Les jours sombres de l'Europe

Publié le par Ali

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Je n'aime pas les arguments « ad hominem », comme ceux de ce député anglais, Nigel Farage, membre d'un obscur parti qui prône l'indépendance  de la Grande Bretagne (comme si elle ne l'était pas...) lorsqu'il s'en prend au physique de M. Van Rompuy qui est, si vous ne le savez pas, Président permanent de l'Union Européenne. Dire qu'il a une tête de guichetier de banque, ce n'est pas gentil pour les guichetiers, et encore moins pour ma guichetière à moi que je salue en passant. 
M. Van Rompuy, n'en déplaise à M. Farage, à une tête de clergyman anglais au retour d'une conférence sur Hume.
Mais foin de plaisanterie. M. Van Rompuy n'a pas été élu, c'est vrai. Il a été choisi, entre autres par M. Sarkozy et Mme Merkel, mais l'homme n'est pas qu'une potiche, c'est un froid exécuteur, un chrétien féru de néo-thomisme (la philo officielle de l' Eglise catholique), un de ceux qui décident, à l'instar des bons Pères, de faire votre bonheur malgré vous. Et notre bonheur, il croit qu'il passe par une gouvernance mondiale, seule à même de résoudre les complexes problèmes qui nous assaillent dans notre vie quotidienne. Ecoutez-le dans la vidéo jointe à ce papier.
Le hic, c'est que ces problèmes ont été créés et amplifiés par cette construction européenne, 
développée sans vision politique exaltante, sans enthousiasme populaire, et concoctée en catimini dans des laboratoires bruxellois par des préparateurs anonymes aussi charismatiques que peut l'être M. Van Rompuy lui-même.
Voyez l'histoire des Etats-Unis. En 1777, les Etats qui se sont libérés des Anglais, s'unissent sur une base commune, la Constitution (en fait, les articles de la Confédération), une langue unique, l'anglais (il s'en est fallu de peu que cela ne soit l'allemand) et ils décident de n'accepter d'autres Etats qu'à la seule et unique condition qu'ils souscrivent sans exception aucune, à ce minimum.
Voyez l'Union Européenne et sa diversité, sa diabolique complexité juridique, ses procédures multiples et si variées qu'une chatte n'y retrouverait pas ses petits, ses exceptions à gogo...
Et la place  bizarre de son Parlement, coincé entre une Commission qui jouit de plus de pouvoirs qu'un exécutif national, un Conseil des Ministres souvent dépassé par la technicité des dossiers, et qui rame entre son rôle consultatif et législatif.
Au départ, la volonté des « Pères de l'Europe »  était de faciliter la circulation des personnes et des biens dans les pays membres. C'est fait ! Souhaitaient-ils  l'abandon des souverainetés nationales au profit d'une Commission hybride ? La réduction des Parlements nationaux à de simples introducteurs du droit communautaire dans le national ? 
Ont-ils prévu l'énorme déficit démocratique qu'allait entraîner cette gouvernance inconnue des électeurs, sa manière de dire et faire difficile à comprendre et ardue à traduire ?
Une chose est certaine: comment réaliser une union entre des pays d'Europe qui se veulent encore souverains, tout en souhaitant, sur le plan économique, jouir de l'avantage d'un' monnaie unique ?
Le résultat est cette tour de Babel que j'ai déjà dénoncée et qui se fissure de partout.
D'ici quelques semaines, il est à craindre que la Grèce, lâchée par les pays de la zone euro, se se retrouve isolée face aux spéculateurs qui la harcèlent et qu'elle doive se résoudre à reprendre une liberté financière qui serait catastrophique pour son économie. La spéculation se déplacera alors sur l'Espagne et le Portugal, en attendant l'Italie.
Hors de toute politique économique intégrée, l'euro est condamné à ces turbulences cycliques dont pâtiront, comme d'habitude, les plus démunis dans leur pouvoir d'achat et dans leur emploi.
L'Europe intégrée politiquement et économiquement aurait dû se faire au départ d'un noyau dur de quelques pays consacrés à cette vocation unique. Les six pays fondateurs auraient pu jouer ce rôle et s'intégrer petit à petit dans une union complète.
Le Général De Gaulle avait sans doute compris le danger d'élargir trop tôt le marché commun de l'époque aux Anglais et à leur zone de libre échange. Avec eux, ce fut le mercantilisme qui l'emportât sur la vison politique.
Aujourd'hui, il est trop tard pour réformer  quoi que ce soit, la Tour vacille et avec elle toutes les illusions de ceux qui avaient misé leurs espoirs sur une Europe indépendante, forte et inspiratrice d'un monde plus juste et meilleur.
Les jours et les mois à venir seront sombres.

 

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olive 10/03/2010 19:09



Je viens de visionner la vidéo.


Ce député a raison.  Quel respect devrait-on avoir pour des personnages imposés ou élus par
tricherie ?


C’est tout de même drôle que ce soit un anglais qui parle de l’Europe des peuples. étrangement, ce député n’a pas été soutenu par aucun autre député « démocrate ».


 


L’élection du président de l’Europe c’est comme pour Sarkozy, qui est critiqué mais personne ne critique ceux qui l’on nommé à
la présidence, les bilderbergs.


 


J’ai trouvé un blog de mars 2007 avec les estimations finales pour les présidentielles ; les chiffres : 47 et 53%
En se déclarant candidat, Sarkozy devait savoir qu’il allait gagner ; après on amuse le peuple pendant un certains
temps (illusion démocratique).