Interview du chef du Hamas.

Publié le par Ali

interview de Khaled Mechal, le chef du Hamas

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Propos recueillis à Damas par Renaud Girard

(Crédit photo : Khaled Fazaa / AFP)

(Crédit photo : Khaled Fazaa / AFP) Crédits photo : AFP

INTERVIEW EXCLUSIVE - «Les négociations avec Israël sont au point mort, à cause du manque de fiabilité des négociateurs israéliens», estime Khaled Mechal, le chef du Hamas, dans un entretien exceptionnel au Figaro.

Élu il y a quatre ans à la tête du bureau politique du Hamas, Khaled Mechal est un des hommes les plus secrets du Proche-Orient. Le parti palestinien qu'il dirige est en effet boycotté comme «terroriste» par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne, bien qu'il ait emporté haut la main les élections législatives, tenues en 2006, sous contrôle international, dans les territoires palestiniens. Il a reçu Le Figaro dans un quartier résidentiel de Damas.

Pensez-vous que l'arrivée d'un nouveau gouvernement israélien dirigé par Tzipi Livni représente une fenêtre d'opportunité pour la paix ?

Khaled MECHAL - Par expérience, les Palestiniens savent que le changement de leader en Israël apporte rarement une modification de la stratégie profonde du pays. Tant que l'élite politique israélienne n'acceptera pas quatre principes fondamentaux, aucune négociation sérieuse ne pourra commencer. Ces principes sont : 1)le retour aux frontières de 1967 ; 2)le respect du droit au retour des réfugiés ; 3)le respect des droits des Palestiniens sur Jérusalem Est ; 4)le démantèlement des colonies de peuplement.

Que pensez-vous des négociations actuelles entre l'Autorité palestinienne et le gouvernement israélien ?

Non seulement le Hamas, mais aussi toute la rue palestinienne condamnent ces rencontres. D'abord parce qu'elles se produisent alors qu'Israël poursuit l'extension des colonies, la construction du mur de séparation, le blocus de Gaza, la pratique des barrages routiers en Cisjordanie. Ensuite parce que les Palestiniens sont actuellement divisés : la partie palestinienne négocie donc en position de faiblesse. Rien de productif ne peut donc sortir de ces rencontres, qui ne servent qu'à améliorer les relations publiques d'Israël, sans obtenir de lui la moindre concession.

Quel prix le Hamas est-il prêt à demander pour se réconcilier avec le Fatah, après le coup d'Etat à Gaza que vous reproche Mahmoud Abbas, président de l'Autorité Palestinienne ?

Ce n'était pas un «coup d'Etat» : personne ne peut se rebeller contre soi-même ! C'est nous qui étions le gouvernement palestinien, car c'est nous qui avions gagné les élections, sous le contrôle des observateurs internationaux !

Pour contrôler Gaza, vous avez quand même fait usage de la force !

Nous nous sommes seulement défendus face à une agression d'une équipe palestinienne corrompue, rendue possible par l'afflux d'armes et d'argent israéliens, visant à détruire la légitimité du gouvernement d'unité nationale issu des élections de 2006. Nous ne posons aucune condition à une réconciliation palestinienne.

Pour réussir, elle devra être construite autour des modalités suivantes : 1) le respect du jeu démocratique en Palestine, c'est-à-dire le respect des résultats des élections passées et à venir ; 2) le respect de la Constitution palestinienne ; 3) le rétablissement de services de sécurité avec un recrutement uniquement fondé sur des critères de professionnalisme et de patriotisme, loin du factionnalisme, du népotisme et de la corruption ; 4) le strict respect des accords intra-palestiniens du Caire (2005) et de la Mecque (2007) ; 5) la prise en compte de l' «accord des prisonniers» (2006) ; 6) la volonté affichée d'édifier, par consensus, une nouvelle OLP (Organisation de libération de la Palestine) ; 7) le respect des quatre principes fondamentaux dont je vous ai parlé au début de cette interview.

Pourquoi une nouvelle OLP ?

Parce que la nation palestinienne a besoin d'un seul forum politique et qui soit en ordre. Il ne s'agit pas là d'avancer les intérêts partisans du Hamas. C'est une exigence de cohérence pour la défense de la cause palestinienne en général.

