Faut-il s'opposer aux juifs ?

Publié le par Ali



Un lecteur m’envoie un message dans lequel il se réjouit (du  moins je le pense) qu’il y ait, sur le drame dela Palestine, des juifs pour s’opposer aux juifs, et il se demande ensuite ce que font les non-juifs pour s’opposer aux juifs. Les non-juifs n’étant pour lui que du « bétail stupide ».
Ce message m’interpelle, car il part du postulat, faux, que le monde se divise entre juifs et non-juifs.
Et d’un autre qui estime, à tort, que les juifs forment un bloc monolithique où tout se tient.
Revenons aux réalités, voulez-vous ?

Il n’existe pas de « peuple juif ». Cette notion est puremetn religieuse, autant que celle de « peuple chrétien », de « cité de Dieu » ou de la « Ouma » islamique.
Ce qui existe, ce sont des fidèles de la religion mosaïque qui habitent en Europe, en Amérique, au Moyen-Orient ou ailleurs. Tout comme les chrétiens que l’on retrouve partout dans le monde.
Les juifs, aujourd’hui, ne sont pas les descendants des Judéens de la Bible. Pas plus que les Grecs ne descendent de l’Athènes classique ou de Byzance.

Il y a des juifs askhenazes qui ont pour origine le royaume Khazar au Caucase et qui, après la destruction de ce royaume, ont émigré vers l’Europe où ils se sont mélangés à des slaves.
De même pour les sépharades qui de, Berbères convertis aux judaïsme, ont suivi les musulmans en Espagne, pour regagner, après la « reconquista », le Maghreb. Eux aussi se sont mâtinés avec des Espagnols de souche.

D’autre juifs sont sémites comme les Arabes ou les Yéménites.
Et ainsi de suite.
Il y a une loi biologique inscrite dans les gênes de tous les peuples, celle de l’hexogamie qui les conduit à ne pas se reproduire exclusivement entre eux.. C’est vrai pour les tribus dites « primitives », comme pour les « civilisés ».

Ainsi, en France, si j’en crois le magazine « l’Arche », quarante pour cent des mariages « juifs » sont mixtes. Ce n’est pas rien.

Durant des siècles on a cru que les juifs répondaient tous à des critères communs ; ils se « tiennent entre eux », il sont tous très intelligents etc...
Ce sont des fables, colportées par les anti-judaïques et encouragées par le christianisme qui ne les voyait que comme déïcides. Les persécutions qu’ils ont subies les ont soudés, certes, mais il ne faut pas en faire un dogme.

Comme tous les hommes, les juifs s’opposent entre eux. Il y a une opposition larvée entre ashkenazes et sépharades, et les juifs « marginaux » comme les falachas ethiopiens sont sujets à des rejets racistes.

Tous les juifs ne sont pas des sionistes. En France, six (6) pour cent des juifs seulement sont membres d’associations plus ou moins sionistes. Aux Etats-Unis, la majorité des juifs américains est indifférente au sort d’Israël. Ce sont des minorités qui donnent le ton. Ce n’est pas exceptionnel, cela s’est toujours vu dans l’Histoire des hommes.

Dès lors, je me réjouis que des juifs se démarquent sur cette question bien précise du sionisme, comme je me réjouis que beaucoup de juifs militent pour la vérité et la justice dans le monde.

Mais pour moi, comme pour mes amis, il n’y a pas de juifs ou de non-juifs, il n’y a que des hommes qui sont ce qu’ils sont, bons, mauvais, tièdes, égoïstes, exceptionnels ou nuls…

Ensuite, faut-il s’opposer aux juifs ? Bien sûr que non ! Et cela n’a même pas de sens. Ce serait reconnaître que le juifs du point de vue ethnique existent alors que je viens de réfuter cette affirmation.

Il faut s’opposer à tous ceux qui, pour toutes sortes de raisons mais qui toutes procèdent d’une volonté dominatrice, veulent imposer leur point de vue au détriment de celui de la justice et de la raison. Et que ces derniers soient juifs, chrétiens, musulmans ou moldo-slovaques n’est pour moi qu’un détail insignifiant.

 

 

 

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