Sarkozy et Hortefeux avilissent la justice

Publié le par Le blog des amis d'Ali

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Pour le premier procureur de France, Sarkozy et Hortefeux "avilissent" la justice !

Il ne les nomme pas mais le discours est parfaitement transparent : la plus haute hiérarchie de la justice française tonne sa révolte contre les dérives antirépublicaines du pouvoir sarkozyste.


 

 

Retentissante colère du premier procureur de France : comme l’écrit L’Obs.comJean-Louis Nadal « charge le gouvernement bille en tête » : « Visant implicitement Sarkozy et Hortefeux, Jean-Louis Nadal dénonce le « scandale » des « protestations politico-corporatistes relayées au plus haut niveau », et qui « blessent la République ». Du jamais vu !  Faut-il que la Sarkozie malmène la justice pour qu’un magistrat de ce niveau se départisse de l’habituelle réserve langagière du juriste pour illustrer concrètement l’appel lancé par un vieux résistant, Indignez-vous ! Nadal s’indigne en effet, et pas qu’un peu : « Inspirer à l’opinion des sentiments bas en instillant, de manière extravagante, la confusion entre la responsabilité du criminel et celle du juge dont on dénigre la décision (…), tout cela avilit l’institution et, en définitive, blesse la République. Le phénomène ne laisse pas d’inquiéter quand (…) les coups sont portés par ceux qui sont en charge de la faire respecter. » Les cibles du courroux du haut-magistrat sont clairement désignées : « Ces derniers mois, plusieurs décisions de justice ont valu aux magistrats des critiques de l’exécutif, résume sobrement L’Obs. En septembre 2010, Nicolas Sarkozy avait jugé « difficilement compréhensible » la remise en liberté sous contrôle judiciaire d’un homme soupçonné du braquage du casino d’Uriage-les-Bains (Isère). En décembre, Brice Hortefeux avait été critiqué pour avoir dit que la condamnation à de la prison ferme de sept policiers pouvait « légitimement apparaître, aux yeux des forces de sécurité, comme disproportionnée. » La séparation des pouvoirs, principe fondateur de l’Etat de droit, est foulée aux pieds par le pouvoir, qu’ils soient chaussés des talonnettes du président ou des rangers de ce soudard de Brice Hortefeux. Ça vaut bien un coup de gueule du premier proc’ de France !

Disons un mot du contexte, qui éclaire et justifie l’intervention de Nadal : « Le procureur général près la Cour de cassation s’exprimait à l’occasion de la rentrée solennelle de cette juridiction, et pour la dernière fois : âgé de 68 ans, Jean-Louis Nadal prendra sa retraite le 30 juin ». Le cadre de son allocution, en grand apparât républicain, rend plus frappant encore son caractère sans concession. Et comme il part en retraite, cette der des ders représente pour lui l’occasion de livrer son testament. Il profite sciemment des circonstances exceptionnelles pour donner le plus de retentissement possible à sa très ferme mise en garde contre les dérives antirépublicaines du pouvoir. Son collègue premier président de la Cour se joint à sa protestation, ce qui ressemble fort à une unanimité au plus haut sommet de la hiérarchie judiciaire contre les vélléités sarkozystes de piétiner l’indépendance de la justice : Vincent Lamanda a vigoureusement dénoncé « ceux qui croient pouvoir vilipender les jugements » et « sapent » ainsi « l’un des piliers de notre démocratie ». Ni Sarkozy ni Fillon, contrairement à l’usage, ne s’étaient risqués à assister à cette rentrée solennelle de la haute juridication. Mais leur absence physique ne les empêche pas de souffrir un cinglant camouflet.

Un autre a eu les oreilles qui sifflent, lorsque Nadal a accusé un parquet « maintenant proche d’un état de coma dépassé » : « Quand l’un d’entre nous ne voit pas ce qui dans ses actes fait naître, même à tort, le terrible soupçon d’atteinte à l’impartialité, quand il oppose en guise de pauvre réponse, qu’il est le seul juge de sa conscience (…) c’est tout le respect dû à la justice qui est compromis ». Philippe Courroye, pourquoi tu tousses ? Ultime message du premier procureur, alors qu’en 2010, la Cour européenne des droits de l’homme puis la Cour de cassation ont jugé que le parquet n’était pas une autorité judiciaire indépendante, ce qui niaient les sarkozystes : pour « extraire le venin de la suspicion » envers l’action de procureurs statutairement inféodés, il faut« Couper tout lien entre l’échelon politique et le parquet pour ce qui concerne les nominations ». Tout le contraire de la constante volonté des UMPistes de tenir en laisse la justice, pour mieux l’empêcher d’aller fouiner ses turpitudes. Tiens, là, c’est Eric Woerth qui tousse !

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