Madame NDiaye est écrivaine et de talent. Elle est prix Goncourt 2009, c’est une référence quand même. Elle vit à Berlin depuis 2007. Ce n’est pas une coïncidence.
Voilà ce qu’elle a déclaré au magazine « Les Inrockuptibles » au mois d’aôut dernier.
« Je trouve cette France-là monstrueuse. Le fait que ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d'être étranger à ça. Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j'ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité... Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux.
Je me souviens d'une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j'aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : "La droite, c'est la mort". Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d'abêtissement de la réflexion, un refus d'une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n'a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n'a plus. «
Eric Raoult est un député UMP. Avant il militait dans l’extrême droite nationaliste bête et méchante, mais il a évolué ; il est toujours méchant, mais il est moins bête, il sait comment bien se servir quand on sert le pouvoir…
Il fut dans le gouvernement Raffarin ministre de l’immigration. C’est une référence. Il n’est pas content que cette madame NDiaye, malgré son patronyme, se permette de dire des choses pareilles sur le grand homme, ses fidèles et la France dont, il le sait, et manifestement cela ne lui plaît pas, madame NDiaye est une ressortissante de naissance.
Elle devrait, pense-t-il, vouer une reconnaissance éternelle au pays des droits de l’homme, de la Révolution, du bal musette et de l’accordéon.
Elle devrait, en bonne logique aborder en permanence un sourire Banania et remercier avec
grâce tout ce que la France lui a donné.
Et applaudir aux paillettes du pouvoir.
Et à la vulgarité comme mode de fontionnement présidentiel, au flicage sytématique de tous ceux qui ne pensent pas comme il faut (à preuve, ce M. Raoult !), à ce bling-bling exhibitioniste, au discours hagiogaphique d’un Frédéric Lefebvre, à la mauvaise foi de ministricules masochistes et flagorneurs. Et au culte de l’argent, l’amour des riches, le dédain pour les pauvres, l’injure pour les opposants, la mise au pas sytématisée dont la santé est un volet obligé…
A cette révérence obscène pour les puissant de la terre et aux dictateurs à fric. A l’injure et l’indifférence pour ceux qui souffrent de leurs
turpitudes.
Je m’arrête, la liste n’est pas limitative.
Madame NDiaye ne l’a pas fait. Il est de ces vertus bien française qui, petit à petit, deviennent l’apanage des fils et des filles adoptifs de la France. Parmi
elles, l’honneur, la liberté de parole, la résistance.
Elle est partie vivre à Berlin. Dans cette Allemagne qui, il y a plus de deux siècles, accueillit avec cœur, d’autres réfugiés.
Il m’arrive de rêver à une nouvelle armée, comme il y en eut une, jadis, sur la rive allemande du Rhin.
Le destin ne lui fut pas profitable, mais il ne se répète pas toujours.
Et si on se retrouvait à Coblence, Madame, comme Jadis Condé et les contre-révolutionnaires ?
Madame NDiaye, on arrive !