Un texte "sacré", c'est quoi ?

Publié le par Ali

textes


 

A Pâques orthodoxe, la salutation traditionnelle est 
« Christos anesti », le Christ est ressuscité, et le repons obligatoire est « Alisoos anesti », il est vraiment ressuscité.

Pourquoi cette insistance sur le « vraiment » ?

Parce que pour les peuples de l'Antiquité, la religion véhicule des mythes, des images, des légendes inspiratrices et est détachée des choses terrestres. Apollon ressuscité est un mythe éloigné de la réalité quotidienne. Il en va de même pour la naissance virginale d'Horus.

D'où l'insistance des premiers chrétiens sur la réalité de leur affirmation. Saint Paul dans son épître aux Corinthiens écrira, parlant des païens: «  Notre foi est folie aux yeux des hommes, mais sagesse à ceux de Dieu ».

Les textes religieux sont de la même nature.

Parole de Dieu pour les croyants, ils ne reposent – aucun ne repose – sur une base historique vérifiable.

Rien ne nous permet d'affirmer que Moïse ait existé. La fuite d'Egypte des Hébreux n'est attestée par aucun des historiens de l'antiquité, et il y en avait ! Le temple de Salomon qui, selon la Bible, aurait été le plus magnifique de son temps, n'a laissé aucune trace, les archéologues ont fouillé en vain, mais n'ont trouvé aucun vestige. De même pour les remparts de Jéricho, qui semble n'avoir été qu'un puits à l'époque, mais pas une ville fortifiée.

Jésus a-t-il existé ? Sur le plan historique, nul n'en parle.  Flavius Josèphe, juif d'Alexandrie, hellenisé et chroniqueur de la rébellion des juifs contre les Romains, mentionne brièvement les chrétiens considérés comme secte juive. Rien de plus. De même pour Tacite qui les taxe de « secte abominable », et le stoïcien Cicéron  de surenchérir.

Idem pour le prophète de l'islam. Aucun historien de l'époque ne semble l'avoir connu.

Et je pourrais allonger encore la liste.

Les textes religieux transmettent pour le croyant la parole divine, mais celle-ci est écrite par des hommes dans un espace et un temps bien précis. Dans une langue et une écriture d'époque. 

Cette transcription est donc sujette à caution. Si la parole est divine, la transcription ne l'est pas. Sa copie et sa traduction encore moins.

Les textes dits « sacrés » véhiculent des archétypes. Ainsi, le  temple de Salomon est celui du temple idéal, le roi lui-même, si juste, si admiré par toutes les nations, est l'image universelle d'un souverain juste et respecté.

Jésus, ressuscité des morts, est l'image de notre désir de revivre après le trépas, et dans un corps de lumière, un corps glorieux.

Marie, toujours vierge malgré un accouchement, est l'archétype de la femme parfaite, donnant la vie hors de toute relation sexuelle.

Pour le croyant, un texte sacré s'aborde avec foi. La foi, c'est croire « en ». Ce n'est pas croire « que ».

Pour l'historien, seul le croire « que » doit être pris en compte. Si rien ne supporte la véracité de ce qu'il lit, il ne peut y croire. L'histoire est une discipline scientifique. La foi est une proximité au mystère.

Les images que nous proposent les textes sacrés n'ont rien à voir avec la réalité scientifique. Que ce soit toute la cosmogonie (Dieu crée le monde en six jours...etc), ou l'épopée des saints et prophètes qu'ils  soumettent à notre méditation.

Ils nous décrivent les vies d'être exemplaires et nous proposent de les imiter.

Ils insèrent les phénomènes du monde physique (orages, tremblements de terre,  inondations...) dans un dessein divin.

Prendre ces textes à la lettre, comme le font les fondamentalistes musulmans ou chrétiens, est une grave erreur.

Par contre, le croyant éclairé les prend pour ce qu'ils sont, il n'ignore pas que l'étymologie de « sacré » est la même que « secret », qu'il faut, par conséquent pénétrer le texte pour y retrouver le sens qui, au premier degré, se dérobe à ses yeux.

C'est ce que firent les kabbalistes juifs et chrétiens. Avec peu de succès, il faut le reconnaître. Ceux qui ne furent pas persécutés, se retrouvèrent ostracisés et livrés à la vindicte.

Pour l'athée, les choses sont simples. Les histoires véhiculées par les textes sacrés sont bien jolies, bien naïves, parfois abominables, comme ces récits de guerres et de massacres dans l'Ancien Testament, mais ce ne sont que des récits que ne confirment en aucune sorte les recherches historiques et archéologiques.

Le croyant, lui, doit prendre ces textes au deuxième degré et tenter de pénétrer le sens ésotérique d'un texte qui, à travers des récits, des paraboles, des poèmes et des prières suscite en lui une prise de conscience religieuse qui s'apparente à une révélation.

La croyance est un mystère, un mystère ne s'explique pas.

La science doit résoudre des problèmes. A chaque problème sa solution.

Croire « en » (en Dieu par exemple), participe à la sphère personnelle et intime.

Croire « que » (que 2+2 = 4 par exemple), à la sphère universelle.

Mélanger l'un et l'autre est une erreur qui peut déboucher sur des catastrophes.


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olive 10/03/2010 18:39


Bonjour, comment allez vous ?
Vous vous faites discrêt.


olive 10/03/2010 18:37


« Christos anesti », non, on dit : « Christos voskres
»