Gideon Levy, Israël et Gaza

Publié le par Ali

Il force le respect, Gideon Levy. 25 ans qu’il s’échine à dénoncer de sa plume les exactions israéliennes en Palestine et à remettre en cause une meurtrière stratégie de l’engrenage sans jamais baisser les bras. Jeudi dernier et alors qu’un recueil de ses articles vient d’être publié à La Fabrique, le journaliste israélien donnait une conférence à Paris. On y était : compte-rendu.

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Gideon Levy : "J’essaye de raconter au peuple israélien une histoire qu’il ne veut pas entendre"Je suis un « bon garçon » typique de Tel Aviv, un produit banal du système éducatif israélien. Je ne viens pas d’une famille engagée et j’ai fait mon service militaire quand j’ai eu l’âge. J’ai même fait pire que ça : j’ai travaillé pour Shimon Perès pendant quatre ans... Pendant tout ce temps, on m’a dit que les Arabes étaient mauvais et cherchaient à nous détruire, qu’Israël était David et faisait face au Goliath Arabe. J’ai écouté Golda Meir quand elle disait qu’après la Shoah, les Israéliens pouvaient tout se permettre. J’aurais dû rester dans cet état d’esprit, normalement. Mais voilà, je suis allé dans les territoires palestiniens, j’y ai rencontré des gens, et j’ai évolué du tout au tout. Depuis 25 ans j’essaye de raconter au peuple israélien une histoire qu’il ne veut pas entendre.


L’homme qui parle ce soir [1] et décrit ainsi son parcours s’appelle Gideon Levy. Israélien, il est journaliste à Haaretz, unique grand quotidien du pays à laisser s’exprimer des voix discordantes sur la question palestinienne. Le dernier sanctuaire d’une presse qui a abdiqué toute velléité de discours critique pour servir la soupe au gouvernement et à Tsahal. Il y tient une chronique hebdomadaire intitulée « Twilight Zone » (Zone d’ombre). Par ses papiers aussi limpides que glaçants, il tente de sortir la population israélienne de son apathie et de son indifférence au sort des territoires occupés. Avec sa confrère Amira Haas, il fait partie des rares Justes à ne pas baisser les bras devant l’horreur, à tenter de stopper cette machine de guerre qui toujours se relance. Tâche ingrate : « Ce supplice de Sisyphe que nous nous étions imposé pendant des années – couvrir l’occupation israélienne pour le lecteur israélien qui ne veut rien savoir, rien voir, rien entendre. », écrit-il.

« Un journaliste modèle  », voici comment le présente son éditeur Éric Hazan, présent ce soir. Et d’avoir lu le recueil d’articles publié par La Fabrique, Gaza, Articles pour Haaretz, 2006-2009, on ne peut qu’acquiescer. Sélection forcément impartiale, incomplète, des articles coup de poing de Gideon Levy, ledit recueil n’en reste pas moins bouleversant. Chaque chronique tonne, hurle, s’indigne. Contre les médias à la botte du régime. Contre ces hommes politiques qui consolident leur popularité sur le sang des Gazaouis. Contre une société qui mène la belle vie alors qu’on tue en son nom. Et contre des guerre à répétition, surtout, des déluges de bombes contre des populations sans défense. Les catastrophes s’abattent sur Gaza (opération Pluie d’Été en 2006, opération Plomb Durci lancée en décembre 2008) et Gideon Levy fait le décompte macabre des dommages collatéraux, égrène les crimes de guerre. Ce soir, il revient d’une voix mesurée et calme, sans haine, sur son rôle de mauvaise conscience de tout un pays. À ses côtés, le documentariste Eyal Sivan (réalisateur notamment de Route 181, fragments d’un voyage en Israël Palestine), autre révolté israëlien [2] anime le débat. Extraits entrecoupés de passages du livre.


