Honduras: deuxième coup d'état...

Publié le par Ali

http://www.primitivi.org/spip.php?article48

 

Le deuxième coup d’état hondurien est arrivé aujourd’hui parce que le premier avait échoué



Par Al Giordano spécialement pour The Narco News Bulletin


Al Giordano publie cet article pour le webzine Narco News Bulletin, qui fait un suivi d’informations sur tout ce qui touche le narcotrafic en Amérique Latine. Dans son article Al Giordano décrit, depuis Tegucigalpa, l’ambience des nuits du lundi 28 au mardi 29 septembre, peu après la publication du Décret levant les garanties constitutionnelles du Honduras.
Il y parle de la manière dont les putschistes font taire les médias, dont ils manipulent jusqu’à leur propre police, de la manière dont les soutiens à Micheletti se détachent peu à peu de lui, s’improvisent médiateurs et tentent par là même de réduire leur faute.
Il parle aussi du "Comité du Congrès (des États-Unis) pour l’appui du putsch" organisé par des républicains. Il cite également "La Gringa", une blogueuse américaine (?) ayant lancé un appel au meurtre contre Zelaya et contre l’ambassadeur US au Honduras.
Bref toutes les petites choses dont on entend peu parler depuis l’Europe...


Au matin du 28 juin, des soldats du régime putschiste ont fait irruption dans les bureaux de Radio Globo et du Canal 36 à Tegucigalpa, pour réduire leurs émetteurs au silence. Les deux stations d’émission ont fait fis des ordres de la Cours pour pouvoir continuer à émettre. Et depuis les trois mois passés ils ont été soumis chacun aux ordres écrits du régime du Honduras pour cesser de diffuser (les journalistes, à tour de rôle, ont refusé d’être censurés) et aux attaques paramilitaires qui ont versé de l’acide sur leurs transmetteurs, les employés des deux stations ont rapidement réparé et se sont héroïquement remis à diffuser.

Ce matin, lundi 28 septembre, trois mois plus tard il arrive ce qui c’était déjà vu mois au début, les mêmes troupes militaires ont remis en scène la bataille du 28 juin, ils sont rentrés de force en défonçant les portes de Radio Globo et de Canal 36 mais cette fois il ont directement emporté les émetteurs et l’équipement. Les soldats se sont ensuite posté tout autour des bâtiments pour éviter que les gens ne les réinvestissent.

Cette fois, gráce au décret conjuré d’hier [NTD : publié le dimanche 27/09], les journalistes n’ont pas de recours légal. Selon le décret, si un juge tend à prendre une décision en faveur de ces médias, il peut aussi être arrêté et emprisonné. Et si un autre média rapporte ce qui c’est passé, il peut aussi être perquisitionné par l’armée ou la police et réduit au silence par la force.

La "répétition améliorée" du coup d’État du 28 juin démontre deux grandes vérités :

La première : que le putsch original n’a pas pu établir de réel contrôle sur le pays et ses gens. Plus de 90 jours de résistance non violente ont démoli le peu de soutien que le régime avait à l’intérieur et en dehors du Honduras, en le laissant avec son petit groupe d’oligarques et avec les forces de sécurité pour défendre le régime contre la majorité.

Et la Seconde : Que malgré toute la rhétorique orwellienne du régime pour explique que c’était un putsch "légal", qui a été exécuté pour défendre la Constitution, et que à voir comment on laissait émettre les médias qui critiquaient le régime cela prouvait que ce n’était pas une dictature, son intention a toujours été bien plus sinistre : effacer la démocratie et toute la liberté la plus basique pour établir un contrôle autocratique de quelques-uns sur plus de 7.5 millions de citadins honduriens, et sur les ressources ressources naturelles et humaines luxuriantes sur ce territoire.

