D'un fascisme mou...

Publié le par Ali




Jean-François Kahn n'est pas un imbécile, il a dit: Sarkozy n'est pas fasciste. Il n'a pas tout à fait tort. Alain Minc n'est pas un imbécile non plus qui a dit: nous sommes dans une démocratie présidentielle. Et il a raison.
Et c'est bien vrai qu'en soi, Sarkozy n'est pas un fasciste, ce qui ressemble le plus au fascisme est cette démocratie présidentielle définie par M. Minc.

Si la démocratie ne dérive plus de la « chose publique », soit la république ou la volonté populaire, si elle n'est plus que la concession faite au peuple par un Président élu, on ne peut plus parler de démocratie, mais de quelque chose de flou, d'indéfinissable comme « autoritarisme pondéré » ou, mieux, de facisme mou.

On y est, chers amis, et depuis plus longtemps que vous ne l'imaginez, Avec Sarkozy le masque est tombé, c'est la marque d'une droite décomplexée qui ne cache plus sa propension paranoïaque à la sécurité, à l'ordre et au contrôle étroit de la société et de ses composantes;

Vous me répondrez: mais aux Etats-Unis, il y a aussi un régime présidentiel, oui mais il y a dans ce pays un Parlement (Sénat et Assemblée) qui contrôle l'exécutif et le censure bien plus souvent qu'en France. Il faut rendre à César...
Voyez chez nous ce Parlement aux ordres de l'exécutif, chambre d'entérinement quasi symbolique où le poids de l'exécutif se fait, à chaque législature, plus pressant et castrateur. Démocratie ?

Ne pas oublier: Hitler, Mussolini, Staline aussi avaient un Parlement. A leur botte !
Que penser de cette course à la sécurité maximale, de ces peines planchers qui font des magistrats des robots au service de la lettre et non de l'esprit de la loi, de cette culture du résultat dans les forces de l'ordre. Démocratie ?

Trouvez-vous saine cette complicité affichée entre le pouvoir et les grandes fortunes, cette mise sur le pavois des puissants et des riches et cette condescendance arrogante réservée à ceux qui, a cinquante ans, n'ont pas de Rolex au poignet ? Démocratie ?

Et le traitement de la culture, méprisée car non chiffrable en rendement brut, à l'enseignement mis au service des entreprises et non pas de l'humanisme comme nos pères l'ont appris. Dans la foulée, les chercheurs, les universitaires, les Universités priés de produire, et fissa, du résultat sonnant et comptant. Démocratie ?

Pas étonnant qu'avec une mentalité pareille les jeunes, les moins jeunes, les hommes, les femmes et même les enfants soient fichés, télé-surveillés, menacés dans les rares zones de liberté qui leur restent encore acquises: comme télécharger sur Internet.

Pas étonnant que la télévision soit soumise au joug des dirigeants. Des hommes-lige pour la publique, des copains pour la privée ! Démocratie ?

Et pour couronner le tout, ne pas s'étonner de la prolifération des fichiers, le dernier en date signalant l'origine ethnique de tout un chacun, une « rupture » de plus à l'actif de notre Président.

Et je pourrais continuer comme ça longtemps encore à relever les métastases fascistes dans notre gouvernance. Restons-en là, cela suffit à faire de notre quotidien un fascisme mou.
Et ils auront le culot de s'étonner, ces tsaricules pédants, si demain le peuple excédé et à bout les pende haut et court à la lanterne.
Après tout, il y a eut un précédent !

 

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