D'un Shah persan

Publié le par Ali



On ne fait pas le bonheur d'un peuple contre son gré. Voilà ce qu'aurait dû savoir feu le Shah d'Iran dont la mémoire est toujours exécrée dans son pays  vingt-huit ans après son décès. Et ce n'est pas une excuse s'il ne fût pas le premier à commettre cette erreur, ni le dernier non plus, loin de là !
Hitler let Mussolini étaient aimés de leur peuple, entre autre parce qu'il insistaient sur la préservation de l'identité nationale. Le Shah voulait que l'Iranien du XXIem siècle soit un nouveau Japonais. L'Iranien, lui, souhaitait simplement le rester.
Le Shah était le fils d'un chef de tribu, Reza Pahlavi, hissé au pouvoir en guerroyant avec les uns contre les autres, et puis avec les autres contre les uns. C'était un homme rude, rusé, cruel, inculte mais suprêmement intelligent. Son modèle était Atatürk. Tout comme ce dernier, il rêvait de moderniser son pays à marches forcées, obliger les femmes à abandonner le voile et les hommes le fez, à regarder dans un seule direction, l'occident.
En Turquie ce fut possible, en Iran la suite démontra que non.
Mohammed Reza, son filis, fut élevé dans un collège suisse huppé, le futur Shah n'a jamais étudié en farsi et s'ils parlait parfaitement l'anglais et le français, son farsi était celui des domestiques.
Ignorance aussi des us et coutumes de son peuple, quand ce n'était pas un mépris amusé, désintérêt poli pour la religion et la culture. A la Cour on savait tout ce qui se passait à Paris ou à New-York, mais peu de choses du bazar de Téhéran.
La Shabanou, issue du même sérail que Mohammed, décide-t-elle d'un festival de Shiraz , aussitôt on fait venir la crème de la culture occidentale et on se pâme devant un Béjart ou Brooke. Le peuple, lui, écoute les mollahs en chaire.
Une cour idolâtre, des ministres flagorneurs, des opposants emprisonnés et massacrés à la sauvette, des disparus, des exilés, l'occident qui ne retient que le pétrole  et le Shah qui se croit indispensable et prend ses rêves pour des réalités.
Ainsi ce couronnement, kitsh, comble du ridicule pour les occidentaux, mépris et déni d'identité pour un peuple confiné au cinquième balcon.
Persépolis et son exhibition indécente où le souverain se prend pour Cyrus, ignorant que les mânes des ancêtres visitent d'abord ceux qui s'y attendent le moins.
La chute brutale du potentat, les occidentaux qui le laissent à la dérive comme on le fait d'un vieux rafiot qui coule, son errance d'un bout du monde à l'autre et sa mort en font un personnage shakespearien, mais sans reliëf, sans ces grandeurs d'âme qui inspirent les poètes.
Ce sont les banquiers qui se sont le mieux accomodés du personnage. La fortune des héritiers du Shah s'élève aujourd'hui a quelques milliards de dollars...


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L
shah mât !
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