Une partie significative de la population hondurienne est passée à la clandestinité dans la nuit. Averti que la nuit dernière leurs maisons seraient attaquées et qu’ils seraient conduits au stade de football de Tegucigalpa, où le régime garde actuellement 75 citadins enfermés au secret - les rapports dénonçant l’utilisation de la torture sont crédibles d’autant plus que le régime ne permettra pas aux avocats, docteurs ou observateurs des droits de l’homme d’inspecter l’intérieur du stade – d’autres honduriens, communs des mortels, ont ouvert les portes de leur maison au organisateurs de la résistance dans tout le pays. Ils se cachent du régime, mais ils sont en contact constant entre eux et avec nos journalistes.

Une autre partie de la vague de Terreur d’État d’hier soir est venue sous la forme de cette provocation : des défenseurs clefs des droits de l’homme et des avocats ont été informés anonymement d’une rafle de dissidents à un commissariat de police spécifique de la capitale. Ils se sont précipités pour venir en aide aux détenus, en fait il ont été accueillis par les agents du poste de police qui étaient très nerveux et lourdement armés et qui avaient reçu, simultanément, un coup de téléphone anonyme qui leur indiquait qu’une foule était en chemin pour incendier leur commissariat. Heureusement, tout le monde a gardé la tête froide et dès que les défenseurs de droits de l’homme et les avocats ont expliqué au policier le message qu’ils avaient reçu, les deux parties ont compris que la tromperie était une tentative pour les entrainer dans une confrontation violente.

Que le régime ait essayé de tromper et de manipuler ses propres forces de police indique qu’au sein de celles-ci tout le monde n’est pas enchanté du dernier décret publié et des derniers événements qui arrivent.

C’est ce que les conspirateurs putschistes ont toujours voulu : l’interdiction des garanties constitutionnelles et de disposer d’un pouvoir autoritaire total.

Depuis trois mois ils essaient de faire les deux - se défendant eux-même face au monde avec leur double langage absurde "le putsch n’est pas un putsch" - mais cela a échoué. Maintenant ils se sont mis en marche le Plan B, qui les démasque en les montrant tel qu’ils sont : des terroristes et des ennemis de la démocratie et de la liberté.

Leur premier putsch a échoué en seulement trois mois. C’est pour cela que la date du 28 septembre est maintenant dans les livres d’histoire comme la deuxième tentative de putsch au Honduras dans l’année 2009. La deuxième résistance est là dehors, se regroupant et explorant ses prochains mouvements, et quand ces mouvements arriveront, probablement bientôt, nous relaierons leurs mots et leurs actions, en dépit du fait que le régime putschiste vient aussi de rendre ces reportages illégaux, aussi.

De la même façon, notre vieil ami et collège, le dessinateur brésilien Latuff, l’auteur de l’image ci-dessus, ne reçoit pas non plus d’ordres des putschistes. Aujourd’hui il rend son adresse électronique publique – carlos.latuff[AT]gmail.com – et offre son soutien et son talent à la création d’images pour tous les membres de la résistance hondurienne, tandis que la nouvelle étape de la lutte commence.

Le deuxième coup l’état - celui d’aujourd’hui - est arrivé parce que le premier avait misérablement échoué, comment celui-ci le fera également.


Mise à jour 11h26 (16h26 GMT), de Tegucigalpa :
D’autres couches se détachent de "l’oignon" de soutien au régime putschiste. Le quotidien El Tiempo rapporte que le candidat présidentiel du Parti National Pepe Lobo - qui mène dans tous les sondages pour "l’élection" du 29 novembre - s’est déclaré contre le décret de dimanche qui entraine durant 45 jours la suspension des garanties constitutionnelles.

Lobo a fait ces déclarations après avoir quitté une réunion entre les quatre candidats présidentiables, un ex-président de la nation, quelques entrepreneurs et l’ambassadeur des États-Unis, Hugo Llorens.
M. Lobo a confirmé qu’en plus de lui, les candidats Elvin Santos, Bernard Martínez et Felicito Avila, respectivement du parti Libéral, du parti de l’Innovation et l’Unité, et du parti de la Démocratie Baptise étaient présent à la réunion.

