Une société qui génère de la haine
Alain SoralAlain Soral dans le numéro 31 de la revue Choc nous livre une pensée libérée des poncifs de la gauche comme de la droite. Il part de l'interrogation: quel type d'homme produit la société d'aujourd'hui ? Et la réponse est lapidaire: un employé de bureau dominé par son plaisir et qui se prosterne devant les puissants dont il copie le comportement. C'est l'homme du désir d'autrui, même pas un « salaud » dans le sens sartrien du terme, mais pire, un « salaud » qui, garçon de café, se prend pour le maître d'hôtel.
Nous vivons une période qui voit l'indécente et exhibitionniste émergence d'une « surlasse » qui ne cache plus ses pulsions dominatrices. Elle se manifeste par un sentiment élitiste assumé qui légitime son assurance d'être au-dessus des lois et conventions qui, à ses yeux, ne valent que pour la masse, cette masse qui l'envie et la singe.
Voyez le sionisme qui fonde une prétention à coloniser une terre revendiquée comme sienne de droit divin et, à partir de ce constat d'exception, autorise à ne pas respecter les conventions internationales, à attaquer ses voisins et massacrer tout ce qui va à l'encontre de son hégémonie.
C'est parce que nous nous prétendons meilleurs que nous sommes autorisés à être différents et à ne pas respecter ce qui doit l'être par les autres, est un credo dont ils se prévalent ouvertement, sans complexe comme dirait M. Sarkozy, un de leurs fidèles zélateurs.
Ce « sionisme » on le retrouve dans le monde de la finance ou dans celui de l'industrie qui voit quelques groupes, de moins en moins chaque année, se partager le monde, se regrouper par affinités et se prêter mutuellement des serments d'allégeance qui dureront ce que durent les intérêts des uns et des autres.
Ce sont eux qui prêchent pour une « mondialisation » dans la gestion de leurs affaires auxquelles ils subordonnent les pouvoirs politiques. Ce n'est plus l'Etat national, ce sont ces Organisations floues aux yeux des citoyens qui prennent le relais: Union Européenne, ALEA, OMC, BCE etc... qui décident au bout d'une procédure où l'opaque se le dispute au clair-obscur.
Le citoyen lambda, lui, est prié de regarder, d'admirer et de copier s'il le peut. Il y a de la Rolex au poignet et des grosses cylindrées au garage. Des créatures vaporeuses vont et viennent au gré des dîners de gala. Les paillettes font mal aux yeux et à la tête, c'est voulu !
Des valeurs traditionnelles comme le travail sont supplantées: l'entregent prend le dessus. L'homme réussit parce qu'il est malin, retors, habile, dissimulateur, calculateur, le vrai talent gît là, sous les décombres de la persévérance anonyme de celui qui bâtit au jour le jour.
Le parangon du système est le financier qui fait de l'argent à partir de rien. On voit où il nous mène, on sait combien l'envient et le haïssent à la fois ceux qu'il incite à le suivre.
Une société bâtie sur des sables mouvants, putrides, qui persiste et signe dans son refus de la réalité et qui habille de sophismes élégants ses turpitudes, que peut-elle générer d'autre que la haine ?
C'est une bonne question !