Pourquoi Alain a tué le père

Publié le par Le blog des amis d'Ali

Par Théophraste R.

 

 

C’est un drôle de p’tit gars qui s’appelle Alain. Le meilleur étudiant de Paris. Toute sa vie, il a travaillé dur pour les riches. Il leur a donné des conseils à deux balles qu’il facturait deux milliards. Il a fondé de grandes sociétés d’affaires qu’il a mises en faillite. Sa spécialité, c’était les jetons de présence.

 

Il a cogité avec des grands penseurs pour que la vie des riches fût toujours plus douce. Il a surveillé des journaux, des télévisions.
Il a conseillé les princes qui ne se contentaient pas des conseils des marchands de réclames. Il a écrit des livres en recopiant parfois un peu ceux des autres.
Il a dit que, le pape étant allemand, il était insensible à l’histoire comme tous ses compatriotes et ne pouvait pas plaindre le sort des romanichels.
Que lui restait-il donc à faire pour se déconsidérer à jamais ? À soixante ans passés, il découvrit qu’il lui fallait « tuer le père ». Dans ce domaine, il était un peu puceau sur les bords, pas vraiment fini avec sa tête de petit garçon.

Pas facile de tuer un grand résistant membre de la main-d’œuvre immigrée (MOI), juif polonais, membre du parti communiste français dès 1924. Impossible pour Alain de tuer papa Joseph les yeux dans les yeux.
Alors, devant un micro ami au détour d’une réflexion sur ce que coûtent nos anciens parce qu’il n’y a pas, en France, de Narayama, cette montagne aux chênes où les vieux Japonais se rendaient pour mourir, Alain déclara ceci :

« J’ai un père qui a 102 ans, il a été hospitalisé 15 jours dans un service de pointe. Il en est sorti. La collectivité française a dépensé 100 000 euros pour soigner un homme de 102 ans. C’est un luxe immense, extraordinaire pour lui donner quelques mois, ou quelques années de vie (…) je trouve aberrant que l’État m’ait fait ce cadeau à l’œil (…) je pense qu’il va falloir s’interroger sur le fait de savoir comment on va récupérer les dépenses médicales des « très vieux », en mettant à contribution, ou leur patrimoine, quand ils en ont un, ou le patrimoine de leurs ayant droit ».

Affaire réglée, le papa vient de mourir. Bon voyage, Joseph.

 

Théophraste R.

 

PS. Hep, Saint-Pierre ! Échangerais grand Résistant centenaire contre petit collabo milliardaire.

legrandsoir.info

 

http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article15686

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Roland 23/01/2011 00:08



la vie, l'existence, est sacrée, et doit l'être si on veut être dans une société civilisée, et ce qui est sacré n'a pas de prix. Ce cadeau ce n'est pas au fils bien entendu qu'il
a été fait, et en un sens pas même au vieu monsieur de 102 ans mais à un principe, au culte de ce sacré sans lequel nous ne serions plus des être humains, et notre pays ne mériterait plus de
vivre lui-même.