Lobo Sosa a critiqué les couvre-feux et l’application d’un Décret contre les garanties individuelles et les médias parce que “ils abîment l’image du pays à l’étranger et frappent fort l’économie nationale et directement celle de la population”.

À la réunion avec l’ambassadeur des États-Unis, dont Lobo est sorti pour faire sa première critique publique contre le coup d’État et ses manoeuvres répressives, il a aussi été assisté par l’ex-président Carlos Flores Facussé, et le magnat Adolfo Facussé - tous les deux avaient été des alliés originaux de la tentative de putsch du 28 juin [NDT : Adolfo s’est également présenté comme instigateur du plan B des entrepreneurs putschistes, voir ici] -. Si n’importe lequel d’eux suit Lobo dans le fait de dénoncer le putsch et son décret, "l’oignon du putsch" perdrait la plupart de ses couches intérieures et puissantes de soutien.

Mise à jour 12h12 (17h12 GMT) :
Pendant ce temps, la blogueuse partisanne anonyme du putsch qui se fait appeler "La Gringa" et qui approuve personnellement chacun des commentaires qui sont publiés dans son blog, vient de partir pour l’extrême illégalité, en publiant un appel à l’assassinat contre le Président Zelaya et contre l’Ambassadeur des États-Unis, Hugo Llorens. L’appel violent est révélateur aussi dans sa langue raciste et misogyne dirigée contre le Président des États-Unis, Barack Obama et au Ministère, Hilary Clinton, ainsi qu’aussi des phantasmes homophobique à propos Zelaya et l’Ambassadeur.

Je poste ce commentaire ici parce qu’à un point "La Gringa" peut se rendre compte qu’elle vient de commettre un délis et peut essayer d’effacer cette preuve :
"Combien de temps cela prendra-t-il au gouvernement constitutionnel pour finalement expulser Llorens ? Et de dire au singe et à la femme-chien de Washington qui aillent au diable. Si le Honduras doit tomber, alors pour l’Histoire les patriotes doivent tuer Zelaya et son AMANT de longue date, Llorens."

Peut-être que les service secrets des États-Unis prennent note ce dans quoi cette supposée citoyenne américaine vient d’être impliquée : un appel ouvert pour assassiner un ambassadeur des États-Uni et un chef d’état étranger. Nous [NDT : en tant que citoyens des États-Unis] dénonçons fortement et rejetons sa complicité dans de tels complots illégaux.

Mise à jour 15h18 (20h18 GMT) :
Steve Benen au Washington Monthly a fait une note sur une autre couche de "l’oignon du putsch" qui semble être partie silencieusement : Des républicains du Congrès des États-Unis.

"OU EST MAINTENANT LE COMITÉ DU CONGRÈS QUI APPUIE LE COUP D’ÉTAT ?... En juillet, un certain nombre de législateurs républicains (conservateurs) se sont sentis offensés par la position du gouvernement des États-Unis à propos du renversement du gouvernement démocratiquement élu du Honduras. Le Sénateur Jim DeMint (républicain de Caroline du Sud) a officiellement approuvé le coup d’état militaire, et une frange de républicains du Congrès a organisé un “comité du Congrès pour l’appui du putsch” en soutien au nouveau gouvernement non élu.

Assez bizarrement nous n’entendons plus beaucoup parler de ces gens du Parti Républicain. Je me demande pourquoi cela...

Quand DeMint a appuyé le coup d’état, il a qualifié l’action des responsables de l’expulsion de Zelaya comme étant “une garantie de la liberté.” La membre de la Commission des Affaires Etrangères, Ileana Ros-Lehtinen (républicaine de Floride) a organisé une réunion privée auprès de ses collèges républicains, pour “discuter comme les États-Unis peuvent travailler pour appuyer les institutions démocratiques et l’état de droit au Honduras.”