Michel Warchawski le disait à Article11 (ici) il y a maintenant plus d’un an : avec l’opération Plomb Durci, les Israéliens semblaient «  punir les Palestiniens du seul fait qu’ils continuent à exister ». Une idée semblable se dégage des articles de Gideon Levy. Soumis au blocus économique, aux bombardements, au refus de considérer le Hamas démocratiquement élu comme un interlocuteur valable, les habitants de Gaza – et à moindre mesure ceux de Cisjordanie – vivent dans l’obscurité, affamés et massacrés par leurs voisins. Gideon Levy le rappelle dans l’avant-propos de ce recueil : « L’occupation n’est pas terminée, loin de là. Elle est aujourd’hui plus brutale, perverse et inhumaine que jamais.  » Et de continuer en rappelant les terribles événements enclenchés en décembre 2008, faisant environ 1 300 morts, dont un tiers d’enfants : « Des bombes au phosphore qui brûlent les chairs vives, des bombes à fragmentation qui dispersent des clous dans tous les sens, des avions avec ou sans pilote, qui lancent des missiles, des bombardements à tout va, des centaines d’innocents tués, dont la seule faute était d’être des Gazaouis.  »

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« [C’est] peut-être la seule guerre de toute l’histoire menée contre un territoire entièrement enfermé derrière des grillages.  », écrit-il [4] le 12 janvier 2009. Une autre journaliste israélienne, Amira Hass, résumait la situation il y a deux semaines, en affirmant : « Gaza est un camp de concentration dont nous sommes tous les gardiens.  » Des gardiens qui dans leur grande majorité ont la conscience tranquille, convaincus de la justesse des agressions de Tsahal. C’est une guerre contre le terrorisme qui est menée, affirment-ils, donc une guerre juste. Dans « Qui a commencé  » (9 juillet 2006), Gideon Levy écrivait : « Israël coupe l’électricité, impose un siège, bombarde, fait sauter, liquide et emprisonne des gens, tue et blesse des civils, dont des enfants et des bébés en nombre terrifiant, mais "ils ont commencé."  »

C’est là, dans la connaissance de l’horreur et la dissymétrie des situations, que se trouve la clé de l’engagement journalistique de Gideon Levy. Ne pas se taire car cela reviendrait à cautionner. Revenir à l’humain, à la vie. Ne pas attendre, comme tout le monde, que le bruit des canons cesse pour critiquer. « Les articles rassemblés dans ce livre ont été écrits à l’heure où, partout, le mot d’ordre était "silence, on tire"  », écrit-il également. Dans le black-out médiatique, il choisit de dénoncer, décrire l’horreur. À une personne de l’assistance l’accusant de « diaboliser Israël et de ne pas parler des pleurs de ses habitants  », il répond ainsi : ,

Il est très important de soulever cette question. Mais avant de critiquer qui que ce soit d’autre, il faut avoir les mains propres. Ce n’est pas le cas. Il n’y a aucune symétrie entre les deux cas, ce ne sont pas deux peuples qui luttent sur un pied d’égalité. D’un côté il y a l’occupant surpuissant, et de l’autre l’occupé, sans défense. L’occupant continue à faire ce que pas un pays au monde ne reconnaît comme légitime. Ne me demandez pas de comparer ces deux situations, d’avoir une position équilibrée.

Médias démissionnaires


Si en Israël les tenants de la force trustent le pouvoir et gardent un grand crédit auprès de la population, c’est que les médias israéliens ne sont, selon Gideon Levy, plus du tout engagés dans un travail journalistique. Simples relais de Tsahal, les journaux refusent, à l’exception d’Haaretz, de laisser s’exprimer des voix divergentes sur le sujet. Au contraire, ils semblent s’enthousiasmer des prouesses militaires de l’armée israélienne, faire œuvre de propagande. Deux mois après la fin de l’opération plomb durci, Gideon Levy dénonçait [6] l’immense responsabilité de ces médias à la botte du pouvoir : « L’écho de leurs voix a résonné dans tout le pays : il faut frapper un bon coup ! Ils ont décrété qu’il n’y avait pas de guerre plus réussie ni plus juste. Ils ont décrit avec enthousiasme des avancées militaires qualifiées de géniales, et passé volontairement les atrocités sous silence. Ils ont fait passer pour une guerre une attaque débridée contre un ennemi sans combattants. »

Ce soir, le journaliste israélien revient sur cette question des médias aux abonnés absents :

Eyal Sivan : « En Israël, on nous dit tout le temps qu’il n’y a plus d’occupation, et que les Palestiniens sont des ingrats de ne pas se réjouir des avancées. Comment est-ce possible ? »

