La sarkozye sans humoristes...

Publié le par Le blog des amis d'Ali

 

Le matin, sur France Inter, il y avait  deux humoristes. Il sont virés !

Didier Porte et Stéphane Guillon n’étaient pas précisément de notre bord, mais la France sans humoristes caustiques, sans liberté (absolue) de parole, sans devoir d’impertinence, ce n’est plus la France, vous le savez bien.
En Italie, voici des années que Berlusconi et les medias à ses ordres se sont passés de ce type de divertissement. On rit désormais lourdement entre Florence et Rome, de Bari à Milan ; les politiciens sont intouchables. Les fous du Roy qui,  dans les régimes monarchiques les plus absolus,  étaient  la fierté des  monarques, sont persona non grata en république. Il est vrai que les rois avaient de la classe…
Ils sont donc virés pour excès d’impertinence et liberté abusive de parole. La France est un peu plus triste, terne et grise après leur départ. En philosophie cela s’appellerait le « dévalement dans le « on » », dans le convenu, l’accepté une fois pour toute, la perte de tout jugement.
Les monarques, les vrais, régnaient sur des sujets, nos édicules  veulent des zombies qui font, pensent et disent, exactement ce qu’ils veulent.  Dans ce système, il n’y a pas de place pour les électrons libres, les rebelles, les sceptiques, les critiques ou,  tout simplement les penseurs.
En matière de pensée, braves gens, moins vous vous torturez les méninges, mieux ils se porteront ceux qui, toute la sainte journée, vous assurent que sous leur régime sous coulez des jours que les peuples de la terre vous envient.
Nous vivons, en ce moment, une succession d’actes dans ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire Woerth », présentement  ministre du travail et ex ministre du budget. Il y va d’une histoire où se mêlent la femme la plus riche de France, l’UMP, des politiciens de droite, la femme du ministre, une évasion fiscale en Suisse, des signalements de la direction des impôts qui demeurent sans suites et des déclarations du ministre qui varient d’un jour à l’autre.
On imagine sans peine ce que nos comiques remerciés auraient pu broder sur cette  saga. Ils ne sont plus là, ouf !
Aux Etats-Unis, pays que nous brocardons sans trêve, pareil scandale aurait déjà provoqué la démission de l’intéressé et fait trembler le pouvoir. Les puritains de   Washington sont comme ça, ils ne veulent pas de turpitudes publiques, les  « touche-fric » sont comme les « touche-pipi », occultés, niés ou sévèrement condamnés.  Ici , en France et en Europe, on se voile un peu la face et on fait comme si tout pouvait s’expliquer, même l’inavouable.
Sophismes, mensonges, distorsions de la logique, poudre aux yeux, voilà le lot quotidien réservé à ceux qui, souvent, se lèvent tôt le matin, gagnent peu, paient trop cher et se saoulent des mots, des spectacles et du bling-bling de leurs dirigeants.

Jusqu’à quand ?

 

 

 

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