Iran: trente ans d'indépendance

Publié le par Ali


Voici trente ans, l’Express en première page, montrait une photo de l'Ayatollah Khomeiny avec pour titre : l’homme qui fait trembler l’Occident.

Qu’en-est-il trente ans après ?

Un mot résume toute l’histoire de ces dernières décennies : fidélité.
L’Iran, devons-nous le rappeler, est une très ancienne civilisation. C’est sur son sol, longtemps avant Moïse,
que la croyance en un Dieu unique vit le jour, qu’un Prophète, Zarathoustra, vint prêcher la bonne nouvelle et que le retour de celui qui apportera dans ses présents un temps de justice et de fraternité est attendu.
Hérodote ne s’est pas trompé en décrivant la splendeur de ce peuple et la Bible nous conte les vertus du magnanime Cyrus, libérateur des juifs à Babylone.
Ce sont, sans doute des zoroastriens, qui convertirent au monothéïsme des juifs jusqu'alors monolâtres.

L’Iran, depuis que l’on sait que son sous-sol regorge de pétrole, a dû se battre pour conserver une identité particulière. Celle qui fait des Iraniens des Perses, c’est-à-dire des Aryens, dont la langue est tante de nos idiomes européens, des musulmans dont la confession shî’ite recouvre, tel un sanctuaire, l’héritage zoroastrien.
La préservation de cette identité fut une priorité de la gouvernance de l’Ayatollah Khomeini.
Nous avons peut-être des difficultés à comprendre cette obsession de l’identité, nous qui, en Europe, jetons si facilement par dessus notre moulin, nos identités respectives pour affirmer une « européanitude » qui n’est que la conjugaison au subjonctif imparfait d’un américanisme mercantile et aliénant. Mourir pour être nous-mêmes, inutile de nous le demander, cela paraîtrait incongru voire indécent .

Ce qui n’était pas le cas après le renversement de cette brutale monarchie d’operette incarnée par un Chah, mégalomane morbide, fils d’un brigand de grand chemin, éduqué en Suisse au Collège du Rosay, parlant français avant farsi et rêvant de faire de l’Iranien le Japonais du XXIem siècle.
L’homme du bazar n’en demandait pas tant, Iranien lui suffisait !

Le regime islamique a donc été snobé par les démocrates bien-pensants, mis au ban, calomnié, diffamé avant d’être livré aux appétits d’un Saddam Hussein que l’Occident, avec l’hypocrisie suave que ses diplomates affectent, armait à outrance et toujours comptant.

Las, huit ans de guerre atroce ne sont pas venu à bout de la résistance des Iraniens.

Faut-il s’étonner, dès lors, de la méfiance de l’Iran à l’égard de tout ce qui, de loin ou de près, émane de cet Occident qui ne lui rappelle que de mauvais souvenirs ?

De quel droit voulons-nous imposer aux autres des concepts qui sont nôtres, des manières de voir et de faire et de vivre que nous estimons universelles comme si cela allait de soi ?
Les « droits de l’homme » dont nous sommes si imbus, que je sache, n’ont pas empêché M. Hitler d’en arriver là où il le souhaitait. Ils n’ont pas empêché un Président Truman d’atomiser Hiroshima et Nagasaki, ni M. Roosevelt et ses amis de bombarder sauvagement la population civile de Dresde ?

Notre histoire, à nous européens et américains, est là qui devrait nous abstenir de faire sans cesse la leçons aux autres.

Le nucléaire iranien, ce n’est pas un histoire récente, elle date des années soixante. A l’époque, c’était le Chah qui souhaitait doter son pays de cette énergie et les occidentaux applaudissaient, c’était si bon pour les affaires…

Aujourd’hui, on découvre cette industrie et subitement, on crie au loup, on soupçonne l’Iran des pires turpitudes…

L’Iran n’a jamais parlé du nucléaire comme arme, jamais. Et puis même… pourquoi cette arme serait-elle l’exclusivité des occidentaux et d’Israël ?

Et si tout le monde, sans exception, renonçait au nucléaire militaire, à commencer par ceux qui l’ont utilisé ?

On glose avec beaucoup de perfidie * sur les « libertés individuelles » en Iran. Certains, à commencer par les Américains, oublient que la ségrégation raciale avait force et vigueur dans bien des pays il y a quarante ans à peine, que des guerres coloniales ont mises à feu et à sang des régions et des populations ne réclamant rien d’autre que leur indépendance.
Que la France et les Etats-Unis ont encore, maquillés en territoires d’outre-mer, des colonies-confettis dont elles ne se préoccupent que pour des questions de stratégie militaire ou économique.

Les libertés publiques progressent en Iran, au rythme de la société iranienne. L’enseignement supérieur, par exemple où les femmes sont plus nombreuses que les hommes, la liberté de culte reconnue au christianisme, zoroastrisme et judaïsme.

Il y a, bien sûr, des points à améliorer, et cela se fera dès lors que l’occident cessera de diaboliser l’Iran, acceptera de le considérer comme un partenaire égal à tout autre. Discutera sans préalables.

Les Iraniens sont des gens intelligents, ouverts et parfaitement aimables, pourquoi ne pas les découvrir ?
Bon anniversaire, l'Iran ! 

 

 

 

* A preuve les paroles de M. Ahmadinejad sur Israël que je rapporte telles quelles :
Israël, comme toutes le puissances passées, disparaîtra un jour
On occulte « comme toutes les puissances passées » et on retient le reste.

Autre exemple : la « conférence négationiste » de  Téhéran, présentée sous ce vocable par les occidentaux et qui n’était qu’une réunion de chercheurs sur le nazisme et la seconde guerre mondiale dans la perspective sioniste. Des rabbins antisionistes y assistaient !

 

 

 

 

 


 

 

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