Le rôle capital des banquiers

Publié le par Le blog des amis d'Ali

 

 

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Un banquier est un commerçant qui vend de l'argent. On peut le comparer aux autres commerçants à un détail près: il ne paie pas son stock, on le lui
donne !

Un marchand de chaussures doit acheter sa marchandise avant de la vendre, cela représente un risque, celui de se retrouver avec des « rossignols » à la fin de la saison, sans compter que le stock il faut le payer dans les deux mois qui suivent la livraison, et cela coûte cher en trésorerie.

Rien de pareil pour le banquier. Il reçoit gratuitement son stock de braves gens comme vous et moi, et il le vend à d'autres braves gens qui en ont besoin. Le prix de la vente, ce sont les intérêts.

Il fut un temps où le banquier ne pouvait pas vendre tout son stock, la loi l'obligeait à tenir intacte une réserve. Personne ne croyait que tous les déposants viendraient le même jour retirer leurs avoirs, mais nonobstant, il fallait qu'une réserve dite stratégique et légale soit toujours dans la banque. Il ne pouvait vendre qu'une partie de l'argent qu'il avait en stock.

La tentation devint forte pour le banquier de prêter plus que ce qu'il avait en caisse. Donc de gagner des intérêts en prêtant de l'argent qu'il n'avait pas en stock et qui n'existait que sur papier. Ce n'est pas seulement gagner de l'argent en ne créant aucune richesse, c'est carrément gagner de l'argent à partir de rien sinon d'une quasi escroquerie.

Pour cela, il fallait que notre banquier se débarrasse du carcan étatique et de toutes ces lois rigides qui l'empêchaient de faire ce qu'il voulait.

Il commença dans les les années 70 à ne plus lier la valeur du dollar à celle de l'or. Le dollar flottait tout seul comme un grand, cela permit, entre autres, de financer, avec du vent, les bombes et les horreurs de la guerre du Viet-Nam..

Puis il en mit encore une louche dans le dogme de la régulation par la seule volonté du marché.

Peu d'observateurs croyaient, il y a plus de vingt ans, que cette stratégie de « tout pour la banque » serait gagnante, et pourtant, c'est ce qui arriva au-delà de toute espérance. Aujourd'hui, les banques dites « nationales » sont elles-mêmes privatisées et les organismes de contrôle sont composés de représentants des banques. C'est le club des copains et des coquins. Il en va de même pour la banque centrale européenne. Comme juges et parties on ne fait pas mieux.

Le traité de Lisbonne, à la suite du traité de Maastricht, enlève aux États le seul droit régalien qui subsistait, celui de « battre monnaie », donc de traduire en monnaie la richesse nationale. Exit cet antique privilège, ce sont désormais les banquiers eux-mêmes qui déterminent, en fonction de leurs intérêts propres, le niveau de la richesse des peuples. Les banquiers sont nos rois !

Ils le sont d'autant plus qu'entre eux ils s'entendent et se partagent les marchés, comme jadis les seigneurs les fiefs et les serfs.

En fait, les banquiers ont réalisé un rêve fou: celui de gagner énormément d'argent en ne produisant rien, en n'investissant que du néant, et en battant soi-même de la monnaie. Il fallait le faire ! Faut-il que l'on soit couillon pour l'avoir permis !

Et quand ces messieurs reviennent sur le devant de la scène, à travers leurs affidés politiques et autres amuseurs, c'est pour nous parler de démocratie, de croissance, de crise, de ci et de ça et n'importe quoi pour nous donner l'illusion que nous sommes le peuple qui vote et donc règne !

Ils nous prennent pour des imbéciles, et ils n'ont pas tort !

Gare à celui qui s'en prend à leur pouvoir. Voyez Mitterand et la gauche des années 80, obligés de faire marche arrière sous la menace des banquiers internationaux menaçant de ruiner le pays.

Qui a bafoué le peuple français en obligeant les politiques à appliquer le traité constitutionnel européen (en fait, la charte des banques), malgré le « non » des urnes ? Les banquiers ! Qui ruine sciemment, aujourd'hui la Grèce, l'Irlande, demain peut-être l'Espagne et la France ?: les banquiers !

Qui à dit non aux banques ? Le peuple islandais, trop petit, trop au nord pour qu'ils se risquent à lui faire la guerre.

Alors, mes amis, si un certain Strauss-Kahn, demeurant présentement à Washington, Etats-Unis, souhaite se présenter à vos suffrages et briguer la présidence de la république française, vous saurez à quoi vous vous engagerez. Ce n'est pas la première fois qu'un banquier dirige un pays, le dernier fut monsieur Pompidou, de la banque Rothschild. Il était rusé, monsieur Pompidou, il était aussi l'obligé du baron, que n'aimait pas le Général. Mais on n'était plus à Londres, la guerre était finie, et un banquier dure plus longtemps qu'un vulgaire Hitler !

Que ce soit la droite ou la gauche, pour le banquier, c'est du pareil au même, l'argent n'a pas sa carte du pari, même s'il s'y invite, et comment !

Il reste bien des choses à faire pour que les choses se remettent en place et dans le bon sens.

Et la place des banquiers, comme celle de l'argent, c'est de se mettre à notre service.

Et non pas l'inverse.

Mais pour cela, il ne faudra pas prendre de gants.

Comprenne qui pourra !

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