Existe-t-il une gouvernance mondiale ?

Publié le par Ali

illuminati-copie-1.jpg



Une gouvernance mondiale ? 
Elle existe déjà de jure au niveau mondial ou régional: l'ONU, l 'OIT (Organisation Internationale du Travail), l'OMS (celle de la santé), l'UNESCO, la Banque Mondiale, le Fonds monétaire International...etc
En plus de l'U.E, de l'ALENA (le marché commun entre le Mexique, les Etats-Uniset le Canada), son homologue en Amérique du Sud, l'ASEA (Asie du Sud-Est)...etc
Et, bien sûr, l'OTAN, l'OTASE, la Force de paix des Nations Unies...
Ces « grands machins » comme les a qualifiés le Général de Gaulle, sont issus de la volonté populaire des Etats qui les composent. Cela fonde, paraît-il, leur légitimité démocratique. 
On veut bien...
Cette gouvernance mondiale n'est pas une idée neuve. Kant, au XVIIIem siècle, la préconisait, elle était, pour ce philosophe, le meilleur moyen d'empêcher les guerres et de régler entre spécialistes (on dira aujourd'hui « technocrates ») les problèmes complexes du monde.
Les positivistes au XIXem siècle croyaient de même.
Théoriquement, la transparence du fonctionnement de ces organisations est assurée dans leurs statuts et leur contrôle par les Etats membres garanti.
Mais qui contrôle vraiment, et qui est à même de comprendre les arcanes complexes de leur fonctionnement ?
Les technocrates, c'est connu, ont leur codes, leur langage, leurs procédures compliquées et  si spécialisées qu'elles requièrent de l'intervenant, outre des connaissances poussées, une véritable initiation à leur mise en oeuvre.
Et comme il est toujours plus facile de faire compliqué que simple, les meilleures volontés se heurtent la plupart du temps à un mur procédural aussi infranchissable que les plus hautes montagnes du globe.
Alors on laisse, plus ou moins, faire, on donne quitus aussi pour ne pas perdre la face. On fait semblant d'avoir compris pour ne pas passer pour un ignare.
Et la machine administrative ronronne satisfaite.
A la limite, ce n'est pas si grave, ni nouveau. De tout temps, dans tous les règnes, les fonctionnaires ont défendu leurs codes, leurs statuts et , tout le monde le sait, quand les gouvernants passent, eux, ils restent.
Au niveau national, le citoyen peut s'alarmer, réclamer un contrôle plus poussé de son administration. Il connaît son député, peut savoir à quelle porte sonner pour protester, saisir les médias nationaux...bref, accomplir son devoir de citoyen. Et sanctionner par son vote...
Mais à l'étage du dessus,  le citoyen est désarmé.
Chez nous, qui sait quoi de l'Europe de Bruxelles et Strasbourg ? Qui connaît les députés européens, les commissaires, et comment les interpeller ?
Imaginez alors le dernier étage ! Qui connaît le nom de l'ambassadeur de France auprès des Nations-Unies ? Qui connaît la valeur juridique d'une assemblée générale de cette organisation ?
Bref, et sans vouloir utiliser de grands mots, si la démocratie n'est pas tout à fait le pouvoir du peuple par et pour le peuple, au moins est-elle le fait de discuter avant de décider. C'est le citoyen et l'agora.
Mais dans ce jeu, le citoyen n'intervient que sporadiquement par son vote, il délègue ensuite son pouvoir à un élu.
Jusque là on peut regretter le manque de concertation entre la base et le sommet, toujours est-il que les apparences sont quelque peu sauvées.
Mais il y a les coulisses. Et dans ces dernières opèrent des groupes de pression redoutables, composés des PDG des plus importantes multinationales dans les secteurs financiers, bancaires et industriels.
Il y a des entreprises dont le budget dépasse, et parfois de loin, celui d'un Etat. Général Motors, malgré ses déboires, a un budget supérieur à celui de la Bosnie-Herzégovine. Les intérêts de ces multinationales sont mondiaux. On comprend qu'ils soient enclins à vouloir peser de tout leur poids sur la politique mondiale. 
Seulement voilà, ils n'en ont pas le droit. Ce sont des entreprises privées, comme celle de l'épicier du coin.
Mais cela, ils ne veulent pas l'entendre, dès lors, sous des prétextes divers (colloques, rencontres, forums...) ils se réunissent entre eux d'abord, puis invitent des politiques, des syndicalistes, des personnalités en en vue et pratiquent le lobbying.