Gideon Levy : « Israël dispose de tout un réseau pour donner à ses citoyens des informations qui les rendent fiers d’eux-mêmes. Et les médias pratiquent l’auto-censure sur ces sujets. Sans leur collaboration depuis le début, l’occupation n’aurait jamais duré tant de temps. Vous savez, les Israéliens ne sont pas des monstres, ils ont des valeurs pour la plupart. Quand ils voient une vieille dame dans la rue, ils l’aident à traverser, parfois même quand elle ne veut pas (rires). Et je suis sûr qu’en ce moment même des avions d’aide humanitaire s’envolent pour Haïti. Mais tout change quand on parle de l’occupation et des Palestiniens. C’est en grande partie dû à une intense campagne médiatique de déshumanisation des populations arabes visant à montrer qu’elles sont en dehors des droits de l’homme, des normes internationales. Comme ce ne sont pas des êtres humains, personne ne s’émeut de ce qui arrive. 

Beaucoup de gens là-bas pensent qu’Israël est l’armée la plus morale du monde. Pas la deuxième, la première ! Ils en sont convaincus. Et pour eux, Gaza n’est qu’une seule chose : une base du terrorisme. Si on les écoute, Gaza regorgerait d’armes, serait un des plus grands arsenaux du monde, l’égal des États-Unis ou de la Russie. C’est ridicule. »

« Quand le 27 décembre 2008, Israël a lancé l’attaque contre Gaza, cela s’est confirmé. On ne peut désigner cela comme une guerre, c’est une agression. Et personne n’a bronché. Le samedi, les familles partaient en jeep sur les collines pour montrer aux enfants les nuages blancs des bombes au phosphore. »

Eyal Sivan : « Il y a deux semaines, je regardais la télévision israélienne, et je t’ai vu dans une émission, un talk-show très violent. Tout le monde criait, personne ne t’écoutait vraiment. Les autres te regardaient un peu comme l’agitateur de service, celui qui embête tout le monde en parlant de Gaza. »

Gideon Lévy : « Je déteste participer à ce genre d’émission, mais j’aimerais y apparaître tous les jours. C’est mon rôle. Il n’y a que là ou à Haaretz que j’ai cette possibilité. C’est dur, car personne ne veut entendre ce que je dis. J’essaye de rendre les Israéliens furieux, de les sortir de leur léthargie. Ce à quoi je fais face, c’est un pays dans le coma, apathique. »

Eyal Sivan : « Une chose surprenante, c’est que les journalistes n’ont pas d’accès à Gaza depuis trois ans. »

Gideon Levy : « Tout le monde en Israël est content de cette interdiction : le gouvernement, l’armée, les éditeurs de journaux, les journalistes, et le public qui ne veut pas savoir. C’est une coalition pour laisser la réalité dans l’ombre. 

Un jour, le ministre de la Défense Ehud Barak est venu au journal et je lui ai demandé la raison de cette interdiction. Il m’a répondu qu’il n’était pas au courant et il a vérifié auprès de ses conseillers. Si ça trouve, il ne faisait pas semblant… C’est vu comme un détail, sans importance. »

« J’aime vraiment Gaza, il y a des personnes qui me manquent là-bas, que je voudrais voir. Mais ce n’est pas possible. Depuis trois ans, j’essaye d’accomplir mon boulot avec les rares outils à ma disposition. Je discute avec les journalistes étrangers, j’appelle mes amis de Gaza. Dans les heures les plus noires de l’agression contre Gaza, j’appelais mes deux chauffeurs là bas. Mais évidemment, pour un journaliste ça ne remplace pas le travail sur le terrain, la visualisation de toutes ces destructions. C’est plus difficile de faire ce qui est essentiel : dire qu’à Gaza il y a des êtres humains… »

Éric Hazan : « Ce n’est pas seulement en Israël. Il y a cette histoire avec le journaliste de TF1, celle que tu racontes dans le livre… »

