Une jouissive agonie !

Publié le par Ali

 

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Ils étaient neuf mille réunis sur une place publique de Nantes. Tous avaient répondu à une invitation lancée sur Facebook.: « Apéro géant »... tu parles ! beuverie plutôt, et dégoûtante avec ça...

Un mort !

Il y a paraît-il des espèces qui, sentant qu'elles n'ont guère d'avenir dans l'évolution, se rassemblent, copulent à tort et à travers, et puis, au bout de leurs derniers et stériles ébats, se jettent du haut d'une falaise.

Place aux plus forts...

A Berlin, en 1945, les derniers combats se menaient au corps à corps dans les rues; aux étages, corps à corps confondus, se multipliaient des partouzes orgiaques, prélude au canon sur la tempe.

Place aux vainqueurs !

Vous vous rappelez ce film « La grande bouffe », ces hommes et cette femme qui bâfrent à en mourir ?

Voilà ce qui reste à une jeunesse occidentale qui sait que son avenir est compromis: s'assembler entre inconnus dans la vie, mais victimes d'un même destin, ou – mieux dit – absence de destin. 

Et boire !

Quel avenir leur proposons-nous ? Quel dessein exaltant ? 

Etudier l'astro-physique, et puis devenir trader dans une banque pour ne pas vivoter à mille cinq cents euros par mois après cinq ans de carrière universitaire ?

Devenir médecin ou infirmier dans des hôpitaux condamnés à faire du chiffre comme une vulgaire usine à colifichets ?

Ou tout simplement être un honnête salarié, fidèle à son entreprise ? Un brave couillon quoi ! Qu'ils vont presser comme un citron et puis...poubelle, pauvre naïf !

Fonctionnaire ? Vous rêvez ? Il n'y aura plus de service public. Public: un mot tabou !

Et quand ils auront quelques sous en poche, un pouvoir d'achat de quoi se payer quelques pâtes dans un discount, eh bien, d'anonyme spéculateurs viendront le rogner. Il n'y a pas de petits profits.

Et leurs dirigeants leur diront, avec des faces contrites: faudra se serrer un peu la ceinture, vous savez, on vit à crédit (mais non, on meurt à crédit !), ça peut pas continuer...on le fait pour votre bien...

A leurs enfants, dans les écoles on enseigne encore les vertus de la « démocratie », mais personne ne sait plus ce que c'est. Des fonctionnaires à Bruxelles veulent contrôler les comptes des Etats, passer par dessus la tête des élus nationaux, donner leur avis urbi et orbi... A quoi cela sert-il encore ? Il n'y a plus de peuple, juste des consommateurs, donc plus de « démocratie »!

Il n'y a plus d'Etat, rien que des marché. Marché A contre marché B. Marché C se substituant aux deux premiers. Marché D en devenir. Marché E en réserve. Et comme ça, de marché en marché. Comme c'est passionnant. Il y a de quoi se saouler la g... Rendez-vous à Nantes !

L'existence est une longue promenade d'un (super) marché à l'autre.

Où sont les philosophes, les poètes, les écrivains, et les simples rêveurs ?

Rêver ? Vous n'y pensez pas ! Les rêveurs on les interne !

Devenez une star, il y a des académies pour ça. On vous l'apprend... sur le canapé sinon la salle de cours. Et puis, des cours, de quoi ? 

Devenez riches. Surtout en ne fichant rien ! Faites du fric avec le fric. Un bon plan.

Et puis, écrasez les pâquerettes, les faibles, les laissés pour compte, ne vous encombrez plus de sentiments, les sentiments n'ont aucune valeur.

Si vous avez compris cela, vous êtes dans la bonne voie !

Il y aura un futur, un tout petit, rien que pour vous, il durera ce que d'autres, plus puissants, voudront qu'il dure. C'est comme ça, c'est la loi, celle que vous avez choisie... Bonne chance !

 

« A rotten case abides no handling » 


(Shakespeare. Henry IV, 4.I, 161)

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Narf 14/05/2010 12:57



Merci Ali!


Hier à Montpellier rassemblement apéro de 10000 personnes, malgré l'interdiction de la sous-préfecture, 4 arrestations pour jet d'objets, une dizaine de bléssés dus à l'alcoolisme.


La jeunesse sort au grand jour ce que la société essaye de cacher, de contenir.


Un autre apéro est prévu sur la plage dans les prochains jours. Les autorités sont dépassées et n'y peuvent rien.


D'autres jeunes, par Greenpeace ont bloqué le départ des thoniers du port de Sète pour leur campagne de pêche sur Malte.


Demain des jeunes se rassemblent pour nettoyer un grand espace à Paulhan.


Hier j'ai vu une pièce de théâtre: " Ste Jeanne des abatttoirs" de Bertold Brecht, écrite en 1933, jouée par des étudiants de 20 ans. Criant d'actualité!!!!