Sarkozy, Israël et les juifs

Je viens de terminer le livre de M. Paul-Eric Blanrue « Sarkozy, Israël et les juifs ». Comme vous le savez, ce livre n'a pas trouvé d'éditeur en France mais en Belgique (Editions Oser Dire). Vous ne le trouverez pas non plus chez votre libraire car, en France toujours, il n'a pas trouvé de diffuseur.
Voilà où nous en sommes arrivés; à éditer à l'étranger et diffuser en catimini des livres qui pourraient déranger le Prince.
Il n'y va pas d'un réquisitoire, encore moins d'un pamphlet. M.Blanrue dresse un constat clinique parfaitement étayé des relations étroites, imbriquées de Nicolas Sarkozy avec les juifs, leurs organisations et Israël.
Que le citoyen Sarkozy aime les juifs et l'entité sioniste, c'est son droit le plus absolu, mais, dès lors que le citoyen devient premier magistrat de la République, il devrait y avoir une distance entre les affects de l'homme et du Président. Or, il n'en est rien.
Depuis l'arrivée de M. Sarkozy en politique, ce dernier courtise la communauté juive, l'assure de sa sympathie et proclame à tout venant ses affinités avec cette dernière. Il ne manque pas une occasion de confesser combien il trouve que la création de l'entité sioniste est « le miracle du XXem siècle ».
Depuis qu'il est Président de la République, la politique étrangère de la France s'est alignée inconditionnellement sur celle des Etats-Unis et la défense de « l'Etat hébreu », sans qu'aucune critique généralement quelconque n'ait été faite à ce dernier, sans qu'une insistance ferme ne soit perçue pour que les droits élémentaires des Palestiniens soient reconnus et respectés et que les résolutions des Nations-unies, sans cesse violées par l'entité sioniste soient, enfin, mises en application.
La politique de la France, doit-elle pour que le prestige de notre pays fleurisse dans le monde en général et dans le monde arabe en particulier, favoriser à ce point Tel-Aviv ? Les liens historiques et culturels centenaires que la France entretient avec le Maghreb et le monde musulman doivent ils céder la place à une relation exempte de critiques et privilégiée avec Israël, dans le but de complaire à quelques organisations juives qui, en France, ne représentent qu'un juif sur six ?
Le « vote juif » est-il à ce prix ?
Sur le plan intérieur, M. Sarkozy se rend-il compte des conséquences de ce favoritisme patent ? Réalise-t-il combien l'amalgame: antisionisme = antisémitisme, fer de lance du Crif dans son combat contre ceux qui osent critique Israël et qu'il reprend, sans plus, à son compte, est vecteur de communautarisme.
Car nous y voilà: à mettre en exergue une communauté, à la défendre bec et ongle, M. Sarkozy introduit dans le jeu politique une part de communautarisme d'autant moins digeste dans notre système politique que nos institutions non seulement l'ignorent mais ne peuvent ni ne veulent la prendre en compte.
Et cette politique peut faire des ravages, notamment dans les banlieues défavorisées et ostracisées, dans les communautés musulmanes et africaines qui y voient deux poids, deux mesures et, disons-le, parmi tous ces juifs qui ne se reconnaissent pas dans ces organisations qui ne sont en fait que des relais de la la politique israëlienne la plus nationaliste et brutale.
M. Sarkozy souhaiterait-il un soulèvement de type communautaire qu'il n'agirait pas autrement.
Je vous conseille la lecture de ce livre. Faites l'effort pour l'acquérir et regrettez avec moi que nous nous retrouvions à l'époque où un Voltaire éditait à Genève et Hugo à Bruxelles.
En ces temps-là, Louis XV le mal aimé et Napoléon III règnaient sur notre pays.
Napoléon III, le petit !