De la dignité des profs de gym...

Publié le par Le blog des amis d'Ali

 

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Monsieur Alain Finkielkraut, agrégé ès lettres modernes, est professeur de philosophie à Polytechnique, ce qui – pour reprendre le mot d'Alain Soral – le met au niveau d'un professeur de gymnastique à Normale Sup.

Cela ne l'empêche pas de donner son avis, toujours autorisé, sur tout et n'importe quoi, et d'estimer que les propos de M. Christian Jacob sur Dominique Strauss-Kahn (vous savez, ce « candidat si éloigné du terroir français ») n'ont aucune coloration antisémite et valent, à tout prendre, ceux de la gauche sur Sarkozy ce « candidat américain à passeport français... »).

Et de croire que la France est sujette à l'antisémitisme, ce qui, par ricochet, doit rendre la « sécurité d'Israël » encore plus actuelle que jamais. Suivez notre regard vers Gaza où, ces derniers jours, les avions sionistes bombardent sans retenue une population prise en otage depuis plus de trois ans...

Il ne soutient qu'à demi-mots, contraint et forcé, les révolutions des peuples arabes, il s'en méfie car il sait fort bien que la fin des despotes soutenus par l'occident risque de déboucher sur un regain de la fierté nationale et une croisade pour bouter hors de Palestine l'occupant sioniste.

Et dans son for intérieur, il doit penser que la démocratie ce n'est pas « pour ces gens-là »...

Après tout, il est de ceux qui entretiennent le mythe de l'islamisme omniprésent, omnipotent, soit la meilleure excuse pour entretenir la paranoïa dans nos pays et laisser les choses aller comme nos dirigeants et leurs fortunés amis le souhaitent.

Il nous prend pour des imbéciles et nous entretient dans ce sentiment.

Tout comme l'autre, « l'émigrant hongrois, en route vers les États-Unis, et qui s'est arrêté en France » où, il faut bien l'écrire, il a fait une belle carrière. Il en a remis une couche de mauvaise foi sur fond d'humeur maussade; il remanie un gouvernement d'incompétents arrogants et satisfaits.

Comme si cela allait changer quoi que ce soit dans la conduite d'affaires où les véritables inspirateurs sont dans les sphères économiques mondialistes plutôt que dans son palais ou celui de la nation.

C'est curieux tout de même, à quelques encablures de chez nous, des peuples se soulèvent parce qu'ils en ont ras le bol de toutes ces incompétences, mensonges, dissimulations, tractations en coulisses, pouvoirs d'argent sur fond de copinage louche. Ils sont dans la rue, ils prennent les armes (qui les leur donne, dans le fond ?), font entendre une voix rugissante, et nous, européens nantis, anesthésiés par le loto, le foot, le pernod et le porno, nous regardons faire en pensant « surtout qu'ils ne déboulent pas chez nous ! ». C'est tout ce qui nous importe; que toutes ces agitations ne nous rapportent pas quelques bronzés en sus !

Et pourtant le parallèle entre eux et nous n'est pas si audacieux que ça.

Nous nous désindustrialisation à toute vitesse, la sécurité sociale est battue en brèche, le fossé entre les nantis et les dépossédés se creuse tous les jours, la classe moyenne disparaît, les tensions sociales se radicalisent, le travail devient le lieu de prédilection de l'exploitation des uns par les autres.

Cette démocratie dont ils se prévalent, n'est qu'un totalitarisme mou, une caricature d'un pouvoir représentant vraiment le peuple, ce peuple à qui on ment et auquel, sous prétexte de « plan vigipirate » on rogne liberté après liberté.

Il ne faudrait pas grand chose pour qu'explose une rancune contenue, une étincelle, un rien du tout.

Le débat sur l'islam que la droite la plus imbécile du monde va entamer dans quelques semaines peut en être l'occasion...

Nous, nous savons que dans toute période troublée, certains doivent être prêts.

Lénine a écrit des choses très intelligentes là dessus...

En attendant, n'en déplaise à M. Finkielkraut, rendons aux profs de gym la dignité qui leur est dûe...

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