foie de morue, on forcera à l'avaler.

L'enfer c'est les autres, comme disait le père Sartre... quelle sagesse en dix-huit lettres !

Mais à y réfléchir...
Autant vivre avec des cons, au moins ils sont l'assurance de notre supériorité... un con, à l'abord, cela intrigue, on se demande comment on peut être con, nous on ne sait pas puisque con, on ne l'est, alors forcément cela nous interpelle , on se dit que le con va se rendre compte de sa connerie, qu'il va se reprendre, se corriger... mais non, il continue à tisser inlassablement ses conneries comme d'autres des perles... et là il arrive, quand de la connerie on n'est pas l'aficionado béat, que l'on perde pied et qu'on se se demande si des fois le con ce n'est pas soi ...

Honnête introspection...

Car se poser la question: suis-je con ? ce n'est pas si con que ça...

Et comme à ce type de question toute réponse est subjective, autant répondre par la négative, c'est comme la charité, soi d'abord, les femmes et le pastis ensuite...

Donc, je ne suis pas con, ce sont les autres qui le sont.
Et je les en remercie du fond du coeur.
Car si, par miracle, je ne vivais qu'au milieu de types brillants, mon manque de connerie ne serait pas si patent... même qu'il faudrait que je le mette en exergue, que je me pousse un peu du col, que je fasse remarquer que je fais partie de la famille, de la grande fraternité des élus, que tous les jours que le bon Dieu nous donne, je sois astreint à justifier de ma brillance, de mon charisme, de mon aura...

Quelle corvée !

Alors, les cons, merci beaucoup ! Vous me permettez de souffler, de prendre des chemins de traverse, d'admirer le paysage et de lutiner la crémière... merci !

Ma gratitude vous serait totale et même infinie si votre connerie était inoffensive... là, la vie serait belle..mais les meilleurs choses on leur part d'ombre, car votre connerie engendre des malheurs.. et, ces derniers, bande de cons ! vous ne les réalisez pas, vous les niez, vous regardez ailleurs si du moins, aveugles ! vous pouvez encore voir...
Parfois je me dit: qu'ils aillent faire leurs conneries loin de nous, comme on demande aux enfants d'aller jouer au jardin.

Mais non ! Les cons, c'est fou ce qu'ils veulent se coller à ceux qui ne le sont pas, c'est même chez eux une pulsion. On reconnaît un type brillant à la foule de cons qui l'entoure...

Et même qu'ils insistent; ils veulent rester dans le jeu, bien montrer qu'ils sont là, qu'ils ont leur mot à dire, le brailler, revendiquer leur droit de parole, insister lourdement et coucher leurs conneries par écrit dès qu'ils savent tenir une plume ou taper sur un clavier...

Conneries d'un jour, conneries toujours...

Faut faire avec, comme disait ma grand-mère qui n'était pas conne et a emporté sa recette du cassoulet dans la tombe...

Faut pas qu'elle soit entre toutes les mains, qu'elle disait...

Dès fois qu'ils me la salopent...

Elle avait raison, la mamé, au moins ils n'auront pas le cassoulet !

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