L'Ukraine sans gueule de bois...

Publié le par Ali

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Viktor Ianoukovitch



L'Ukraine n'a pas cédé à la sirène, elle a préféré le terne mais pragmatique Viktor Ianoukovitch à l'accorte et expansive Ioula Timocheko. Cette dernière avait promis l'entrée de l'Ukraine dans l'Union Européenne dès qu'elle serait élue et autres fariboles de ce genre, le peuple a choisi, elle conteste le résultat, râle, ce doit être dans sa nature.
Souvenez, en 2004 les médias s'extasiaient devant une révolution orange qui allait voir ce qu'on allait voir: le retrait du giron russe, le relèvement spectaculaire du pays, la démocratie joyeuse, l'Otan triomphant et Mc Do à tous les coins de rue. A la place, ce fut la corruption (encore plus) généralisée, la tension linguistique entre russophones et Ukrainiens de souche exacerbée, les usines fermées, les mines vieillissantes, la déception, la gueule de bois encore plus migraineuse qu'avant.
Ianoukovitch revient aux fondamentaux, il est de ceux qui savent que l'Ukraine est un Etat, ce n'est pas une nation, elle est un composé de régions plus ou moins soudées entre elle et partagées par une langue soeur du russe, peut-être,  mais fière de ses caractéristiques. Il sait que l'Histoire est là pour rappeler à tout un chacun que l'Ukraine et la Russie sont unies par une géographie et une histoire intimement entremêlées, ces deux Etats sont proches l'un de l'autre et l'Ukraine bien plus de Moscou que de Berlin ou Bruxelles.
C'est donc une victoire du réalisme. Reste à réformer des moeurs politiques  qui se sont encore plus relâchés depuis que le miroir aux alouettes à fait saliver plus d'un élu. L'avenir de l'Ukraine se fera non pas dans l'U.E, illusion à paillettes, mais « la main ans la main » avec la Russie.
Et j'ajoute que l'avenir d'une Europe souveraine se fera aussi avecs l'Est ».
L'Est, c'est la Russie,  un immense pays aux réserves de matières premières et d'énergie considérables, un pays peu peuplé qui a besoin de la technologie européenne, des produits, des machines de l'Europe et qui en retour lui assure son indépendance énergétique.
Un partenariat entre L'Europe (pas nécessairement celle des 27) et la Russie, cela signifie un marché de 500 à 600 millions d'habitants, un territoire qui irait de l'Atlantique au Pacifique, avec accès aux mers du Sud et l'océan Arctique qui sont des espaces faciles à contrôler.
Si, en plus, un partenariat se crée avec la Turquie, future puissance au proche orient et porte d'entrée de l'Asie centrale, vous imaginez sans peine la valeur géo-stratégique de ces partenariats.
L'Europe de l'Otan et de l'atlantisme, c'est l'Europe vassalisée, réduite à une collection de souverainetés d'opérette, toutes féales des Etats-Uns, c'est la chasse gardée des entreprises multi, très multi, nationales, c'est une Europe des marchandises où l'Européen doit être un consommateur avant d'être un acteur, et son rôle sera voisin des coulisses.
L'Ukraine se réveille au lendemain  d'une ivresse mensongère.
Et nous ?

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roland 11/02/2010 22:02


excellente question.
Mais ces perspectives, combien de gens les partagent actuellement ?