La Bible raconte des histoires

Publié le par Ali

et non pas l'Histoire !

Cela vous fait quoi de savoir que Dieu n'a pas créé le monde en six jours, qu'Abraham n'a jamais existé, ni Isaac, ni Jacob, et que si Moïse a conduit le « peuple » hors d'Egypte, c'était pour mieux le mener en Canaan, qui était sous...domination egyptienne ?

Que les murailles de Jéricho, aucune fouille n'en a trouvé trace, que le Roi Salomon est aussi mythique que son père David, que telle ou telle ville de l'Ancien Testament, décrite avec force superlatifs, n'était en fait qu'une humble bourgade, un puits, voire inventée ?

Qu'une vierge ne peut enfanter et qu'un mort ne réssuscite pas ?

Si vous êtes croyant, cela vous interpelle, si vous ne l'êtes pas, cela vous conforte dans votre agnosticisme.

Pourtant, dans ce monde qui se situe entre l'apparaître et l'apparition, ce monde que l'orientaliste Henry Corbin conceptualise sous la dénomination « d'imaginal », il nous faut un Roi, souverain d'un petit pays, célèbre pour sa sagesse et respecté par toutes les nations. Il nous faut une vierge qui enfante et un mort qui se relève, un peuple, dispersé de par le monde, qui conserve son indentité et sa foi intactes, puis fasse retour « là » d'où il vient.

Il y a en chacun de nous des aspirations qui transcendent la réalité quotidienne car elles participent à cette sublimation, objet de nos voeux.

Tant que ces dernières peuplent le « monde imaginal », tant qu'elles illuminent notre approche de la réalité objective, leurs images, devant nos yeux de croyants, ne peuvent que conforter notre foi et notre espérance.

A partir du moment où elles sont instrumentalisées et projettées dans la réalité du quotidien, elles sont le ferment de l'intolérance et du fanatisme.

Car il est clair que toutes ces réalités « imaginales » (et non pas imaginaires) sont des icônes, soit des concentrés symboliques qui racontent une histoire et sont la trame d'une raccourci théosophique. Ce dernier met en exergue un Roi sage, un peuple fidèle (pas toujours, mais fidèle quand même), un voyage initiatique de quarante ans à travers le désert, un Temple inégalé de par le monde,  et un Dieu incarné, né d'une vierge immaculée qui vainc la mort.

Le suc même qui génère la croyance est à ce prix.

Retirer ces icônes de leur iconostase, c'est les dévoyer et paver la voie du fondamentalisme.

On le voit à l'œuvre dans l'invention d'un peuple élu et qui est resté le même à travers les âges, réclamant, fort de ce mythe, une terre qui n'a jamais été la sienne.

On le voit dans des interventions politiques : des créationistes qui veulent imposer leur vues aux catholiques qui font pression sur des points d'éthique biologique ou conceptionelle.

L'homme aime rêver, c'est sa façon à lui de s'intégrer au merveilleux, et il faut que cela perdure, mais, dans le même temps, ses pieds doivent demeurer ancrés dans la réalité objective du monde dans lequel il est avec les autres.

Si l'homme doit « perdre sa vie, pour la gagner », c'est dans cet autre « monde », dans cet espace intime et privilégié que se produit l'illumination.

Salomon
L'image "merveilleuse" du Roi Salomon,
mais rien qu'une image...



 


 

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