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L'Hypocrisie du monde moderne

Publié le par Le blog des amis d'Ali

L’hypocrisie du monde moderne 

 

L’hypocrisie du monde moderne

 

Qui sont aujourd’hui les héritiers des pharisiens de l’Evangile ? Ce sont nos contemporains, l’immense majorité de nos contemporains. Tout spécialement cette classe bourgeoise flatulente, qui ne souffre guère aujourd’hui des conséquences matérielles de la crise financière, sauf à postposer de quelques mois l’achat d’une troisième voiture « familiale » pour le vingtième anniversaire de l’unique progéniture, l’héritier désiré et choyé. A côté de la veulerie de ces bourgeois hédonistes peuplant les cités dortoirs du village mondial, les raides docteurs de la loi qui ont crucifié le Christ en paraîtraient presque sympathiques à nos yeux ! Ce texte est un énième délire de l’Avoué du Saint Sépulcre, ce fou de Dieu rongé par la haine ! Eh bien délirons, par haine certes mais par haine du péché et surtout par amour de Dieu…

 

Quelle vomissure que ce monde ! L’agriculture industrielle déverse chaque jour que Dieu fait des hectolitres de pesticides mortels pour les abeilles, ces bêtes à Bon-Dieu si utiles au cycle de la vie ; les oligarchies financières emprisonnent chaque jour notre pays et le monde dans un réseau de communications de plus en plus dense au nom du « développement » et de la « croissance » ; le bruit des voitures et des avions nous rend fous ; l’Argent-Roi saccage sans vergogne la création au nom du profit dans des proportions apocalyptiques jamais connues par le passé… mais les citoyens du village global ne voient rien. Ils clignent des yeux, détournent le regard et ouvrent la bouche : « encore, encore, miam, miam… » Aaah ces modernes, dans quelque conversation mondaine, tendez l’oreille et écoutez les brayer leur suffisance de dernier maillon de la chaîne de dévolution : ils aiment s’y indigner de la barbarie de la chasse, d’un vulgaire combat de coq ou d’une corrida… Aaah là Monsieur, aaah là Madame, élevez les barricades… chacun monte au créneau avec Marianne pour condamner, l’écume aux lèvres, qui de la cruauté du fermier, qui de la cruauté du toréador. Aaah là Monsieur, … s’ils avaient un couteau sous la main, ils le planteraient sans détour dans le dos de ces chasseurs armés – quel sinistre instrument qu’un fusil chargé – à mort ces salauds consensuellement reconnus par le monde et les médiats qui pensent toujours bien ! Etrange effet miroir entre cette masse informe de modernes éructant et cette foule de Juifs, ces résistants de la dernière heure, qui appelaient jadis à crucifier Jésus, qu’ils avaient pourtant acclamé une semaine plus tôt : « Crucifiez cet innocent, qui se prétend être notre Roi, quitte à relâcher le criminel ignoble et connu de tous, Barrabas ! »

 

Oui, ce sont bien les mêmes qui s’indignent du sort d’un vulgaire journaliste droitdel’hommiste détenu dans une quelconque geôle birmane, du « honteux » procès fait à Polanski, de l’odieux antisémitisme de Le Pen mais feignent d’oublier que des centaines de milliers d’Irakiens sont morts suite aux conséquences de l’embargo US, que Gaza est un camp de concentration à ciel ouvert ou que l’uranium appauvri des armes américaines empoisonnera pour des siècles les populations ex-yougoslaves. Et cette hypocrisie sue à travers tous les pores du tissu social français et européen, elle contamine jusqu’aux causes les plus futiles. Ce sont bien les mêmes encore qui crient au scandale lorsque le lit du ruisseau local déborde dans leur cave suite aux crues annuelles mais qui n’ont guère hésité à construire leur villa domotique en zone inondable et à bétonner leur allée pour garer la voiture. Ce sont les mêmes qui crient au scandale pour un condamné à mort, un criminel connu de tous, mais ne bronchent pas devant les millions d’enfants assassinés dans le ventre de leur mère. « Chaque jour je mange du bœuf tué industriellement, s’exclame le dernier homme, mais je milite activement contre la barbarie de la corrida qui trouble ma digestion à l’heure de la sieste ». Ce qui ne se voit pas, ce qui est caché, même s’il le subodore, ne dérange pas le dernier homme. Son confort est sauf, tout va bien. Si la télévision n’en parle pas ou ne commande pas de s’indigner, pourquoi se faire mal au ventre, pourquoi troubler sa fin de repas pour des causes aussi impopulaires que les enfants avortés, les Afghans atomisés au nom de la liberté des femmes à porter des mini-jupes ou les campagnes françaises saccagées par l’agriculture intensive, l’urbanisation bourgeoise et les centres commerciaux ; l’indignation en public pour de telles causes, au nom d’une quelconque Beauté Intemporelle, cela fait tellement mauvais genre et puis cela pourrait indisposer certains convives lors du barbecue hebdomadaire ! Le vin est si bon, ami lève ton verre…

 

Sommes-nous, catholiques, à l’abri de ces comportements hypocrites ? Plus que jamais, NON ! Nous devons prier, beaucoup prier et agir pour que notre foi ne se cantonne jamais à une vulgaire pratique religieuse, surtout dans un monde si hostile à Dieu…Nous devons prier, beaucoup prier pour que Dieu nous offre la grâce de regarder ce monde répugnant avec les yeux douloureux du Christ et de son Auguste Mère. Pas un carré de cette civilisation libérale-consumériste qui ne soit une insulte à Notre Seigneur-Jésus-Christ et qui ne réclame une juste réparation. Nous devons prier, beaucoup prier pour conserver notre dégoût de cette meurtrissure insolente du monde moderne. Nous devons pourchasser l’hypocrisie moderne dans tous ses états, où qu’elle se terre, où qu’elle se cache. La sincérité est un commandement de Dieu : un Catholique ne peut mentir, ni aux autres, ni à soi-même. Ce monde est un cauchemar satanique, nous avons le devoir de le proclamer haut et fort.