Et cela se fait en public, comme à Gstaad.  Ou discrètement, quand ils se regroupent sous le vocable de « Bilderberg ».
Ce qui est intolérable, c'est que ce groupe veut imposer insidieusement sa philosophie qui repose sur des postulats assez simples: liberté aussi large que possible pour qui veut entreprendre, rôle de l'Etat réduit au strict  nécessaire (armée, justice...), réduction de la population (malthusianisme) et gouvernance vraiment mondiale par le biais d'une instance supérieure qui dicterait aux autres Etats, au terme d'une procédure de concertation (disent-ils...) les mesures à mêmes de concrétiser leurs aspirations.
Et l'intolérable, c'est qu'ils réussissent à se faire entendre, alors que rien ne légitime leurs prétentions.
Ce groupe dit « Bilderberg », dont le mentor fut et reste le banquier David Rockfeller, interroge les politiques, les jauge, les conseille, les rejette, les combat... bref, il se conduit comme une force occulte;;;
Curieux tout de même que Monsieur Van Rompuy, alors Premier Ministre belge, fut reçu, à l'invitation du Comte Davignon, ex-commissaire européen,  le 14 novembre dernier par le groupe Bilderberg réunit au château de Val  Duchesse à Bruxelles. Il y exposa sa vision de la présidence européenne. Le 19 novembre, il était élu.
Coïncidence ?
Ce même groupe a reçu, l'année dernière, les candidats Obama et Clinton alors qu'ils étaient au coude-à-coude dans les sondages. Quelques jours plus tard, Madame Clinton se désistait. Il est vrai qu'une campagne pour la présidentielle américaine coûte un milliard de dollars par candidat, alors...
Intolérable, que ce groupe de super-puissants puissent donner des leçons et se prétendre seul habilité à en donner. Sa prétention repose uniquement sur sa puissance industrielle ou financière, laquelle vaut bien celle des armes.
On devine facilement la nuisance qu'entraîne pareille dépendance aux prétentions des plus riches: la guerre en Irak  et celle en Afghanistan, n'ont pour but que d'asseoir  leur influence et leur contrôle sur les ressources de cette région d'Asie. Il y aura des guerres ailleurs, en Iran, Corée du Nord, à tout ce qui résiste à leur manière de voir et de faire.
Faire du monde un vaste marché qu'ils réguleraient en fonction, de leurs intérêts, voilà leur but. Simple, logique, cohérent, pas besoin d'être polytechnicien pour le comprendre.
Il y a des petits mafieux de quartier qui font de même, mais, eux, ont les met en prison !
Ajoutons, pour ne pas faire trop long, que les superstructures ne sont pas négligées. La finance, l'industrie et ceux qui les contrôlent et possèdent, font reposer leur prétentions sur des superstructures culturelles, comme le cinéma d'Hollywood, les séries télévisées qui montrent combien il fait bon vivre dans les Etats-Libéraux d'Amérique, ou comme ces sectes religieuses américaines qui, au prix de distorsions ou d'absences théologiques, légitiment la fortune parce que « don de dieu ». Exit le remord du riche !
Cette grave dérive démocratique a été rendu possible par l'extension du pouvoir des grandes nations, par leur désir d'imposer au monde entier leur manière de voir et de gérer les choses.
Cela nous a conduit où nous sommes: climat en danger, paupérisation accrue de l'Afrique, tensions au Moyen-Orient et j'en passe.
Alors que faire ?
Soyons bref. Dans une entité antagonique, la véritable négation vient du dehors. Il ne sert à rien d'opposer la « gauche » à la « droite ». De toutes façons, il n'y a plus de gauche, et les conservateurs se nourrissent des progressistes, comme ces derniers des premiers.
La révolution viendra « du dehors », de là où on ne l'attendra pas, des fractures ethniques qui se font, petit à petit, jour, tant aux Etats-Unis qu'en Europe. Elle viendra de la révolte des écologistes devant le cynisme et l'égoïsme des dirigeants les plus nantis.
Elle sera le fait des pauvres qui n'auront plus rien à perdre.
Une révolution, ce n'est pas une émeute. Une émeute, c'est un prurit, une révolution c'est un changement drastique de métabolisme.
Cela commence par des fièvres à répétition... nous y sommes...
Et les groupes qui complotent dans l'ombre n'y changeront rien.
L'insurrection qui vient...


Commenter cet article