Où en sont vos négociations avec Israël, par l'entremise de l'Egypte, pour libérer le soldat de Tsahal Gilad Shalit, que vous détenez depuis juin 2006 ?

Elles sont au point mort, à cause du manque de fiabilité des négociateurs israéliens, qui reviennent sans cesse sur les points acquis.

L'initiative du roi saoudien Abdallah, entérinée à l'unanimité par la Ligue arabe, qui propose à Israël une reconnaissance par tous les Etats arabes en échange de son retrait sur les frontières de 1967, vous convient-elle ?

Hamas ne mettra jamais d'obstacle à n'importe quel effort arabe pour redonner aux Palestiniens leur droit. Je l'ai dit moi-même lors du Sommet de la Ligue arabe de 2007 auquel vous faites allusion. Mais je vous rappelle qu'Israël n'a pas répondu à cette offre et que les Américains n'ont pas daigné la reprendre au bond.

Est-ce à dire que vous pourriez envisager de reconnaître publiquement le droit à l'existence d'Israël ?

L'accord des prisonniers (négociée par le leader emblématique du Fatah emprisonné en Israël Marwan Barghouti avec ses codétenus du Hamas, NDLR) a répondu implicitement à cette question. Je prends la responsabilité de vous dire que le Hamas a endossé cet «accord des prisonniers».

Mais pourquoi ne franchissez-vous pas le pas ? Pourquoi ne faites-vous pas une déclaration de reconnaissance de l'Etat d'Israël en bonne et due forme ?

Les Palestiniens qui l'ont fait n'ont toujours pas obtenu d'Etat ; ils ne sont toujours pas indépendants ; ils vivent toujours sous un régime d'occupation et leurs terres continuent à être confisquées.

Le Hamas, pour sa part, a très clairement donné son accord pour la constitution d'un Etat palestinien libre et indépendant, le long des frontières de 1967, sur le territoire de Gaza et de la Cisjordanie. C'est le maximum, qu'en tant que victimes, nous pouvons dire. C'est à l'occupant de répondre d'abord à nos demandes légitimes, exprimées par les quatre principes fondamentaux dont je vous ai parlé.

Beaucoup d'Israéliens vous accusent de vouloir les jeter à la mer…

C'est faux. Nous n'avons aucun problème avec les Juifs, mais seulement avec les gens qui occupent notre terre et nous dénient nos droit, quelle que soit leur religion ou leur race. Historiquement, vous devez vous souvenir que le monde arabo-musulman a toujours accueilli les Juifs, leur a toujours permis de vivre en paix, et même de devenir ministres.

Attendez-vous quelque chose de la France ?

Il y a longtemps que nous attendons une initiative de l'Europe, et plus particulièrement de la France. C'est attente est d'autant plus grande que les Américains, par leur partialité en faveur d'Israël, se sont disqualifiés comme médiateurs. Il existe aujourd'hui un vide, qui appelle une initiative de la France.

Cela veut-il dire que la France devrait à vos yeux remplir le rôle d'honest broker (intermédiaire sincère) dans le conflit israélo-palestinien ?

Oui, si elle est continue à se maintenir à égale distance des parties au conflit, à demander l'arrêt des colonisations de peuplement israéliennes, à adhérer aux quatre principes fondamentaux dont j'ai parlé, à préconiser une solution politique fondée sur le retour aux frontières de 1967. Le rôle historique de la France dans le monde a toujours été d'être le minaret des droits de l'homme et de la démocratie. Avec l'énergie qui le caractérise, le président Sarkozy devrait pouvoir donner une impulsion vitale aux négociations de paix. Notre peuple souffre, nous sommes les premiers à vouloir cette paix.

http://www.lefigaro.fr/international/2008/10/05/01003-20081005ARTFIG00126-mechal-sarkozy-doit-donner-une-impulsion-vitale-a-la-paix-.php