Tout à coup, ces législateurs républicains ne semblent plus attaquer la position de l’administration d’Obama. Intéressant."


Tout à fait intéressant !

[NDT : à ce propos nous faisons une mise à jour à la fin de cet article]


Mise à jour 16h46 (21h46 GMT) :
Radio Globo à nouveau en train d’émettre !! Ils retransmettent par Internet depuis une adresse clandestine, ici (ou ici (url pour vlc ou lecteur mp3) le flux direct, attention l’ip du serveur n’est pas fixe).


Il y a aussi des rapports qui disent que le régime putschiste, incapable de vendre au Congrès National cette suspension des garanties constitutionnelles de 45 jours, parle de retirer le décret. Cependant, à moins que cela n’inclus le fait de rendre l’équipement de transmission à Radio Globo et au Canal 36, et la liberté aux détenus politiques, tout journaliste qui informe de cela, tel quel, serais un sot.
Le dictateur putschiste Micheletti comme cil a été rapporté, demande “pardon“ pour avoir exécuté le décret. Mais cela ne s’oublie ni ne se pardonne.


Mise à jour 17h44 (22h44 GMT) :
Micheletti semble la perdre réellement, mentalement parlant. Aujourd’hui d’autre ultimatum ont été lancés, cette fois contre les gouvernements de l’Espagne, de l’Argentine, du Vénézuela et du Mexique (le Mexique ? ?!!) :

“Dans le cas où ces pays qui ont unilatéralement décidé de casser ses relations diplomatiques avec l’Honduras … la situation de l’Argentine, de l’Espagne, du Mexique et du Vénézuela, on fait savoir que le gouvernement ne recevra pas les agents diplomatiques de ces nations.”

Il leur a donné “dix jours” pour obéir. Je suis sûr qu’ils tremblent de peur, pleurent et pensent au suicide, parce que le sot et insignifiant petit, tyran Micheletti les a menacés. Non.

Mise à jour 18h25 (23h25 GMT) :
Radio Globo - depuis sa transmission internet - lance un appel vers ses auditeurs pour qu’ils se rendent demain (mardi 29) à 8h à ses anciens studios, pris par l’armée, au Bld Morazán demain

Mise à jour 23h05 (mardi 29/09 04h05 GMT) :
Concernant les menaces susmentionnées - qui ont toujours l’attention des services secrets des États-Unis et de Blogspot, aussi - sur le blog de "La Gringa", l’encouragement à l’assassinat politique... a été (comme nous avions prédit qu’ils seraient) effacé tard ce soir, mais reflétant la lâcheté de la personne qui les a approuvés jusqu’à les poster, aucune explication ni dénonciation n’ont été offertes. C’est cela ces gens croient vraiment dans ces choses. Vous ne pouvez pas descendre plus bas que cela.

Al Giordano

Source :
The Narco News Bulletin
The Second Honduran Coup Came Today Because the First One Failed
El Segundo Golpe de Estado Hondureño Llegó Hoy Porque el Primero Había Fracasado


Traduction : Primitivi


Mise à jour de Primitivi, le 1er octobre :

A propos du soutien de congressistes étasuniens au coup d’état, un email est entrain de circuler aux États-Unis qui demande aux citoyens d’envoyer à différents parlementaires un texte les enjoignant d’approuver la résolution HR749, introduite le 17 septembre dernier par la congressiste Ileana Ros-Letinen, qui demande une reconnaissance des élections de novembre comme la meilleure manière de terminer la crise au Honduras.

Actuellement cette résolution compte déjà sur un soutien ferme de 20 parlementaires, le Comité des Relations Extérieures du Congrès (CFA) comprends en totalité 47 membres, voir ici la page web du CFA.
Ileana Ros-Letinen peut également compter sur un rapport et des analyses de la part de la Bibliothèque du Congrès qui reconnait la légalité des événements. Voir ici un article parlant de cela sur le site (évidemment pro-putschiste) de la présidence hondurienne (voir ici la traduction automatique, attention aux confusion de sens).

