Karachi: le témoignage explosif

Publié le par Le blog des amis d'Ali

Voici les confidences de M. Mazens auprès du juge d'instruction Renaud Van Ruymbek, telles que l’on pouvait les lire, hier, sur Médiapart à propos de “L’affaire Karachi”:

 

…, les confidences de M. Mazens risquent de provoquer une déflagration.

 

«J'informais M. de Villepin en temps réel de l'évolution de ce dossier», a-t-il d'abord indiqué, en faisant allusion au contrat Sawari II. Avant de poursuivre: «Entre-temps, il m'a demandé d'aller voir M. Castellan et de lui dire d'appliquer la même procédure pour le Pakistan. Je n'étais pas au courant de ce dossier. Je n'ai fait que transmettre cette directive à Dominique Castellan qui était à l'époque le patron de DCN-I (branche commerciale de la DCN, NDLR).»

 

Il a ajouté: «Un soir, je suis ainsi allé voir M. Castellan dans son bureau pour lui faire part de la directive de M. de Villepin. Il a réagi en me disant que pour lui c'était compliqué car c'était faire courir des risques à ses personnels. J'ai appris par la suite que M. Castellan s'était fait confirmer ce que je lui avais dit en interrogeant la DGSE.»

 

 Car en d'autres termes, dès 1995, l'Etat français aurait été conscient du fait que stopper le versement de certaines commissions dans le cadre du contrat Agosta était susceptible de faire courir des risques aux employés de la DCN.

 

Les ouvriers tués en mai 2002 dans l'attentat de Karachi avaient été dépêchés au Pakistan dans le cadre de l'exécution du contrat Agosta. 

 

Interrogée par Mediapart vendredi matin sur ce spectaculaire rebondissement, Magali Drouet, l'une des porte-parole du Collectif des familles des victimes de l'attentat de Karachi, a déclaré: «Nous sommes scandalisés et aussi soulagés parce que, pour la  première fois, un lien est fait entre l'arrêt du versement des commissions et l'attentat de Karachi. Par conséquent, nous demandons à notre avocat Me Olivier Morice de déposer plainte contre l'État français, contre Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Dominique Castellan et Jean-Marie Poimboeuf, dans leurs fonctions respectives d'ancien président de DCN-I et président de DCN, pour mise en danger délibérée de la vie d'autrui et homicide involontaire.»

 

http://www.mediapart.fr/journal/france/191110/un-temoin-lie-lattentat-de-karachi-aux-retrocommissions

 

 

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C’est une bombe, vous en conviendrez. Le lien est fait entre la retrocession de commissions au profit de la campagne électorale de M. Balladur, dont le porte-parole, à l’époque, était Nicolas Sarkozy, et l’attentat qui a coûté la vie a quinze de nos compatriotes.

Alors, que va-t-il se passer ?

Langue de bois, comme de coutume. “Secret Défense”, comme on nous l’a trop souvent
fait ?

L’occasion est donnée à nos dirigeants de prouver que nous vivons en démocratie, que des comptes, par consequent, doivent être rendus au peuple souverain. Que ce que nous dénoncons constamment, ces accords tacites, ces jeux de couloirs, ces copinage de buvette ou de salons feutrés chez des banquiers genevois, ne sont  que débordements imaginaires.

On verra...

Aux Etats-Unis, l’affaire aurait été depuis longtemps entre les mains d’une commission parlementaire particulièrement féroce. Dans ce pays, aussi corrompu que le nôtre, il y a encore une règle qu’ils respectent encore scrupuleusement: si vous vous faites prendre, malheur à vous !

Alors ?

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