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H
A LA SUITE DE MON PRÉCÉDENT COMMENTAIRE ET QUI VIENT CONFIRMER MES PROPOS QUANT A LA NÉCESSITE IMPOSÉE AU REPRÉSENTANT DU HAMAS DE CHANGER D'INTERLOCUTEUR , en n'oubliant pas :<br /> Les gouvernants USA sont embourbés dans de gros problèmes économiques qui déboucheront forcement sur des révoltes de leur peuple- Ils sont affaiblit, nous assistons au déclin de l'empire en Carton qu'ont été les USA - c'est une période agitée, où il ne fait pas bon choisir les mauvais chevaux si un pays et son peuple veut perdurer.. Les guerres Irak, Afghanistan sont perdues pour les USA et leur alliés - il est plus que temps de voir les Responsable du Hamas changer d'interlocuteur et, se tourner vers ceux qui, les aideront VRAIMENT a récupérer leur droit inaliénable ;<br /> <br /> ..."Les Palestiniens : merci à Sarkozy, mais...<br /> <br /> Sept mois après la décevante conférence d'Annapolis, suivie de négociations laborieuses qui ont maintenu en survie le dialogue israélo-palestinien sans déboucher sur la moindre percée, les responsables palestiniens n'attendaient aucun miracle de la visite de Nicolas Sarkozy. A leurs yeux, ni l'Europe ni la France ne sont en mesure de jouer un rôle majeur dans une véritable reprise du processus de paix. Seuls les Etats-Unis, s'ils le voulaient, pourraient prendre cette initiative. Affirmer, dans ces conditions, devant la Knesset que Jérusalem doit être «la capitale de deux Etats», qu'il «ne peut y avoir la paix sans l'arrêt total et immédiat de la colonisation» et qu'il «ne peut y avoir de paix non plus si les Palestiniens sont empêchés de circuler» ne pouvait qu'être favorablement accueilli par la presse palestinienne.<br /> De là à voir dans les propos soigneusement pesés de Nicolas Sarkozy un discours historique, il y a cependant un pas. D'abord parce que le principe de la création d'un Etat palestinien aux côtés d'Israël est désormais large ment accepté par l'opinion publique israélienne. Ensuite parce que les actes de Nicolas Sarkozy ont parfois tenu un autre langage que ses mots. Son refus de se rendre à Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne, pour ne pas avoir à fleurir la tombe de Yasser Arafat - tâche dévolue à Michèle Alliot-Marie -, et sa décision de rencontrer le président palestinien Mahmoud Abbas à Bethléem, ville chrétienne, ont surpris, voire déçu.<br /> Quant à son discours sur l'arrêt de la colonisation, y compris autour de Jérusalem, il aurait été plus crédible si des entreprises françaises n'étaient pas en train de construire le tramway qui reliera bientôt le centre-ville de Jérusalem à l'une de ces grandes colonies urbaines, Pisgat Zeev, dont la population dépasse 40 000 personnes. Enfin il est reproché au futur président de l'Union européenne le rôle actif de Paris dans l'établissement entre l'Europe et Israël d'un partenariat privilégié qui n'est en rien conditionné au progrès du processus de paix.<br /> <br /> René Backmann<br /> Le Nouvel Observateur<br /> <br /> <br /> LIEN SOURCE :<br /> http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2277/articles/a377905.html<br /> <br /> Ajoutons les fumeux discours s'en va en guerre du Ministre de Sarkozy celui des affaires étrangères , Kouchner - qui lui, privilégie les intérêts l'israéliens...<br /> Ces éléments et bien d 'autres devraient faire réfléchir les responsables politiques Palestiniens et réorienter leur discours d'appel vers d'autres gouvernants "Forts"
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H
Sarkozy, ne peut être ce médiateur de paix dans la mesure où il privilégie "le message et la parole Américaine et par ricochet les intérêts Israéliens...<br /> Il est dommage, que ce responsable politique au langage politique responsable se laisse ainsi leurrer.<br /> <br /> Il devrait se tourner vers "les nouvelles forces" l'axe Russo-chino-Indo-Irano-vénuzélo-bolivo-Bresilo-Equateur...<br /> <br /> Cela fait 60 longues années que le peuple de Palestine attend et, pendant cette tres longue attente combien de cadavre, d'injures, de mensonges, de trahisons organisés et misent en scéne par les Américano-sionistes-européens...<br /> <br /> Il est plus, que temps de changer de stratégie et surtout d'interlocuteurs sinon dans 60 ans le peuple de Palestine sera complètement DÉCIME ET ATTENDRA ENCORE ET ENCORE LA RECONNAISSANCE, LE RESPECT DE SES DROITS !!<br /> <br /> Hadria RIVIERE
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