Le mail demande donc d’envoyer un courrier électronique aux congressistes qui tiennent un poste clef au sein du CFA pour qu’ils appuient la proposition (les Républicains, eux, ont déjà signés).

Le Comité dont parle Steve Benen est donc bien actif et toujours aussi malfaisant. Ils ont juste modifié leur manière d’agir.

Voici un exemple du message qu’il est demandé d’envoyer :
“J’écris pour respectueusement demander que vous souteniez et le co-sponsor H. Res. 749 comme la meilleure solution de mettre fin à la crise politique au Honduras. Informez-moi s’il vous plaît de votre décision et merci pour le soutien que vous avez manifesté en faveur du Honduras.”

Et voici la liste des 20 congressistes qu’il est demandé d’influencer :

CONGRESISTE E-mail CONSEILLER E-mail du conseiller

Howard L. Berman howard.ber...@mail.house.gov
Président D-CA, 28th District

Gary L. Ackerman gary.acker...@mail.house.gov Howard Diamond howard.diam...@mail.house.gov
Vice Président D-NY, 5th District

Eliot L. Engel eliot.en...@mail.house.gov Jason Steibaum Jason.steinb...@mail.house.gov
D-NY, 17th District Hemisphère Américain - Président

Albio Sires Hannah Brown hannah.br...@mail.house.gov
D-NJ, 13th District Hemisphère Américain

Joseph Crowley joseph.crow...@mail.house.gov Kevin Casey Kevin.ca...@mail.house.gov
D-NY, 7th District Hemisphère Américain

Donald M. Payne donald.pa...@mail.house.gov Stephanie Gidigbi stepanie.gidi...@mail.house.gov
D-NJ, 10th District Hemisphère Américain

Bill Delahunt william.delah...@mail.house.gov
D-MA, 10th District Hemisphère Américain

Gregory W. Meeks Gregory.me...@mail.house.gov Sophia King Sophia.k...@mail.house.gov
D-NY, 6th District Hemisphère Américain

John S. Tanner John.tan...@mail.House.gov George C. Tagg george.t...@mail.house.gov
D-TN, 8th DistrictHemisphère Américain

Gene Green gene.gr...@mail.house.gov Linsay Mosshart Lindsay.mossh...@mail.house.gov
D-TX, 29th District Hemisphère Américain

Sheila Jackson Lee Sheila.jackson...@mail.house.gov Sari Schwartz sari.schwa...@mail.house.gov
D-TX, 18th District Hemisphère Américain

Gabrielle Giffords gabrielle.giffo...@mail.house.gov Liz Berry liz.be...@mail.house.gov
D-AZ, 8th District Hemisphère Américain

Ron Klein ron.kl...@mail.house.gov
D-FL, 22nd District Hemisphère Américain

Brad Sherman Sherman.perso...@mail.house.gov Don MacDonald don.macdon...@mail.house.gov
D-CA, 27th District

Robert Wexler Robert.wex...@mail.house.gov Jesper Pedersen jesper.pede...@mail.house.gov
D-FL, 19th District

Diane E. Watson diane.wat...@mail.house.gov Charles Stewart charles.stew...@mail.house.gov
D-CA, 33rd District

Barbara Lee Barbara....@mail.house.gov Robert Fuentes robert.fuen...@mail.house.gov
D-CA, 9th District

Mike Ross mike.r...@mail.house.gov lee Stewart lee.stew...@mail.house.gov
D-AR, 4th District

Jim Costa Jim.Co...@mail.house.gov Bret Rumbeck bret.rumb...@mail.house.gov
D-CA, 20th District

Russ Carnahan Russ.carna...@mail.house.gov
D-MO, 3rd District

jeudi 1er octobre 2009, par Primitivi

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