Mais qu'est-ce qu'on fiche en Afghanistan ?

Publié le par Ali


Talibans ?

Pourquoi les occidentaux sont-ils en Afghanistan ? Je me posais la question en regardant sur M6 un reportage consacré à la gloire « éternelle » des armées françaises et de leurs valeureux combattants.

Ce qui, il ne fallait surtout pas l'admettre, est pour le moins fallacieux, tant il est vrai que le palmares des armées de la République est mitigé.

Stupide journée que celle d'hier qui vit une télévision aux ordres ne donner que dans le militaire, à croire que le 14 juillet est la fête de l'armée quand elle n'est pas celle d'un chanteur résident suisse, dont les Belges, dans leur sagesse et bon goût, n'ont pas voulu.

A propos de ce dernier, une pauvre femme, interrogée à la radio nous a sorti: quand il paraît en scène, c'est comme si Dieu était parmi nous ! »

S'il est vrai qu'on a les dieux que l'on mérite, l'abîme qui nous attend est à nos pieds !

Je regardais distraitement le reportage qui, dans le détail, décrivait la vie des soldats français et alliés dans les montagnes afghanes. Et je me fis la réflexion: c'est comme chez les Indiens d'Amérique ! Les blancs retranchés dans leurs forts, avec appui d'artillerie et, à l'extérieur, des indiens qui tournent en rond. Mais les Indiens ont été vaincus car ils n'avaient pas de montagnes à 4000 mètres où se terrer, tandis qu'en Afghanistan le terrain est entièrement en faveur des autochtones.
Les occidentaux, ils sortent avec appui aérien, dans leur engins blindés, font quelques tours, s'extirpent avec précaution pour fouiller un village, la peur au ventre en se demandant si le barbu qui leur offre le thé ne se mue pas, la nuit venue, en redoutable guerrier... Et puis, fissa ! rentrent avant la nuit tombée comme de jeunes pucelles chaperonnées.
Alors, pour se consoler d'être si loin de leur France natale ils s'offrent des homards congelés achetés aux Américains et regardent des séries américaines retransmises par satellites. Pendant ce temps là, dans la nuit étoilée, des types qui connaissent le terrain, transportent des armes à travers les montagnes et se moquent de ces pauvres blancs qui s'imaginent qu'ils vont gagner la guerre avec ces trucs qu'ils nomment ordinateurs ...

Le jour venu, ils redeviennent agriculteurs, font un signe amical aux soldats qui passent et croient que la zone a été pacifiée...avant de sauter sur une mine artisanale qui perfore les engins les plus blindés et les corps les plus aguerris... pauvres petits soldats qui reviendront au pays avec une médaille, posthume pour les uns, ou à la place d'une jambe ou d'un bras pour les autres...

Quand va-t-on enfin nous dire la vérité ? Nous expliquer qu'on est pas en Afghanistan pour que les femmes afghanes cessent de porter la burqa, mais pour protéger un oléoduc qui appartient à Total, Shell, Exxon ou qui vous voulez, que la défense de la France aux portes de Kaboul, c'est des histoires à dormir debout. Les Afghans, talibans ou non ne veulent pas venir chez nous dans nos banlieues de rêve, ils veulent rester chez eux, entre eux, dans leurs montagnes, mener leur petite vie qui n'a rien à voir avec l'exaltante qu'est la nôtre, faire leurs petites guerres tribales qui font passer le temps et, de notre oléoduc, ils n'en ont rien à cirer. C'est ce que nous ne voulons pas comprendre.
Comme nous ne voulons pas comprendre que depuis toujours, ces peuples afghans, volontaires, téméraires, fiers et libres, ont toujours repoussé leurs envahisseurs, les Anglais en savent quelque chose qui ont perdu plus de cinq mille hommes à Khyber Pass au 19em siècle.
Alors qu'on cesse de sacrifier inutilement et pour des intérêts mercdantiles de surcroît, des jeunes gens qui ont autre chose à faire que revenir au pays dans une caisse, ou avec des membres en moins et l'amertume à l'âme !


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