Attentat US en Iran...

Publié le par Ali

http://www.mecanopolis.org/?p=10312



Plus d’une trentaine de commandants des Pasdaran (Gardiens de la Révolution) dont le vice commandant des forces terrestres de cette milice et 9 chefs tribaux ont trouvé la mort dans un attentat à l’explosif dans la région de Sistan et Baloutchistan. Le groupe armé du Jundallah dont les membres se réfugient régulièrement au Pakistan a revendiqué l’attentat. Téhéran a accusé les Etats-Unis.

jundallah1

Image extraite d’une vidéo de propagande de Jundallah (septembre 2009)

Il y a trois ans, le Jundallah s’était fait connaître par une attaque très meurtrière contre un convoi officiel des Pasdaran dans l’est du pays dans une zone frontalière proche du Pakistan. Le groupe équipé d’armes américaines et de lunettes de vision nocturne a par la suite multiplié les coups de force ou attentats uniquement contre cette milice chargée de la sécurité du régime. Quand on regarde de plus près les dates de ces coups, on s’aperçoit que chacun d’eux est survenu après un rejet par Téhéran de plier au diktat des Etats-Unis. L’élément qui confirme ce lien entre les deux processus est qu’en juillet 2008, quand Téhéran a accepté de rencontrer officiellement un représentant américain à Genève, le Pakistan, allié stratégique des Américains dans la région, a arrêté et livré aux iraniens plusieurs commandants du Jundallah qui vivaient au Pakistan.

A la même époque, le Jundallah n’était pas le seul groupe armé menant des actions contre les Pasdaran grâce à des bases arrière chez un Etat voisin, allié des Etats-Unis. À l’autre extrémité de l’Iran, à l’ouest du pays au Kurdistan iranien, le Pejak basé dans la région autonome du Kurdistan irakien harcelait les troupes des Pasdaran. Quand l’administration Bush a délivré les chefs du Jundallah, elle a aussi envoyé un message aux dirigeants iraniens en stoppant les attaques du Pejak. On était alors à 6 mois de la fin de son mandat et il espérait finir sur une entente irano-américaine dont les enjeux sont l’accès à l’Asie Centrale (lire l’article Attentat au Sistan-Balouchistan en Iran… Un acte de guerre décisif ?)

jundullah_capture2_080522_mnAbdel Malik Regi, leader de Jundallah

Washington espère sans doute utiliser l’Iran pour agiter la région musulmane de Xinjiang où repose 144 milliards de barils de pétrole pour priver la Chine de cette réserve. Bush n’a pas réussi à parvenir à cette entente, vitale pour les Etats-Unis, dans les derniers six mois de son mandat, malgré les missions de médiation de ses alliés régionaux. En janvier 2009, il a transmis le bébé à Obama. Ce dernier est allé plus loin que Bush en classant le Pejak comme une entité terroriste avant de proposer son offre de dialogue sans condition préalable. Téhéran a refusé. L’administration Obama a repris les opérations armées au Kurdistan iranien et au Baloutchistan dès le mois de mars 2009.

Le présent attentat, qui a éliminé le général milicien Shoushtari (photo), le n°2 des forces terrestres des Pasdaran au niveau national ainsi que les membres de son QG régional, les miliciens Mohammad-Zadeh et Moradi, tous en mission spéciale pour encourager la réconciliation entre le régime et les chefs tribaux, se présente comme un avertissement fort au régime de Téhéran. Il est en réalité une déclaration de guerre pure et simple.

10263_133-29d7cLe général Nour-Ali Shoushtari, adjoint au chef d’état-major des gardiens de la révolution

Commenter cet article