L'Europe paie ses billevesées

Publié le par Ali

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Le métissage est une belle chose et, comme l'exogamie, inscrit dans l'ordre de la nature.

Mais ce qui vaut pour les hommes n'est pas nécessairement valables pour leurs oeuvres. Et si la nature a un côté imprévisible qui fait tout le charme de cette artiste, il n'en va pas de même pour les activités des hommes.

Ainsi, rien de moins fantaisiste que la finance. Cette dame rêche, austère et froide pisseuse a horreur de l'imprévu ou du surprenant. Elle veut des assurances, des garanties, des voies de replis, des positions d'attente. Tout cela dans un cadre neutre, qui ne fait pas tache, passe partout, ne laisse pas de traces et s'oublie une fois épuisé. Bref, le contraire de l'artiste.

Alors, quand elle voit quelques pays aussi disparates que l'Allemagne, la Grèce, les Pays-Bas et le Portugal, entre autres, mettre leurs monnaie en commun et  créer l'euro, elle a comme une moue. Cela ne colle pas, cette union est celle de la belle (l'Allemagne ?) et de la bête (la Grèce ?), elle ne veut pas savoir quel genre d'enfants cela va donner. Elle, c'est le court terme, le gain  dans l'escarcelle, et le plus vite possible. Elle se dit qu'il y a divorce en l'air, et, sans attendre, sème la zizanie dans le couple. 

Il y a des belle-mères qui font pareil. Non ? 

Et que fait un couple qui s'aime de la belle-mère ? Il l'évite au maximum, l'invite un ou deux dimanche par an, défait la nappe ringarde qu'elle a offerte pour les cinq ans de mariage, sert les petits fours, a des sourires de circonstance, et la voit repartir avec la satisfaction du devoir accompli.

Mais dans cette tour de Babel qu'est l'Europe de Bruxelles, ce type de comportement n'est pas possible.

La belle-mère est là, au milieu du lit conjugal, compte les coups si j'ose dire, et, comble des combles, décide qui est en droit de partager ou non la couche nuptiale. Exit la Grèce, demain le Portugal et ainsi  de suite...

J'ai toujours pensé que construire une Europe composée de vingt-sept entités aussi disparates ne pouvait que conduire à l'échec. D'autant plus que ceux qui la concevait, supportait, en même temps, une mondialisation des échanges commerciaux et financiers, et ne se doutait pas que ces derniers ne leur feraient pas de cadeaux. Parfois on peut se demander si l'inflation de diplômes ne rend pas aveugle et sourd à la trivialité du moment.

Et recouvrir d'une même valeur financière, la drachme et le mark, l'escudo et le florin, allait peut-être passer inaperçu au milieu du menu fretin, mais pas chez les requins de la haute finance. 

Allons ! Cette Europe aurait pu avoir un peu de crédibilité dans un contexte protectionniste et interventionniste, mais pas dans ce « laisser faire, les meilleurs gagneront », qui est celui de Bruxelles.

Et, bien entendu, les petits, les sans grades paieront. Retraites écornées, salaires creux, sécurité sociale au chapitre des souvenirs. Il ne leur restera que de quoi rester chez eux à la maison, se passionner pour le foot et la télé-réalité.  Chez eux, pas dans la rue ! Dangereuse, la rue !

L'Europe qu'il nous faut, c'est  l'extension du Saint Empire Romain Germanique, ensemble homogène, soudé par l'expérience et les souvenirs de l'Histoire. Une Europe à la mesure d'un Frédéric II de Hohenstauffen que j'appelle de mes voeux.

Les grands desseins conçoivent de grands hommes !

Les grands hommes exaltent les peuples !

En finir avec le sérail des nains !

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