Se regarder dans la glace...

Publié le par Ali

Nous nous imaginons tous, nous les hommes, que nous sommes indispensables et uniques, et nous nous trompons. La nature ne nous attend pas pour évoluer selon ce que lui dicte sa fantaisie, elle était là avant que nous soyons et perdura après nous.

Tout cela devrait nous inciter à un peu plus de modestie, voire d’humilité, mais ces ingrédients ne sont pas notre tasse de thé ; nous persistons à croire que nous sommes le couronnement d’une création qui n’attendait que nous.

Nous pensons aussi que tous les hommes veulent savoir et recherchent la vérité, que c’est même leur caractérisitique primordiale, leur marque de fabrique en quelque sorte et, là aussi, nous nous trompons : l’homme, en première instance, veut jouir !

Jouir en mangeant, en vivant et copulant. Et pour ce faire, il y en a qui tuerait père et mère.

L’homme n’est pas non plus interessé outre mesure par la Vérité. Ce qu’il arrange, c’est ce qui l’arrange, soit sa petite vérité à lui, celle qui lui sert de refuge et faire-valoir. Vivre en jouissant de la vie et justifiant cette jouissance  comme il l’entend.

L’homme ne veut pas savoir, il préfère croire : croire est plus simple, il n’y a pas à se poser de questions, tout juste recevoir une vérité toute faite sous emballage cadeau. Le confort intellectuel en prime.

Savoir est compliqué, demande des efforts, de l’endurance, de la patience et réserve, trop souvent, d’amère déceptions. Alors, autant croire !

Les croyances religieuse ne doivent pas être confortables. Si elles le sont, fuyez-les ! Car elles appartiennent alors à l’ordre de la superstition, de la magie ou de la bonne aventure.

Une croyance religieuse ne peut pas être un dogme monolithique, totalitaire et imposant, la vraie croyance (croyance implique la notion de « pistis », de confiance) est une invite à la recherche, à l’introspection ; croire c’est croire « en », mais aussi « par », « pour », « en-conséquence » etc... Croire, c’est répondre à une invitation, pas à une convocation. C’est « croire pour savoir ».

Les livres dits sacrés, ne l’oublions jamais, ne sont pas brut de coffrage, ils sont un chemin, une clé, un signe, ils montrent mais ne démontrent pas. Croire le contraire, c’est la facilité, la candeur naïve parfois, coupable toujours .

Il en va de même pour les croyances politiques, elles, plus que les autres, vont et viennent, se contredisent, se combattent, s’annulent. Elles sont tout juste là pour nous informer, pas pour nous guider.

Fuyons le manichéisme que les médias tentent tellement de nous imposer. Il n’y a pas d’absolu qui tiennent entre les hommes : « faire confiance aux hommes c’est déjà se tuer un peu ».  Tous sont contaminés par le même virus, celui de l’ignorance, du fanatisme et la tentation de l’abattoir est là qui, en permanence, les titille.

Mais alors, me direz-vous, d’où viendra le salut ? Et je vous répondrai tranquillement : de vous seul, avec l’aide de Dieu !

Si vous vous reconnaissez tel que vous vous voyez le matin dans la glace ; vous, avec toutes vos imperfections, tares, travers, défauts redhibitoires ou non, sachez que le salut est en vue, c’est le signe qu’au-delà de l’illusion vous commencez à voir les choses telles qu’elles vous apparaissent et non pas telles que vous souhaitez qu’elles vous apparaissent.

Si vous vous voyez de cette manière,  alors vous percevrez aussi les contours de l’homme qui se profile derrière votre ombre et qui est celui que vous pouvez être et que jusqu’à présent vous ne discerniez parce que vous ne le vouliez pas.

Nous ne sommes pas ce que nous croyons être, nous sommes plus forts que cette force factice que nous croyons posséder et qui n’est qu’un leurre ; notre vraie force réside dans notre lucidité.

Mais combien préférons-nous rester dans le confort de la cécité et suivre la masse qui nous entraîne plutôt qu’emprunter ces sentiers lumineux qui exaltent et transfigurent !
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