De quoi Eric Zemmour est-il le nom ?

Publié le par Ali

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Zemmour et Dreyfus

Comme pour l’affaire Dreyfus, il y a l’individu Zemmour et l’affaire. L’individu Zemmour c’est un type de droite, disons de droite bonapartiste, cultivé, qui dit et écrit à peu près la même chose depuis vingt ans. L’affaire Zemmour c’est, depuis quelques mois, un système politico-médiatique qui a visiblement décidé de le pousser en avant pour faire tomber les dernières barrières de l’idéologie libéral-libertaire issue de mai 68 : droitdel’hommisme, internationalisme, antiracisme… Comme pour l’affaire Dreyfus, la bonne question est donc de se demander pourquoi aujourd’hui un tel déchainement… de soutiens ! Ostracisé omniprésent dans les médias (pas moins de six émissions), viré du Figaro finalement invirable (à dix mille euros par mois), presque attaqué par la Licra mais finalement pas… Bref, le transgresseur du politiquement correct intouchable et hautement sponsorisé Éric Zemmour est devenu en quelques semaines, comme son illustre prédécesseur, la victime la plus people et la mieux défendue de France !

Zemmour et Cohn-Bendit

En mai 68, lorsqu’il s’agissait de liquider De Gaulle parce que trop insoumis à la domination américaine, une même mise en scène politico-médiatique nous incitait, pour imiter l’insoumis Cohn-Bendit, à tous être des “Juifs allemands”. Aujourd’hui que l’ennemi désigné par les mêmes ne semble plus être le patriote français mais, finalement, l’immigré musulman précédemment choyé, nous devons tous redevenir, cette fois sous la houlette du nouvel insoumis Zemmour, des mélancoliques de l’Empire français. Autre temps, autre mœurs… et des Français toujours contents de se soumettre à la manœuvre !

Zemmour et Le Pen

Agréable donc, pour une certaine droite réactionnaire plus protectionniste que libérale, de voir Zemmour remettre à leur place les anciens chouchous de la gauche libertaire. Mais agaçant tout de même de réaliser que, finalement, ce que dit Zemmour sur l’immigration, la délinquance, l’identité nationale et l’histoire de France… c’est en gros ce que répète Le Pen depuis plus de trente ans. Mais avec Le Pen, contrairement à Zemmour, personne ne s’extasie sur son indéniable courage, son bon sens et son insoumission ? Alors pourquoi Zemmour et pas Le Pen ? Le diable se cacherait-il dans les détails ?

Zemmour et Finkielkraut

Outre Le Pen, interdit d’incorrection puisque Français de souche, un autre “nouveau réactionnaire” avait montré la voie ces derniers temps en la personne de l’ombrageux Alain Finkielkraut. Finkielkraut lui aussi posant en éternelle victime du haut de ses multiples tribunes à France Culture et ailleurs… Une différence quand même, contrairement à Zemmour, national républicain assumé, Finkielkraut, lui, pratique toujours la double éthique et le double langage. Parrain de SOS Racisme fustigeant l’antiracisme, pourfendeur de la repentance mais membre du comité d’honneur de la LICRA. Donneur de leçons républicaines avec tribune à Radio Communauté juive, Insultant l’équipe de foot “black-black-black” à Tel Aviv pour se démentir aussitôt à Paris… Un des bons points à mettre au crédit du républicain réactionnaire Zemmour, outre sa constance et sa cohérence, c’est d’avoir démonétisé Finkielkraut. Ce n’est pas encore le bonheur, mais c’est déjà ça !

Zemmour et Zemouri

Ce nationalisme, qui plait tant aux Français de souche qui n’y avaient plus droit, n’est pas sans attirer à Éric Zemmour des petits soucis avec ses “cousins” (c’est comme ça que les sémites juifs et arabes s’appellent affectueusement entre eux). Ainsi Aziz Zemouri, lui aussi journaliste au Figaro mais moins bien payé, a-t-il gratifié Éric Zemmour – outre de plagiaire d’Alain Soral (merci de l’avoir remarqué) – de raciste et de misogyne chez Morandini ; pour un peu il l’aurait traité d’antisémite ! Seulement, un : Zemouri est bien mal placé pour donner des leçons de gauche à Zemmour… de son poste au Figaro. Deux : on peut aussi remarquer que ses critiques, loin d’être celles d’un patriote outragé, sont plutôt celles d’un communautaire dont la stratégie antinationale, de Sarkozy à Ramadan, a finalement peu payé. La colère d’un jaloux en somme, envers le talent !