Gideon Levy : « Oui, c’était au moment le plus sombre de la deuxième Intifada, en allant à Rafah avec d’autres journalistes. Nous sommes tombés sur une maison détruite, une ruine. Dans une chambre minuscule, dans l’ombre, il y avait une vieille dame paralysée et traumatisée. Jusque là, elle n’avait eu qu’une seule chose qui comptait dans sa vie, sa fille, avec qui elle dormait la nuit précédente. Un missile a frappé la maison d’à côté et le mur de leur maison est tombée sur elles. Sa fille est morte. En sortant, le journaliste français m’a demandé ce que j’en pensais. Je lui ai répondu, face à sa caméra, que j’avais honte d’être israélien. Que le pilote qui avait lancé ce missile l’avait fait en mon nom. Plus tard, il m’a appelé pour m’expliquer qu’il ne pouvait pas diffuser mes propos. Sur le coup, j’ai pensé que c’était un problème technique, et je lui ai répondu que j’étais prêt à le redire. Mais non, le problème était ailleurs. Il m’a dit : "Ma rédaction ne veut pas, parce que les spectateurs français ne toléreraient pas une telle phrase." »

Plus tard dans la soirée, d’autres personnes présentes à la conférence posent des questions au journaliste israélien. Notamment sur son travail à Haaretz et l’importance de ce journal dans le monde médiatique israélien :

Q : « Vous avez une liberté totale quand vous écrivez dans Haaretz ? »

Gideon Levy : « Nous avons une machine à café dans nos bureaux de Tel Aviv. Et quand je veux la faire fonctionner, je dois ouvrir un placard situé à côté. Au-dessus, il y a un très gros dossier contenant tous les "abonnements résiliés à cause de Gideon Levy". Ils ne m’aiment pas trop au service distribution… (Rires) Plus sérieusement, j’ai une totale liberté. Je suis en minorité mais ils me laissent faire mon travail. C’est le seul journal israélien digne de ce nom qui comprenne les enjeux du journalisme dans une société démocratique. Il a d’ailleurs publié le rapport Goldstone et je peux y écrire que j’ai honte d’être israélien sans peur d’être renvoyé. »

Q : « Quel est l’impact de Haaretz sur les lecteurs ? »

Gideon Levy : « Je me le demande souvent. Ai-je une quelconque influence ? Est-ce que je n’écris pas uniquement pour les archives ? Reste qu’Haaretz garde une certaine influence. Ça a toujours été un journal d’élite. Mais cette dernière est en train de changer, le journalisme n’y est plus vu comme essentiel. »

Stopper l’engrenage ?

Le 23 mars 2008, Gideon Levy publiait une chronique intitulée  Avec de tels amis, dans laquelle il écrivait : « En évitant toute allusion au blocus de Gaza affamée, les dirigeants européens ne remplissent ni leurs obligations politiques, ni leur devoir moral.  » Depuis, l’opération Plomb Durci de 2008-2009 est venue prouver que l’Europe n’était pas prête à remettre en cause les exactions d’Israël. Israël défend les « valeurs du monde libre  » en attaquant le terrorisme, il n’est donc pas question de prendre position contre un allié de cette importance… [7]


Eyal Sivan : « Que penses tu du soutien européen ? Il y a notamment eu ce grand voyage de dirigeants venus soutenir Olmert pendant l’opération Plomb Durci. »


Gideon Levy : « Oui, des délégation européennes sont venues soutenir Olmert et Livni, comme si de rien n’était. C’était un moment honteux, un black-out moral sur l’Europe. Aucun n’est allé voir Gaza, la réalité de ce qui se passait. 

En ce moment, on parle beaucoup de l’Égypte qui construit un mur à Gaza. Mais il faut bien parler de ce mur que construit l’Europe. L’Union Européenne participe au blocus économique et au boycott du Hamas. Et au niveau humanitaire, elle n’a rien réalisé des promesses antérieures. »


« À mes yeux, la seule bonne nouvelle c’est que les politiques et l’état-major israélien y réfléchiront peut-être désormais à deux fois avant d’attaquer. C’est en grande partie la conséquence de l’action d’un homme : Richard Goldstone. 

Mais tout ce qu’Israël a trouvé à répondre aux accusations de cet homme, sioniste déclaré et juriste très réputé, c’est de déclarer qu’il était antisémite et que c’était un traître. Goldstone leur a proposé de mener eux mêmes le travail d’enquêtes, sur les bombes au phosphore, les écoles détruites, les 1 400 morts. A cela, Israël a répondu non, très brutalement, d’une manière qui rappelle l’Iran ou la Corée du Nord. Cependant, certains commencent à penser que des dirigeants israéliens pourraient être arrêtés à l’étranger pour crimes de guerre. Il y a des juriste qui en ce moment même montent à l’étranger des dossiers concernant le massacre de Gaza. De là à dire que les enfants de Gaza peuvent dormir sur leurs deux oreilles… »

Eyal Sivan : « Pour toi, tant que les Israéliens ne pâtissent pas eux mêmes de leurs actions, rien ne pourra changer [9]  ? »

Gideon Levy : « Il faut rappeler que le coût de l’occupation pour Israël est actuellement égal à zéro. La vie là-bas est belle. Tant qu’il n’y pas de terrorisme, les Arabes n’existent pas. 