 

L’hypocrisie d’une certaine forme de catholicisme ? Parlons en aussi ! Rien n’est plus hypocrite par exemple aujourd’hui chez certains catholiques que la condamnation de la force et de la rébellion. Etrange posture chez les adeptes du compromis que ce pacifisme de façade, hypocrisie vite démasquée puisque l’usage de la force ne disparaît du vocabulaire de votre interlocuteur que pour réapparaître deux phrases plus loin dans son discours. Car la violence, c’est bien connu, sera toujours en odeur de sainteté lorsqu’il s’agit de défendre quelque cause populaire, digne de l’intérêt de l’ « opinion » ou mieux lorsqu’il s’agit de défendre quelque petit pré-carré national si bénéfique à nos intérêts individuels bien compris : interdiction républicaine de la Burqa – la liberté d’expression ou la lutte contre l’Islam est à ce prix ; vacances en Tunisie en « last minute » dans des poubelles volantes avec un personnel immigré sous-payé – le low-cost et nos appétits nomades sont à ce prix ; visite quotidienne à l’hypermarché « du coin » où on trouve « de tout » mais bétonnage des terres cultivables et disparition des commerces locaux – le « vite fait-bien fait » est à ce prix ; respect des autorités républicaines même si elles incarnent l’exact opposé de la civilisation chrétienne, conformisme historique et application rigoureuse des lois liberticides – ma vision conformiste du monde et mon pacifisme sont à ce prix ! Hypocrisie, violence cachée, violence larvée, violence réelle, qui se dissimulent sous des sourires contrits de chrétiens démocrates. Comment donc, Avoué, osez-vous remettre en question nos acquis, notre vie si rangée, si cohérente… Quel obscur scribouillard êtes-vous donc, Avoué, pour déconstruire ainsi tout ce qui fait l’essence de notre présent. Vous ne pouvez pas, même et surtout au nom du Saint Sépulcre, tout changer, tout bouleverser. Il faut bien accepter un compromis avec cette réalité qui nous fait souffrir, fut-elle douloureuse. Votre révolte est folie. Acceptez-donc de ployer quelque peu l’échine, vous verrez, ce n’est pas si difficile de marcher le dos voûté. Et puisque vous êtes catholique, acceptez donc humblement le fardeau de la croix du monde moderne, Dieu sera reconnaissant de votre « sacrifice »…

 

Mais comment donc ! Imposteurs, mécréants ! Ce n’est pas de cette croix là que nous parle le Christ. Oseriez-vous prétendre, du haut de votre foi, que l’inaction et la passivité devant la LAIDEUR et le MENSONGE sont l’essence même du Calvaire ? Où voyez-vous dans la vie de Jésus qu’il ait sanctionné par son silence quelque injustice, quelque mensonge, fussent-ils anodins et secondaires à vos yeux. Douteriez vous donc ma parole que chaque injustice, chaque parole perfide et insincère broie horriblement Son cœur douloureux ? Dès que l’occasion s’en présentait, le Sauveur ne tenait-il pas des mots extrêmement durs pour condamner les esprits retors : « Votre père c’est le diable… engeance de vipères…sépulcres blanchis ». Car ce qui guide les adeptes du compromis avec le monde, tous ces invertis de la volonté, ce n’est ni la tolérance, ni l’amour, ni la sainte prudence – l’utile vertu que voilà – encore moins l’imitation de la Croix. Non pas ! c’est la peur de la confrontation, la trouille diarrhéique du réel brut et du sang sacrifié légitimement, à l’instar du sang du Christ offert en holocauste pour une noble cause. Ces ventres mous sont incapables de supporter la noblesse de la croix, tout ce qui est aigu, tranchant, haut, acéré, sanglant car VIVANT, tout ce qui trouble leur petit confort physique et visuel. Leurs yeux bouffis de graisse ne supportent même plus la vue de leurs propres géniteurs morts, qu’ils confient à la sauvette à quelque entreprise de pompes funèbres contre monnaie sonnante et trébuchante – au moins Judas regrettait-il sa trahison ! Mais eux, pensez-vous… leurs narines prétendument délicates sont allergiques à l’odeur des cierges et de l’encens, elles préfèrent celle du coca-citron. Les modernes, dans lesquels j’inclus sans aucune concession ma vile personne lorsqu’elle se détourne du Golgotha, ont ancré en eux le refus démoniaque de l’INCARNATION, de la VERITE qui blesse leur peau délicate, qui indispose leurs narines obséquieuses, qui éblouit leurs yeux fatigués. Cette Vérité qui nous sauve malgré toute notre indignité d’homme pécheur, cette Vérité qui transfigure.

 

Catholiques ! La Vérité proclamée en public rend fous et haineux les cochons, elle trouble leur sommeil. A quoi la reconnaît-on ? Elle nous livre par delà nos peurs et nos réticences, à la haine du monde. Voilà le baromètre aujourd’hui de la Vérité, lorsque nous ne cachons pas cette Lumière Eternelle sous le boisseau, le monde nous crucifie. Dieu nous avait pourtant prévenus.

 

L’Avoué.

 

 

 

Source: Les Intransigeants

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