Quelle est l'influence de la Franc-Maçonnerie ?

Publié le par Ali

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L’influence de la franc-maçonnerie aujourd’hui ?

Autant vous décevoir d’emblée : elle est nulle !

Et si elle l’est, c’est parce que ses thèmes de réflexions se retrouvent aujourd’hui sur tous les forums, dans toutes les gazettes. Ils ne font plus scandale, ne divisent plus, ou si peu, l’opinion. Bref, la Franc-maçonnerie a perdu son fonds de commerce, reste le prestige de l’enseigne qui lui permet de traverser, encore un peu, le temps et ses vicissitudes.

Crée au XVIII em siècle sur le modèle des confrèries de bâtisseurs,  la franc-maçonnerie va œuvrer pour le rapprochement des hommes au-delà de leurs divergences religieuses. « Rassembler ce qui est épars », voilà sa devise.

Contrairement à une idée répandue, elle n’est pas à l’origine de la Révolution Française. De cette dernière on peut dire qu’elle échappât à l’influence des loges, dont les membres se retouvèrent dans les deux camps et sur les mêmes guillotines.

Le zénith de sa force et de sa vigueur, c’est durant l’Empire et la Troisième République, qu’elle l’atteint. L’Empereur (qui n’était pas maçon) place à la tête du Grand-Orient de France son propre Frère, et Cambacérès à la direction (et au contrôle) des « hauts grades ». Il instrumentalise ainsi l’Obédience française et ses 1200 loges (dont les loges militaires), chargées de propager la bonne parole bonapartiste à toute l’Europe.

Influence considérable, mais au service de Napoléon !

Durant la Troisième République, le pic est atteint pour la fanc-maçonnerie française qui, dans le silence et la discrétion feutrée de ses loges, planche sur l’instruction obligatoire, l’école publique, la séparation des églises et de l’Etat. Dans la foulée, le Grand-Orient de France se débarrasse de son « Grand Architecte de l’Univers », et peaufine le concept de laïcité.

Il est  clair, que des sujets aussi sensibles se devaient  d’être abordé  avec  doigté et circonspection et quasi en secret sous peine de guerre civile, ce qui fut presque le cas en 1905.

Mais aborder des sujets pareils « en secret », n’est-ce pas « conspirer » ? Belle entorse aux principes républicains que les maçons veulent incarner.

De nos jours, les maçons s’intéressent aux problèmes d’éthique, de bioéthique, de fin de vie etc… Ils ne sont pas les seuls et on peut se demander si, pour aborder ces champs de réflexion, il faut encore des loges, des gants blancs et un tablier…

Les Franc-maçons en France se veulent les gardiens et défenseurs des « valeurs républicaines ». Ce qui est très bien. Le parlement national s’en occupe aussi et le consensus à propos de ces dernières est quasi général.

La France compte 150.000 maçons. En grande majorité des hommes. Cinq obédiences encadrent la quasi totalité des ces Frères et Sœurs.

 Le Grand-Orient (la plus ancienne Obédience au monde), en revendique 55.000. La Grande Loge de France (masculine), La Grande Loge Féminine de France, Le Droit Humain (mixte), constituent avec le Grand-Orient la « Franc-maçonnerie libérale et a-dogmatique ». Tandis que la Grande Loge Nationale Française (masculine, 50.000 membres), seule Obédience reconnue par la Grande Loge Unie d’Angleterre, se considère comme la seule régulière et conteste aux autres leur qualité même de maçons. Rien de moins !

Le Grand-Orient fait parler de lui : il vient de refuser aux femmes de le rejoindre. De la part d’une association qui acte dans sa Constitution sa prétention à œuvre pour le progrès moral et social de l’humanité, c’est la diviser en deux.

La Grande Loge Nationa Française fait l’objet d’une contestation généralisée de la part de certains de ses membres influents qui accusent l’Obédience d’abus de pouvoirs et de pratiques dictatoriales. Il y a des exploits d’huissiers et des assignations en l’air.  Ambiance !

Mais, me direz-vous, il n’y a pas que la franc-maconnerie française. Et vous aures raison.

La majorité des maçons sont de tradition anglo-saxonne. Ils se plient aux obligations (landmarks) exigées, depuis 1813, par la Grande Loge Unie d’Angleterre, à savoir : un maçon est de sexe masculin, il croit en Dieu et tient assemblée de loge en présence d’un  livre saint ouvert sur lequel sont disposés l’équerre et le compas. Ils s’abstiennent statutairement de toute discussion politique et religieuse.

Aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, la franc-maçonnerie est publique, elle compte des millions de membres, généralement bourgeois et âgés, qui se réunissent une fois tous les deux ou trois mois pour la réception d’un nouveau. Et puis, entre le « stilton » et le porto ils discutent rhumatismes et « stock exchange ».

Alors quoi chez nous, aujourd’hui ?

Les journaux, les politiques, les savants, l’homme de la rue, se sont emparés de thèmes autrefois réservés au calme des loges. Ils les traitent généralement avec plus d’acuité et de savoir. L’influence des maçons est celle de réseaux d’amitiés et d’affinités, comparables aux réseaux des grands écoles ou des syndicats.

Les maçons sont surtout des agents de la fonction publique, des policiers,  des enseignants (majoritaires ?) des professions libérales (minoritaires ?). Pas d’ouvriers (ou si peu), aucun agriculteur. Comme universalisme, on fait mieux.

Des homme politiques « en sont »… mais nettement moins qu’autrefois. Au gouvernement, Xavier Bertrand est membre du Grand-Orient, Brice Hortefeux l’est de la Grande Loge Nationale Française. Pas vraiment des parangons de vertus républicaines .

Le conseiller « sécurité » de Nicolas Sarkozy, n’est autre qu’Alain Bauer, ex Sérénissime Grand-Maître du Grand-Orient de France.

Reste à la franc-maconnerie ce volet initiatique qu’elle prétend détenir malgré des rituels relativement jeunes (pas même trois siècles !), mais qui, semble-t-il, véhiculent un substrat immémorial répondant, plus ou moins, à cet antique désir de ressourcement.

Ce qui a permis à Mircea Eliade d’écrire : « La franc-maçonnerie est détentrice de l’héritage initiatique en occident. Elle est une réponse à l’angoise de l’homme devant la mort ».

Dont acte.

 

 

 

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