Zemmour et Marine

Zemmour n’a donc pas grand-chose à craindre de ses contradicteurs de gauche bobo ou de droite libérale passés de mode ou sans effets. Ses futurs problèmes risquent plutôt de venir de sa droite. De Marine Le Pen, par exemple, dont les discours composés d’anti-mondialisme financier et d’anti-islamisme sont parfaitement alignés sur les siens. Et avec la présidentielle qui approche, notre national-républicain risque d’être bien embêté le jour où il faudra qu’il dise pour qui il faut voter, au moins au premier tour. Une question que ses petits camarades journalistes ne manqueront pas de lui poser. Et là, à moins que Galouzeau de Villepin ne vienne le tirer d’affaire par sa candidature, on ne voit pas très bien, à moins de mentir ou de se dédire, comment se défiler…

Zemmour et Dieudonné

Outre le Front national, dont il est objectivement très proche sur le plan des idées, le gros problème à venir pour Éric Zemmour, c’est Dieudonné. Parce qu’à bien y réfléchir, le Zemmour de gauche, celui qui revendique aussi sa liberté de dire des vérités incorrectes et des vérités qui fâchent sur la tartuferie de l’antiracisme, sur les Blancs et les Noirs, le communautarisme et la dictature du politiquement correct… c’est Dieudonné. Seulement là, deux poids deux mesures : quand la LICRA renonce à sa plainte contre Éric Zemmour pour ses propos sur les Arabes et les Noirs, elle la maintient contre Dieudonné pour ses propos sur les Juifs (si bien qu’en plaisantant on pourrait dire qu’en France l’antiracisme, sous le règne de la LICRA de monsieur Jakubowicz, c’est un Juif ashkénaze qui décide que les Arabes et les Noirs n’ont pas à être choqués des propos diffamatoires tenus par un Juif sépharade !). De même, quand Zemmour est maintenu sur le service public, malgré ses saillies et le tollé, au nom de la liberté d’expression, Dieudonné, lui, doit se résoudre à jouer dans un bus. Et pas question de parler “d’effet Zemmour”, bien sûr, quand un vigile maghrébin est assassiné par cinq Juifs à Bobigny, alors que pour l’affaire Ilan Halimi, les médias, cette fois moins discrets, ne se sont pas privés de parler d’un “effet Dieudonné”… Et comme Éric Zemmour, contrairement à Finkielkraut, n’est pas l’homme du double langage, nul doute que face à Dieudonné, il reconnaîtrait honnêtement cette inégalité de traitement comme cette injuste libération à deux vitesses de la parole gauloise ! Raison pour laquelle, sans doute, il a soigneusement évité jusque ici de débattre avec lui. Dommage !

Zemmour et Soral

Aziz Zemouri n’est pas le seul à l’avoir remarqué : de la critique du libéralisme-libertaire en passant par celle du féminisme et du communautarisme, il y a pas mal de points communs entre la pensée d’Éric Zemmour et celle de votre serviteur. Des petites différences quand même, le style chez moi disons moins commercial : à la fois plus offensif à l’oral et moins journalistique à l’écrit. Et surtout : Israël et l’islam. Israël dont Zemmour ne parle jamais et les musulmans dont il dit plutôt du mal. Des points de détails… mais qui conduisent Éric au firmament des médias et moi au tribunal !

Zemmour et la France

Même si nous avons le droit de nous sentir floués, nous patriotes français voués aux gémonies, réjouissons-nous du vent de fraicheur que fait souffler la parole libre d’un Éric Zemmour sur bien des sujets. Félicitons-nous non seulement de sa liberté, mais incitons-le à aller plus loin ! Lui qui ose dénoncer les méfaits de l’antinationalisme, de la repentance et de l’antiracisme, qu’il ose dire jusqu’au bout qui a monté la combine ! Et puisqu’il aime tant la France, lui qui est mieux placé que quiconque pour savoir que Juif n’est pas seulement une religion, mais aussi un peuple et une nation, comme nous le rappellent fort justement une Élisabeth Levy ou un Mayer Habib… qu’il aille aussi jusqu’au bout de cette assimilation française dont il s’est fait le champion. Comme ses glorieux prédécesseurs : Marc Bloch, Michel Debré et Marcel Dassault, qu’il se convertisse enfin au catholicisme !

 

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