Un miroir nommé Bettancourt

Publié le par Le blog des amis d'Ali

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Mme Liliane Bettancourt

On ne va pas en remettre une couche quand même…
Ce qui se passe aujourd’hui dans les sphères du pouvoir est emblématique de l’état de déliquescence du pays et de ses « élites ».
Ce que nous avons toujours dénoncé, à savoir les mensonges d’Etat et le sophisme érigé en dogme, prend ici sa véritable dimension, celle, somme toute naturelle, d’être non pas l’exception mais la règle non écrite et tacitement reconnue.
Que l’épouse d’un ministre soit appointée d’une holding qui gère la fortune de Madame Bettancourt, et qu’elle prétende mordicus ne rien connaître des mouvements de capitaux de cette dernière, nous paraît pour le moins biscornu.  Que Madame Bettancourt, par la voix de ses avocats, reconnaisse des fuites de capitaux et promette de les rapatrier en France, voilà qui devrait intéresser les procureurs et les contrôleurs fiscaux que l’on attend toujours.
Ce sera Monsieur Montebourg qui finira par se faire épingler, si du moins la justice, comme nous pouvons parfois le penser, est   « aux ordres ».
Elle est belle cette pseudo-démocratie dont se prévalent nos dirigeants. Elle sert de paravent et de faire-valoir à tout un ensemble de turpitudes occultes qui vont de l’assassinat politique supposé (affaire Boulin) à la fraude fiscale généralisée, en passant par des retro-commissions pakistanaises dont nous n’avons pas encore ouvert le premier chapitre.
Et pendant ce temps là, des joueurs de foot hyper-gâtés, capricieux et à l’ego hypertrophié se foutent du tiers et du quart, et surtout des braves naïfs qui les admirent ,  pour encaisser, à moindre prix, des primes de participation qui flirtent avec les trois cent mille euros. On rêve ? Non, c’est le « juste
prix ». Les smicards apprécieront !
Rivarol qui était philosophe  l’avait écrit : « Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir ». Aujourd’hui, comme dans les jours les plus sombres de la Révolution, cette maxime est d’actualité. Personne n’estime, tout le monde ou presque pense que le jeu consiste à transgresser les règles  sans se faire prendre. Honneur aux tricheurs !  Le procès de ce petit trader fou, Kerviel,  illustre lui aussi combien l’avidité de notre société se passe de la morale la plus élémentaire.  Mieux même, elle se l’approprie ,  gagner de l’argent est une preuve de succès et un gage moral, en perdre devient une tare et une régression sociale.
Encore heureux pour nos dirigeants que toutes ces affaires louches, écœurantes et délétères, surviennent fin juin,  en plein « Mondial » de foot, juste avant les vacances, le ciel bleu, la mer, l’apero, le pernod et le tour de France. Le bon peuple oubliera, se disent-ils, il oublie toujours quand il se dore au soleil.
Jusqu’au jour où, revenu de tout, ils cessera d’obéir…

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