| Gaza ensanglantée Monsieur Sarkozy est en voyage au Proche-Orient. Il aime se montrer, il adore ça, c'est un exhibitioniste. Et qui va-t-il rencontrer là bas ? En Egypte un autocrate déconnecté et méprisé par son peuple et, à Ramallah, un Mahmoud Abbas en fin de course d'un Fatah déconsidéré. Il ferait du tourisme, M. Sarkozy, que cela reviendrait au même. Il n'a toujours pas compris, Monsieur Sarkozy, que la clé du problème se trouve dans cette Palestine qui se bat, qui souffre, qui incarne à elle toute seule l'honneur et l'espoir d'un peuple, c'est-à-dire à Gaza même que dirige le Hamas, démocratiquement élu, rappelons-le. Mais du Hamas, les dirigeant occidentaux, dont Monsieur Sarkozy, ne veulent rien entendre, ils préfèrent discuter avec leurs « nègres de service » avec qui ils échangeront de belles paroles et des cigares cubains au bout d'un communiqué aussi vide que vain. Le Hamas en Palestine, tout comme le Hezbollah au Liban, est la seule forces crédible bénéficiant de l'aval populaire. Ce sont elles qui font règner l'ordre et la discipline dans leur secteur. Armées par l'Iran, tout comme Israêl est armé par les Etats-Unis, elles jouissent de l'appui sans faille du régime iranien qui ne fait pas de différence entre islam chiite ou sunnite, entre arabes ou non-arabes. L'Iran, tout comme le chiisme, est obsédé par l'idée de justice, comme le rappelle le souvenir douloureux du martyr des Imam Ali (s) et Hussein(s). Et cete idéal transcende nos pauvres distinguos humains. La paix dans la région, personne ne la trouvera à Ramallah ni à Tel-Aviv, elle se concevra, avec les Palestiniens et en concertation avec les Iraniens. Il suffirait que les puissances occidentales, toujours méprisantes dès que leur conception du monde et des gens n'est pas admise stricto sensu par les autres, reconnaissent l'influence de l'Iran, l'admettent comme interlocuteur, prennent bouche, sans conditions, avec le Hamas et fassent fi de leurs préjugés ataviques. Après tout, il y a une résolution 242 des Nations-Unies, jamais respectée par Israêl, qui est acceptée de iure par les pays arabes et de facto par le Hamas. Elle prévoit le retour d'Israêl sur ses frontières de 1967 et sa reconnaissance par tous ses voisins. Ce qui aurait dû être un jeu d'enfant pour forcer n'importe quel pays – et on l'a fait avec la Serbie- s'avère avec Israël impossible. En vertu de quoi ? Israël serait donc une entité tabou, un sanctuaire intouchable par nos mains impures de goyim ? Allons donc... Si M. Sarkozy veut faire quelque chose qui restera dans l'Histoire, il pourrait peut-être en finir avec ce jeu pathétique qui le voit poser en « ami d'Israël ». Israël a des amis américains à ne pas savoir qu'en faire, a des sympathisants juifs dans le monde entier qui mettent la main à la poche. M. Sarkozy, si déchaîné à refaire le monde en France, surtout le monde des petits, des plus mal lotis et des précaires, n'est pas, au Proche-Orient, l'homme de la situation. La justice, il ne la connaît pas, il préfère la compagnie des puissants et leur cruelle arrogance, c'est elle qui l'empêche d'entendre les cris de ceux que ses bons amis sionistes assassinent à huis clos. Il a de grandes oreilles, ce Monsieur, mais il ne veut pas entendre. |