Même quand Israël payait le prix de ses actions, lors de la deuxième Intifada par exemple, quand des bombes explosaient dans les bus, aucun Israélien ne faisait le lien entre occupation et terrorisme. De toute manière, la majeure partie de la société, y compris la soi-disant gauche, pense qu’il n’y a pas d’interlocuteurs chez les Palestiniens. »

Q : « Non seulement ils ne payent pas le prix, mais ils y gagnent (en matière d’armement, d’accès à l’eau, etc.) ?  »

Gideon Levy : « Je ne crois pas que l’occupation se poursuive pour des raisons économiques. Il est facile de prouver que la paix apporterait des bénéfices économiques. C’est une question de nationalisme, de religion, de racisme, de terre. »

Eyal Sivan : « Penses-tu que le boycott soit une solution ? »

Gideon Levy : « Je suis très embarrassé pour parler du boycott, parce que je ne le fais pas moi-même. Je continue à vivre en Israël, malgré tout, et du coup je ne me sens pas le droit d’appeler à faire ce que je ne fais pas. J’admire les refuznik et les exilés courageux comme Eyal. Mais tant que je reste là-bas, je n’appellerais pas au boycott. 

Ceci dit, l’histoire a montré, notamment concernant l’apartheid en Afrique du sud, que le boycott pouvait être utile. Si le boycott était choisi par le reste du monde, les Israéliens embrayeraient sur leur refrain habituel : « Le monde entier est contre nous. Ils sont tous anti-sémites.  » Et puis, avec le temps, ils seraient surement forcés de changer… »


Eyal Sivan : « Toi qui connais la classe politiques, comment expliques-tu que ça continue ? L’annexion avance tous les jours, les colonies se multiplient, tout continue… qu’est ce qu’ils veulent ? »

Gideon Levy : « Ce n’est pas à moi qu’il faut le demander… Israël est un pays très étrange qui ne connait pas ses frontières, géographiques et autres. C’est aussi le seul pays au monde qui peut se permettre d’avoir un rapport de superpuissance avec les EU. 

Et puis, tous les hommes politiques sont de droite, parlent d’une seule voix [11]. Dans les années 1970, il y avait une blague qui disait : "Deux Israéliens partagent trois opinions." Aujourd’hui, ce serait plutôt : "Trois Israéliens ont une seule opinion." 

Il y a une expérience simple. Si vous demandez à n’importe quel homme politique quelles seront les conséquence dans dix ans d’une politique continuant à augmenter les colonies et à poursuivre l’occupation, il ne saura pas quoi répondre. Vous lui demandez : vous voulez quoi, au fond ? Il ne peut pas répondre. Tous les hommes politiques que je connais pensent à court terme, deux semaines, un mois, un an tout au plus. Ils sont incapables d’avoir une vision d’avenir. »

Notes

[1] Jeudi 15 janvier, lors d’une conférence donnée à Paris.

[2] Actuellement en procès avec Alain Finkielkraut, ce dernier ayant déclaré en 2006 qu’il était un des « acteurs de l’antisémitisme juif ».

[6] Dans un article intitulé « Jusqu’à la prochaine partie de plaisir » (21 mars 2009).

[7] A lire sur le sujet, sur la scène hexagonale, ce bon billet d’Olivier Bonnet : « La bise aux criminels de guerre ».

[9] Le 19 juillet 2009, Gideon Levy écrivait : « Ce ne sont pas les Israéliens qui souffrent de l’injustice de l’occupation, c’est pourquoi elle ne risque pas de cesser de sitôt. Elle ne cessera pas tant que les israéliens n’en payeront pas le prix.  » (Qui a besoin de ça ?)

[11] Le 25 janvier 2009, Gideon Levy publiait une chronique intitulée « Tous les candidats sont d’extrême droite.  »

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