L'exemple turc...

Publié le par Le blog des amis d'Ali

 

 

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 Balthus: la chambre turque

 

 

La Turquie a fait son deuil de l'Europe. C'est du moins ce qui appert de l'évolution de sa diplomatie. Finis les voyages à Bruxelles qui ressemblaient plus à ceux de Canossa. Avec l'Union Européenne, finies les tergiversations, les promesses non tenues, les déclarations alambiquées et le mépris d'un Sarközy, la Turquie a pris conscience d'elle-même et de sa puissance.

Alors elle s'est tournée vers ces peuples qui lui sont apparentés. Ces Turkmènes, Ouzbeks, Kirghizes et autres qui parlent turc et s'étendent dans toute l'Asie Centrale, jusqu'en Chine. C'est énorme !

Elle s'affirme comme puissance régionale et a signé des accords avec la Syrie, l'Irak et l'Iran. Georges Malbrunot dans le Figaro (21.11 dernier), a très bien analysé cette reconstitution du pacte de Bagdad qui s’effectue, trente ans après la volatilisation de ce bloc anti-soviétique, mais aujourd’hui sans les Etats-Unis et le Pakistan. Et il explique comment la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran « dessinent à vive allure la matrice de leurs institutions communes, à l’instar, il y a cinquante ans, de l’Europe des Six » : les visas entre ces quatre pays sont désormais supprimés, un consortium vient d’être créé pour rendre compatibles les réseaux des oléoducs et des gazoducs existants et à venir, les ressources d’eau y sont administrées de concert, etc. Ce futur bloc territorial de 250 millions d’habitants - qui contrôle à lui seul le Bosphore, le détroit d’Ormuz et la plus grande part des routes du gaz et du pétrole - possède 35% des réserves d’hydrocarbures de la planète. A terme, c’est, aux yeux de Georges Malbrunot, une hyper puissance qui émergera.

En somme, faute d'être reçue, comme il faut, dans l'Union Européenne, la Turquie en crée une autre d'Union dont elle devient le moteur. Elle a raison !

D'autant qu'elle comptera cent millions d'habitants d'ici la fin du siècle et que les peuples turcophones qui sont ses cousins représenteront, avec elle près de deux cent millions d'habitants.

Elle devient donc, petit à petit comme une puissance avec laquelle il va falloir compter.

Et elle a de l'expérience ! Songez, quatre siècles d'empire ottoman qui s'étend sur des peuples, des langues et des croyances divers et variés. On ne tient pas quatre siècles un empire sans sagesse, doigté et intelligence, les Turcs l'ont prouvé.

La Turquie n'a pas de pétrole, mais une ressource humaine de première qualité: disciplinée, travailleuse, intelligente et consciente de son identité. L'Iran et l'Irak possèdent les plus importantes réserves de pétrole qui restent encore dans le monde. Cette alliance a de quoi faire réfléchir, quand on sait que d'ici 2020 le déclin des Etats-Unis sera largement entamé, quant à l'Europe mercantile des 27, il n'en restera, sans doute, que des souvenirs amers.

D'où l'urgence de créer l'Europe impériale, celle du Saint Empire Romain Germanique, étendu à la France, l'Espagne et le Portugal. Une Europe homogène, où les nations seront effacées au profit des régions. Une Europe débarrassée de l'influence anglo-saxonne, consciente de son identité catholique romaine, dans le creuset de laquelle elle souhaite intégrer toutes ses composantes.

Pour le faire, il se fait tard, mais il est encore temps.

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